42 n°19 novembre 2010
42 n°19 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 104

  • Taille du fichier PDF : 28,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'automne arrive, c'est la saison des champignons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CINEMA Jarhead CRITICAGE DE FILM Un film de guerre sans action Tiens, et si je me contentais de citer la première phrase du début-début ? : "C'est l'histoire d'un gars, il tire avec un fusil de sniper pendant des années. Puis il va à la guerre. Puis il rentre chez lui et range le fusil. Et il s'aperçoit que, quoi qu'il fasse : aimer une femme, construire une maison, changer une couche... Ses mains se souviennent du fusil." Le film raconte le quotidien de jeunes marines, engagés pour diverses raisons, mais principalement parce qu'ils cherchaient leur place dans la société. Ils ont été entraînés et préparés à tuer, et sont envoyés en Irak, pendant la guerre du Golfe. Il y a juste un petit problème : y'a pas d'ennemis. On ne les envoie jamais se battre au front. D'où ça vient ? Dans leur vocabulaire spécifique, les marines se nomment eux-même des "Jarhead", à cause de leur coiffure en brosse, qui leur donne une forme de bocal. C'est aussi une manière de suggérer qu'ils n'ont pas grand-chose dans le crâne au départ. Mais ça se remplit au fur et à mesure, par le conditionnement et l'entraînement. En français, on dirait "cruche", mais nous, on l'utilise plus pour les blondes que pour les militaires. L'histoire est tirée d'un livre au titre éponyme, écrit par Anthony Swofford, un ex-marine racontant son vécu. Le film est raconté de son point de vue, avec la super technique de la voix-off-que-enfait-c'est-le-héros-qui-parle-depuisdedans-sa-tête. Pas très original comme astuce, mais quand c'est fait avec des phrases qui fennequisent de la poutre, ça fonctionne bien. (cf. Fight Club). Le "message" du film (oui, il y a toujours des messages dans les oeuvres d'art, un peu comme dans Outlook), c'est de raconter la réalité de la guerre du Golfe. Car au départ, elle a été présentée comme une guerre "parfaite" (surtout dans les médias américains). Sans civils morts, sans destruction inutile, avec juste la petite bombe qui va bien, là où il n'y a que des soldats méchants. Eh bien c'est pas tout à fait la réalité, en particulier concernant les séquelles psychologiques. Bouts de machins non-naïfs. Jarhead est un film qui n'a pas vraiment de fil conducteur ni d'intrigue. La plupart des scènes qui le composent n'ont pas de relations de cause-conséquence entre - 46 (42lemag.fr) -
CINEMA Swofford au lendemain de sa cuite de Noël, face à son sergent-chef (Jamie Foxx) elles. Tout est simplement mis bout à bout, dans un ordre plus ou moins arbitraire. Ca a l'air chronologique, mais ça pourrait ne pas l'être. Ce type de narration n'est pas spécialement révolutionnaire, on le retrouve dans plein d'autres films : Paris, Fauteuil d'orchestre, les Vacances de Monsieur Hulot (note pour plus tard, faire un article sur l'immensissime Jacques Tati), ou encore Le Battement d'Ailes du Papillon (aussi appelé "Amélie Poulain 2" chez nos amis Coréens, mais tout le monde s'en fout). A ma connaissance, cette narration "patchwork" est surtout utilisée dans des films racontant le quotidien confortable de personnes banals, saupoudrés de "petits plaisirs simples de la vie", et de "détails magiques qui vont changer votre existence". C'est une narration assez naïve (Ceci n'est pas une insulte, on a le droit de faire des films cuculs, pour offrir un moment sympa aux spectateurs). Sauf que pour Jarhead, l'histoire est tout sauf naïve. D'ailleurs, le titre complet, c'est "Jarhead : la fin de l'innocence". Le sergent ordonne à ses hommes de prendre une pilule anti-attaques bactériologiques, et leur fait signer une décharge, car celles-ci n'ont pas vraiment été testées. Certains marines protestent, des répliques bien classe fusent, du style "Je bouffe cette pilule, et demain, mon anus se retourne et se met à me parler ! " Mais ils finissent tous par l'avaler, sauf un qui la recrache. Après ça, on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait une attaque de gaz-chimieradioactivité-nucléaire, et ils survivraient tous, sauf un. Ou au contraire, ils choperaient tous une maladie bizarre, et se diraient "Fuck ! C'est à cause de ces fucking pilules ! " Eh bien non. Rien de tout ça. La suite ne fait plus jamais référence à cette scène. Et le film est garni de ce genre d'étrangetés. L'impression que donne cette narration patchworkiso-subjective, c'est qu'Anthony Swofford ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il est balloté d'un endroit à un autre, d'une scène à une autre, sans qu'il soit capable d'extraire un fonctionnement global de l'opération militaire à laquelle il participe. Un pion déplacé ici ou là. Enfin, pas exactement "déplacé". Il a été posé, puis oublié. Car, comme l'indique le sous-titre de cet article, c'est un film de guerre auquel il manque toutes les scènes classiques, tous les codes liés à ce genre. Le héros ne tue pas de méchants par paquets de trouze, il ne sauve pas de pauvres civils veufs et/ou orphelins, il ne pénètre pas tel un ninja dans un bâtiment truffé d'ennemis pour dé- CRITICAGE DE FILM Exemple de scène bizarre qui ne se raccroche à rien. Foot américain dans le désert en combinaison MBC. - 47 (42lemag.fr) -



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