42 n°17 jui/aoû 2010
42 n°17 jui/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de jui/aoû 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 75

  • Taille du fichier PDF : 17,4 Mo

  • Dans ce numéro : la narration made in sushi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PORTNAWAK PÈRE OBI, RACONTE NOUS UNE HISTOIRE que : « c’est pour vous habituer à quand les dinosaures reviendront », ou encore « J’l’ai coulé dans du béton, et apparemment les piles durent plus longtemps que prévu » et autres « c’est pas pire que quand tu pètes le cul à ta morue ! » Oui, Robert était un peu poète à ses heures perdues. Après une douche rapide et un café, Robert sortit de son appartement, direction l’ascenseur, lieu d’expression artistique de tout ce que le quartier comptait comme déchet humain et analphabète. Seule une phrase, écrite dans une langue compréhensible par le commun des mortels, avait attiré son attention ce matin là : « Au Début, il y avait les dinosaures. » Robert sortit souriant de l’ascenseur pour affronter la rue et la circulation, direction le boulot. Bon boulot était un bien grand mot, puisque la plupart du temps, il se contentait de glandouiller derrière son clavier, traînant sur des forums, des sites de cul, des blogs BD, enfin tout ce qui pouvait lui faire passer le temps. Sa devise aurait pu être « tant que mon patron fait semblant de bien me payer, je fais semblant de bien travailler. » Et à 17h00, il se levait plein d’entrain, pour un retour chez lui aussi peu mérité qu’une semaine de vacances pour un fonctionnaire. Manque de pot, le ciel était sombre, et à part un vent à décorner les cocus, rien ne semblait pouvoir faire apparaître le soleil en cette fin d’après midi. D’un côté, l’idée de l’absence de soleil fit de suite penser à Pinprechou que pas de soleil = pas de reflets dans l’écran = çaybien, mais par contre les 12 minutes de trajet sous la menace de prendre une pluie de seau d’eau, ça l’enchantait autant que d’aller se faire arracher les dents sans anesthésie par un dentiste sadique armé d’un décapsuleur à bières. Et sans assistante à gros seins en plus le dentiste… Et le hasard comme par hasard, c’est très exactement où il mit un pied sur le trottoir que les hallebardes annoncées se mirent à descendre. Prenant son courage à 2 mains, Courage étant le nom de son abdo Kronembourg, notre vaillant héros s’élança non sans jurer comme un charretier tous les 3 pas, au grand dam de son souffle qui semblait bien décidé à arriver largement après lui à destination. Alors qu’il n’était plus qu’à quelques pas de son immeuble, le lacet de sa chaussure gauche se défit, et d’un geste vif se précipita sous la chaussure droite, ce qui ne manqua pas de faire chanceler l’heureux propriétaire, avant qu’il ne s’étale de tout son long sur la chaussée, pile dans la trajectoire prédéfinie du bus de 17h08. Et ce ne fut que par l’injonction du Saint Cubordédnouille que le bus frôla le headshot qui aurait pu laisser Robert tout décédé et légèrement tout éparpillé. Bon manque de pot, suite à l’effort et au coup de flippette, le cœur du miraculé décida qu’il était temps pour lui de prendre quelques vacances et s’arrêta net, emmenant avec lui la Vie vers l’Infini et au-delà. Robert se sentit soudain transporté hors de son corps, le genre même de scène qu’on entend de la bouche de tous ceux qui ont failli mourir en avalant une mie de pain de travers, en attrapant une angine ou en se cognant le petit orteil au pied du lit, avec le tunnel, la lumière, tous les machins habituels quoi. Sauf qu’au lieu d’arriver à la lumière au bout du tunnel, il fut attrapé par une main dont la force ne pouvait être obtenue qu’après des siècles de fapfap. Le faisant littéralement décollé du sol sur lequel il se trouvait, elle le traîna dans une sorte de … euh… rien d’un vide intersidéral au milieu duquel trônait tout un merdier d’équipements semblant sor- - 60 (42lemag.fr) -
PORTNAWAK tir tout droit du livre d’un MJ d’Advanced Donjons & Dragons. La Main tenait toujours notre bonhomme qui essayait d’attraper ce qui lui semblait avoir de la valeur, or, rubis, trucs qui brillent… et juste au moment où il saisissait le pommeau d’une épée toute pourrie par la rouille, la Main le posa sur une catapulte maculée de tâches diverses assez semblables à du Flamby séché. Un peu assommé par l’évènement, Pinprechou eut à peine le temps de s’assoir correctement qu’un son genre « Chdooooinnnng » déclara la libération de toute l’énergie de la catapulte. C’est ainsi que Robert se retrouva propulser à une vitesse proche du stratosphérique en direction d’un néant différent de celui qu’il venait de quitter, le tout dans une non-coordination de ses mouvements qui pouvait faire penser à ce qu’on observe lorsqu’on fait une bataille de spaghetti à la cantine. Moins de 5 secondes plus tard, Robert atterrit sans dommage au pied d’un bonhomme qui lui semblait familier. S’appuyant sur l’épée toute pourrie par la rouille qu’il n’avait pas lâchée durant son vol, notre héros se dressa face à cet étrange personnage et en fit une inspection des pieds à la tête. Doc Marteens aux couleurs du drapeau anglais, jeans élimé à la propreté douteuse, t-shirt des Pixies. La tête du gars ne dénotait pas avec le reste, puisqu’en plus d’une épingle à nourrice dans l’oreille gauche, il arborait une crête bleu électrique qu’il semblait prendre un malin plaisir à déstructurer chaque matin avec un ou 2 bâtons de dynamite. Robert se revit 20 ans plus tôt, p’tain ouais il était face à sa jeunesse, sa période Punk… Devant l’air interloqué de Robert, Robert version punk prit la parole : « Salut vieux. Bon ouais, j’ai ta gueule avec 20 ans de moins, désolé j’ai pas trouvé de photos récentes où t’avais l’air normal. Même sur ton Facebook y a que des photos limites, soit tu gerbes, soit t’es à poil… Avant que tu poses des questions chiantes sur la métaphysique, je te fais le topo. T’es mort, et t’es pas au paradis. Je t’ai choppé dans le tunnel pour faire joli, et je t’ai fait transiter d’une dimension grâce à la toute puissance de la catapulte à Flamby. Donc là, t’es au milieu de rien, et t’as moyen d’aller sur un autre rien, mais que si t’es d’accord. Sinon je te rebalance dans le tunnel des petits poneys, et tu te démerdes avec les instances supérieures. Euh, mais vous êtes qui au juste ? Une entité immatérielle qui a besoin de toi. Tu m’as pas pris pour un jambon là des fois ? Nan, et je t’ai choisi pour la simple et bonne raison que t’as de l’imagination. Il dit qu’il voit pas le rapport ? Bah dans la dimension ou tu viens d’arriver, c’est simple, y a que de l’immatériel, donc paye ta galère pour gérer quoi que ce soit, et donc toi, avec tes amis imaginaires, t’es impeccable pour donner une forme à tout ce que tu vas rencontrer. C’est pas trop cool ? A vrai dire je comprends rien… Bon, pour faire simple : On a un gens qui est complètement barré et qui projette de se servir de la catapulte à Flamby pour arriver dans ta dimension d’origine pour la coloniser. Donc t’sais tous les machins d’équilibre cosmique tout ça, bah ce serait tout niquer, et donc c’est mal. Et vous pouvez pas juste l’empêcher d’atteindre la catapulte ? Si. Mais du coup l’histoire se finit là et t’es mort pour rien. Bon… faut faire quoi ? Tu passes la porte derrière moi, et t’as plus qu’à imaginer un monde, et à trouver celui que nous nommons « Fluffy » !!! ! » La surprise se lisait sur le visage de Robert Pinprechou, mais aussi la perplexité. Et si tout cela n’était qu’un rêve ? Et s’il n’était que 6h50 et que DinoPowa n’avait pas encore fissuré les PÈRE OBI, RACONTE NOUS UNE HISTOIRE - 61 (42lemag.fr) -



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