42 n°17 jui/aoû 2010
42 n°17 jui/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de jui/aoû 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 75

  • Taille du fichier PDF : 17,4 Mo

  • Dans ce numéro : la narration made in sushi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TELE pas Vic Mackey, il EST Vic Mackey ! BATTLESTAR GALACTICA C’EST RIEN QUE DES COPIEURS ! DOSSIER DÉCOUVERTE Cela dit, un bon acteur ne fait pas un bon personnage si celui ci n’a pas de substance et ça tombe bien puisque les scénaristes lui ont pondus une personnalité véritablement passionnante. La principale particularité de Vic est son ambivalence, capable à la fois du meilleur comme du pire, Vic nous est présenté de façon crue, quasiment jamais sans jugement. Ses pires exactions ont toute une logique, défendable ou non, mais il ne s’agit pas d’un personnage binaire qui fait le mal pour le fun ou le bien par pure bonté d’âme, bien au contraire. Au fil de la série on en vient même à se dire que, probablement soumis aux même pression, ou si on baignait dans le même milieu que lui, on serait tenter d’agir à l’identique, ce qui est très déroutant Le risque avec un tel personnage aurait été de chercher à le rendre "attachant" ou du moins "sympathique" en jouant sur le côté "combattre le mal par le mal" pour l’absoudre de ses crimes. Vic et son équipe étant constamment aux prises avec les pires gangsters de Los Angeles, on peut parfaitement comprendre qu’ils aient parfois recours à la violence pour mener à bien leurs enquêtes, et puis bon, franchement, on ne va pas chialer pour quelques bleues si ça permet d’arrêter un nazi pédophile canadien qui télécharge des films sur piratebay. Heureusement, pour éviter cet écueil qui n’aurait finalement donné aucune originalité au personnage (un autre méchant "toudoux gentil dans le fond" on en a plein la téloche, Dr House en chef de file et puis tout le concept "la fin justifie les moyen" sans contrepartie ça aurait été Quel est d’après vous le point commun entre The Shield et Battlestar Galactica ? "Les cylons ont une sale tête, comme Vic ! " Non ! "Les deux titres sont en anglais pour faire genre je me la pète je parle la langue de shakespeare tavu ! ! " Mais non enfin ! Le point commun c’est la façon de filmer ! Dans The Shield, tout est toujours filmé "en mouvement", comme si on assistait à une sorte de reportage sur la police avec un envoyé spécial qui cavale derrière les personnages. Cela renforce le réalisme des scènes. Dans Battlestar Galactica ils ont repris exactement le même gimmick avec leur caméra qui fait des zoom lors des scènes statiques ou qui bouge toujours légèrement même lors des scènes dans l’espace. La meilleure série SF du monde qui copie la meilleur série policière de l’univers, si ça c’est pas la classe ! limite facho), les créateurs de la série ont eu l’intelligence de lui faire commettre son pire crime dès l’épisode 1. Grâce (ou plutôt à cause) de cet acte impardonnable dont je tairais la nature pour ne pas spoiler comme un chacal, aucune de ses actions lors des 7 saisons qui suivent ne peuvent rattraper complètement ce qu’il a fait, surtout qu’a aucun moment il n’en éprouve de regrets. Mieux encore, à chaque fois que l’on "s’attache" au personnage ou qu’on en vient à le trouver sympathique, voir à excuser toutes ses actions, les scénaristes balancent une nouvelle couche de connarditude ou rappel un de ses méfait passé pour bien montrer que, même si la fin justifie parfois les moyens, à force de franchir trop d’interdits, Vic en arrive à ne plus différencier le bien du mal. Ce flou entre l’acceptable et l’inacceptable savamment entretenu pendant les 7 saisons est pour moi ce qui rend cette série si palpitante car, face à un héros qui connaît de moins en moins de limite à force de les repousser, le spectateur est obligé d’osciller sans cesse entre le soutient et le rejet. Le soutien parce que ses méthodes expéditives lorsqu’elles sont dirigés sur de grosses roulures payent et que ce personnage "électron libre" capable de survivre dans une jungle urbaine hostile fascine et le rejet lorsqu’il va trop loin, agit égoïstement ou fait souffrir des innocents simplement parce qu’ils ont eu la mauvaise idée de se mettre en travers de son chemin. La grande réussite des scénaristes a donc été de créer un personnage complexe, ni vraiment bon, ni vraiment mauvais que l’on comprend mais que l’on ne pardonne pas, évitant ainsi la facilité - 24 -
TELE L’HÉRITAGE THE SHIELD Cette série, avec la série Oz, est précurseur des séries modernes qui font la part belle aux scénarios alambiqués et matures. Jusqu’à il y a peu, la plupart des séries "adultes" restaient dans le très classique avec une pelleté de série policière toutes taillées à l’identique. The Shield, en détournant tous ces clichés du gentil flic, à prouvé que l’on pouvait faire autre chose que des recettes toute faites et, son succès (audiences records malgré la diffusion sur chaine privée, nombreux prix dont celui de meilleur acteur de série pour Michael Chiklis deux années de suite) a permis de décoincer progressivement les réticences des producteurs pour des idées ambitieuses. Cela explique, du moins en partie (réduire l’évolution des série uniquement à The Shield serait présomptueux, mais nier son influence le serait tout autant), la grande qualité des série télé "modernes" qui surpassent souvent largement tout ce qu’Hollywood pond en matière de films. voit s’affronter Vic et John Kavanaugh, un flic de la police des polices interprété par Forrest Witaker, grandiose en flic "passif aggressif" qui parvient à damer le pion niveau charisme à Mickael Chicklis. Jamais au cours des 7 saisons ai je autant voulu que Vic se fasse choper, surtout lorsque l’on voit les extrémités auquel il s’abaisse pour blesser/discréditer Kavanaugh et, dans le même temps, la tension est si forte et si passionnante que je ne voulais surtout pas que tout s’arrête. DOSSIER DÉCOUVERTE Cela dit, mais ce n’est qu’un avis totalement personnel, j’ai le sentiment ces derniers temps qu’il y a un recul de l’originalité et de la prise de risque dans le monde des séries. A cause du succès écrasant des Experts et de la série Dr House (les Expert à l’hopital), séries entièrement basées sur des schéma identiques répété à l’infinie, les producteurs préfèrent se rabattre sur des concepts vu et revu mais qui assurent systématiquement un minimum d’audience, au lieu d’expérimenter des choses audacieuses. Résultat, on se mange une vague énorme de récusés des Experts touchant à toutes les disciplines plus improbables les unes que les autres de la police et qui ont tous la même trame : Numb3rs, NCIS, Le mentaliste, Lie to me… classique consistant à présenter un personnage "méchant mais sympa", et ça, c’est "trop bien putain d’enculé nique ta mère la pute" comme dirait Anelka. Tension psychologique Les scénaristes exploitent à fond ce sentiments d’amour/rejet du personnage de Vic Mackey pour créer des intrigues saturées de tension psychologique. En tant que spectateur, on est sans cesse le cul entre deux chaises ce qui est très pratique pour effectuer ses besoins mais pas très sympa pour le bien être des postérieurs délicats, car, d’un côté on ne souhaite pas que Vic se fasse gauler parce qu’il contribue, malgré ses merdes, à arrêter de vraies roulures et de l’autre on aimerait quand même bien qu’il se fasse choper pour lui enlever son petit sourire narquois qu’il adore arborer pour provoquer ses adversaires ! Ce sentiment ambivalent est parfaitement exploité au cours de la saison 5 qui Faire vouloir tout et son contraire aux spectateurs et jouer avec ce sentiment c’est une des grande force de cette série. Cela peut s’avérer frustrant mais, punaise, au moins c’est palpitant et ça fait réagir ! Du charisme de compet et du jeu d’acteur de haute volée à tous les étages Lorsque l’on parle de The Shield on pense toujours presque uniquement au personnage de Mackey mais ce serait oublier tous les seconds rôles qui l’entourent et qui sont, pour la plupart, extrêmement talentueux. Il faut dire que pour tenir tête au charismatique Vic, les mecs en face ont intérêt à assurer sévère et, heureusement, c’est largement le cas. Je ne vais pas vous faire la liste des seconds couteaux, ça serait chiant et il y a les laxatifs pour ça, mais sachez juste que, même si quasiment tous les acteurs de cette série sont "quasi inconnu", ils sont tous très bons et je ne serais pas surpris de les voir exploser au cinéma - 25 -



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