20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3676 de 17 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Olivier Véran, au sujet de la 5e vague de Covid-19 qui frappe la France actuellement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 NOVEMBRE 202 1 SPORT L’alpiniste, atteint de la maladie de Stargardt, ici au pic des Spijeoles le 15 septembre, a traversé les Pyrénées en treize jours et quatre étapes. V. Chapuis/AFP Alpinisme David Labarre, les yeux dans les cieux Depuis 2017, l’alpiniste David Labarre gravit les plus hauts sommets des Alpes et des Pyrénées. La particularité de cet ancien footballeur  : il est aveugle de naissance U Assia Hamdi n exploit ! Début septembre, l’alpiniste David Labarre a traversé les Pyrénées en treize jours et quatre étapes, à pied et à vélo. Une performance d’autant plus exceptionnelle que, à 33 ans, il est atteint depuis son enfance de la maladie de Stargardt  : sa rétine ne peut distinguer autre chose que des formes et des taches. En partant de Pau (Pyrénées-Atlantiques), David Labarre et Morgan Périssé, son guide de haute montagne, ont rallié Aspet (Haute-Garonne), la ville d’origine de l’alpiniste. Sur leur chemin, ils ont affronté le pic du Midi d’Ossau (2 884 m), ou encore le pic des Spijeoles, ainsi que des cols phares du Tour de France, comme ceux du Tourmalet ou de Peyresourde. Christian Ravier, Rémi Thivel ou Fred Talieu, des guides références, se sont joints au binôme sur certaines étapes. À vélo avec 60 kg sur le dos « Écouter ces passionnés nous enseigner la montagne et leur expérience, c’est enrichissant !, souligne David Labarre. C’est pour ces rencontres que je me suis lancé dans cette aventure. » Mais l’expédition n’a pas été de tout repos, entre les prises périlleuses, ces moments où la végétation a menacé l’alpiniste de glissades, et les journées à rouler à vélo avec 60 kg sur le dos. Sur le parcours, les guides permettaient à David Labarre de percevoir « la bonne direction » ou « les prises qui pouvaient faire économiser de l’énergie ». Reste qu’il faisait luimême son sac, s’encordait seul, et gérait ses rappels, son piolet et ses crampons. « Je tiens à mon autonomie, précise-t-il. S’il vente ou s’il grêle, on ne peut compter que sur soi-même. » Enfant, pourtant, David Labarre ne jurait que par un sport collectif, le football. En 1998, le Mondial l’a rendu accro au ballon rond, mais le cécifoot « Je tiens à mon autonomie. S’il vente ou s’il grêle, on ne peut compter que sur soi-même. » était peu pratiqué. Ce n’est que quelques années plus tard, à 14 ans, qu’il s’y met  : « C’est à cet âge que j’ai dû surmonter le décès de ma mère… Le sport m’a beaucoup aidé. » Après une carrière en club, le sportif décroche en 2012 l’argent paralympique à Londres. Mais, cinq ans plus tard, il arrête tout  : « J’ai voulu revenir vers mes racines. » David Labarre se tourne vers l’alpinisme et gravit en 2017 le point culminant des Pyrénées, l’Aneto, 3 404m. « Je manquais d’entraînement, mais je n’avais jamais autant galéré dans ma vie, témoigne celui qui relate aujourd’hui ses expéditions devant des entreprises. Je me suis juré de ne plus revivre cela. » Mont-Blanc, Pyrénées… L’alpiniste, ou « pyrénéiste », comme il préfère, s’entraîne en forçat, compense sa cécité par son ouïe, performe, mais trouve le mot « défi » maladroit  : « On ne défie pas la montagne car, si elle veut, elle peut nous emporter. Un jour, j’ai failli me tuer. » Aujourd’hui, cette peur et cette conscience de la mort lui font tout vivre à fond. Après un repos bien mérité, David Labarre ne sait pas encore s’il va viser plus haut. Mais est-ce bien important ? « Aujourd’hui, c’est grâce à mon problème de vue que je m’éclate autant. Je m’entraîne au quotidien, je suis tout le temps en montagne, je fais du vélo, du VTT, du ski de randonnée, des treks, beaucoup d’escalade, beaucoup de montagne… C’est ça, la vie. » Objectif sports co aux JO 2024 Après les Jeux de Tokyo, la présidente du Comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie Le Fur, évoque un bilan très positif. « Sur un objectif de 35, on atteint 54 médailles », se réjouit la Française, triple championne paralympique en athlétisme et jeune retraitée. Mais la France ambitionne plus de médailles d’or à Paris 2024  : « On doit progresser sur les sports collectifs, en nombre d’athlètes hémiplégiques et en performances féminines. » 2^ u Le succès de la team Frédéric Sausset au Mans A.H. Pari réussi pour l’équipe du pilote automobile invalide qui a couru l’épreuve mancelle en 2016. Composée de deux pilotes paraplégiques et un valide, l’équipe de Frédéric Sausset a terminé 31 e du classement général aux 24 Heures du Mans 2021, sur 62 engagés. « Ce programme a été très compliqué à mettre en place, par sa nature, et à financer, sans oublier le Covid-19, explique-t-il. Donc le bilan est excellent ! » Accélérateur sur le volant Premier pilote quadri-amputé à terminer les 24 Heures du Mans en 2016, Frédéric Sausset a créé en 2018 la Frédéric Sausset by SRT 41, une filière dont l’objectif est d’envoyer une team composée en majorité de pilotes invalides sur l’épreuve mancelle. « C’est la course la plus difficile au monde pour un valide, précise-t-il. Alors, avec un handicap… » Pour l’épreuve, l’Oreca 07 avait été ajustée pour le Belge Nigel Bailly et le Japonais Takuma Aoki. Elle comportait un système de frein, d’embrayage, d’accélérateur au niveau du volant. Le duo paraplégique a été complété par Matthieu Lahaye, pilote valide. Maintenant que l’objectif est atteint, Frédéric Sausset prend le temps de développer des projets autour du handicap et de l’inclusion. Quant à rouler au Mans de nouveau, un jour ? « Bien sûr !, répond-il. Il faudrait rechercher des financements, y réfléchir… Mais, en 2021, le doyen des pilotes a 75 ans, donc ça me laisse de la marge ! » En 2016, Frédéric Sausset est le premier pilote handicapé à terminer les 24 Heures du Mans auto. W. Fourneau/Sipa
2^ u « Nous créons des fluidités là où il y a des barrières » Avec So’Lifes, Amel et Rémi proposent des services innovants pour la vie active des personnes en situation de handicap e Julie Chansel I l est tétraplégique, elle souffre d’une amyotrophie spinale infantile. Ils sont tous deux en fauteuil depuis leur adolescence. Ils ont décidé, quels que soient les obstacles, de vivre pleinement leurs rêves. Amel, 41 ans, et Rémi, 40 ans, ont mis en place des services innovants destinés aux personnes en situation de handicap (PSH) « qui veulent être actifs et acteurs de leur vie ». Mariés en 2005, ils se sont rencontrés pendant leurs études à Montpellier. Animé par « le besoin d’entreprendre » et « passionné de sport », Rémi obtient une licence en management du sport, puis un master 2 en droit, économie et gestion. Ingénieure en ingénierie sociale, Amel rejoint Rémi qui créé So’Lifes en 2012 (www.solife.fr)  : « J’avais le goût de l’entrepreneuriat et de travailler ensemble », souligne celui qui se charge de l’opérationnel, pendant qu’elle s’occupe de la stratégie. « Nous sommes dans le service à la personne, pour aider et accompagner les PSH avec une vie active, professionnelle, ou étudiante, ou sportive, ou associative, détaille Rémi. Ce qui est mis en place par les pouvoirs publics, c’est du maintien à domicile, mais rien pour les personnes qui veulent poursuivre leur projet de vie en dehors. » Des formations pour les manageurs Selon le couple, de plus en plus de personnes qui ont un handicap lourd font de longues études, ont des postes à responsabilité et un besoin d’un accompagnement très spécifique. Amel et Rémi forment des intervenants pour INITIATIVES NOVEMBRE 2021 19 les besoins individuels, mais également des agents de collectivités publiques en reconversion, qui accompagnent des collègues en situation de handicap et développent des formations pour les manageurs qui vont être amenés à associer des PSH dans leurs équipes. Pour Rémi, ils ont ainsi « créé des fluidités là où il y avait des barrières ». Unique en France, l’entreprise compte maintenant 90 salariés. Présente dans le Gard et l’Hérault, So’Lifes a des projets avec une commune francilienne et le ministère de l’Intérieur, et une filiale De l’autodéfense bien ciblée J.C. « Les femmes en situation de handicap subissent 5 fois plus de violences que les femmes valides », rappelle Idaline. Celle qui a subi plusieurs fractures traumatisantes et a parfois besoin d’utiliser un fauteuil a cocréé l’association d’autodéfense féministe (ADF) Loreleï, à Paris, en 2016, et son antenne montpelliéraine en 2019. « Les femmes valides ne vont pas connaître certaines violences spécifiques, Amel, 41 ans, et Rémi, 40 ans, soutiennent et accompagnent les projets de vie. J. Chansel comme la privation du fauteuil, des médicaments, etc. Pour celles qui ne voient pas, ou mal, ça peut être des personnes qui vont parler dans leur dos ou qui vont les priver de l’accès à l’information. » D’où la nécessité de mettre aussi en place des ateliers spécifiques d’ADF pour les personnes en situation de handicap, dans des lieux accessibles. Ne pas se laisser paralyser « Plus adaptée à la vie réelle que l’AD classique ou les arts martiaux », vient d’ouvrir à Paris. Amel en a profité pour se lancer dans une nouvelle aventure. En 2019, elle a créé My Ideal Coaching (www.mi-coaching.com)  : « Je m’adresse aux porteurs de projets de l’innovation sociale et écologique, avec une spécificité pour les personnes en situation de handicap en leur proposant un accompagnement individualisé ». Se fondant sur leur complémentarité, Amel et Rémi œuvrent ainsi contre l’absence de représentativité des 5,5 millions de PSH en France, dont 10 à 15% avec un handicap visible. l’autodéfense féministe n’est pas une démonstration de force. Au lieu de se concentrer sur le physique, trois autres aspects sont travaillés  : l’AD verbale, « qui s’apprend comme une prise ». Le but, c’est d’éviter l’agression physique, ou qu’elle arrive le plus tard possible ; l’AD émotionnelle, qui permet que la peur, le choc ou la honte ne conditionnent pas notre réaction, « qui doit être un choix ». Et l’AD mentale  : Idaline relève que – d’accord ou pas – nous subissons une socialisation, faite de normes et de stéréotypes « qui vont nous empêcher de nous défendre, de prendre la parole ». http://loreleï.fr. Il n’y a que la solidarité qui maille J.C. Une poupée au crochet qui a du cachet. Normal, elle est à l’effigie de son propriétaire, souvent un enfant malade ou en situation de handicap. Derrière Maille Mini Moi, on trouve Rose, une créatrice orléanaise. Elle crochetait déjà des gens, mais plutôt des parents, pour pallier une longue absence auprès d’un petit, quand une amie, dont la fille souffrait d’un cancer, lui fait remarquer que les poupées en attente de cheveux lui évoquent les enfants en chimio. Le concept est simple  : pour concevoir des poupées destinées à des enfants entre 4 et 8 ans, vivant avec une pathologie lourde, un handicap ou un dysfonctionnement, Rose met à disposition de bénévoles un tutoriel gratuit. Les parents s’adressent à Rose, qui demande à son réseau de crocheter la poupée à l’effigie de l’enfant, à partir d’une photo, en insistant sur les vêtements, la coiffure, le doudou ou un appareillage médical propre au modèle. La bénévole s’engage à terminer et à envoyer, à ses frais, la poupée dans un délai de deux mois. Une centaine de poupées Mini Moi ont déjà été offertes. Avis aux aficionados du crochet ou aux parents, Rose est joignable via sa page Instagram (@mailleminimoi).nnIu CONDÉS Des cafés où il fait bon être joyeux. À Rennes, Paris et Bordeaux, quatre restaurants solidaires appelés Cafés joyeux emploient des personnes majoritairement atteintes de trisomie 21 ou de troubles autistiques. Le but ? Visibiliser le handicap, favoriser l’insertion, les produits de saison et la bonne humeur sur place, en click and collect ou en livraison. L’association sétoise Triq’o propose en téléchargement des dessins à colorier sur le thème du handicap et du handisport, pour sensibiliser dès le plus jeune âge. Vous pouvez générer votre coloriage avec Triqoloriage ou créer votre propre dessin en choisissant décor, objets et personnages sur asso-triqo.com/triqoloriage.



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