20 Minutes France n°2007 17 mar 2011
20 Minutes France n°2007 17 mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007 de 17 mar 2011

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (235 x 305) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Des olympiques pas au sommet

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 SPÉCIAL JAPON 20 secondes DÉGÂTS La reconstruction pourrait durer cinq ans Plusieurs experts en gestion de catastrophes estiment à « au moins cinq ans » le temps nécessaire pour la reconstruction dans les régions touchées par le séisme et le tsunami. Au moins trois mois seront nécessaires pour rétablir un réseau routier minimal afin de distribuer des vivres et du carburant dans le Nord-Est. Selon différentes estimations, le coût des opérations pourrait atteindre 180 milliards de dollars (129 milliards d’euros), soit 3% du PIB du Japon. CHINE Gel des projets de centrales nucléaires La Chine va suspendre les approbations de projets de centrales nucléaires et procéder à une révision d’ensemble de la sécurité des centrales en fonctionnement, a annoncé hier le gouvernement chinois. F. WUYONG/CHINE NOUVELLE/SIPA RADIOACTIVITÉ Tokyo tourne au ralenti Hier, devant le Bureau japonais de l’immigration à Tokyo. La mégapole fourmillante s’est tue. Si les Japonais font preuve d’un stoïcisme notable, la menace d’une catastrophe nucléaire à 250 km a fait de certains quartiers des zones fantômes. Dans Tokyo, les étals des magasins sont vides. Les habitants ont fait des provisions de nourriture et avec la pénurie de carburant, les livraisons sont bloquées. Beaucoup de Tokyoïtes se barricadent chez eux. De nombreuses écoles sont fermées, les restaurants de sushi ou les bars à nouilles habituellement bondés d’hommes d’affaires sont désertés, comme si les messages sécurisants des autorités finissaient pas ne plus rassurer les Japonais. Certains ont déjà quitté la capitale et les files d’attente s’allongent aux guichets des aéroports. Pour l’instant, grâce aux vents favorables, le niveau de radioactivité à Tokyo est presque dans la moyenne. W ANTHONY NATAF JEUDI 17 MARS 2011 RAPATRIEMENT Hier à l’aéroport de Roissy, des Français et des Japonais arrivaient de Tokyo « ON VEUT CROIRE AUX MEILLEURS SCÉNARIOS » GILLES WALLON Treize heures après le décollage, les passagers du vol Tokyo-Paris débarquent à Roissy le visage un peu vague. Il y a souvent un masque blanc sur le visage des Japonais. Les quelques voyageurs français n’en ont pas. Laurent, 30 ans, vivait et travaillait à Tokyo. « Il y a encore eu une réplique du séisme hier. Les avions sont presque pleins, les réservations sont très difficiles. Mais les Japonais sont tranquilles, ils ne veulent pas partir. Leur gouvernement reste toujours très rassurant, ils disent que tout est sous contrôle. Alors, chacun suit les ordres et continue sa vie. Mais les autorités françaises disent de rentrer, alors les Français suivent ces ordres-là. » Entre les deux pays, « les principes de précaution sont très différents. » Yohei, un Japonais de 36 ans, vient ici en voyages d’affaires. « Bien sûr que je vais repartir, ma famille est làbas ! » A Tokyo, « la vie semble normale, mais les gens sont inquiets. » Yohei aun ami dans le nord-est du pays qu’il « n’arrive pas à joindre » depuis vendredi. « Les Japonais ne peuvent pas se dire qu’ils vont tout quitter. » Sébastien, 30 ans, travaillait depuis deux ans et demi dans un laboratoire à 50 kilomètres au nord de Tokyo. Son retour en France tient du hasard : il avait simplement « prévu de rentrer quelques jours » avant de repartir. « La panique, on ne la voit pas. Les messages qui passent sont à l’opposé de ce qui se dit en France. Quand on est à l’extérieur, on s’imagine le pire, quand on le vit de l’intérieur, on veut croire aux meilleurs scénarios possibles. » Pour Sébastien, « les Japonais sont solidaires tout le temps. Ils ne peuvent pas se dire qu’ils vont tout quitter, abandonner le pays. Pour nous, c’est facile, on sait qu’on nous attend. J’ai un ami occidental qui a forcé sa copine à rentrer avec lui. » Elle a dû faire à sa famille des adieux déchirants. » Sébastien et son amie ont « bien sûr » envie de retourner au Japon. Ce ne sera « sans doute pas » dans les semaines à venir. W S. ORTOLA/20 MINUTES Selon les voyageurs qui ont débarqué hier à Roissy, à Tokyo, « la vie semble normale, mais les gens sont inquiets ». SYMBOLE L’empereur s’exprime L’événement est exceptionnel. Hier, l’empereur du Japon, Akihito, s’est adressé solennellement à la nation lors d’une allocution télévisée. D’habitude, le chef de l’Etat nippon réserve ce type d’intervention à des occasions protocolaires comme les déplacements à l’étranger ou son anniversaire. Hier, il a souligné que le tremblement de terre ainsi que le tsunami de vendredi étaient sans précédent par leur ampleur. « Je suis profondément touché par la gravité de la situation dans les zones concernées. Le nombre de morts et des disparus augmente jour après jour et nous ne pouvons savoir combien il y aura de victimes au total », a-t-il déclaré. Une intervention qui ne manquera pas de rappeler aux Japonais les plus âgés l’annonce par Hiro-Hito, le père d’Akihito, de la reddition du Japon en août 1945. Elle faisait suite aux deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. W
JEUDI 17 MARS 2011 SPÉCIAL JAPON 9 NUCLÉAIRE L’exploitant du site a du mal à reprendre la maîtrise de ses installations LA CENTRALE DE FUKUSHIMA HORS CONTRÔLE MATTHIEU GOAR C’est la première fois que l’on aperçoit les travailleurs du front. Hier, la télévision japonaise a diffusé les images d’un hélicoptère militaire chargé d’aller arroser la centrale de Fukushima, dont quatre des réacteurs sont dans une situation ingérable. « Il se dirigeait vraisemblablement vers le point le plus critique qui est aujourd’hui la piscine du réacteur 4, sans doute pour la réalimenter en eau », estime Thomas Houdré, directeur à la direction des centrales nucléaires de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Quelques minutes, plus tard, l’appareil fait demi-tour. La radioactivité sur RAPATRIEMENT La France envoie deux avions Deux avions militaires français étaient en route hier vers le Japon afin d’évacuer les ressortissants français qui en font la demande. Selon l’ambassade de France au Japon, il y avait hier entre 400 et 500 inscrits. Un premier vol doit partir de Tokyo dès aujourd’hui. Selon les demandes des passagers, l’avion rejoindra directement la France ou se rendra plutôt à Séoul, en Corée, afin d’effectuer plusieurs rotations. Demain, un autre avion devrait partir d’Osaka, où les autorités françaises ont appelé les ressortissants à se rendre. W A. S. W EN DIRECT, LES DERNIÈRES INFOS G Des Japonais témoignent G Le nuage radioactif : quels dangers pour l’homme et l’environnement ? G Toutes les photos de la catastrophe. G Envoyez vos infos, vos photos à reporter-mobile@20minutes.fr. zone est trop importante. Plus que jamais, la situation paraît totalement incontrôlable à Fukushima. Et donc particulièrement autour de la piscine du réacteur n° 4. Ce bassin abrite des combustibles usés. AP/SIPA Quatre des réacteurs de la centrale de Fukushima sont dans une situation ingérable. Evacuation de la zone ? Mal refroidis depuis le séisme, ceux-ci ont porté à ébullition l’eau qui s’évapore. Catastrophique, car cet endroit n’est pas confiné comme un réacteur. « Si le combustible de cette piscine est totalement hors d’eau, le dégagement de radioactivité sera tellement important que tous les travailleurs devront quitter la zone », lâche un membre de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Certaines sources parlent déjà d’une évacuation vendredi. Ces informations font de plus en plus craindre pour la sécurité des techniciens sur place. Depuis le début de la catastrophe, l’exploitantTepco communique très peu sur ce sujet. Ils seraient entre 50 et 180, mais on ignore par exemple combien de temps ils passent dans les bâtiments ou leur équipement exact. Hier, ils ont dû tous quitter les lieux pendant une heure à cause de la radioactivité. « Ils doivent sans doute se relayer. Pour l’instant, EDF Une polémique qui fait trembler Une vieille histoire a resurgi à la faveur de l’actualité japonaise. Selon l’Observatoire du nucléaire, association militante anti-atome, EDF se serait arrangé avec les données sismiques pour « éviter des travaux onéreux » sur ces centrales. L’affaire remonte à 2003. A l’époque, le réseau Sortir du nucléaire s’était appuyé sur un rapport qui pointait des différences d’analyse entre EDF et les experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur la « résistance » des centrales nucléaires françaises aux séismes. Selon les scientifiques de l’IRSN, au moins huit centrales françaises nécessitaient des aménagements. « Les analyses sismiques évoluent avec la science, mais EDF s’arrange avec ces nouvelles réalités, explique Stéphane Lhomme, président de l’observatoire. Il y a plusieurs façons de bidouiller. Pour la centrale de Chinon [Indre-et-Loire], ils avaient carrément minimisé le séisme de référence [le plus important mesuré dans l’histoire]. » Ce jugement avait à l’époque été vivement contesté par EDF soutenu par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire. Dans une lettre, l’Autorité avait donné raison à EDF. « Je G. VARELA/20 MINUTES La centrale de Fessenheim. n’ai pas le sentiment qu’EDF ait dépassé les bornes sur ce dossier », avait alors déclaré au Figaro André-Claude Lacoste, le patron de l’ASN. Selon EDF, qui a donné de nouvelles précisions aujourd’hui, « il n’y a jamais eu de falsification. Il s’agissait simplement d’un document de travail, d’un échange entre experts. Par ailleurs, l’électricien estime avoir dépensé 500 millions d’euros depuis 2003 pour adapter ses centrales aux risques sismiques. WM. GO. 20 la seule solution est de porter une combinaison, un masque et de ne pas s’exposer trop longtemps », explique Thomas Houdré. A Tchernobyl, des dizaines de milliers de « liquidateurs » avaient travaillé sur le site. Le bilan de ceux qui ont péri est toujours controversé. W secondes ÉNERGIE Proglio ne veut pas fermer Fessenheim Le PDG d’EDF, Henri Proglio, a rejeté les appels à la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut- Rhin) réclamée par les écologistes car située dans une zone sismique. « C’est un bien industriel qui doit être beaucoup plus entretenu, maintenu, modernisé », a-t-il précisé hier sur RTL. La France convoque un G20 spécial L’Elysée a confirmé hier une prochaine réunion des ministres de l’Energie et de l’Economie du G20, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, pour évoquer les grandes options énergétiques. Le président de la République a promis par ailleurs que « le territoire métropolitain et les territoires d’outre-mer » feront « l’objet d’un suivi radiologique renforcé, dont les résultats [seront] mis à la disposition du public en temps réel ».



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