24h Montréal n°14-243 6 mar 2015
24h Montréal n°14-243 6 mar 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14-243 de 6 mar 2015

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Sun Media Corporation

  • Format : (273 x 317) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 54,4 Mo

  • Dans ce numéro : pour Léa Cousineau, il y a encore trop peu de femmes en politique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AD{JM011906623} Réseau TVA MarcHervieux Julien Faugère PierreBruneau Coup de hapeau LA FONDATION DES ARTISTES Àlafinduspectacle, les artistes tendront le chapeau pour leurs camarades en difficulté CENTRE DU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI Ennemi public THÉÂTRE LA LICORNE Débris THÉÂTRE LA LICORNE Ils étaientquatre THÉÂTRE DENISE-PELLETIER Le Barbier de Séville 5, 6et7mars 11, 12 et 13 mars 11, 12 et 13 mars 13, 14 et 19 mars DUCEPPE Qui a peur de Virginia Woolf ? THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE RichardIII THÉÂTRE DE LA BORDÉE W ; T NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRI- MENTAL/ESPACELIBRE Collection printemps-été 19, 20 et 21 mars 19, 20 et 21 mars 26 et 27 mars 27,28mars et 3avril THÉÂTRE DE QUAT’SOUS Tout ce quin’est pas sec ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Le grand retour de l’étoile du violoncelle THÉÂTRE DU RIDEAU VERT Intouchables ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Jardins anglais 31 mars, 3 et 4 avril 1er avril 10 et 11 avril 17 avril ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC Haydn entrois tableaux THÉÂTRE DU TRIDENT Macbeth OPÉRA DE QUÉBEC Tosca OPÉRA DE MONTRÉAL SilentNight 22 avril 1er et 2mai 16 mai 21 mai Présenté par JM011906623
W3 6-8 mars 2015 L’empreinte Leverlevoile sur cee omertà historique Avec le documentaire L’empreinte, les coréalisateurs et coscénaristes Carole Poliquin et Yvan Dubuc tentent, avec Roy Dupuis en intervieweur, de répondre aux questions hantant l’histoire du Québec depuis des années : qui sommes-nous et quelles sont les valeurs qui fondent notre identité, notre sentiment d’appartenance au Québec ? – Isabelle Hontebeyrie, Agence QMI Lerésultatestpassionnant, les deux créateurs ayant effectué des recherches auprès de spécialistes aussi diversifiés que « des anthropologues,des psychanalystes,dessociologueset des historiens,qui prennent le sujet par tous les angles possibles pour tenter d’avancer vers ce que nous sommes », adit Yvan Dubuc. Les deux réalisateurs ont tourné pas moins de 80 heures d’interviews,dont une partie se retrouvera sur le site internet du film. Notre véritable histoire Car, au fil du documentaire, le spectateur découvre que l’histoire du Québec n’est pas celle qui nous aété apprisesur les bancs d’école. « Notre histoire est jeune. Cette première rencontre [entrelespremierscolonsetles Amérindiens],cenouveaumodèledecoloniequelesFrançais –qui ne sont pas venus en conquérants –ont établi ici au départestimportant ! C’estune énorme différence ! Ils sont venus pour créer une alliance avecunpeuplequiétaitdéjàlà, quileuraproposédes’installer, de se marier et de fairedes enfants. Il n’y a pas plus intime comme début de société, commerapport,quecelui-là.Et c’est là-dessus que nous avons fondé notre société, que l’on a occupéleterritoire, tranquillement, avec eux… ce qui n’ajamais existé ailleurs dans le monde. C’est unique comme modèle de colonisation », a détaillé Roy Dupuis. « C’est sûr que ça alaissé des traces ! Surtout quand tu arrivesetquelasociété[amérindienne]apporteplusdeliberté, plusd’égalitéquelasociétéd’où tu viens.Sans parler de la libertésexuelle. C’estsûrqueles colons ont été charmés par les « sauvagesses ».[…] C’estlamoitié de notre histoire, et pourtant,c’estcommesicelan’avait jamaisexistéquecelanefaisait partie que d’un folklore. » Une relecture des rôles de Roy Dupuis Le questionnementducomédien àcesujet remonte àde nombreuses années. « Tout ce questionnement-là m’est venu quand je suis allé travaillerenFrancepourlapremièrefois.Jemesuis rendu comptequejen’étaispasFrançais.Etpourtant, on m’adit toutemaviequec’étaitlamère patrie, qu’ils étaient nos ancêtres. Oui, j’ai une culture française, mais mes valeurs fondamentales ne sont pas celles-là. Je ne viens pas d’une société hiérarchisée. Maispasdutout ! Ça ne fonctionne pas chez nous.C’est là que je me suis dit que si la France était la mère patrie, je devrais avoir ces valeurs en moi, je devrais concevoirlasociétédecettefaçon-là. Mais ce n’est pas le cas. Mais alors, qui m’a influencé ? Qui m’a appris la société ? À travers la Fondation Rivières [NDLR : dont le comédien est le cofondateur et le président du conseil d’administration], j’ai rencontréles nations amérindiennes et je me suis aperçu que je suis beaucoup plus proche de la pensée du cercle, qu’on associe souvent aux sociétésamérindiennes,quedela sociétépyramidale,qu’onassocieplusausystèmeoccidental, aux religions monothéistes, etc.. J’avais l’intuition que la rencontre entre les premiers colonsetlespremièresnations avaitétébeaucoupplusimportante que ce qui aété raconté. » Mutisme Pour Yvan Dubuc, le silence historique sur la manièredont l’identité québécoise a été forgée par ce mélange des deux cultures –visible aujourd’hui dans nos institutions juridiques pour les jeunes,dans notretolérance àl’endroit des différences,de la naissance de l’écologie,denotrevolontéd’obtenirleconsensus– « estleplus grand tabou de l’histoiredu Québec. C’est un secret de famille,uneréalitéhistoriquecachée que l’on porte tous.Et les livresd’histoireofficielsontvéhiculé ce tabou-là,cette mise à » J’avais l’intuition que la rencontre entre les premiers colons et les premières nations avait été beaucoup plus importante que ce qui a été raconté –Roy Dupuis l’écart.[…] Aujourd’hui, que sommes-nous au-delà du fait de parler français ? Sommesnous des consommateurs nord-américains parlantfrançais ? Le film dit « non » et pose la question de savoir quelles sont nos singularités ». L’empreinte –dont le site internet est au lempreinte.quebec –prend l’affiche dans les salles dès le 13 mars. Tournés vers l’avenir… Pour Carole Poliquin, Yvan Dubuc et Roy Dupuis, le fondement de l’identité québécoise est le « vivre ensemble », visible au travers de notre tissu social. « C’est ici que nous nous sommes dotés des institutions qui reflètent la manière dont nous voulons vivre ensemble », souligne la coréalisatrice, qui parle de la honte que l’on éprouve à être ce que l’on est. L’acteur, lui, souligne : « J’ai toujours de la difficulté, quand on me demande d’identifier la société québécoise, à sortir de l’image du cercle. Je pense que c’est ce qui illustre le mieux la manière de vivre et de concevoir la société. Nous sommes assis en cercle, d’égal à égal. C’est drôle que notre devise soit « Je me souviens », parce que nous sommes dans le cercle, mais nous ne le savons pasencore. Il nous resteàl’apprendre, ànous le raconter. » Et maintenant que nous savons qui nous sommes, vers où allons-nous nous diriger ? Pour Roy Dupuis, la réponse est simple. « Je ne sais pas. Mais déjà, de reconnaître d’où l’on vient est important. Nous avons des livres à écrire, des films à faire[sur ce pan de notre histoire].En ce qui me concerne, en tant qu’artiste, c’est cela qu’on a à faire. Je n’en reviens pas qu’il n’y ait pas de films sur la Conquête ! » « J’espère que L’empreinte n’est que le premier temps de quelque chose où nous allons tenter de nous redéfinir. Et j’invite les artistes à aller creuser le sujet, à aller planter le clou », a conclu Yvan Dubuc. PHOTOSCOURTOISIE



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