42 n°18 septembre 2010
42 n°18 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,1 Mo

  • Dans ce numéro : Noir c'est noir... mayrde, on n'y voit rien.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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SOCIOLLOGEEK IRL rias ? Alors forcément, sur le coupon renvoie une image peu glorieuse de nos personnes, l'entourage immédiat dira sans doute "ouais il parle fort et est vulgaire". Mais au fond, hein ? On bannit des mots car cela sonne mauvais et ç'a la consistance d'un bon gros excrément d'étalon. Mais putain de bordel de merde, pourquoi n'aurait-on pas le droit de le dire pour déconner ? Ou dans la vie de tous les jours, sans entrer dans le cadre du serious business. Non, on doit avoir un langage normal, sans être raffiné, mais normal. Pas de place aux autres mots, aux gros mots. Parce quie c'est trop gros. Et puis merde, un "putain" lâché ça ne fait de mal à personne. Donc si, mes parents m'ont bien élevé, suffisamment pour que je dise bonjour/au revoir et que je n'agresse pas les personnes dans la rue gratuitement. Bon par contre j'écoute du métal, mais personne n'est parfait hein. Et au final, dire un gros mot quand on se fait mal, quand on est énervé, ça défoule. Qui n'a jamais dit "raaaaaaa enculé de ta mère ! " ou encore "fais chier ce [objet quelconque] de merde ! Putain ! " ? Ca soulage, et ça ne vise personne. Et puis on peut très bien être un connard et être correct dans son langage. Un exemple probant de cette "censure" est la musique actuelle et plus particulièrement les musique moderne que sont le rock et ses dérivées (ouais, le metal aussi, désolé). Vous avez sans doute, déjà tous vu ce label : Parental Advisory - 38 (42lemag.fr) - Explicit Content. Ce label qui catalogue les albums comme "offensant pour certains". Ca vient des Etats Unis, ce cher pays baptisé "The Land Of the Free" par certains. Mais ce pays de la liberté se permet de labelliser des artistes avec cet horrible logo parce que le message véhiculer serait mauvais pour la jeunesse Fort heureusement certains n'en ont que faire et se contrefichent des associations de protection des petites tête blondes, et parfois s'amusent à protester en musique. Tel fut le cas d'Anthrax qui proteste à sa façon, avec humour et provocation (ouais et en plus c'est dans la thème du mois, youpi !) : la magnifique chanson qu'ils ont composée expose leur point de vue sur la question. Jusque là, rien de folichon. L'étincelle va être déclenché par tout ce qu'il y a autour : Des samples de films porno Des insultes à la truelle Les choeurs "suck my dick", "you fucking whores", "you're a douche" (t'es un connard) Une musique caricatural redneck/country Un refrain en guise de coup de poing Mélanger le tout et vous obtenez une bombe retardement, qui parle plus du choix d'expression plutôt que de dénonciation bête et simple de la censure. SI ça vous intéresse jeter une oreille (ou
deux) sur "Startin Up A Posse" sur l'EP "Attack of THe Killer B's " d'Anthrax II. On ne rit plus de tout et pas avec tout le monde La question qui revient éternellement est celle-ci : peut-on rire de tout ? Et la réponse formulée par Desproges, qui a oublié d'être con en son temps lui aussi : "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui". Belle phrase, tout le monde est content, ceux qui sont pas d'accord vont voir ailleurs. Sauf que non. Ils ne vont pas voir ailleurs, ils ne supportent pas que des gens ayant un humour différent du leur ou rient sur des sujets qui ne les font pas rire. En somme, un truc ne leur fait pas lever d'un femtomètre la commissure de la lèvre supérieure, et personne ne devrait rire de ce truc qui n'est pas drôle. Le problème qu'il y a est que les gens cherchent de plus en plus à nous dire de quoi il faut rire. Les mécréants comme moi qui sont sur facebook ont eu vent du groupe, à l'humour plus noir qu'un drapeau pirate, nommé "Achevez un petit cancéreux en 1 clic (1clic=1mort)". Rien que le titre laisse transparaitre un certain humour ravageur et corrosif. Digne d'une couverture d'Hara Kiri de la grande époque, le dessin/la photo choc en moins. En l'espace de quelques heures, parce que je ne l'ai pas rejoint tout de suite, c'est un véritable bash et une avalanche de détracteurs qui s'abat sur le groupe. Jusque là, vous vous dites que c'est normal que les gens expriment leur circonspection à l'égard d'un truc d'aussi mauvais gout. Alors que nous tentions de raisonner et d'être un peu moins con que d'autres, qui s'amusent à jouer la carte du troll de base, ces soit disant "bonnes gens" nous insultent de tous les noms, nous traitent de monstres, d'ordures, qu'on va se faire défoncer la gueule, souhaitent qu'on ait aussi le cancer, la leucémie, voire le SIDA. Enfin toutes les horreurs possibles et imaginables. On a bien essayé, mais ils n'ont pas compris que s'ils n'aimaient pas, bah ils dégageaient. - 39 (42lemag.fr) - IRL Et c'est là le vrai problème. Avant il y avait des humoristes pour faire de l'humour scabreux, et les journaux satiriques comme Hara Kiri ou plus tard Charlie Hebdo, et puis toute la clique FLuide Glacial, L'echo des savanes etc... Personne gueulaient. Ceux qui aimaient ça achetaient, et ceux qui n'aimaient pas ignoraient, ou passaient à côté. Mais maintenant non, faut signaler parce que ça ne correspond pas à l'humour de certains. Donc non, fini de jouer, faut rire de trucs gentil hein, et puis hein dire des gros mot à outrance c'est être lourd. Tout le monde s'offusque pour un oui, pour un non, pour un "bite" mal placé, un gros mot en trop, ou alors une remarque un peu politique. "OMG, mais c'est un raciste en fait ! ". Résultat, on n'a que des culs terreux qui ont peur de rigoler sur de la merde, parce que "c'est mal m'voyez", et que c'est pas très correct III. Touche pas à mon cancéreux L'exemple des cancéreux sur facebook me revient sans cesse en tête, car symptomatique de l'état d'esprit actuel, de cette hypocrisie. Le nom du groupe prête à rire, jaune, mais à rire quand même. Un rire gras, dégueulasse. On rigole pourquoi ? Parce que c'est ignoble, tellement que l'on trouve ça ridicule. Seulement voilà, tout le monde ne le voit pas SOCIOLLOGEEK



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