42 n°16 juin 2010
42 n°16 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 20,4 Mo

  • Dans ce numéro : mort et jeux vidéo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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IRL BACKSTAGE pour qu'ils le fassent eux-mêmes." Ensuite je vais voir Marck l'angliche, le gérant des toilettes sèches, toujours très classe dans son bleu de travail rouge. Je croise un policier qui se balade. Il arrive dans le coin des urinoirs secs, et dit : "urinoir : maîtrisé". J'ai pas trop compris à quoi il jouait, ni l'exacte signification de ces paroles. Mais je pense qu'un être humain doit avoir l'occasion, au moins une fois, de dire sérieusement "urinoir : maîtrisé", sinon sa vie un échec total. Le policier me demande si c'est bien dans les bidons pleins de paille qu'il faut pisser, ce que je lui confirme, d'un regard fier, et planéto-responsable. La commission de sécurité n'ayant rien reçu sur le coin de la gueule, il est désormais possible d'effectuer l'inauguration. C'est assez postiche comme moment. On est en plein après-midi, aucun groupe n'est arrivé, c'est pas encore ouvert au public, mais un troupeau de hauts dignitaires de divers organismes débarque et marche d'un pas ferme et décidé sur la terre absorbante. LES TOILETTES SÈCHES MODE D'EMPLOI. J'ai pas la prétention d'être un grand défenseur de la nature, la planète, les oiseaux, les bouddhistes et tout le saint-frusquin. Mais quand on y pense : pisser et chier dans de l'eau potable, c'est assez crétin, et ce, même d'un point de vue purement économique. Oui oui, l'eau, ça coûte des sous. Une fois arrivé au milieu de rien, quelqu'un pose deux petits poteaux et les relie par l'inévitable ruban bleu-blancrouge. Des péons-journalistes gravitent autour de tout cela en crépitant et flashouillant. Il se passe sûrement un discours, mais je suis trop loin pour l'entendre. Pour finir, un petit coup de ciseau, et hop, achievement unlocked, le troupeau peut repartir. Ah et il y avait un chien aussi. Un cocker. J'ai pas compris pourquoi. Osef. Les toilettes sèches, c'est un bidon coupé en deux, avec de la sciure de bois au fond. Tu chies/pisses/dégueules dedans. Quand t'as fini, tu saupoudres d'une petite louche supplémentaire de sciure. C'est tout. Il y a même une lunette de chiottes, afin de rester dans l'authentique. Quand le bidon est rempli à moitié, faut le vider dans une cuve à caca géante. Si c'est nettoyé comme il faut et régulièrement, ça pue pas, ça sent juste le bois, et les risques de chopage de gastro explosive ne sont pas plus élevés que dans des toilettes publiques. Bon là je me moque. Mais faut relativiser. Tous ces superbes politiciens filent un bon paquet de subventions pour que ce festival continue d'exister. Donc en échange, on peut bien leur permettre de faire les guignols entre eux avec des chiens et des rubans. Sur ce, je dois aller monter des tuyaux-guirlandes lumineux autour des toilettes sèches. La version urinoir existe également. Prenez l'autre moitié du bidon, mettez de la paille bien sèche et bien aérée, et c'est tout. Lorsqu'on shoote dans le bidon et que ça fait floc-floc, c'est signe qu'il faut le vider, dans la même cuve à caca. Il y a aussi des toilettes sèches pour handicapés. Avec la petite rampe à fauteuil, les poignées, tout ce qu'il faut. Tandis que je fais des petits tortillons de fil de fer, je vois Cécile creuser une minitranchée avec un pied de biche. "C'est parce que j'ai tué un serpent, alors faut que je l'enterre", me répond-elle. Je commence à trouver cela vraiment bizarre lorsqu'elle entame sa deuxième tranchée, "pour enterrer la bite à Rocco Siffredi". Bon en fait c'était pour faire passer les tuyaux-guirlandes dans le sol. Voili voilààààà. Passons. Je découvre au passage qu'il n'y a pas d'arrivée d'eau sur le site. La plus proche se trouve dans l'espace réservé aux bénévoles. Et vu que personne n'a songé à apporter un tuyau géant de 400 mètres, ça va rester comme ça. C'est un peu à l'arrache, mais on s'en fout, on n'a même pas peur. Il reste encore du temps de glandouille avant le début des hostilités. Je retourne voir les Conn'Ass pour transporter les - 50 (42lemag.fr) -
IRL du pschitt désinfectant sur les lunettes de chiottes, recharger le PQ, et expliquer aux mecs qu'ils doivent pisser dans les urinoirs, et pas à côté. J'aime bien, car c'est une occasion de faire des rencontres, et d'expliquer la philosophie des toilettes lors de conversations à bâtons rompus. Voici mes moments les plus forts : Un énorme boum dans une toilette, accompagné d'un dangereux mouvement d'oscillation. J'ai cru que Hulk se transformait dedans. Mais y'a juste une nana bourrée qui en est sortie. Une autre nana bourrée qui m'explique qu'elle bosse à Jardiland et que les chrysanthèmes faut les arroser deux fois par jour. Pendant ce temps, elle s'est faite piquer sa place, ce qui n'est que justice. BACKSTAGE Un mec qui me dit : "Te fais pas chier à les nettoyer. Si je vais dedans, c'est juste pour me prendre un rail de coke". Des tas de gens (bourrés ou pas) qui sont venus personnellement me dire qu'elles sont trop bien ces chiottes : propres, agréables et tout. Ça fait plaisir. Quelques autres gens qui m'ont demandé où étaient les robinets pour se laver les mains. Ben y'en a pas. Tu te laves les mains avec ta bière. Un type qui pisse et vomit en même temps dans un urinoir. Et ça ne pose aucun problème. Alors qu'avec un urinoir normal, bonjour le débordement ! doubles-poubelles tri/cochonneries aux stands de bouffe et aux points stratégiques. Il faut les initialiser en y mettant une bouteille vide et une ordure quelconque. Non ce n'est pas de la postiche, c'est pour montrer l'exemple aux gens. Ah tiens ça me fait penser à l'ingénieuse invention du sac poubelle pré-rempli. Hop, ouverture public. Les gens arrivent. Les divers musiciens sont là. Je le sais parce que j'ai croisé Tété en vrai en allant me prendre une bière. Aujourd'hui, je fais partie de la glorieuse équipe responsable des toilettes sèches. (Voir encadré). Il faut vider les bidons et remettre de la paille/sciure dedans, mettre Les roulements de bénévoles sont un peu à l'arrache, mais j'ai quand même le temps d'aller bouffer. Le cuistot a décidé de faire autre chose que des lentilles ! En ce qui concerne Audrey, elle est à la billetterie (un poste plus classe que le mien, mais aussi bien plus critique, puisqu'il faut s'occuper des gros lourdingues qui veulent rentrer sans donner de leur argent). - 51 (42lemag.fr) -



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