42 n°22 mars 2011
42 n°22 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : comment ne pas devenir riche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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IRL LITTÉRATURE Michel Houellebecq au lycée La minute littérature "Parlons-en, du printemps ! Les mottes de beurre qui flottent au printemps sur les sources avec le cresson..." Explication de texte. Electre de Jean Giraudoux. Acte 2 scène 3. Oreste se réveille et sent qu'il a la force de laisser tomber cette histoire de vengeance, et qu'il pourrait vivre une vie plutôt correcte, avec, donc, du printemps. Mais Electre le rappelle à l'ordre, et à sa quête de la vérité. Bon, c'est une tragédie grecque. Forcément, il faut des passages un peu convenus comme celui-là. D'autre part, Giraudoux s'est amusé à truffer sa pièce d'anachronismes, pour montrer l'intemporalité du récit. Alors oui, pourquoi pas. Mais des mottes de beurre qui flottent ? Qu'est-ce que ça vient faire ici ? C'est pas grave. J'écoute et je note. Ça doit être bizarre d'être prof, et ce, quelle que soit la matière que vous enseignez. De jeunes filles en fleur et des éphèbes au corps glabre sont présentés devant vous, et ils vous détestent. L'année suivante, ça recommence. Ils restent éternellement jeunes, et vous, vous vieillissez. Récréation. On sort. Je me pose dans un coin et regarde les gens. C'est pas si mal de devenir adulte. Les agressions physiques se font plus rares, au fur et à mesure que les conventions sociales s'installent autour de nous. Au collège, j'étais "pas tout à fait à la fin de la chaîne de la violence". Les enfants les plus agressifs pouvaient se permettre de frapper tout le monde, dont moi. Pour affronter psychologiquement cet état de soumission désagréable, je me suis vengé sur des enfants encore plus faibles. C'est assez pathétique comme organisation. Mais ça fait des millions d'années que ça fonctionne de cette manière. Alors je suppose que c'est efficace. Les enfants sont des barbares, mais avec le temps, cela a tendance à s'effacer. Et la compétition physique peut laisser place à la compétition sexuelle. Un peu plus loin, quelques adolescents de la bourgeoisie hippie se partagent des cigarettes. Ils ont l'air heureux. Je trouve ça bien que, biologiquement, l'humanité - 42 (42lemag.fr) -
IRL ait la capacité de se droguer. C'est vraiment un excellent ciment social. Je ne suis pas sûr qu'on aurait réussi à essaimer à ce point sur la planète sans la drogue. Du président russe qui s'imbibe à la vodka de 10 ans d'âge, au clochard vomissant son "mélange de vins issus de la communauté européenne", la drogue met tout le monde à égalité, via un nivellement par le bas. Je m'imagine assez bien finir drogué. Nous rentrons, et nous attendons le professeur d'histoire-géo dans le couloir. J'entends un bruit de chaussures à talon derrière moi. De manière plus ou moins instantanée et plus ou moins discrète, tous les individus de sexe masculin se retournent, moi y compris. Peut-être estce l'une de ces supersalopes de la prépa HEC, montée sur pilotis, avec le talleur fendu jusqu'au clitoris ? Ou, dans une optique plus œdipienne, madame Galvez, la jeune professeur d'espagnol trentenaire et ses énormes seins de la genèse, qui s'agitent sous sa chemise ? Eh bien non. C'est cet animal de Justin- Etienne, le Camerounais de la classe, qui essaye de se donner un style post-colonialiste avec son costume. Qu'il s'habille comme un occidental, passe encore. Mais il pourrait éviter ses foutues chaussures à bouts métalliques qui claquent sur le sol. Nous entrons dans la classe. Nos impressions Monsieur Legris nous demande de donner nos impressions sur le film qu'il nous a emmenés voir la semaine dernière, lors de la sortie culturalo-découvertatoire. C'était "La gloire de mon père", de Marcel Pagnol. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce film m'a énormément stressé. Parce qu'il ne s'y passe absolument rien. Plus on avançait dans le récit, de scène à l'eau de rose en scène à l'eau de rose, plus je me disais que ce n'était que pour installer un contraste avec un événement horriblement traumatisant qui allait survenir lorsque l'intrigue débuterait vraiment. Cette joyeuse petite famille allait succomber d'une peste avec les gros bubons noirs qui éclatent, ou ils se feraient tous violer un par un par une secte de pervers schizoïdes. Et en fait non. Ça reste dans le rose jusqu'à la fin. LITTÉRATURE De même qu'il existe des codifications pour les films d'horreurs et ceux à caractère pornographiques, je pense qu'il en faudrait une pour les films ne comportant aucun malheur. On pourrait alors les apprécier à leur juste intention. Géraldine Vautrelet Évidemment, personne n'a rien à dire. Le prof se met en colère et décide d'interroger une personne "au hasard". Le choix tombe sur Géraldine Vautrelet. Un soupir de soulagement envahit la classe, doublé d'un soupir d'excitation, pour, à nouveau, les individus de sexe masculin. Aujourd'hui, Géraldine est moulée dans le petit jean noir que j'adore. La couture du milieu lui rentre dans les fesses, et les sépare en une délicieuse courbe bombée - 43 (42lemag.fr) -



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