42 n°13 mars 2010
42 n°13 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 21,6 Mo

  • Dans ce numéro : RoboRally.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINEMA DOSSIER RÉFLEXION homme/machine, mais je n'aborderai pas ce dernier point ici, d'autres articles le faisant très bien. Et puis tout le monde sait déjà qu'une relation homme/machine n'a de l'intérêt que si la machine suce et à une grosse paire de b00bs. Fin de la parenthèse. Donc temps, destin et surhumanité. Trois beaux concepts que nos amis les philosophes, et pas uniquement ceux qui tiennent le comptoir en refaisant le monde à longueur de journée, ont déjà exploré et rabattu, mais qui sont passionnants. Comme quoi on peut s'éduquer même en regardant des robots se foutre sur la gueule. C'est beau le cinéma. Temps On commence par le moins profond, à savoir la manière dont le temps est abordé dans le film. Ce n'est pas la première fois qu'on voyait un sujet traiter le voyage dans le temps et la possibilité de modifier ou non l'avenir ou le passé et l'impact que peut avoir chaque modification. En général c'est surtout utilisé comme gimmick pour faire des situations comiques (hololol il va coucher avec sa reum) ou tragique (hosnifsnif il va sauver sa reum (avant de coucher avec)) mais sans véritable cohérence et où le fameux effet papillon n'est jamais exploité, se contentant de dire que les modifications faites dans le passé ne modifieront que de manière très restreinte le futur. Ce qui est bien entendu totalement faux. Einstein l'a démontré, le voyage dans le temps est virtuellement impossible puisqu'il faudrait arriver à ce déplacer plus vite que la vitesse de la lumière. Ce qui est théoriquement impossible et en plus ne permettrait pas de revenir en arrière mais de dilater le temps à l'extrême un peu comme lorsqu'un joueur de WOW se prend soudain l'envie de vous raconter avec moult détails ses dernières sorties en raid. Il faut savoir qu'outre l'aspect scientifique, les philosophes qui n'ont rien d'autre qu'à faire qu'à pinailler sur des détails et à se prendre le chou pour sortir des théories à la con (voir l'encadré sur Bergson, la flèche et la pomme) s'y sont intéressés de près. Par exemple, une partie d'entre eux pense que la matière et le temps ont une existence propre en dehors de l'esprit humain, alors que d'autre pensent tout à fait le contraire. Pour Kant, par exemple, le temps n'a aucune existence mais est juste un moyen de l'esprit qui fait partie de notre cadre habituel "d'expérience" et qui nous sert donc à les décrire. C'est à dire que le temps est une vue de l'esprit mais que cette vue est partagée par tout le monde et a l'immense avantage de pouvoir indiquer combien de temps il faut faire cuire ses coquillettes sur les paquets de pâtes. D'autres vont encore plus loin en signifiant que le temps n'est qu'une illusion. - 30 (42lemag.fr) -
CINEMA En fait tout le débat consiste à savoir si le temps est un objet réel et absolu, même si intangible (c'est à dire qu'on ne peut pas toucher, comme les b00bs de Konekochan sous peine de se prendre un doubleuchimata dragon punch de la part de Jenrathy) ou si c'est juste une notion abstraite nous permettant de trier les objets (obi est plus vieux que cerb, de la même manière qu'on peut trier par exemple sur la taille : cerberus a un plus petit kiki que tout le reste de la rédac (NDCerb : tu es viré, encore)). On appelle les partisans du premier cas des absolutistes, et les seconds des relationnistes. C'est très bien tout ça, mais en quoi ça nous intéresse ? Et bien ça change tout dans la manière de percevoir comment un acte passé peut avoir des conséquences dans le futur. Car si on est relationniste, ça sous-entend que tout à lieu en même temps, mais que c'est notre perception qui nous fait voir les évènements comme une succession d'actes. Et par conséquent, si tout à lieu en même temps, passé comme futur, changer le passé est impossible et ne peut avoir de répercussion sur le futur. Terminator est il donc un film relationniste ou absolutiste ? Bonne question, car si on regarde bien, la tentative de modifier le passé dans le premier épisode aboutit à la naissance de John Connor qui avait envoyé lui même le soldat protéger sa mère... donc le passé n'a pas modifié le futur. Pareil pour Terminator 2 ou l'envoi du T1000 se solde par un échec. BERGSON ET LA FLÈCHE QUI NE TOUCHE JAMAIS LA POMME Henri Bergson est un frenchy du 19/20eme siècle qui s'est intéressé au temps, entre autres concepts. Il a ainsi évoqué le problème de la spatialisation du temps. Pour faire simple un segment de dix minutes n'a pas du tout la même valeur que deux segments de cinq minutes. Si je tire une flèche dans une pomme. On peut diviser le temps que met la flèche à atteindre sa cible en plein de sous-ensembles de temps. Et en chaque tempst, la flèche est absolument immobile à un point bien précis. L'illusion du mouvement vient de la juxtaposition d'une myriade de ces petits temps mis bout à bout. Or la flèche, puisqu'elle est tirée n'est justement pas immobile. Ce qui amène à un paradoxe : peut-on envisager la flèche comme étant à la fois mobile et immobile ? Car dans le deuxième cas peut-elle un jour toucher sa cible ? C'est le paradoxe de Bergson. Dans l'absolu, ce n'est pas très intéressant, mais je trouve le concept amusant... Alors certes on pourra arguer de la bonne morale hollywoodienne qui veut que les films se terminent bien et que le méchant ne puisse mettre son plan a exécution, condamnant le film à justement être relationniste... Mais en fait on en vient à s'interroger sur la notion de destin : est on amené quoi qu'il arrive à faire quelque chose ou sont-ce les évènements et nos actions qui font le futur ? Humm, cool, une question mystique ! Destin Car oui, John Connor doit-il forcément devenir un leader de la résistance contre les machines ? N'y-a-t-il pas un moyen d'empêcher le jugement dernier ? Le film apporte le point de vue de James Cameron sur le sujet, via une phrase que Sarah grave sur une table dans le désert : There is no fate but what we do (Il n'y a pas de destin il n'y a que nos actions), subodorant que c'est avant tout l'action qui prime sur le destin... et que par conséquent John peut changer le futur. Sauf qu'au delà du paradoxe temporel, disant que si John change le futur il ne s'envoie plus, une fois plus grand, un robot pour se protéger, et donc devrait mourir à l'heure actuelle, la question a là encore été très largement débattue. La plupart des religions sont relativement floues sur le sujet. D'un côté elles affirment que tout est déjà écrit, mais de l'autre elles disent que l'homme est maître de soi et de ses actions et n'hésitent pas à châtier les actes qui ne vont pas dans le sens de la société... alors que ces actes ne devraient pas être répréhensibles puisque si c'est écrit, la personne incriminée n'est pas totale- DOSSIER RÉFLEXION - 31 (42lemag.fr) -



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