20 Minutes France n°1728 2 déc 2009
20 Minutes France n°1728 2 déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1728 de 2 déc 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (235 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : L'un des derniers procès du nazisme

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
12 MONDE IRAK UNE CHAUSSURE À LA FIGURE D’AL-ZAÏDI C’est ce qui s’appelle l’arroseur arrosé. Le journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi, connu dans le monde entier pour avoir lancé sa chaussure sur George Bush, a été victime du même geste, hier, à Paris. Alors qu’il donnait une conférence de presse à l’occasion de son passage dans la capitale française, Mountazer al-Zaïdi a été pris à partie par un confrère irakien, qui lui a lancé en arabe : « L’Irak n’est pas un pays occupé », avant de se déchausser et de lui lancer sa chaussure. L’homme a ensuite été évacué de la salle. Mountazer al-Zaïdi a déclaré « s’attendre à cela de cette personne. Il y a beaucoup de collaborateurs des Américains, et le fait que cet homme habite en France ne change rien. » Condamné en première instance à trois ans de prison, la peine de Mountazer al-Zaïdi avait été réduite en appel à un an. Il n’a effectué que neuf mois, en raison de sa bonne conduite. A sa sortie, il a affirmé avoir été torturé pendant sa détention. W ORIANE RAFFIN 20 secondes PAKISTAN Fin de la trêve des attentats Un kamikaze a tué hier un député et blessé onze personnes dans le nord-ouest du Pakistan, mettant fin à une brève pause pour la fête musulmane de l’Aïdel-Adha dans la vague d’attentats des talibans alliés à Al-Qaida. SUISSE Roman Polanski en attente Le cinéaste franco-polonais ne sortira pas de prison « avant vendredi », a annoncé hier le ministère suisse de la Justice, la caution de 3 millions d’euros pour sa mise en résidence surveillée n’ayant pas encore été versée. ITALIE Plus de 2 millions de chômeurs Le taux de chômage a grimpé à 8% de la population active au mois d’octobre en Italie, et le nombre de chômeurs a dépassé la barre des 2 millions pour la première fois depuis mars 2004. En décidant de juger John Demjanjuk pour complicité dans des meurtres de Juifs ordonnés par des SS allemands, l’Allemagne s’est exposée à des reproches que la défense tente d’exploiter. En effet, ce procès est le résultat d’une nouvelle politique. Les gouvernements allemands avaient jusqu’à présent toujours refusé de juger sur leur territoire une personne n’ayant jamais eu la nationalité allemande. Le procès de Demjanjuk, Ukrainien émigré devenu apatride après avoir perdu sa citoyenneté américaine pour avoir caché son passé dans des camps nazis, constitue donc une rupture. A l’ouverture du procès, avant-hier, l’avocat de Demjanjuk a mis en cause l’impartialité de la cour, reprochant à l’Allemagne de poursuivre un prétendu exécutant étranger, alors que des SS allemands de Sobibor ont été acquittés. « Comment se peut-il que ceux qui donnaient les ordres aient été innocentés ? a demandé M e Ulrich Busch. Du point de vue du droit et de la morale, il y a deux poids, deux mesures dans ce tribunal. » La cour d’assises de Munich a rejeté la MERCREDI 2 DÉCEMBRE 2009 ALLEMAGNE John Demjanjuk est accusé d’exagérer ses ennuis de santé L’EX-GARDIEN DU CAMP DE SOBIBOR CHOISIT LA STRATÉGIE DE L’ÉVITEMENT « Je suis sûr qu’il fait semblant d’être malade », a déclaré à l’AFP Thomas Blatt, un survivant du camp de Sobibor âgé de 82 ans venu de Californie. Le comportement de John Demjanjuk, 89 ans, jugé pour complicité du meurtre de 27 900 Juifs dans ce camp d’extermination nazi aujourd’hui situé en Pologne, a provoqué hier la colère de nombreuses parties civiles, dont certaines sont des rescapées et qui ont parfois fait un long voyage pour venir à Munich. Pour eux, l’accusé exagère ses ennuis de santé pour tenter de paralyser son procès. « C’est dur d’accepter qu’il ne soit face à personne » Au deuxième jour du procès aux assises de Munich, l’audience a brièvement été suspendue après qu’il eut donné des signes de douleur à la tête et fut sorti de la salle. A son retour, il était couché sur le brancard, allongé sur le côté. Le juge lui a alors proposé de s’exprimer, mais l’un de ses avocats, M e Ulrich Busch, a expliqué que son client exerçait son droit à rester silencieux. La veille, il avait passé une partie de l’audience couché sur un brancard, entièrement recouvert d’une couverture, mais on avait ensuite pu le voir discuter avec animation avec son défenseur. David van Huiden, 78 ans, dont toute la famille a disparu à Sobibor, comme environ 250 000 Juifs, s’est dit furieux de voir Demjanjuk allongé sans faire face à ses accusateurs. « C’est dur d’accepter qu’il ne soit face à personne », a-t-il déclaré. T. HASE/EPA/AFP Thomas Blatt, l’un des plaignants, à son arrivée au procès d’assises, lundi. Sa « leucémie » démentie La famille de Demjanjuk, qui nie avoir été à Sobibor, assure qu’il est notamment atteint d’une leucémie et ne survivra pas à un procès. « Mon client a été déporté de force des Etats-Unis, alors qu’il est atteint d’une maladie mortelle », a plaidé M e Busch. Mais des experts médicaux ont confirmé des décisions de justice le considérant apte à comparaître, et un professeur d’hématologie a démenti qu’il soit atteint de leucémie. Les audiences ont toutefois été limités à deux fois 90 minutes par jour. Un temps effectivement très réduit pour les survivants de l’Holocauste, qui espère un procès pour l’histoire. Ainsi, Rivka Bitterman, qui vit à Jérusalem et dont le père est mort à Sobibor, attend « que Demjanjuk soit déclaré coupable et que le monde sache ce qui s’est passé à Sobibor ». W UN PROCÈS PROBLÉMATIQUE DU POINT DE VUE LÉGAL demande de récusation, mais le reproche risque de continuer à peser sur le procès. Pour l’historienne Annette Weinke, de l’université de Jena (Est) : « Si Demjanjuk est reconnu coupable, alors nous aurons mal évalué la situation juridique par le passé », en décidant de ne pas juger en Allemagne les non-Allemands pour crimes commis sous le nazisme. Et il faudra « continuer les recherches » d’autres criminels étrangers, a reconnu Kurt Schrimm, directeur de l’Office d’enquête sur les crimes nazis à Ludwigsbourg (Sud-Ouest). W



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :