42 n°13 mars 2010
42 n°13 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 21,6 Mo

  • Dans ce numéro : RoboRally.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BD/COMICS AIGRI BD des cinq dernières pages de la version alternative (voir encadré) où Noa, réincarnation trop bonnasse d’une papesse perverse aux pouvoirs magiques, se secoue les puces et se rebelle face à un destin qu’elle avait jusqu’alors subi, elle nous sort le long des trois tomes un numéro de princesse Disney, en complet décalage avec ce qu’elle est intrinsèquement. D’un côté, on a une nana qui fait manifestement son shopping sur Pigalle, dont le job est de frotter ses seins sur le premier pare-brise venu et réincarnation d’une adepte de l’amour brutal. Alors que l’on pourrait donc logiquement s’attendre à un personnage durci par la vie, on nous sert une fille un peu niaise, qui se plaint de ne pouvoir pleurer sur les misères du monde (pas de glandes lacrymales dans ce modèle de Sky.Doll). Elle est étrangement prude pour une poupée créée pour le sexe, très versée dans le politiquement correct (notamment lorsqu’elle découvre une Sky.Doll éteinte dans le lit de Jahu, alors qu'elle LA PAROLE AUX FANS est un peu censée être créée pour ça), le tout bien qu’adepte du bondage (! ! !) et autre gâteries sur poisson sacré (si si, je vous jure). Hum, j’ignore ce que les scénaristes de cette bd prennent, mais j’en veux aussi. C’est bien beau de languedeputer, mais les fans existent, j’en ai trouvé. Et comme je suis honnête, à défaut d’être objective, voilà ce que l’un d’entre eux, a à dire. Lila : Bonjour mon lapin. Alors, qu’est-ce qui te branche, dans Sky.Doll ? Un fan : Honnêtement, ma première approche a été purement esthétique. Normal j'ai acheté les deux premiers tomes sans savoir de quoi ça parlait ! Ce qui m’a plu, c’est avant tout le dessin. Barbara Canepa et AlessandroBarbucci sont des anciens de Disney et ça se voit dans le rendu, c’est d’ailleurs sans doute pour ça que j’ai autant accroché. Ajoute à cela une colorisation aux petits oignons (entièrement réalisée à la main pour les deux premiers tomes), on se retrouve devant de magnifiques planches. Manque de bol, le prix à payer est une production plus que lente (plusieurs années entre chaque tome). L. : Hum, oui mais à un moment tu l’as lu cette bd, quand même ! Alors, j’ai envie de te dire : pourquoi ? U. F. : À côté de l'esthétisme de la série, on peut remarquer que Sky.Doll n'utilise pas la mécanique habituelle de la BD, mais est plus proche du cinéma. Que ce soit les plans, la narration, des ambiances... Tout est bien construit, il n'y a pas de plan gratuit. Même les plans sans bulle justifient leur existence, ne serait-ce que par les regards des personnages ou les émotions qui y transparaissent. Dommage, cette incohérence majeure empêche le lecteur de cerner la psychologie de la réincarnation d’Agape. Au lieu de se lâcher franchement dans le trash, le sentiment de mièvrerie allié à une débauche de fesses bloquent la lecture. Un des rares points positifs vient de là, paradoxalement : le sentiment de malaise qu’elle instaure. Ça plait, ou pas. Tu peux pas comprendre, c’est de l’art Du cul, de la religion, des jolis dessins : tout cela sent, à mon sens, un peu la recette froidement réfléchie pour faire vendre. Si quelqu’un critique, c’est facile. Il suffit de sortir un miroir soleil incassable de la mort : « tu laisses parler tes frustrations, la nudité te gêne et tu ne vois même pas l’art, espèce de frustré du zizi ». L. : Ok, mais c’est un peu neuneu comme histoire, non ? U. F. : Attention, cette série possède deux niveaux de lectures et demande donc au lecteur un sens critique. Car si tout le monde peut y voir la simple vie d'un automate sexuel, l'histoire est en faite une réflexion sur la place de la religion et des femmes dans la société. Nous somme donc loin d'un simple hentaï ou d'une BD pour ado pré-pubère souhaitant se tirer sur l'élastique. Ce que j'aime moins, je te l’accorde... la fin très cucul du tome 3 ! L. : Rapidement, donne-moi les plus et les moins de Sky.Doll, selon toi. U. F. : les + : L'esthétisme générale, la narration et la façon très cinématographique de dérouler l'histoire. les - : La fin officielle qui est décevante par rapport à la première fin et par rapport à l'histoire en général. Là où le bât blesse, c’est la sortie maintes fois repoussée (deux ans) du troisième tome. À la parution tant attendue par les fans, surprise. La chute mise en couleur n’est pas celle des crayonnés (collection 2B chez Soleil). Noa se barre avec son prince charmant, au lieu de choisir de faire face à son destin. Flop. Ce choix éditorial décevra même les inconditionnels, qui préférait tout de même un peu plus de profondeur. Pour une version autre, il faut acheter la version noir et blanc… Et remettre la main au porte-monnaie. Hum, uniquement de l’art, disiez-vous ? - 50 (42lemag.fr) -
BD/COMICS première miss Brésil venue ? Parlons des protagonistes masculins. Et les méchants, dans tout ça ? Tout cela n’est pas grave me direz-vous, car ce qui compte dans une histoire ce n’est pas le gentil personnage principal, mais le méchant bien sournois et iveul qu’on adore détester (Batman par exemple, il est mignon mais ce qui plait surtout, c’est de le voir se faire défoncer par Oswald Cobbelpot ou le Joker…). Donc, le méchant. Ouaaaaaaaaah, bah dis donc, ça c’est étonnant, dans une bd où tout le monde se tape tout le monde, j’ai failli faire tomber ma tartine. Bof, quoi. Elle a d’autres caractéristiques, la petite dame ? Hum, imaginez une Nellie Oleson habillée en nonne cochonne qui aurait défoncé le crâne de Laura Ingalls entre deux gros caprices, ça vous donnera une idée assez proche du personnage. Mouais, mouais…Déception, là aussi. Roy le gentil et Jahu le méchant. Le gentil Roy prend Noa sous son aile (complexe du prince charmant) pendant que son pourtant meilleur ami, le gros méchant, râleur et bourru (ne rayez pas la mention inutile, il n’y en a pas) Jahu tue un… poisson sacré. Ah ah l’ignoble salopard, enfin un peu de mouvement ! Raté, trois pages plus tard, on comprend que Jahu est juste un pauvre malheureux qui a perdu sa femme, manipulé par la vilaine Ludovique, elle-même manipulée par ses évêques. Finalement, c’est la faute à personne, tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau, ça fait rire les oiseaux et chanter les écureuils. Elle est où la (non) morale, là ? C’est du foutage de gueule de lecteur, ça ! À lire ça, j’ai ressenti la même frustration qu’au dénouement de la petite sirène version Mickey (ou la rouquine épouse le prince au lieu de se suicider). La nausée et une nette impression d’être prise pour une idiote. Résumons : des personnages creux, prévisibles, une fin niaise. On a l’impression que les créateurs de Sky.Doll on voulu nous servir du Manara à la sauce Disney. Et c’est franchement indigeste. AIGRI BD Ici, le méchant est une méchante, Ludovique. Elle a le pouvoir, manipule les foules à grand renfort d’effets spéciaux, et son super pouvoir c’est, je vous le donne en mille, d’être super-nympho. It’s a small world, la la la Vous me trouvez partisane ? Jalouse d’une Noa à coller des complexes à la Lilatilleul FACE A, FACE B… Marrant ça, une religieuse franchement pulpeuse et nympho... Cette Ludovique me rappelle quelqu'un... Si on veut un peu plus de tenue et de piment dans cette histoire, il faut donc aller la chercher dans la fin alternative du troisième tome de Sky.Doll, parue dans la collection 2B. L’histoire, tout en noir et blanc, nous montre une Noa qui affronte finalement son créateur et refuse de se soumettre. Une excellente mise en bouche pour un tome 4… Mais non. Entre la sortie de cet album et celle effective du tome 3 officiel apparaissent des modifications. Soleil évoque un changement qui offrirait davantage de possibilités pour un éventuel tome 4… La première version n’était pourtant pas si mal ! Pour les déçus, il reste Doll’s factory, un recueil regroupant la préface de Sky.Doll, des inédits et surtout des hommages de fans. C’est déjà ça. - 51 (42lemag.fr) -



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