20 Minutes France n°3697 14 jan 2022
20 Minutes France n°3697 14 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3697 de 14 jan 2022

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : le variant omicron perturbe la préparation des JO d'hiver de Pékin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 VENDREDI 14 JANVIER 2022 TikTok Leur vie en plusieurs épisodes, + DE 20 MINUTES CULTURE une nouvelle mode « Ça permet de faire plus Les utilisateurs et utilisatrices de l’appli multiplient les anecdotes racontées en plusieurs parties, et c’est une méthode qui profite à tout le monde Clément Rodriguez On connaissait les séries Netflix en plusieurs saisons, voilà maintenant que des inconnus se mettent à nous montrer leur vie en plusieurs parties sur TikTok. Parmi les millions d’utilisateurs et d’utilisatrices de l’application se cache peut-être le prochain Marc Cherry (créateur des séries télévisées Desperate Housewives, Devious Maids et Why Women Kill) ou la prochaine Shonda Rhimes (créatrice des séries Grey’s Anatomy, Private Practice et Scandal), mais tous et toutes ne sont pas des conteurs ou conteuses hors pair. Pourtant, de plus en plus d’internautes racontent des anecdotes, vidéos Jay L Clendenin/Los Angeles Times/Shutterstock/Sipa Charli D’Amelio, la plus grande tiktokeuse du monde, cédera-t-elle à la nouvelle mode de narration de l’appli ? et captures d’écran à l’appui, tout en laissant planer le suspense sur la suite de leurs aventures. L’une des tendances de ces dernières semaines consistait, par exemple, à filmer un proche en train d’ouvrir son cadeau de Noël. Pris par l’émotion, il éclate en sanglots. Impossible de comprendre la raison d’un tel torrent de de vues, avec le même contenu. » Emmanuelle Patry, de Social Media Lab larmes, à moins de cliquer sur la photo de profil du créateur et de scroller sur ses vidéos. « Ça permet de faire plus de vues, avec exactement le même contenu », résume Emmanuelle Patry, créatrice de Social Media Lab, un organisme de formation aux réseaux sociaux. Prenons l’exemple de Irene.jmt, dont les contenus sont vus « seulement » 4 700 fois en moyenne. Publiée le 28 décembre, la vidéo de sa belle-mère en larmes en ouvrant son cadeau a dépassé les 3,5 millions de vues. Il a fallu attendre trois jours pour obtenir des explications, regardées à près de 600 000 reprises. « C’est un peu la culture Netflix, qui entre dans la conception de contenus, analyse Stéphanie Laporte, directrice de l’agence de social media et d’influence Otta. On est sur un univers où on se cale sur les grands divertissements. » À l’image des documentaires de crimes, de plus en plus de contenus se retrouvent découpés en plusieurs épisodes pour en faire des séries. Outre la volonté de copier ce qui est à la mode en matière de narration, les créateurs et créatrices de contenus se plient aussi aux exigences des algorithmes Tout bénéf pour l’appli Cette mode profite non seulement aux créateurs et créatrices de contenus qui accueillent des abonnés plus rapidement, mais aussi à TikTok. Puisque les internautes cliquent à plusieurs de TikTok. Afin de juger si une vidéo est digne d’être partagée, l’application va analyser son taux de revisionnage ainsi que son taux de complétion, c’est-à-dire le pourcentage de personnes qui l’ont vue en intégralité. « Plutôt que de mettre l’intrigue et la conclusion dans un seul épisode, on va garder une audience captive sur l’intégralité du contenu », indique Stéphanie Laporte, aussi directrice du master communication digitale de l’Inseec (Institut national supérieur des hautes études économiques et commerciales). Et cela, même si l’histoire n’est pas digne d’un film hollywoodien. Sensation de chercher l’information Ces parties 1 et parties 2 (voire parties 3) ne vont-elles pas à l’encontre de l’usage du réseau social, sur lequel on peut tout simplement scroller à l’infini pour découvrir des centaines de contenus différents, d’un simple geste vers le haut sur son écran ? « Fouiller pour voir la suite est un usage détourné qui ne me semble pas Cette tendance ne devrait toutefois pas transformer TikTok en plateau de « Ça commence aujourd’hui ». contre-intuitif vis-à-vis du comportement des utilisateurs », remarque Stéphanie Laporte, selon qui le découpage d’une histoire en plusieurs épisodes fait appel à la curiosité du public qui a la sensation d’avoir cherché l’information. Cette tendance ne devrait toutefois pas transformer TikTok en plateau de « Ça commence aujourd’hui ». En revanche, ce mode de communication découpé en plusieurs épisodes pourrait influencer d’autres canaux et « déteindre sur la façon dont les marques vont communiquer sur les réseaux sociaux », observe Stéphanie Laporte. Peut-être que le lapin Duracell ou le bonhomme Cetelem se montreront donc bientôt face cam pour nous raconter leurs dernières péripéties. niveaux de leur écran pour suivre les différentes parties, ils sont actifs pendant leur visionnage. « Quelqu’un qui va rester dans le « Pour toi » [la page des tendances] est dans une posture assez passive et va subir la publicité, explique Stéphanie Laporte, de l’Inseec. Un utilisateur plus actif va prendre l’habitude de s’engager sur d’autres contenus, y compris des contenus publicitaires. » Grâce à cette méthode, l’application peut donc se vanter d’engranger plus de vues et peut compiler toutes ces données pour vendre ses spots de pub.
Intelligence artificielle Connaître la date de notre mort n’est pas pour demain Dans Don’t Look Up, une entreprise technologique prévoit la façon dont va mourir la présidente des États-Unis, interprétée par Meryl Streep (à dr.). + DE 20 MINUTES CULTURE VENDREDI 14 JANVIER 2022 11 Niko Tavernise/Netflix « Don’t Look Up », la comédie apocalyptique de Netflix, évoque des algorithmes capables de prévoir notre mort Laure Beaudonnet Nos algorithmes peuvent prédire votre mort avec 96,5% d’exactitude », affirme Peter Isherwell (Mark Rylance) au Dr Mindy (Leonardo DiCaprio) dans Don’t Look Up  : le déni cosmique. Le PDG de l’entreprise technologique Bash Cellular prédit ainsi à la présidente des États-Unis (Meryl Streep)  : « Vous serez dévorée par un brontéroc. » Soit une vilaine bestiole. La satire signée Netflix dénonce avec humour l’inaction des gouvernements devant l’extinction certaine de l’espèce humaine. Peter Isherwell campe un technoprophète, à mi-chemin entre Elon Musk et Mark Zuckerberg, persuadé que sa technologie va sauver le monde. S’il se trompe là-dessus, la fin donnera toutefois raison aux prédictions de ses algorithmes sur la mort de la présidente. Des traces numériques Dans les faits, les Gafa (Google, Amazon, Facebook-Meta et Apple), gavés de données grâce à nos traces numériques, ont des capacités de prédiction spectaculaires. Mais l’intelligence VOTRE VIE VOTRE AVIS Films d’horreur Aimer se faire peur pour en frissonner de plaisir Les lecteurs de « 20 Minutes » nous ont expliqué leur passion pour ce genre Benjamin Chapon « Quel est ton film d’horreur préféré ? » Voilà la question que pose l’assassin à sa victime avant de la tuer dans Scream. Alors qu’un nouveau volet de la saga culte est sorti en salles, 20 Minutes a posé la question à ses lecteurs. Si nombre d’entre vous – les plus jeunes, notamment – êtes friands des franchises récentes de films d’horreur, « pour délirer au cinéma entre copains », selon Sam, ou encore « parce que ça envoie une bonne dose d’adrénaline pure », selon Margaux, beaucoup de commentaires prouvent que vous prenez le genre horrifique très au sérieux. Une vraie culture « Ado puis jeune adulte, j’ai vu beaucoup de films d’horreurs, les plus intéressants ont été The Ring, en 2002, et sa version originale japonaise, que j’ai vue un peu plus tard », témoigne Max. Clémence est « fan de films d’horreur depuis [se]s 10 ans, lorsqu’[elle est] tombée sur la VHS de L’Antre de la folie  : « C’est un genre ultracodé, dans lequel les réalisateurs prennent plaisir à marquer leurs sources d’inspiration en multipliant les références. Si bien que chaque film d’horreur s’inscrit toujours dans un courant. J’adore voir si les créateurs ont su apporter leur touche personnelle pour rendre l’œuvre originale. Je ne regarde donc plus vraiment ces films pour avoir les chocottes (depuis 25 ans, je suis presque immunisée), mais pour construire ma petite encyclopédie du genre personnelle. Mon conjoint m’a déjà trouvée en train de regarder Massacre à la tronçonneuse au petit-déjeuner, ça ne l’étonne plus. » Conre toute attente, et si l’on en croit vos témoignages, les films d’horreur récents vous laissent de marbre. Est-ce vous qui avez vieilli ou est-ce le cinéma de genre actuel qui est moins intéressant ? On ne saurait le dire, mais vous avez la dent dure avec l’époque actuelle… « Ces dernières années, les films à m’avoir marqué sont assez rares, à cause d’une tendance trop systématique au jumpscare au détriment de l’ambiance », explique Steeve. « J’aime assez peu les films d’horreur d’aujourd’hui. Je trouve les classiques du type Conjuring chiants », tranche Marianne, qui trouve tout de même encore quelques créateurs d’horreur intéressants  : « J’aime beaucoup l’œuvre de Ari Aster – Hereditary, Midsommar…- ainsi que N. Jorgensen/Cover Images/Sipa artificielle (IA) raisonne par induction. Elle part du particulier pour en tirer une règle générale. « Cela marche bien s’il y a une uniformité, explique Jean- Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle et président du comité d’éthique du CNRS. C’est certain, à condition que ce qui est observé corresponde vraiment à ce qu’on va observer dans le monde qui va advenir. Si ça se produit dans les mêmes conditions, il y a des chances, en probabilité, que cela se reproduise de façon identique. » De ce point de vue, Don’t Look Up a faux sur toute la ligne. Lorsque Peter Isherwell débarque sur une planète, accompagné de la présidente des États- Unis, le contexte a changé  : la végétation, le taux d’oxygène, les animaux… Alors, si les algorithmes sont capables de percevoir des signaux faibles, invisibles à l’humain, grâce à la masse gigantesque de données qu’ils ingurgitent, pour ce qui est de notre mort, ça se corse. « L’IA connaît nos habitudes, poursuit le spécialiste. Si on conduit une moto et qu’on a l’habitude de faire des excès de vitesse, elle peut calculer une probabilité. De même, elle connaît notre état de santé, notre consommation d’alcool. » Parier qu’un fumeur va mourir d’un cancer des bronches, à la limite, n’importe qui peut le faire. On est quand même loin des promesses de Peter Isherwell dans Don’t Look Up, et c’est tant mieux. celle de Robert Eggers, The Witch, The Lighthouse et son prochain, The Northman, qui a l’air incroyable. » Ah quand même, on a eu peur !



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