42 n°13 mars 2010
42 n°13 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 21,6 Mo

  • Dans ce numéro : RoboRally.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTNAWAK PHILOSOPHEEK deux définitions n'indiquent pas la même chose. Alors tournons nous vers l'histoire. Le terme vient des langues slaves, rabotatie en russe voulant dire travailler et robotnik signifiant travailleur. Il fut utilisé la première fois en 1920 dans une pièce du slovaque Karel Capek pour désigner une créature fait de parties organiques et artificielles. Ça se complique encore si on s'intéresse au cyborg qui a priori est constitué de pièces mécaniques ou de l'androïde qui peut désigner soit de l'organique soit du métal. Quelque part l'intérêt du débat n'est pas flagrant car comme chacun le sait, le but premier de l'humanité en fabriquant des robots est d'un jour arriver à produire des roboputes moins chiantes que nos compagnes humaines. Alors cyborg ou androïde on s'en cogne. Mais partons quand même du principe que le robot que nous étudierons aujourd'hui est un organisme synthétique qui est en partie créé avec des pièces mécaniques. Ça nous facilitera la tâche. Et non votre papy qui s'est fait mettre une plaque de métal dans le genou après la guerre n'est pas pour autant un robot. Bref, on ne s'en sort pas, mais pas grave, on avance. La définition de l'humanité Ouais, plus j'écris plus je me rends compte que je fais un article aussi passionnant qu'un cours de français puisque je n'arrête pas d'essayer de donner des définitions. Mais bon pas grave. En fait, si celle-ci est intéressante, c'est que l'âme étant un concept abstrait, et qu'il n'est pas défini pareil selon les dogmatismes religieux ou culturels, il est dur d'être d'accord sur ce que c'est exactement. Contrairement à l'humanité. Qui n'est pas qu'un journal de gauche qui a édité Pif Gadget. D'ailleurs comme la bande de gamins que vous êtes, vous n'avez sûrement jamais connu le fameux gadget des pois sauteurs qui a totalement traumatisé ma génération... m'enfin bref, je me perds, je m'éloigne, je me disperse. Et revenons à nos moutons électriques. Car d'aussi loin que l'on s'en souvienne, et même à une époque ou personne ne connaissait encore Goldorak, l'homme s'est toujours intéressé à définir l'humanité, c'est à dire ce qui lui permet de se définir par rapport au reste du règne animal. Et aussi par rapport aux Noirs, aux femmes et aux Indiens, pour lesquels on s'est demandé très longtemps (c.f. la fameuse controverse de Valladoid en 1550 concernant les Indiens) s'ils étaient oui ou non des êtres humains égaux des hommes blancs bien pensants. Cette différence peut être appréciée sous un angle zoologique (et non pas zoophilique), culturel, religieux ou quoi ou qu'est-ce, mais on s'en fout. Ici on va le faire sur un plan philosophique, parce que non seulement c'est plus intéressant, mais aussi parce que si jamais ça tombe au sujet du bac de l'an prochain vous pourrez ressortir toutes mes conneries et vous servir de 42 comme excuse si vous vous tapez une sale note. Bref en philo, et même si beaucoup de penseurs se sont arrachés les cheveux sur le sujet, je pense que la référence est Nietzsche. Car avant de finir totalement frappé et bon pour l'asile, pépère n'a pas dit que des conneries et est même au cœur de l'existentialisme. Pour lui, ce qui amène l'homme à agir est - 68 (42lemag.fr) -
PORTNAWAK avant tout la vanité et le sentiment de puissance. L'homme n'arrivant finalement à se socialiser et à créer une véritable culture qu'en mettant en prérogative une moralisation des mœurs, entendre par là la mise en place de règles de savoir vivre connues de tous et censées êtres suivies par chacun. Hummm oui et alors ? Si on suit cette définition, un robot n'a a priori aucune raison sociale puisqu'il n'est qu'un programme et ne peut pas avoir de sentiment, seulement les émuler (ce qui lui permet de jouer à des vieux jeux Neo Geo. Bon ok, celle là elle revient de loin.) Par conséquent, un robot n'a à priori aucune volonté de puissance et aucun narcissisme. Donc a priori ce n'est pas demain que votre robot mixeur aura une peine de cœur parce que l'ouvre boîte l'aura largué et qu'il décidera de se pendre avec son câble d'alimentation. Mais tout n'est pas si simple. En effet, en ayant ce raisonnement, on se focalise sur les robots actuels dont on sait pertinemment qu'ils ne risquent pas d'amener un soulèvement des machines. Ce qui nous intéresse est plus d'imaginer ce qui pourrait se passer dans le futur. Si l'on suit donc le raisonnement de Nietzsche, la question de l'humanité se poserait donc à partir du moment où l'on sera capable de doter une machine de sentiments. Ce qui confirme au passage que les contrôleurs du FISC ne sont pas près d'être humains. Mais bref. On sait également que le mécanisme du rêve, et par extension l'âme (même si j'avoue que le raccourci est un peu facile) correspondent à des phases où le cerveau mouline les informations reçues pendant les quarante huit dernières heures, sans qu'on en connaisse exactement les processus, pour faire remonter un assemblage composite à partir de détails et d'interprétations. Par conséquent, un robot pourrait avoir une âme le jour où non seulement il aura des sentiments mais sera également capable d'introspection. Nom didiou ça commence à faire pas mal... Bah oui quand même... Bah oui j'ai presque fait un gros bloc sans vanne alors reprenons nous tout de suite. Ce sont deux œufs qui cuisent dans une poêle. Le premier fait "oh, il fait chaud ici". Le second répond, effrayé "Haaaa, un œuf qui parle". Tzitzaaaaaa. Cet interlude vous était proposé par Jean Roucas. Pour revenir au sujet, le problème est que si on est en face d'un être synthétique qui nous ressemble, est capable de penser, d'avoir des sentiments PHILOSOPHEEK LES LOIS DE LA ROBOTIQUE Puisqu'on me le demande, je vous rappelle que Isaac Asimov a plus que participé à la définition de ce que devait être un robot en écrivant plusieurs lois qui devaient définir dans ses romans leur but et leur utilisation. Bien qu'il soit un écrivain de science-fiction, ses recherches sur le sujet sont prises très au sérieux et méritent d'être citées. Les règles sont au nombre de trois : 1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger. 2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi. 3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi. Auxquels il rajouta plus tard une loi zéro, car il trouvait qu'elles ne suffisaient pas à couvrir le champ des possibles et à répondre à son envie humaniste : 0 : Un robot ne peut nuire à l’humanité ni, en restant passif, permettre que l’humanité souffre d’un mal. - 69 (42lemag.fr) -



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