20 Minutes France n°2006 16 mar 2011
20 Minutes France n°2006 16 mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006 de 16 mar 2011

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (235 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : Japon : le pire avenir

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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S. YOKOYAMA/AP/SIPA NEWSCOM/SIPA 8 SPÉCIAL JAPON MERCREDI 16 MARS 2011 NUCLÉAIRE Hier soir, un incendie s’est déclaré dans le réacteur n° 4 de la centrale de Fukushima LA POSSIBILITÉ DU PIRE MATTHIEU GOAR Un palier a été franchi, hier, sur le site de la centrale de Fukushima. A une heure d’intervalle à peine, les bâtiments qui protègent les réacteurs n° 2 et n° 4 ont été sévèrement abîmés par une explosion et un incendie. Mais contrairement aux explosions des n° 1 et n° 3 qui avaient épargné les enceintes de confinement, une ou deux grandes brèches seraient apparues au niveau du réacteur n°4 où un incendie s’est déclaré hier soir. Et l’intégrité de l’enceinte du n° 2 inquiète. « Ce qu’il se passe sur le site laisse penser que de la radioactivité s’en échappe », explique André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Du combustible en fusion à l’air libre est le pire scénario envisagé depuis le début des événements. DIGITALEGLOBE.COM/SIPA Hier, Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie a lâché : « On parle d’apocalypse et je crois que le mot est bien choisi. » « La possibilité de nouvelles fuites radioactives se renforce », a admis le Premier ministre, Naoto Kan, dans une allocution au pays. Aussitôt connue, cette information a obligé les autorités à reconsidérer la gravité de la situation. L’ASN a estimé que l’accident atteint déjà le niveau 6 sur l’échelle de gravité internationale, qui en compte 7, le niveau atteint par Tchernobyl. « On parle d’apocalypse et je crois que le mot est bien choisi », a lâché Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie. Et maintenant ? Comme les réacteurs ont été arrêtés automatiquement au moment du séisme, le risque d’une explosion massive (type Tchernobyl) est exclu. L’urgence est donc de noyer les réacteurs pour ralentir et essayer de stopper lesM. BAKER/AP/SIPA processus de fusion. Des opérations très compliquées qui demandent des masses d’eau phénoménales. Un réacteur en fusion consomme des dizaines de milliers de litres par seconde, sinon toute l’eau s’évapore immédiatement. Pour le moment, il est très difficile de savoir comment les équipes sur place acheminent l’eau de mer. Mais leurs moyens semblent insuffisants. Hier, les Japonais envisageaient de recourir à des hélicoptères. « Même s’ils y arrivent, le processus de refroidissement prendra au minimum des semaines », analyse Thomas Houdré, de la direction des centrales nucléaires de l’ASN. Seule bonne nouvelle : la météo. Depuis le début, les vents sont tournants mais restent en moyenne orientés vers le large. Ce qui pousse d’éventuelles particules radioactives loin des côtes. W KYODO/REUTERS W DOSES TOXIQUES Il resterait seulement une cinquantaine de travailleurs sur le site pour assurer les opérations nécessaires, 750 employés de la centrale ayant été évacués. « Les doses de radioactivité sur la zone sont sans doute très élevées. Même si les informations sont difficiles à obtenir, on peut parler de doses toxiques », détaille Agnès Buzyn, présidente de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. « On se demande s’ils arrivent à trouver un nombre suffisant de volontaires », s’interroge André-Claude Lacoste, de l’ASN.
MERCREDI 16 MARS 2011 SPÉCIAL JAPON 9 HUMANITAIRE Les survivants dutsunami doivent faire face au froid LES JAPONAIS DÉSEMPARÉS ALEXANDRE SULZER « C’est comme si la troisième bombe atomique était tombée sur le Japon, mais cette fois-ci, nous l’avons faite nous-mêmes. » Cette déclaration d’un survivant du bombardement d’Hiroshima, rapportée par CNN, en dit long sur le désarroi qui s’est abattu sur les Japonais. Hier, la situation restait tendue dans l’archipel où le bilan du séisme et dutsunami de vendredi devrait excéder les 10 000 morts, selon la télévision publique. Mais les autorités locales disent n’avoir aucune nouvelle d’environ 30 000 personnes. Le Quai d’Orsay est, lui, à la recherche de quatre ressortissants français. La panique atteint Tokyo Au total, près de 550 000 habitants des zones affectées par la catastrophe naturelle ont été évacués vers 2 600 abris. Deux millions de foyers sont privés d’électricité et 1,4 million n’ont plus d’eau potable. Une situation d’autant plus critique qu’une vague de froid sévit dans la région. Et les secours ont du malM. BAKER/AP/SIPA A Iwaki, une file d’attente devant une station-service, hier. à accéder aux zones sinistrées en raison des importants dégâts. Autre préoccupation bien sûr : la menace nucléaire. La panique commence à atteindre Tokyo, où le niveau de radioactivité était hier dix fois supérieur à la normale. Les habitants restent cloîtrés chez eux ou, comme de nombreux étrangers, quittent la ville. Et les produits de première nécessité commencent à manquer. W W RÉPLIQUE L’est du Japon a été touché hier par une réplique sismique d’une magnitude de 6 sur l’échelle de Richter. La secousse a été ressentie à Tokyo, où les immeubles ont oscillé. Aucune alerte autsunami n’a été lancée. 20 secondes RADIOACTIVITÉ La radioactivité des aliments importés du Japon mesurée L’agence indienne de sécurité des aliments a annoncé hier qu’elle mesurera la radioactivité des aliments importés du Japon après le 11 mars. Plusieurs pays d’Asie, dont la Thaïlande, la Corée du Sud, Hongkong, Singapour et les Philippines, ont pris des mesures similaires. ÉNERGIE Le prix de l’uranium en baisse Le prix de l’uranium a chuté de 9,8% à 60 dollars la livre au cours de la semaine écoulée en raison de la crise japonaise. ÉCONOMIE La Bourse de Tokyo dévisse Pour la deuxième journée de suite, la Bourse de Tokyo a dévissé hier, clôturant sur une perte de 10,55%. Depuis le début de la semaine, les grands groupes ont perdu environ 720 milliards de dollars en valeur.



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