42 n°19 novembre 2010
42 n°19 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 104

  • Taille du fichier PDF : 28,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'automne arrive, c'est la saison des champignons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 78 - 79  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
78 79
IRL HISTOREEK les alliés qu'il ne fut pas écouté autant qu'il le voulait par ses supérieurs (il était le seul à croire sérieusement à un débarquement en Normandie). En 1944, il se rapproche du cercle d'officiers cherchant à écarter Hitler du pouvoir pour négocier une paix avec les alliés. Bien qu'il n'ait pas été impliqué directement dans l'attentat à la bombe contre Hitler, celui-ci exigea l'élimination de Rommel. Mais pour éviter d'exécuter publiquement un homme considéré comme un héros par le peuple allemand, on menaça à la place Rommel de représailles contre sa famille, et il fut forcé au suicide pour la protéger. Ainsi, aujourd'hui Rommel est vu dans l'imaginaire collectif comme l'archétype du soldat exemplaire, à la fois balèze et chevaleresque, dont le seul tort est finalement de s'être retrouvé dans le mauvais camp à la mauvaise époque. Par contre, moins de gens savent que quelques décennies avant lui, il a eu son pendant de la Première Guerre Mondiale, à côté duquel il passe pour un aimable amateur : le général Paul Emil von Lettow-Vorback. Arrivé en Afrique en 1914, il prend le commandement d'une minuscule garnison de soldats allemands, et a rapidement l'occasion de faire ses preuves lors de la défense de la ville portuaire de Tanga, attaquée par les forces britanniques de la colonie des Indes. A la tête d'une force de mille hommes, dont une grande majorité recrutés à la va-vite parmi la population locale, il inflige aux anglais, pourtant huit fois plus nombreux, ce que l'on appelle en termes techniques une putain de grosse branlée. Au troisième jour de l'attaque, il mène une contre-offensive qui oblige les britanniques à ré-embarquer en panique sans leur matériel, sur lequel les allemands font main basse. En plus d'être un génie militaire, von Lettow est aussi un parfait gentleman : la bataille terminée, il rencontre son homologue anglais sous le drapeau blanc parlementaire, et bon prince, lui offre des médicaments allemands pour qu'il puisse soigner ses blessés après l'avoir félicité pour la bravoure de ses soldats. A partir de là, il va pendant quatre ans, alors qu'il est totalement coupé de tout approvisionnement ou renfort, enchaîner victoire sur victoire contre des forces largement supérieures en nombre. Sa doctrine est simple : l'Afrique de l'Est n'étant qu'un front secondaire, il n'a pas la prétention de prendre des territoires aux britanniques, mais simplement de les distraire du front principal en Europe, ce qu'il fera avec un talent certain. Excédés, les britanniques et les sud-africains envoient une troupe de 45 000 hommes commandée par le futur premier ministre d'Afrique du Sud Jan Smuts afin d'écraser une bonne fois pour toute l'armée de von Lettow (qui au plus fort de la guerre, comptera environ 10 000 hommes). Mais rien à faire, von Lettow utilise parfaitement le terrain et le climat à son avantage, ne livrant bataille que quand il le décide, à l'endroit où il le décide, et souvent avec des conséquences bien humiliante pour les anglais. Encore aujourd'hui, on considère qu'il s'agit là de la plus grande et de la - 78 (42lemag.fr) -
IRL mais je ne pense pas qu'il se soit montré aussi poli" ; et des gens qui ont dit à Hitler d'aller se faire foutre et qui sont restés en vie pour le raconter, doit pas y'en avoir des masses à mon avis...). Après la Seconde Guerre Mondiale, von Lettow se retrouve sans le sou, l'armée allemande ne lui versant aucune pension. Mais il avait acquis un tel respect chez ses anciens adversaires que c'est Jan Smuts lui-même, entretemps devenu son ami, qui mobilisera un groupe d'officier britanniques et sud-africains pour envoyer de l'argent et de la nourriture à leur cher meilleur ennemi, qui retournera par la suite à plusieurs reprises en Afrique, retrouver la larme à l'œil ses anciens compagnons d'armes. HISTOREEK Otto Skorzeny plus efficace opération de guérilla jamais menée. Malgré les conditions très difficiles dans lesquelles ils combattent, von Lettow parvient à s'attacher une très grande loyauté parmi ses hommes, qui à ce stade là sont majoritairement des africains recrutés sur place. Parlant couramment les langues locales, il n'hésite pas à nommer des officiers noirs, ce qui pour l'époque était quasiment révolutionnaire. De retour en Allemagne, il a droit à un accueil triomphal bien mérité compte tenu que c'est l'un des seuls généraux allemands restés invaincus de la Première Guerre Mondiale. Impliqués dans quelques uns des soubresauts politiques qui agitèrent l'Allemagne d'après guerre, il était cependant profondément antiraciste, et donc fortement opposé aux nazis qui essayèrent d'exploiter sa renommée. Hitler lui proposera même de devenir ambassadeur pour la Grande- Bretagne, mais von Lettow l'envoiera chier (à ce sujet, interrogé par l'écrivain Charles Miller qui lui demandait : "Il paraît que von Lettow a dit à Hitler d'aller se faire foutre ? ", le neveu d'un officier allemand aurait répondu "C'est vrai, Et puis tiens, comme les nazis, on n'en a jamais assez, donc le badass suivant est le SS-Obersturmbannführer Otto Skorzeny, et cette fois-ci, c'est fini avec les bisounours, lui c'est un enculé, un vrai. Officier SS depuis 1938, il s'illustre un peu partout en Europe, en particulier sur le front de l'Est, et c'est en 1943 qu'on lui confie le commandement d'une unité de commandos d'élite, qui va s'illustrer très vite en réussissant à libérer Mussolini qui était retenu prisonnier par le gouvernement italien dans un endroit tenu secret, et ce sans tirer un seul coup de feu. Dès lors, Otto Skorzeny est considéré En 1918, apprenant que la guerre est terminée (au hasard de la capture d'un messager anglais), il finit comme il a commencée, avec panache, en se rendant de lui-même aux force britanniques. Je l'imagine bien alors le soir, dans la tente du commandant anglais, en train de se remémorer les meilleurs moments de sa campagne autour d'un verre de whisky : "Haha, tu te souviens l'embuscade dans les marais quand on vous a mis une raclée à un contre dix ? Aaaah, c'était le bon vieux temps...". - 79 (42lemag.fr) -



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


42 numéro 19 novembre 2010 Page 142 numéro 19 novembre 2010 Page 2-342 numéro 19 novembre 2010 Page 4-542 numéro 19 novembre 2010 Page 6-742 numéro 19 novembre 2010 Page 8-942 numéro 19 novembre 2010 Page 10-1142 numéro 19 novembre 2010 Page 12-1342 numéro 19 novembre 2010 Page 14-1542 numéro 19 novembre 2010 Page 16-1742 numéro 19 novembre 2010 Page 18-1942 numéro 19 novembre 2010 Page 20-2142 numéro 19 novembre 2010 Page 22-2342 numéro 19 novembre 2010 Page 24-2542 numéro 19 novembre 2010 Page 26-2742 numéro 19 novembre 2010 Page 28-2942 numéro 19 novembre 2010 Page 30-3142 numéro 19 novembre 2010 Page 32-3342 numéro 19 novembre 2010 Page 34-3542 numéro 19 novembre 2010 Page 36-3742 numéro 19 novembre 2010 Page 38-3942 numéro 19 novembre 2010 Page 40-4142 numéro 19 novembre 2010 Page 42-4342 numéro 19 novembre 2010 Page 44-4542 numéro 19 novembre 2010 Page 46-4742 numéro 19 novembre 2010 Page 48-4942 numéro 19 novembre 2010 Page 50-5142 numéro 19 novembre 2010 Page 52-5342 numéro 19 novembre 2010 Page 54-5542 numéro 19 novembre 2010 Page 56-5742 numéro 19 novembre 2010 Page 58-5942 numéro 19 novembre 2010 Page 60-6142 numéro 19 novembre 2010 Page 62-6342 numéro 19 novembre 2010 Page 64-6542 numéro 19 novembre 2010 Page 66-6742 numéro 19 novembre 2010 Page 68-6942 numéro 19 novembre 2010 Page 70-7142 numéro 19 novembre 2010 Page 72-7342 numéro 19 novembre 2010 Page 74-7542 numéro 19 novembre 2010 Page 76-7742 numéro 19 novembre 2010 Page 78-7942 numéro 19 novembre 2010 Page 80-8142 numéro 19 novembre 2010 Page 82-8342 numéro 19 novembre 2010 Page 84-8542 numéro 19 novembre 2010 Page 86-8742 numéro 19 novembre 2010 Page 88-8942 numéro 19 novembre 2010 Page 90-9142 numéro 19 novembre 2010 Page 92-9342 numéro 19 novembre 2010 Page 94-9542 numéro 19 novembre 2010 Page 96-9742 numéro 19 novembre 2010 Page 98-9942 numéro 19 novembre 2010 Page 100-10142 numéro 19 novembre 2010 Page 102-10342 numéro 19 novembre 2010 Page 104