24h Montréal n°15-185 4 déc 2015
24h Montréal n°15-185 4 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15-185 de 4 déc 2015

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Sun Media Corporation

  • Format : (273 x 317) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 58,5 Mo

  • Dans ce numéro : se stationner sans se ruiner.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Au cœur de l’océan Hemsworth retrouve Howard Pour sa deuxième collaboration avec le réalisateur Ron Howard, Chris Hemsworth n’a pas hésité à se métamorphoser en second sur un baleinier, perdant des dizaines de kilos. Découverte d’un film de survie extrême, riche en émotions… – Isabelle Hontebeyrie, Agence QMI « C’est la deuxième fois que je perds du poids pour Ron. Je ne sais pas… peut-être est-il un peu obsédé par le fait que je sois mince », a plaisanté Chris Hemsworth sur le plateau londonien d’Au cœur de l’océan, en novembre 2013. À l’époque, l’acteur australien venait tout juste de terminer le tournage de Chapeau noir et était en pleine tournée de promotion de Thor – Un monde obscur, parlant de Marvel et de super pouvoirs alors même qu’il suivait un régime draconien destiné à lui faire perdre plus de 30 livres. « En ce moment, je pèse à peu près 185 livres, alors que j’étais à 215 pour Thor. » Ne voulant rien sacrifier au réalisme d’Au cœur de l’océan, Ron Howard a en effet fait suivre à l’ensemble de ses acteurs un régime alimentaire progressivement décroissant de 500 calories quotidiennes. Et comme l’a stipulé Chris Hemsworth, « lorsqu’on incarne un membre d’équipage perdu en mer, on n’a pas à se convaincre qu’on a faim et qu’on est épuisé. On l’est vraiment ! » Survie historique Au cœur de l’océan est l’adaptation de l’ouvrage historique du même nom, écrit par l’Américain Nathaniel Philbrick et paru en 2000. L’écrivain y raconte le naufrage du baleinier Essex, histoire vraie qui inspira à Herman Melville son bien connu Moby Dick en 1851. Charles Leavitt (Warcraft) s’est occupé du scénario, détaillant non seulement la lutte formidable entre l’équipage de l’Essex et le cachalot blanc durant l’hiver de 1820, mais aussi le Légende Tom Hardy époustouflant Les deux prestations de Tom Hardy suffisent-elles à compenser le scénario bancal et la réalisation trop sage de l’Américain Brian Helgeland pour le film Légende ? D’abord, il y a Reggie Kray (Tom Hardy). Il est charmeur, séduisant, joue les bons garçons en distribuant des billets dans l’East End de Londres. Ça, c’est le côté pile, parce que le côté face est celui d’un gangster doué, capable de tenir tête à la mafia américaine et de tuer un homme à mains nues. Reggie, c’est aussi le frère jumeau de Ronnie (encore Tom Hardy). Pulsions destructrices Le moins qu’on puisse dire, c’est que tout ne tourne pas très rond dans sa tête. Le diagnostic est simple – c’est le médecin qui le dit –, il est atteint de schizophrénie paranoïde. Dans les faits, ce que ça donne, c’est qu’il laisse libre cours à ses pulsions destructrices et sanglantes. Ascension Les deux hommes – oui, ils ont réellement existé – ont été les maîtres de la corruption, du racket et du trafic d’influence dans le Londres des années 1950 et 1960, se taillant une réputation dans le milieu et faisant la une des journaux à potins en raison de leurs clubs, fréquentés par les stars de l’époque. Racontée en voix hors champ par Frances (Emily Browning), la femme de Reggie, l’ascension des deux frères est une succession de rivalités, de négociations, de séjours en prison, de passages à tabac et de meurtres. C’est aussi – le long métrage de 131 minutes est présenté ainsi dès le début – l’histoire naufrage du bateau ainsi que la survie des marins. À l’époque, l’équipage d’un baleinier jouissait de l’admiration du public en raison de la dangerosité de ce travail. De plus, ainsi que l’a souligné Ron Howard, « les baleiniers comme l’Essex n’étaient pas simplement conçus pour aller d’un point à l’autre. Dangereux Ils étaient le moyen de transport le plus techniquement avancé de l’époque, ils étaient un peu comme des vaisseaux spatiaux de leur temps. Ils étaient construits pour pouvoir passer trois ans en mer en ne s’arrêtant que de temps en temps pour se ravitailler en eau et en nourriture. Il ne faut pas oublier que l’équipage devait pouvoir réparer le bateau en pleine mer et qu’il fallait, quand une baleine était prise, la traiter sur le navire, ce qui signifie que les baleiniers étaient de véritables usines de conditionnement ». Un baleinier est également un microcosme de la société du d’amour entre Reggie et Frances, ce qui crée dès le départ un problème de structure, la jeune femme narrant la carrière de malfrat de son amoureux alors qu’elle en est exclue. Autre bémol Mais ce n’est pas le seul élément bancal, Brian Helgeland oscillant entre comédie grinçante et drame sanglant sans jamais parvenir à prendre une décision claire, ce qui fait rapidement regretter que Guy Ritchie n’ait pas eu vent de ce projet. Comme trop de films cette année (Truth pour ne citer que lui), Légende ne vaut le détour que pour la prestation de son acteur principal. Nul doute que Tom Hardy aura droit à quelques nominations amplement méritées en cette saison de prix cinémato - graphiques, mais on ne peut s’empêcher de se dire que le réalisateur et scénariste a raté une occasion en or de nous livrer une œuvre dont on serait ressorti ébloui. 3/5 – Isabelle Hontebeyrie, Agence QMI AD{JM011979757} XIX e siècle, où les inégalités sociales fleurissent. Le second mis de l’avant Si Owen Chase (Chris Hemsworth) est le second, c’est aussi le marin le plus expérimenté, alors que son capitaine George Pollard (Benjamin Walker) ne doit son poste qu’à son nom de famille. Récit De plus, l’histoire de l’Essex est racontée par le vieux Thomas Nickerson (Brendan Gleeson), garçon de cabine (Tom Holland) au moment des faits. Et, parce qu’Au cœur de l’océan est à l’origine de Moby Dick, le réalisateur – qui a fait construire une réplique de la taille réelle du baleinier – a précisé avoir adoré pouvoir mettre en scène Herman Melville (Ben Whishaw) dans le long métrage. Au cœur de l’océan arrive dans les salles obscures le 11 décembre. « MISSION IMPOSSIBLE RENCONTRE JASON BOURNE I » ESQUIRE l'ETER FIRTH KIT HARINGTON (LE TRÔNE DE FER) « UN THRILLER D'ESPIONNAGE SOLIDE ET DIVERTISSANT » MOVIE TALK PRÉSENTEMENT AU CINÉMA 13. ET EN VIDÉO SUR DEMANDE métropole » YouMI m W5 4-6 décembre 2015 1 Ci JM011979757
W6 4-6 décembre 2015 Carol Les dédales d’un amour interdit Explications de la part des actrices, du réalisateur et de la scénariste. « L’amour n’est pas un calcul, c’est un instinct », a lancé Phyllis Nagy à la conférence de presse de présentation du long métrage, tenue à New York il y a quelques semaines. Carol (Cate Blanchett) est malheureuse. En procédure de divorce avec Harge (Kyle Chandler), elle a une fille à qui elle souhaite offrir un petit train pour Noël. C’est dans le magasin qu’elle rencontre Therese Belivet (Rooney Mara) – l’histoire est racontée de son point de vue – qui lui plaît immédiatement. Elle oublie donc ses gants, forçant Therese à la contacter. Les deux femmes se revoient et entreprennent une relation amoureuse. Harge est méfiant, d’autant que sa femme a déjà eu une aventure avec Abby (Sarah Paulson), aujourd’hui sa meilleure amie, et décide de la faire suivre par un détective privé, afin de prouver qu’elle n’est pas une mère adéquate. Carol cesse donc de voir Therese pour avoir une chance de voir sa fille de temps en temps. Les nuances de l’amour « Ce n’est pas un film politique, il n’y a pas de message, nous n’essayons pas de convaincre le public de quoi que ce soit. Les cinéphiles peuvent donc le regarder pour ce qu’il est, A Royal Night Out Au royaume des supputations… Et si les princesses Élizabeth et Margaret avaient échappé à leurs chaperons le temps d’une soirée ? Voici la base, totalement inventée, de A Royal Night Out, sorte de téléfilm sur ce qu’auraient pu faire les jeunes princesses le soir des célébrations de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Nous sommes dans la nuit du 8mai 1945, alors que l’Allemagne nazie vient de capituler. Derrière les grilles du palais de Buckingham, à Londres, Margaret (Bel Powley), 15 ans, danse au son de la TSF tandis qu’Élizabeth (Sarah Gadon), 19 ans, plus mesurée, réalise l’importance historique de ce moment. Le roi George VI (Rupert Everett), monarque bègue dont les difficultés d’élocution ont valu un Oscar à Colin Firth pour Le discours du roi, prépare son discours, tandis que la Reine mère (Emily Watson), compassée, veille sur ce petit monde. Sous escorte Élizabeth est désireuse de sortir du palais et de se joindre à la liesse. Appuyée par Margaret, elle parvient à convaincre son père de les laisser sortir sous bonne escorte, deux officiers étant chargés de chaperonner les princesses. On s’en doute bien – sinon, ce long métrage de 97 minutes serait encore plus inutile –, les jeunes filles Cate Blanchett et Rooney Mara sont des amoureuses dans l’Amérique des années 1950. Cette adaptation d’un roman de Patricia Highsmith, écrite par Phyllis Nagy et réalisée par Todd Haynes, met en évidence la force de l’amour. » – Isabelle Hontebeyrie, Agence QMI C’est une question de regard, le regard à travers le prisme du désir plus que le prisme de la période historique – Cate Blanchett échappent à la surveillance de leurs « gardiens » et passent une folle nuit… en tout bien tout honneur, of course, le film en étant un bien british ! Deux personnalités Margaret est dépeinte comme la future alcoolo de la famille, engloutissant fort joyeusement cocktails et même un comprimé de benzédrine ! Sur sa route, elle manque de se faire violenter par un officier peu scrupuleux tandis que sa sœur, nettement plus royale, tombe sur Jack (Jack Reynor), un pilote de la Royal Air Force qui a déserté son poste en raison de la violence des combats dont il a été témoin. c’est-à-dire une histoire d’amour entre deux êtres humains », a expliqué Rooney Mara. Pourtant, le contexte social et historique de l’époque joue énormément dans la manière dont la relation évolue. Regard non contemporain Les intentions de Phyllis Nagy étaient claires, ainsi qu’elle l’a souligné. « Le fait de ne pas porter, sur l’histoire, un regard contemporain est l’objectif principal que je m’étais fixé dès le début de l’écriture du scénario. Car, quand on ajoute ce genre de couche supplémentaire au propos, on porte un jugement, ce que je souhaitais éviter à tout prix. […] » Cate Blanchett, dont c’est la deuxième collaboration avec Todd Hayes après I’m Not There s’est collée à cette vision d’un amour hors d’une époque particulière. « C’est une question de regard, le regard à travers le prisme du désir plus que le prisme de la période historique. » « L’une des choses les plus importantes que Todd a faites a été de nous montrer un film appelé Lovers and Lollipops [ndrl  : sorti en 1956]. En fait, le long métrage a changé à jamais la vision que j’avais des années 1950, car il est différent de tout ce que j’avais vu auparavant. Quand on vit une histoire d’amour, que ce soit La trame sonore – du Big Band – est entraînante et c’est là tout l’attrait de A Royal Night Out, qui fait résolument penser à un téléfilm sympathique. Apprendon quelque chose ? Non, puisque tout est inventé. Car, dans la réalité, les deux princesses se sont retrouvées au Ritz Carlton et ont réintégré Buckingham à l’heure demandée par leur mère. Bref, ce scénario de Trevor de Silva et de Kevin Hood, de même que la mise en scène de Julian Jarrold (La jeune fille à la perle), n’a rien de mémorable, si ce n’est qu’on se précipite sur du GlennMiller, notamment In the Mood, après le visionnement. 2,5/5 – Isabelle Hontebeyrie, Agence QMI dans la Chine du XV e siècle ou dans le New York de 1952, on éprouve un sentiment intemporel. L’époque à laquelle se déroule la relation est importante dans le sens où elle constitue un obstacle – et tout bon drame a besoin d’écueils successifs que devra surmonter le protagoniste –, mais elle demeure une composante secondaire », a-t-elle indiqué. Une vision « privée » de la sexualité C’est au Festival de Cannes en mai dernier, au moment de la conférence de presse qui précédait la projection de Carol, que Cate Blanchett s’est exprimée sur le lesbianisme de son personnage. « Il ne faut pas oublier qu’il y a encore environ 70 pays dans le monde où l’homosexualité est illégale. […] Nous vivons dans une époque très conservatrice. Prétendre le contraire serait insensé, a-t-elle rappelé. Mais ce qui est intéressant dans le fait d’incarner un personnage comme Carol est que sa sexualité est, essentiellement, quelque chose de très privé. » « Ce qui se produit aujourd’hui est que, lorsqu’on est gai, il faut constamment en parler. C’est l’élément qu’il faut mettre en évidence, avant son travail, avant n’importe quel autre aspect de sa personnalité. » Plonger dans l’univers Afin de se préparer à son rôle, l’actrice australienne, oscarisée à deux reprises, s’est plongée dans la recherche, lisant des romans érotiques des années 1950, une expérience qu’elle a trouvée passionnante. « L’une des joies du métier d’acteur est la recherche qui va avec. L’élément unique de ce roman très intime que Patricia Highsmith a écrit sous un pseudonyme est le fait que c’est la première histoire lesbienne qui se termine bien. J’ai lu énormément de livres qui finissent mal. » « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Carol ne fait partie d’aucun groupe de soutien, d’aucun organisme, d’aucune organisation. Son isolement est quelque chose que je voulais rendre, qui est extrêmement important dans la psychologie du personnage. » Carol prend l’affiche dans les salles de la Belle Province le 11 décembre. PHOTOS COURTOISIE



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