20 Minutes France n°3697 14 jan 2022
20 Minutes France n°3697 14 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3697 de 14 jan 2022

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : le variant omicron perturbe la préparation des JO d'hiver de Pékin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
8 VENDREDI 14 JANVIER 2022 20 MINUTES AVEC Le contexte  : Chaque jour, les propos contre les non-vaccinés se font plus virulents. Dans une tribune, des soignants ont ainsi appelé à ne pas les réanimer, quand une majeure partie de la population serait, selon un sondage Ifop, favorable à leur non-prise en charge. Quant au chef de l’État, Emmanuel Macron, il a déclaré la semaine dernière avoir « bien envie de les emmerder ». La médecin en Santé publique Hélène Rossinot évoque la question médiatique, politique et sanitaire des non-vaccinés contre le coronavirus. Pol Émile/Sipa pour « 20 Minutes » Hélène Rossinot, médecin en Santé publique « Les non-vaccinés sont bien plus souvent des victimes que des coupables » Propos recueillis par Jean-Loup Delmas Au total, 7,8% des personnes éligibles à la vaccination n’ont pas reçu la moindre dose de vaccin contre le coronavirus en France, selon le site Covidtracker. Alors que la France tourne en moyenne à 250 000 cas par jour, cette minorité, est, en pleine cinquième vague, accusée de contribuer à la saturation des hôpitaux (lire ci-dessus « Le contexte »). Une polémique « violente » et contreproductive, selon Hélène Rossinot. La médecin en Santé publique revient sur la question sensible de la non-vaccination. Même si le vaccin est gratuit et disponible en grande quantité en France, y a-t-il une inégalité face à la vaccination ? La gratuité ne fait pas l’équité. Des personnes en grande précarité, par exemple les migrants ou les SDF, sont totalement exclues du système de soin. Il faut également comprendre que la question de la vaccination n’est pas du tout une priorité pour les classes les plus précaires, contrairement à la difficulté du travail, aux horaires compliqués, etc. Il existe aussi une précarité sociale, un isolement important d’une partie de la population. Quant au réseau de soins, il n’est pas équitable sur tout le territoire. Il faut enfin penser à l’inégalité d’accès à l’information ou à la science. N’est-il pas facile de mettre de facto dans le même sac « non-vaccinés » et « antivax » ? Cette assimilation est effectivement beaucoup trop simpliste et ce n’est jamais une bonne idée de faire des généralités. Il existe en effet de véritables antivax, qui sont contre tous les vaccins. Mais il y a ceux qui rejettent juste le vaccin anti-Covid-19, un vaccin qui a été très politisé. Enfin, il y a ces personnes non vaccinées qui estiment qu’elles ne risquent rien face à la maladie. Reste les victimes de la désinformation, les plus nombreuses. Ce sont ces non-vaccinés qui ont peur d’effets indésirables. Le discours contre les nonvaccinés devient extrême… Il faut se méfier de tous les extrêmes. Tout le monde est à fleur de peau. Après deux ans d’une situation inédite, les gens n’en peuvent plus, les soignants sont épuisés. En tant que soignants, on reçoit des dizaines, voire des centaines de menaces de mort, et la tentation est forte de réagir avec la même violence. Derrière les propos d’Emmanuel Macron, il y a la volonté de pousser à la vaccination. Une stratégie qui a marché pour le pass sanitaire… Forcément, le pass sanitaire – et bientôt vaccinal – fonctionne sur les personnes qui ne voyaient pas l’utilité du vaccin. Mais ces mesures braquent encore plus les antivax ou ceux qui ont peur du vaccin et qui sont prêts à renoncer à leur vie sociale si on les y contraint. Cela peut renforcer un clivage déjà dangereux, et isoler encore plus les non-vaccinés. Le pass reste une bonne solution pour accéder à une vaccination de masse, mais il trouvera toujours un plafond de verre s’il est perçu comme une punition et sera peu productif à long terme. Plus que les non-vaccinés, ne faudrait-il pas « emmerder » les désinformateurs et ceux qui répandent les fake news ? Ceux qui ont volontairement distillé la peur sont plus responsables que les non-vaccinés en général. Les non-vaccinés sont bien plus souvent des victimes que des coupables. La liberté d’information existe, et c’est une bonne chose, il est donc difficile de punir directement les désinformateurs. Mais « Ceux qui ont volontairement distillé la peur sont plus responsables que les non-vaccinés en général. » on peut éviter de leur donner du poids politique en leur rendant visite, en les auditionnant ou en les invitant sur les plateaux télé. N’y a-t-il pas un risque de voir certains convaincus de la vaccination rallier les non-vaccinés, à force d’imposer des doses supplémentaires ? C’est tout à fait possible. On a trop vendu les deux doses comme la solution miracle qui réglerait tous les problèmes, ce qui a créé forcément du scepticisme et de la déception par rapport à la nécessité d’une nouvelle dose. Il va vraiment falloir beaucoup de pédagogie en cas de dose supplémentaire, et les politiques comme les autorités sanitaires gagneraient à refaire des vraies séances de question-réponse pour expliquer en quoi c’est nécessaire, mais aussi que des doses en plus ne sont pas si surprenantes que ça pour un vaccin. On prend le risque de créer une nouvelle branche de non-vaccinés, et il faut arrêter avec la politique du toutcontrainte. La crise n’est pas finie, on ne peut pas perdre d’autres personnes.
-35% JUSQU’À SUR TOUS LES CACHEMIRES DÈS LE 14 JANVIER Les soldes ** Remise immédiate en caisse sur le prix de référence de la saison. Offre non cumulable avec toute autre offre ou promotion en cours. Monoprix - SAS au capital de 79 248 128 € - 14-16, rue Marc Bloch - 92110 Clichy - 552 018 020 R.C.S. Nanterre – Pré-presse  :



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :