42 n°17 jui/aoû 2010
42 n°17 jui/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de jui/aoû 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 75

  • Taille du fichier PDF : 17,4 Mo

  • Dans ce numéro : la narration made in sushi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTNAWAK TOUT CE QUE VOUS N’AVEZ JAMAIS VOULU SAVOR Tu l'as voulu, tu l'as eu Un grand coup de méca Q Ce mois-ci, je vous emmène dans un monde inconnu, où l'étrange le dispute à l'inattendu. Un univers merveilleux et onirique dans lequel la perception des valeurs s'inverse constamment dans une débauche de sensations indicibles. Un territoire où les plus grands hommes se sont perdus avec bonheur, égarés par la promesse d'expériences comme nul n'en a jamais connu. Oui mes amis, préparez-vous à un voyage inoubliable, et soyez les bienvenus dans le monde... de la mécanique quantique. Non, revenez, je vous jure, ça va être intéressant ! Et puis d'abord, je vous rappelle que c'est vous qui l'avez lancé, le défi de faire un article sur la mécanique quantique, alors c'est un peu tard pour vous plaindre, donc maintenant vous vous asseyez, vous sortez votre stylo quatre couleurs, vous ouvrez votre Cohen-Tannoudji (volume 1) à la page 1280, et si j'en vois un qui moufte, je lui dévisse la tête et je lui chie dans le cou. Avant toute chose, une petite mise au point qui paraîtra sans doute obvious à beaucoup d'entre vous, mais qui me semble nécessaire, tellement on peut lire et entendre n'importe quoi sur le sujet. Parce que c'est quand même un domaine assez compliqué, dont les conclusions vont souvent à l'encontre de l'intuition, qui nécessite d'avoir des connaissances mathématiques poussées si on veut piger un minimum ce qui se passe, et que les phénomènes quantiques ne se manifestent qu'à l'échelle atomique, cette branche de la physique a pour le grand public l'image d'un truc mystérieux, où personne ne sait vraiment ce qui se passe ou pourquoi ça marche comme ça, mais rien n'est plus faux. La mécanique quantique, ce n'est pas une théorieésotérique imaginée par des savants fous qui ne sont pas sortis de leur laboratoire depuis vingt ans. La mécanique quantique, c'est une discipline vieille de près d'un siècle, dont les prédictions théoriques ont amplement eu "Tain, je le voyais pas comme ça le noyau de l'atome d'hydrogène" le temps d'être vérifiées par la pratique, sance de Monsieur Manatane. En ce qui et qui a donné lieu à de grandes avancées techniques, dont le laser n'est pas de la mécanique quantique, c'est une concerne les implications philosophiques la moindre, et aujourd'hui, il ne viendrait tout autre histoire, mais nous n'entrerons pas dans ce genre de débats ici, pas plus à l'idée d'un scientifique de contester la mécanique quantique que afin de préserver ce qu'il nous reste de l'existence de la gravité ou la toute-puis- santé mentale. - 46 (42lemag.fr) -
PORTNAWAK Historique Mais reprenons les choses depuis le début, et remontons jusqu'au début du siècle dernier, le 27 avril 1900 plus exactement. S'adressant à un parterre de scientifiques britanniques, le célèbre physicien William Thomson, plus connu sous son pseudo de Lord Kelvin (oui, le même que celui des degrés Kelvin) déclare "Désormais, il n'y a plus rien de nouveau à découvrir en physique. Ce qui est à faire, ce sont des mesures de plus en plus précises". Lord Kelvin était un scientifique brillant et reconnu, ayant notamment énoncé le deuxième principe de la thermodynamique (c'est en vertu de ce principe que lorsque vous posez une casserole sur une plaque chauffante, elle ne s'envole pas spontanément grâce à l'énergie fournie par la chaleur de la plaque), mais ce jour là, avouons-le, il aurait mieux fait de fermer sa gueule (du reste, sur la fin de sa vie, ce brave Kelvin n'était plus à une connerie près, ayant notamment affirmé que les rayons X étaient un canular ou qu'il était impossible de construire un engin volant plus lourd que l'air...). À sa décharge, il faut quand même reconnaître que l'époque prêtait à l'optimisme. Avec la révolution industrielle puis la domestication de l'électricité, la science allait de succès en succès. Il restait bien quelques petits détails que l'on n'arrivait pas à expliquer, mais pour la majorité des physiciens de l'époque, il suffisait de raffiner la théorie existante pour les résoudre, et ce n'était qu'une question de temps avant que l'on atteigne une connaissance parfaite des phénomènes physiques régissant le monde. Lors de son discours, Lord Kelvin résuma joliment la situation en comparant la connaissance en physique à un grand ciel bleu dans lequel subsistaient deux petits nuages. Ces deux nuages auxquels il faisait référence étaient l'échec de l'expérience de Michelson et Morley qui devait déterminer la vitesse de la Terre dans l'éther, et le rayonnement du corps noir. Le premier de ces "petits" nuages allait rien de moins que donner naissance à la théorie de la relativité et à l'abandon de la notion de temps absolu, tandis que le deuxième contribuerait au développement de la mécanique quantique... Le rayonnement du corps noir Un corps noir, c'est un objet qui absorbe absolument toute l'énergie électromagnétique qu'il reçoit, sans jamais la réfléchir, d'où l'appellation de "noir", puisque les objets qui nous paraissent noirs le sont parce qu'ils ne réfléchissent aucun rayon lumineux du spectre visible. Bien entendu, un corps noir parfait n'existe pas (les scientifiques adorent raisonner sur des objets qui n'existent pas vraiment, parce que la réalité, c'est très surfait), puisque tout corps réfléchit ou transmet quand même un peu de lumière, mais on peut trouver des objets qui s'en rapprochent, tels l'anus de Benoit XVI l'intérieur d'un four. Même s'il ne réfléchit rien, un corps noir émet quand même des radiations : à température ambiante, un corps noir n'émet quasiment que des rayons infrarouges et a donc l'air bien noir, mais à des températures plus élevées, il commence à émettre dans le visible, et un corps noir peut donc très bien être rouge, bleu, vert, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel en fait. Un scientifique teuton, Wilhelm Wien s'est ainsi amusé en 1893 à prendre un four et à mesurer l'intensité de la lumière émise en fonction de sa température. Les résultats furent cette belle série de courbes qui montrent par exemple que pour une température de 5 000 K, le corps émettra majoritairement de la lumière orange (ces résultats permettent par exemple d'estimer la température des étoiles ou des coulées de lave en fonction de leur couleur, sans avoir besoin de leur coller un thermomètre dedans). (Voir image à gauche). TOUT CE QUE VOUS N’AVEZ JAMAIS VOULU SAVOR Ces résultats peuvent paraître anodins, mais pour les physiciens de l'époque, c'était un peu le drame, parce qu'ils étaient en totale contradiction avec la théorie physique classique qui prédisait que l'objet émettait une quantité infinie d'énergie (courbe rouge sur le schéma, - 47 (42lemag.fr) -



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