42 n°19 novembre 2010
42 n°19 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 104

  • Taille du fichier PDF : 28,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'automne arrive, c'est la saison des champignons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 72 - 73  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
72 73
IRL HISTOREEK Les badass IRL Quand la réalité dépasse la fiction La guerre c'est chiant. Loin de l'image romantique véhiculée par le cinéma ou les jeux vidéo, on se fait quand même globalement très chier quand on fait la guerre : on marche, on attend, et quand enfin y'a de l'action, on comprend en général rien à ce qui se passe dans ce bordel. Dans l'Antiquité puis au Moyen-âge, ça pouvait encore aller, on se foutait sur la gueule au corps à corps, il y avait de la place pour des moments de bravoure,y'avait encore moyen de faire des batailles qui ressemblaient à quelque chose. Mais les choses ont commencé à se gâter sérieusement avec l'invention de l'artillerie. Pour un soldat, la guerre ça consistait à présent à tirer un coup de feu, passer les cinq minutes suivantes à recharger son fusil, et recommencer, en espérant ne pas se faire toucher par les gars d'en face qui faisaient la même chose (à moins bien sûr qu'il ne soit interrompu prématurément par l'explosion d'un boulet de canon venu rouler à ses pieds). Passionnant. Et quand on dit tirer, c'est un bien grand mot : vu la précision des engins, y'avait pas grand chose à faire de plus que de les pointer dans la direction générale des adversaires et tirer au hasard ; de toute façon, avec toute la fumée dégagée par les tirs, il n'était même pas possible de savoir si on avait touché quelqu'un. Concrètement, pour les généraux perchés sur leur colline, la bataille se résumait donc à regarder deux nuages de fumée se tirer dessus, puis à attendre que celle-ci se dissipe pour pouvoir compter les morts et savoir qui avait gagné. C'est sûr que maintenant que la technologie est bien rodée, c'est facile d'être impressionné par les moyens de destruction à disposition, mais lors de leurs balbutiements, ça devait pas être triste. Par exemple, j'imagine bien le briefing des premiers grenadiers : "Vous allez voir, c'est une super arme, vous la lancez dans un groupe d'ennemis et ils explosent tous. Bon, il se peut que la grenade vous explose dans la main dès que vous la dégoupillez aussi. Sinon, il se peut aussi qu'elle n'explose pas du tout et que vous vous retrouviez exposé pour rien. Mais si ça marche, vous ferez d'énormes dégâts et vous aurez une jolie médaille ! ". Ensuite il y a eu la Première Guerre Mondiale, et un nouveau pas dans l'ennui a été franchi. Le quotidien d'un soldat c'était attendre la mort, avancer de cent mètres pour tenter de prendre une position à la faveur d'un pilonnage d'artillerie allié, attendre la mort, reculer de cent mètres après s'être fait pilonner par l'artillerie adverse, attendre la mort, chasser les rats mangeurs de cadavres, puis expérimenter les effets du gaz moutarde ou s'auto-mutiler pour tenter d'être démobilisé. Et ça a duré quatre putains d'années (vous vous imaginez vous, pas- - 72 (42lemag.fr) -
IRL ser quatre ans dans le même trou à Verdun, sans internet et sans même électricité pour recharger votre DS ?). Aujourd'hui, la guerre ça consiste à larguer des tapis de bombes sur les vagues silhouettes qu'on peut distinguer à travers les filtres dégueus des images satellites et c'est à peu près tout (on ne fait plus d'assauts d'infanterie, c'est trop dangereux, il risquerait d'y avoir des morts). Bref, la guerre c'est chiant, et c'est franchement à se demander comment un truc pareil à pu conserver une telle popularité au cours des derniers millénaires. Pourtant, de tous temps, des hommes et des femmes (enfin, surtout des hommes quand même) se sont dressés et ont dit non à la monotonie de la guerre. Gloire soit rendue à ces badass, qui par leur seule existence, ont contribué à rendre un peu moins chiant les grands conflits de l'Histoire. Les as de la Première Guerre Mondiale Autant dans les tranchées, on s'emmerdait sévère, autant dans les airs, c'était un peu la fête. Quand on voit la gueule des premiers coucous, on se dit qu'il fallait quand même être complétement taré pour accepter de voler là dedans. D'ailleurs, les meilleurs pilotes étaient en général jugés trop précieux pour être envoyés au combat et servaient plutôt d'instructeurs, et c'était plutôt ceux qui volaient de manière imprévisible et donc plus à même de dérouter l'ennemi qui étaient envoyés au casse pipe. Bien qu'à l'époque, pas mal de généraux ne croyaient guère à l'avenir de l'aviation, les as du manche à balai se taillèrent une solide réputation qui dépassa largement le cadre de l'armée. Le plus connu d'entre eux est sans contestes Manfred Albrecht Freiherr von Richthofen, mieux connu sous le surnom du Baron Rouge. Le seule vision de son avion peint en rouje vif suffisait à emplir de crainte ses adversaires, à qui il inspirait tellement de respect qu'après sa mort au combat, les anglais qui avaient récupéré son corps lui organisèrent des funérailles avec tous les honneurs dus à son rang. C'est lui qui détient le record de 80 victoires en vol confirmées, pourtant il s'est probablement fait battre à plate couture par un autre as de la première guerre mondiale, le français René Fonck. Bien qu'il ne totalise que 75 victoires confirmées, si on y ajoute les victoires "probables", on arrive à 144 (l'intéressé estimait quant à lui à "seulement" 127 le nombre de victoires dont il était sûr), ce qui explose nettement le palmarès du père Manfred. Il fut cependant beaucoup moins médiatisé que d'autres pilotes moins doués que lui, à cause de sa manie à se la péter lourdement à chaque victoire (cela dit, si j'étais l'as ultime de l'aviation, je pense que moi aussi j'aurais eu un peu les chevilles qui enflent). L'un de ses meilleurs amis dira même de lui que lorsqu'il sauvait la mise d'un coéquipier, ses pics de vantardise étaient tellement chiants qu'ils faisaient regretter de ne pas s'être laissé fait abattre par les boches à la place... De plus, au contraire de la plupart des célèbres pilotes de guerre, il aura eu le mauvais goût de survivre à la Première Guerre Mondiale, donc forcément, son image vendait moins de rêve que celle d'un martyr. Pour finir sur une citation un peu plus sympathique sur le personnage, un autre grand aviateur a dit de lui : "Fonck dépasse tout ce que l'on peut imaginer. Ce n'est pas un homme, c'est un oiseau de proie. Làhaut, il sent l'ennemi, il en distingue nettement à 8 ou 10 km sans être vu. Il choisit sa proie. Quelques balles suffisent, il n'y a jamais eu de riposte." HISTOREEK Aujourd'hui, l'aviation a bien changé. On a des radars, des missiles à tête chercheuse, des commandes électroniques. - 73 (42lemag.fr) -



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


42 numéro 19 novembre 2010 Page 142 numéro 19 novembre 2010 Page 2-342 numéro 19 novembre 2010 Page 4-542 numéro 19 novembre 2010 Page 6-742 numéro 19 novembre 2010 Page 8-942 numéro 19 novembre 2010 Page 10-1142 numéro 19 novembre 2010 Page 12-1342 numéro 19 novembre 2010 Page 14-1542 numéro 19 novembre 2010 Page 16-1742 numéro 19 novembre 2010 Page 18-1942 numéro 19 novembre 2010 Page 20-2142 numéro 19 novembre 2010 Page 22-2342 numéro 19 novembre 2010 Page 24-2542 numéro 19 novembre 2010 Page 26-2742 numéro 19 novembre 2010 Page 28-2942 numéro 19 novembre 2010 Page 30-3142 numéro 19 novembre 2010 Page 32-3342 numéro 19 novembre 2010 Page 34-3542 numéro 19 novembre 2010 Page 36-3742 numéro 19 novembre 2010 Page 38-3942 numéro 19 novembre 2010 Page 40-4142 numéro 19 novembre 2010 Page 42-4342 numéro 19 novembre 2010 Page 44-4542 numéro 19 novembre 2010 Page 46-4742 numéro 19 novembre 2010 Page 48-4942 numéro 19 novembre 2010 Page 50-5142 numéro 19 novembre 2010 Page 52-5342 numéro 19 novembre 2010 Page 54-5542 numéro 19 novembre 2010 Page 56-5742 numéro 19 novembre 2010 Page 58-5942 numéro 19 novembre 2010 Page 60-6142 numéro 19 novembre 2010 Page 62-6342 numéro 19 novembre 2010 Page 64-6542 numéro 19 novembre 2010 Page 66-6742 numéro 19 novembre 2010 Page 68-6942 numéro 19 novembre 2010 Page 70-7142 numéro 19 novembre 2010 Page 72-7342 numéro 19 novembre 2010 Page 74-7542 numéro 19 novembre 2010 Page 76-7742 numéro 19 novembre 2010 Page 78-7942 numéro 19 novembre 2010 Page 80-8142 numéro 19 novembre 2010 Page 82-8342 numéro 19 novembre 2010 Page 84-8542 numéro 19 novembre 2010 Page 86-8742 numéro 19 novembre 2010 Page 88-8942 numéro 19 novembre 2010 Page 90-9142 numéro 19 novembre 2010 Page 92-9342 numéro 19 novembre 2010 Page 94-9542 numéro 19 novembre 2010 Page 96-9742 numéro 19 novembre 2010 Page 98-9942 numéro 19 novembre 2010 Page 100-10142 numéro 19 novembre 2010 Page 102-10342 numéro 19 novembre 2010 Page 104