42 n°2 mars 2009
42 n°2 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 73

  • Taille du fichier PDF : 15,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Japon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
CINEMA contre les ninjas zombies de l’espace à coups de sabre laser, maintenant il va falloir le tourner. Et pour ce faire va commencer la difficile étape du casting. Mais ça n’a pas que des mauvais côtés. Il faut savoir que dès que l’on prononce le mot magique « cinéma », les gens sont prêts à vous proposer leurs faveurs sayxuelles pour jouer ne serait-ce que deux secondes dans votre super production budgétisée 2 € 50. C’est du vécu. Et c’est trop la classe internationale. N’oubliez pas que puisque l’optique est de foirer votre film, il faudra en priorité sélectionner les acteurs vous proposant leur corps, puisque ce sont eux qui a priori sont les moins compétents. L’autre possibilité est de se draper dans une vision « Art et Essai » en castant Roger le camionneur pour jouer le petit chaperon rouge et Michelinegonde, 90 ans, pour le rôle de HellCastrator666. Crédibilité ! Le problème est que beaucoup de directeurs de casting aveugles ont dû également lire ce superbe guide, puisqu’ils continuent à faire jouer Virgine Ledoyen autrement qu’à poil et essaient de donner un air profond et mystérieux à Christophe Lambert… Et si on revient à Indiana Jones IV, c’est quand même une belle idée d’avoir ressorti une vieille actrice sexagénaire de la naphtaline pour incarner le quota sexy du film… En tout cas, les gérontophiles auront été ravis… Des effets spéciaux en mousse Votre film commence à bien avancer. Vous avez trouvé Josiane pour incarner Charlemagne, des gamines de six ans DES NINJAS, EN PLUS C'EST PRATIQUE, C'EST MARQUÉ DESSUS pour les ninjas… Reste à construire vos vaisseaux spatiaux intersidéraux de la galaxie et vos explosions dantesques. Sur ce point, plusieurs courants s’affrontent. Le plus connu, dit Ed-Woodesque, propose des soucoupes volantes en enjoliveurs et des décors en carton et des lieux quasi uniques pour éviter d'investir Mais les idées les plus intéressantes viennent clairement de l’école dite Turkish-Starwaresque, dont s’est sûrement inspiré Spielberg. Il faut dire qu’elle propose en vrac : des rochers en polystyrène, des épées en carton, des momies en papier toilette, des montres de l’espace en moumoute rouge, des trampolines, des casques de moto pour faire spatial, ou encore des séquences de Star Wars montées n’importe comment. Un vrai petit bijou. Dans ce domaine, une seule règle : la créativité. Vos toilettes, un casque de moto, quelques balais de chiotte qui dépassent et un vieux micro-ondes au fond, et hop un vaisseau spatial high tech, un grille pain, deux ampoules, un peu de câble électrique, et hop voici le robot empereur intersidéral maléfique. Un peu de farine et hop, une arme de ninja mortelle qui tue la vie fatalement. Pour revenir à notre film témoin, Indiana Jones IV, Spielberg a finalement opté pour une autre direction, à savoir celle des effets spéciaux numériques faits par Gilbert Montagné. On a ainsi le droit à des chiens de prairie dessinés sous Paint, une poursuite en voiture qu’on dirait tournée dans un garage devant un fond bleu crasseux, des fourmis en images de synthèse faites par un poli daltonien sociopathe sans goût artistique, ou encore des extraterrestres designés par un dépressif alcoolique sous emprise de champignons. Bref du bon goût avant tout ! TUTORIAL PAR UN (PAS) NUL POUR LES NULS Les petits détails qui font la différence DU MONSTRE DE QUALITAY, C'EST IMPORTANT Un bon scénario, de bons acteurs et de bons effets spéciaux. Reste encore à donner du rythme à tout ça et surtout tout faire pour qu’un sociopathe paumé arrive à trouver votre film réussi. Malheureusement, si vous êtes moldave ou ouzbek vous pourrez faire tout ce que vous voulez mais Télérama trouvera forcément votre film à la fois drôle et décalé mais résolument moderne, attaquant avec une ironie mordante une société consumériste qui laisse de côté les indigents. Tant pis. Mais il y a le reste - 30 -
CINEMA du monde à ne pas convaincre, et ça c’est du boulot ! TUTORIAL PAR UN (PAS) NUL POUR LES NULS Comme le disait la philosophe Corona, This is the rythm of the night. Car oui cette grande philosophe avait tout compris. Un bon film raté, c’est avant tout une vision très personnelle de la chronologie. Faites durer pendant des heures les scènes où vos héros mangent ou marchent, et a contrario expédiez toute tentative de distraction type combat/plan nichon/catch lesbien dans la boue en moins de deux minutes. Manquerait plus que votre public se réveille soudain et commence à regarder votre film avec un regard appréciateur. Profitez-en aussi pour multiplier autant que possible les scènes niaso-pouet pouet entre personnages à la psychologie indigne d’un gamin de douze ans… La série Smallville s'est par exemple faite une experte de ce type de procédé avec son histoire d’amour entre un grand niais totalement neuneu et une nana qui n’arrive définitivement jamais à crever, au grand dam des fans. En voyant un tel exemple de réussite, Steven Spielberg décida de réagir fort : Indiana Jones serait l’équivalent de Les Jones vont faire du camping ou ne serait pas. On a donc le droit à un défilé de scènes intimistes ou pouet pouet à base de « mes parents c’est trop des nazes mais en fait ils sont cool alors finalement je vais leur kiffer L’ATTAQUE DES ENJOLIVEURS GEANTS §§ leur boule et je vais être trop content ». De même, pour filmer votre chef d’œuvre, n’oubliez pas qu’il faut soigner l’image. Là aussi deux choix opposés s’offrent à vous. Soit la version moldave, plan fixe d’une heure trente sans interruption afin de faire dormir le spectateur… ou alors la version shaky-cam à la Michael J. Fox où le but est de faire vomir l’auditoire. J’ai une tendresse toute particulière pour cette deuxième méthode qui permettra en plus de rajouter une sensation odorama à votre œuvre ! L’idée est surtout de faire en sorte que jamais, au grand jamais, on n'arrive à comprendre ce qui se passe à l’écran. Si jamais vous n’avez pas de Michael J. Fox sous la main, n’importe quel parkinsonien dopé à la caféine et au guronzan juché sur un trampoline fera l’affaire. Avec de telles recettes miracles, je pense que vous devez maintenant être paré pour tourner le chef d’œuvre de votre vie. Je le rappelle, comme je l’avais indiqué au début de ce guide de qualitay, n’oubliez pas d’ajouter des ninjas, zombies ou nazis à votre scénario, sinon vous manquerez définitivement le coche. Et si jamais l’un d’entre vous avait l’insigne honneur de pouvoir croiser Chuck Norris ou Steven Seagall pour les faire tourner, qu’il ait une petite pensée pour nous, et surtout pour tous ces bons conseils ! Bebealien EN DERNIER RECOURS : UTILISEZ DES LEGO, IMPOSSIBLE DE RATER UN FILM FAIT AVEC LES BONSHOMMES JAUNES (DU MOINS SI VOUS VOUS APPELEZ PAS UWE BOLL) - 31 -



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :