42 n°16 juin 2010
42 n°16 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 20,4 Mo

  • Dans ce numéro : mort et jeux vidéo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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IRL matique de 12 000 flyers, et c'est torché, bordel. Où même encore plus moderne : on pourrait faire ça par internet. Noël ! ! Noël ! ! BACKSTAGE Aujourd'hui c'est un peu moins le bordel au niveau du bénévoling. Mes moments de glandouille et de travail sont donc plus clairement définis. Ce qui me permet d'écouter Karimouche de loin : chanteuse symptomatique de notre époque, qui raconte ses petits malheurs du quotidien dans des chansons, et joue sur le côté "petit bout de femme plein d'énergie" tellement tendance. Je m'attarde aussi sur Hocus Pocus, qui font du hop-hip. (En vrai on dit "hip-hop", mais en verlan ça le fait mieux). Je suis pas fan de cette musique, mais ils font ça bien, ils ont même une chanson qui se moquent des wesh-wesh, et ce sont les seuls qui remercieront Chapiteuf à la fin de leur concert. Les autres groupes se contentant de gueuler "ça va Carcassonne ? HIIIIIII !!! !!! ! ! " Je me pose un instant dans le fameux clando, la déco est très classe. On s'assoit sur des sièges de voiture. Et il y a des fesses de mannequin en plastique peintes en violette et habillées d'un slip à facettes dans une cage. (Pas compris). Je décide de porter mon attention sur mon gobelet consigné (voir autre encadré). Il y a écrit dessus "je suis un gobelet réutilisable. Conservez-moi ! ". Ca me fait flipper ce genre de formulation. On a l'impression que l'objet te parle. Si on continue dans cette voie, bientôt, on se mariera avec une machine à laver, mais pendant qu'elle a le dos tourné, on baisera avec la cafetière, et des gens seront mis en prison pour avoir violé des petites voitures télécommandées. Je sais plus trop comment, mais je me retrouve avec Audrey, à attendre une copine à elle qu'est aux chiottes (toujours aussi sèches). La chanteuse de Karimouche vient nous rejoindre. On discute pipi. Elle nous avoue qu'elle est un peu pressée. On est des grands seigneurs et on lui laisse notre place. On peut pas en tirer une grande gloire vu qu'on avait déjà fait tous les deux, mais zut, c'était notre quart d'heure de célébrité devant les toilettes. Je remets un peu de cohérence dans les duos de poubelles recyclables/cochonneries. Quand les gens commencent à mal trier, ça part direct en cahouètes, c'est exponentiel. Du coup faut surveiller régulièrement. Ah et pour info, les couverts en plastique de mayrde, ça se recycle pas. Sur ce, c'est le grand moment tralalalaboum-dzoing avec Émir Kusturica et ses potes. J'ai beaucoup aimé. Il y a un chanteur cinquantenaire en costume moulant bleu brillant avec des ailes, du public qui monte de temps en temps sur scène, et un oufzor du violon qui fera n'importe quoi tout le long du concert : jouer avec l'archet sur sa tête, avec l'archet entre ses dents et celles de son pote cinquantenaire, avec un archet géant, etc. C'est bien clownesque, j'adore. Il est 3 heures. Tout ce bazar touche à sa fin, avec une DJette dans le chapigrande-scène et un DJ dans la miniscène du chapi-bar. Je me place à équidistance des deux, comme ça chacune des deux musiques rentre dans chacune de mes deux oreilles, et je fais le mix automatiquement dans mon cerveau. Pour régler la balance, j'ai juste à tourner un peu la tête. Et voilà ! Pas besoin de platines, d'ordinateurs ou autres machins technologiques compliqués. Moi aussi je disque-joquette. La musique s'arrête. Les gens s'en vont. Et c'est le moment pour nous de ramasser. Du coup, le stand des Conn'Ass'se transforme en bureau des objets trouvés, avec ce que les gens ramènent, les descriptions de ce que d'autres ont perdu, et ce qu'on trouve nous-mêmes en nettoyant. (A ce sujet, il y a moyen de se faire une petite fortune). Pantalon- BouffantRouge récupère une blague à tabac, il la met dans sa main et s'en fait une marionnette : " Bonjour je suis une gentille blague à tabac, emmène-moi avec toi, je serai ton amie ! " Qu'est-ce que j'avais dit au sujet des objets qui parlent ? Vous voyez que ça commence à devenir dangereux. Ils prennent de plus en plus le contrôle de - 54 (42lemag.fr) -
IRL Réveil tranquillou. Pendant le petit dej', Audrey et Solange se racontent les ragots du week-end. Sandrine nous montre le sac à main qu'elle est en train de se confectionner en cousant ensemble des goupilles de canettes. Je bois du Coca-Kolkhoze. Walter (c'est son vrai prénom) nous mime la poule qui picore du crumble. Il en vient inévitablement à son imitation de prédilection : Hitler faisant une allocution. Il faut prendre un emballage plastique de paquet de clope, se le coller sur la bouche et hurler des trucs à consonance allemande. Le plastique fait comme un créchitement de vieille radio. Hu hu hu. Godwin Point. On finit de nettoyer le site et les alentours, avec des caddies, et nos fidèles pinces. L'année dernière, y'avait un espace camping réservé aux festivaliers. L'endroit avait plus ou moins fini en gabegie. On y était allé, et au lieu de tout ramasser devant les gens qui nous auraient ri au nez, on leur donnait un sac à cochonneries et un sac à trucs recyclables, en leur disant de nettoyer euxmêmes. Ce qui est pédagogiquement plus intelligent. Évidemment, ça n'avait pas marché comme sur des roulettes. Mais c'était toujours mieux que rien. BACKSTAGE Cette année, pas de camping spécifique. Les gens ont posé leur tente/camion de hippies un peu n'importe où, alors on a fait que ce qui était proche. Détail important : toujours se proposer pour nettoyer l'entrée du site, il y a plein de bouteilles et canettes pas ouvertes prêtes à consommer (faut juste pas les boire direct et utiliser un verre). Eh oui, comme les gens n'ont pas le droit de rentrer avec, il les planquent comme des petits écureuils, puis les oublient, et c'est tout bénèf. nos vies, ces sales insidieux petits tas de molécules. Je hais les objets. Je les déteste. On est envahi. Des gens vont nettoyer le parking pendant que je rassemble les poubelles avec Bernadette. Un stupide hérisson est endormi en plein milieu d'un chemin. Je lui sauve la vie avec quelques petits coups de pied au cul bien placés. Ensuite il se met en boule et se pète la gueule dans un fossé. Vivant, mais toujours aussi crétin. Si Darwin passe par là, il en fera qu'une bouchée. Audrey me raconte qu'elle a dû trouver des pizzas à 22 h du soir (alors qu'on est quand même un jour férié), parce que certains potes à Emir Kusturica étaient pas satisfaits de la super bouffe de notre cuistot. Eh bien elle y est parvenu ! Ça me fait penser à une scène de Wayne's World 2. Del Preston dit : " So there I am, in Sri Lanka, at about 3 o'clock in the morning, looking for one thousand brown M&Ms to filla brandy glass, or Ozzy wouldn't go on stage that night". Putain, quel film génial. Un peu à l'eau de rose, mais de la manière que j'aime bien. Pour en revenir aux Émir Kusturiciens, ce sont de grands seigneurs, car ils ont remboursé les pizzas. Sur ce, une petite bière et au dodo. Dimanche Je croise mon pote GrandGeek, avec qui je discute philosophie. (La matière et la conscience, le hardware, le software, tout ça tout ça). J'adore ce mec, parce qu'il lit tous mes articles de 42. J'en profite pour lui faire coucou, ainsi qu'à mon canari, qui me lit depuis son perchoir. On démonte les duos-poubelles, et on dit au revoir à tout le monde. Audrey dit à un mec : « Ouais, on peut se recontacter par mail. " Et il répond : "J'ai pas de mail". OMG ! Je savais que c'était un festival de gens proches de la nature, mais à ce point là ! ! Sur le chemin du retour, il a fallu que je m'enfile une canette de Vostrükbier pour m'en remettre. À l'année prochaine ! Réchèr - 55 (42lemag.fr) -



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