20 Minutes France n°3689 13 déc 2021
20 Minutes France n°3689 13 déc 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3689 de 13 déc 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : un horizon à tracer en Nouvelle-Calédonie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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B. Trépied 6 LUNDI 13 DÉCEMBRE 2021 L’avenir de la Nouvelle- Calédonie en suspens Après que le « non » l’a emporté lors du référendum sur l’indépendance, des discussions doivent permettre d’aboutir à un nouveau statut de l’archipel Charles-Édouard Ama Koffi V ingt-trois ans plus tard, le jour d’après est arrivé en Nouvelle-Calédonie. Le troisième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, dernière étape d’un processus de décolonisation imaginé en 1998 lors des accords de Nouméa, a abouti au « non », à 96,49% des voix. Mais ce scrutin a été marqué par une abstention très forte (56,10%). L’archipel se retrouve dans une situation floue, puisque les indépendantistes refusent de reconnaître les résultats du scrutin. UNE PÉRIODE DE TRANSITION JUSQU’EN JUIN 2023. Dans un premier temps, « une période de transition de dix-huit mois » doit s’ouvrir pour élaborer un nouveau « On peut trouver des solutions » Une chose est sûre  : la question de l’indépendance n’est pas réglée, même après ce troisième référendum. « La légitimité de l’indépendance, quand on est un peuple autochtone et premier, reste entière, souligne Jean-Christophe Gay. On peut trouver des solutions qui ne sont pas binaires, entre un rattachement complet à la France et une pleine souveraineté. » Le spécialiste de la Nouvelle- Calédonie prend en exemple « un modèle de ce type dans le Pacifique avec les îles Cook », devenues un État autonome, librement associé à la Nouvelle-Zélande. Comment les jeunes Néo-Calédoniens perçoivent-ils le débat sur l’autodétermination et ce référendum ? Pour y voir plus clair, 20 Minutes a interrogé l’anthropologue Benoît Trépied, spécialiste de la Nouvelle- Calédonie et chargé de recherche au CNRS. Quelles sont les aspirations de la jeunesse de Nouvelle-Calédonie ? Les jeunes sont dans un discours qui consiste à dire qu’il faut construire un destin commun. Le gros problème est qu’il y a d’immenses inégalités sociales et ethniques. Cela empêche l’émergence d’une identité postcoloniale. ACTUALITÉ statut dans la République, selon le document de travail officiel de l’État. Objectif  : « se libérer de l’alternative binaire entre le oui et le non » et « bâtir un projet commun » dans cette « nouvelle étape », a expliqué Emmanuel Macron dans son allocution télévisée après la proclamation des résultats du référendum. « On ne part pas d’une page blanche, mais tout est à refaire désormais, explique à 20 Minutes le géographe Jean-Christophe Gay. Terminer cette phase sur un référendum qui juridiquement tient la route mais n’est politiquement pas légitime, c’est un peu embêtant. » En effet, les indépendantistes avaient appelé leurs électeurs à ne pas se déplacer, estimant que l’épidémie de Covid-19 avait rendu la campagne impossible. VERS UN NOUVEAU RÉFÉRENDUM SUR UNE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. Selon l’exécutif, deux phases sont désormais prévues  : le « bilan » de l’accord de Nouméa, avant des discussions qui devront « aboutir à une nouvelle révision constitutionnelle », une révision de la Loi organique et une « consultation de projet ». C’est a priori sur ce point que les Néo-Calédoniens devront se prononcer en juin 2023. « L’État n’entend pas confondre vitesse et précipitation dans cette phase importante », a affirmé dimanche à l’AFP le ministre des Outremer, Sébastien Lecornu, soulignant toutefois que « certains sujets d’actualité sont urgents ». Emmanuel Macron a notamment évoqué ce dimanche « la situation économique [et] sanitaire, la relance, l’équilibre des comptes publics », ou encore « les inégalités qui fragilisent l’unité de l’archipel, la stratégie nickel, l’autonomie alimentaire et énergétique, le foncier, la fiscalité ». La question de l’indépendance pourra-t-elle encore marquer toute une génération de jeunes pour les années à venir ? Il y a une poussée du vote indépendantiste chez les plus jeunes en général. Des études menées sur les précédents référendums ont montré que, au sein de la jeunesse non kanake, une minorité a voté pour le « oui » à l’indépendance. Mais, parmi les plus jeunes, cette minorité est plus importante. Cette jeunesse est de plus en plus sensible au discours des indépendantistes qui ne souhaitent pas une rupture brutale avec la France. Le référendum, tel qu’il s’est tenu, a empêché l’expression de cette voix-là, et je ne crois pas que la question de l’indépendance va disparaître. Le scrutin, dimanche, a été marqué par une participation très faible (43,90%). T. Rouby/AFP UN DIALOGUE IMPOSSIBLE AVANT L’ÉLEC- TION PRÉSIDENTIELLE ? Reste à savoir qui sera à la table des négociations, dans les prochaines semaines, avec le gouvernement sur l’avenir de l’archipel. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et les nationalistes ne souhaitent pas discuter « avant la présidentielle » d’avril. Rock Wamytan, le président du FNLKS, a annoncé la couleur sur France Info dimanche  : « Nous viendrons aux discussions avec la personne qui va sortir des urnes de la prochaine présidentielle. (…) Si c’est « Poussée du vote indépendantiste chez les jeunes » Comment expliquez-vous ce phénomène ? Il y a le sentiment pour les populations locales que leur dignité a été spoliée par la colonisation. Il n’est pas anachronique de parler de colonisation en Nouvelle-Calédonie, car les gens naissent et grandissent avec ce sentiment d’être sous le joug colonial. Les Kanaks représentent 40% de la population et se sentent étrangers chez eux. Il existe une discrimination dans l’accès au logement, au travail. Il y a l’expression d’un racisme décomplexé et d’une marginalisation politique et culturelle. Ce sentiment ne s’éteint pas chez les jeunes générations et il ne va pas disparaître d’un coup de baguette magique. Propos recueillis parC.-É.A.K.nnC u SECONDES 20 Emmanuel Macron, nous allons continuer à discuter. » Il estime donc avoir « quatre mois pour peaufiner » son projet d’indépendance, avec l’aide des Nations unies, afin de « présenter un projet qui tienne la route » au gouvernement français actuel ou à venir et à la population néo-calédonienne. Pour anticiper les crispations, le ministère des Outre-mer a tenu à rassurer que « la réconciliation des mémoires, la préservation et la valorisation de la culture kanake restaient plus que jamais d’actualité ». L’« indemnité inflation » versée à partir de ce lundi. Annoncée en octobre et destinée à 38 millions de personnes, l’« indemnité inflation » de 100  € commencera à être versée ce lundi, a annoncé dimanche le ministre du Budget, Olivier Dussopt, sur France Info. Les versements s’étaleront jusqu’à fin février, et les étudiants boursiers seront les premiers bénéficiaires. Les salariés du privé devraient toucher la prime à la fin du mois et les employés du public « au plus tard » en janvier, précise le ministère.
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