20 Minutes France n°2008 18 mar 2011
20 Minutes France n°2008 18 mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2008 de 18 mar 2011

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (235 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Héroïque attente... sous la menace d'une catastrophe nucléaire, les Japonais ont peur, mais ne cèdent pas à la panique

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 SPÉCIAL JAPON VENDREDI 18 MARS 2011 TÉMOIGNAGES Des Japonais racontent leur quotidien sous la menace du nuage radioactif LE PAYS NE CÈDE PAS À LA PANIQUE CORENTIN CHAUVEL ET GILLES WALLON Hors de la zone sinistrée, les Japonais continuent d’espérer. Harumi, 25 ans, vit à une heure et demie au sud de Tokyo. « Je fais toujours confiance au gouvernement, explique la jeune fille. J’essaie de ne pas paniquer. J’ai ma famille et mon travail ici, je ne pense pas partir pour le moment. » « Les enfants jouent » Dans sa ville, Yokosuka, « les gens ne sont pas paniqués. 90 % d’entre eux portent des masques quand ils sortent de chez eux, mais il y a toujours des enfants qui jouent dans les 20 SANTÉ Un hôpital en détresse L’hôpital d’Iwaki, à 45 km de Fukushima, a indiqué disposer de seulement cinq jours de stock de nourriture et trois jours de stock de médicaments pour ses 300 patients. FUKUSHIMA L’aide du Pentagone Le ministère américain de la Défense va envoyer neuf spécialistes des risques nucléaires, biologiques et chimiques afin de conseiller l’armée japonaise. aujourd’hui sur secondes W LE JAPON G Les dernières infos en direct. G La France est-elle menacée par la radioactivité ? G En photos, ces images de la catastrophe déjà vues dans la culture populaire. NEWSCOM / SIPA A Tokyo (ici à la gare de Shinjuku), « les gens essaient de rester calmes ». parcs. Les banques et les magasins sont ouverts. » Harumi a l’impression que « ce qui est rapporté ici et à l’étranger est différent ». Son petit ami aux Etats-Unis a beau être « effrayé », elle « a envie de vivre sa vie normalement ». Chieko, 28 ans, habite dans la région de Tokyo. Les radiations « lui font peur, car on ne peut pas les voir ». Elle aussi garde confiance. « Le gouvernement ne semble pas cacher de choses. Ils nous diront s’il y a un danger. » D’autres sont plus sceptiques. Shoko, 30 ans, s’avoue « un peu perdue ». « Le gouvernement est uni, les médias aussi, alors on ne peut pas dire grandchose. Les gens font des réserves. Il n’y a plus rien dans les rayons des magasins. Si les médias disent qu’un produit est bon contre les radiations, il est pris d’assaut le lendemain ». Kenta, 30 ans, doute « bien sûr » du gouvernement, qui « doit sans doute cacher des choses. » Lui pourrait partir au sud, chez des amis à Osaka, mais il préfère rester à Tokyo, jusqu’à « ce que les choses tournent mal ». Mizuho, elle, a quitté Tokyo. Elle a rejoint sa famille à Sapporo, à l’extrême nord du pays. « Ils ne sont pas nerveux, ils se sentent loin du danger. Les NORD-EST L’aide aux rescapés tarde à venir Dans le Nord-Est, la vie des survivants ne tient toujours qu’à un fil. Ils sont mille à Otsuchi, un petit port de pêche dévasté par le tsunami. Ici, 17 000 habitants manquent à l’appel. « On ne peut pas se laver les mains ou le visage », raconte Katsu Sawayama, 72 ans, assise au centre du gymnase du collège, l’un des centres d’accueil de la ville. Mais les opérations de sauvetage et humanitaires peinent à décoller, alors que les regards de la communauté internationale sont tournés vers la centrale de Fukushima. Y. YOMIURI / REUTERS L’aide arrive au compte-gouttes Quelque 850 000 foyers du nord du pays, touché par une vague de froid, sont toujours privés d’électricité. Au moins 1,5 million de foyers n’ont pas accès à l’eau. A l’image de dizaines de milliers d’habitants de la région du Nord-Est, les rescapés d’Otsushi n’ont nulle part où aller. Les produits alimentaires distribués suffisent à peine à les nourrir. Ayumi Yamazaki, âgée de 21 ans, s’inquiète pour sa fille d’un an et demi. « Nous mangeons très rarement du riz », dit-elle. Professeur de mathématiques, Naoshi Moriya s’est porté volontaire dans le centre. Il estime qu’il ne s’agit que d’une question de temps avant que la nourriture vienne à manquer. Car l’aide humanitaire arrive au compte-gouttes. Des experts internationaux craignent que la menace nucléaire ne fasse passer au second plan les problèmes des survivants comme le froid, l’accès à l’eau potable ou à la nourriture. W Dans le Nord-Est, « on ne peut pas se laver les mains ou le visage ». gens de Tokyo sont plus inquiets. Mais ils essaient de rester calmes, de collecter les bonnes informations. Moi, le danger nucléaire m’inquiète énormément. » Mizuho se déclare pourtant « très fière de son peuple et de ceux qui tentent de sauver la centrale ». W LE CHIFFRE 5 178 DÉCÈS ET DES MILLIERS DE DISPARUS, SELON LE DERNIER BILAN OFFICIEL DE LA CATASTROPHE, ANNONCÉ HIER MATIN. RETOUR Les évacuations de Français s’accélèrent Le ministère des Affaires étrangères recommandait hier « fortement » aux 3 000 Français de la région de Tokyo de rentrer en France ou de se déplacer vers le sud du Japon. Les autorités ont mis deux avions à disposition, dont le premier a décollé hier de Tokyo avec 241 passagers à bord. Le deuxième devait partir aujourd’hui d’Osaka. Par ailleurs, Air France a augmenté la rotation de ses vols au départ du Japon, et affrête de plus gros porteurs (470 places, contre 300 habituellement.) W CORENTIN CHAUVEL
VENDREDI 18 MARS 2011 SPÉCIAL JAPON 7 CATASTROPHE Tepco espère pouvoir rétablir l’électricité aujourd’hui pour refroidir les réacteurs FUKUSHIMA RESTE LE PROBLÈME CENTRAL ACACIO PEREIRA (AVEC REUTERS) Les autorités japonaises ont poursuivi hier, leurs tentatives de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima. Des hélicoptères militaires ont largué environ 30 tonnes d’eau sur le réacteur 3, qualifié de « priorité » par l’exploitant de la centrale, Tepco, car il est le seul à utiliser du plutonium, plus dangereux pour la santé humaine que l’uranium. Une première tentative avait échoué la veille en raison de la forte radioactivité au-dessus de ce réacteur. Hier, deux des quatre largages semblent avoir atteint leur but et ces opérations devaient se poursuivre aujourd’hui, selon l’Agence japonaise de sûreté nucléaire. Des bulldozers ont, en outre, tenté de dégager une voie d’accès pour des camions-citernes afin de leur permettre d’asperger le site. NEWSCOM / SIPA Sur le site de Fukushima, hier. Faire fonctionner les pompes Tepco espérait pouvoir rétablir l’électricité aujourd’hui dans la centrale, ce qui permettrait de faire fonctionner les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs 3 et 4 et de leurs piscines de stockage du combustible usagé. La baisse du niveau d’eau dans ces piscines de refroidissement est la principale source d’inquiétude : si elles ne sont pas suffisamment immergées, les barres de combustible provoquent des rejets radioactifs dans l’atmosphère. La communauté internationale exprime son inquiétude tout en évitant de critiquer ouvertement le gouvernement japonais, que certains jugent dépassé par les événements. D’après Thierry Charles, directeur de la sûreté de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, les rejets radioactifs au Japon représentent environ un dixième de ceux de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. W W DE L’IODE POUR LES EXPATRIÉS Des pastilles d’iode ont été distribuées hier auprès des Français du Japon, « à titre préventif ». Le Quai d’Orsay rappelle qu’« en raison de leur durée d’effet limité », leur prise « ne doit impérativement s’effectuer que sur les consignes données par les autorités ». Une radioactivité anormalement élevée Un laboratoire japonais a publié hier des résultats « inquiétants » sur le taux de radioactivité analysé dans l’air de Tokyo. Et des niveaux anormalement élevés ont été détectés sur des passagers en provenance du Japon à Taïwan et en Corée du Sud. Un membre du Conseil à l’énergie atomique du gouvernement taïwanais a déclaré à que 25 passagers venant de l’archipel avaient des taux de radioactivité « légèrement supérieurs » à la normale. Lors de contrôles, la Corée du Sud a constaté des traces inhabituellement hautes de radioactivité sur trois passagers, selon l’agence de presse Yonhap. Un Japonais d’une cinquantaine d’années, qui aurait vécu dans la préfecture de Fukushima, présentait sur son chapeau et son manteau un taux de radioactivité supérieur à un microsievert, plus de trois fois le taux normal dans le pays. W



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