20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3676 de 17 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Olivier Véran, au sujet de la 5e vague de Covid-19 qui frappe la France actuellement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 NOVEMBRE 202 1 Le Covid-19 plombe les chances des jeunes Les jeunes demandeurs d’emploi en situation de handicap sont doublement vulnérables face à la crise économique et sanitaire J Salomée Tafforeau anvier 2020. Samy est en année de césure en Chine. Il achève un stage dans un grand groupe, après un double master en marketing entre l’université de finance et d’économie de Chengdu (Sichuan, Chine) et l’École de management de Strasbourg. Grâce à sa formation, il ne doute pas de trouver du travail à son retour en France  : « La situation économique était au beau fixe. Rien ne laissait présager ce qui allait nous tomber sur le coin de la figure. » S’il éprouve de l’appréhension, c’est quant à la possibilité de bénéficier d’aménagements adéquats dans sa future entreprise, car il est hémiplégique, « paralysé de tout un côté du En 2020, le chômage atteint 30% pour les jeunes en situation de handicap. corps ». Lorsque survient la pandémie de coronavirus, il est rapatrié et propulsé dans un marché du travail en pleine crise économique, aux côtés de 750 000 jeunes demandeurs d’emploi. Cette annéelà, le chômage atteint 20,2% chez les 15-24 ans (Insee). Le chiffre monte à 30% pour ceux en situation de handicap (APF France handicap). Une inégalité antérieure à la crise, ainsi que le souligne Pierre Mignonat, président de 100% Handinamique, association vouée à l’insertion Getty Images professionnelle des jeunes en situation de handicap. C’est en amont de la vie active que s’ancrent les différences de traitement entre les porteurs de handicap et les autres. « Peu d’entre eux envisagent d’effectuer des études dans le supérieur, regrette Valérie Viné Vallin, docteure en sciences de l’éducation et de la formation. Beaucoup vont s’inscrire en bac professionnel ou en CAP, sur les conseils de leurs professeurs. Lorsqu’on regarde les chiffres de l’Insee, le taux de chômage de cette tranche de diplôme est de 22%. Ces jeunes ont certes une qualification à l’issue de leurs études, mais parviennent-ils à s’insérer dans la société ? De surcroît, ces formations dites «plus faciles» correspondent-elles à ce qu’ils souhaitent être et devenir ? » Des « handicafés » par visioconférence Pour accompagner les jeunes en situation de handicap dans leur insertion professionnelle, des associations comme 100% Handinamique redoublent d’inventivité face aux difficultés posées par la crise sanitaire. « Avec la visioconférence, nous avons pu maintenir et étendre géographiquement nos «handicafés», des sessions de rencontres entre jeunes et employeurs », se réjouit le président de l’association. Grâce à cette initiative, Samy a décroché son premier CDD comme recruteur de talents chez Virginie Tauzin Le travail sur l’emploi des personnes handicapées ne commence pas au moment où elles signent un contrat  : « Cela doit être le terme d’une formation bien prise en charge », défend Véronique Bustreel, directrice, à l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), de l’innovation, l’évaluation et la stratégie. La loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018, qui porte sur la formation, l’apprentissage et l’assurancechômage, vise à sécuriser les parcours EMPLOI « Beaucoup vont s’inscrire en bac professionnel ou en CAP, sur les conseils de leurs professeurs. » Valérie Viné Vallin, docteur en sciences de l’éducation Accenture, un an après l’obtention de son diplôme. « La crise a compliqué mon entrée dans la vie active, mais, paradoxalement, elle m’a ouvert des portes. Comme je ne trouvais pas d’emploi après mon retour en France, j’ai fait un stage de six mois au secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées. Moi qui pensais suivre le parcours type d’un étudiant d’école de commerce, je me suis pris de passion Ça pousse pour l’apprentissage La crise de 2020 a accentué les inégalités d’insertion professsionnelle. StartupStockPhotos/Pixabay d’emploi. Et elle a bien intégré qu’il y avait encore fort à faire concernant ceux des personnes handicapées. « Des jeunes en particulier, ajoute Véronique Bustreel. L’accent a vraiment été mis sur l’apprentissage. » Jusqu’en 2019, 1,3% seulement des apprentis et alternants étaient porteurs d’un handicap. Depuis, 1000 CFA en France sont tenus de se mettre en conformité  : accessibilité des locaux et des postes de travail, mais aussi identification d’un référent handicap, dont le rôle est d’accompagner le jeune tout au long de son parcours. « Un tournant a été pris, selon Véronique Bustreel. La crise sanitaire a ralenti le processus, mais les effets ne tarderont pas à se faire sentir. » 2^ u pour les questions de diversité et les ressources humaines. » Un exemple à suivre pour les jeunes en situation de handicap, mais également pour les employeurs. « Nous avons besoin de témoignages de réussite, pour faire comprendre aux recruteurs que ces jeunes ont des capacités qu’ils pourraient mettre à profit dans leur entreprise », insiste le président de 100% Handinamique. À bon entendeur… Et en milieu scolaire ? L’insertion en milieu scolaire ordinaire des enfants handicapés se poursuit  : en septembre, 400 000 d’entre eux y ont fait leur rentrée, soit 20% de plus qu’en 2017. Un mois par superhéros. Douze fondatrices d’associations se sont regroupées pour fabriquer un calendrier 2022 de leurs enfants grimés en superhéros, les handihéros. Il servira à financer leurs soins (www.noshandiheros.fr).
2 JOUR ? ? MOIS 202 ? 2^ ilL Paurciubi le inonde er Viri9ue deseincs ? Nousuirnmes engages en reveur liempLal aies sourds I. a lanefie des signes n'ep.i. Flisjusto pouries sourds 1T1 Fioul iiD,.i.. L'hurnanite a aussi besoin de cette Lautie. Apprenez. la dès nuilatermÀ Paris et Strasbourg, un fast-food végan emploie des personnes sourdes. Sur place, c’est au client de s’adapter au handicap des salariés, et non l’inverse Lise Garnier C’est un restaurant pas comme les autres  : celui de l’inclusion sur tous les plans. Végan et employant des personnes sourdes, le projet est porté par Arthur Devillers depuis maintenant six ans. Ce jeune homme sourd d’origine congolaise s’est d’abord lancé dans la vente de bonbons végans, avant de développer Furahaa (www.furahaa.com), « joie » en swahili, un fast-food végan « pour que le maximum de personnes puissent y venir », commente-t-il. Implanté dans le DIALOGUER NOVEMBRE 202111 Restauration Végan et inclusif, la recette du succès Furahaa Dans le 2 e arrondissement de Paris, Furahaa emploie huit salariés. Sur les murs du restaurant, des affiches indiquent des signes de base pour que les clients communiquent avec eux. Victor Point 2 e arrondissement parisien depuis janvier 2020, le lieu compte aujourd’hui huit employés. Ici, « pour une fois, ce n’est pas aux personnes handicapées de s’adapter, mais aux entendants qui viennent commander à manger, ça change », constate Alison, une cliente végane de longue date. Elle confie aussi que cela lui « donne envie d’apprendre la langue des signes ». Pour le personnel également, ce lieu est synonyme de nouveauté, comme pour Lydia, 41 ans, qui travaillait auparavant chez Quick  : « C’était dur de se lever le matin, j’étais isolée toute la journée, j’étais la seule sourde… Mais, maintenant, je peux avoir une vraie relation avec mes collègues et avec les entendants. Ça fait du bien. » Face à elle, Hadrien, un architecte qui travaille dans le quartier et qui vient prendre à emporter deux fois par mois dans le fast-food  : « La nourriture est très bonne et, lorsque j’ai une question, je l’écris sur mon téléphone, c’est facile. » Pour Arthur Devillers, l’enjeu de son restaurant est à la fois de proposer du travail aux personnes sourdes tout en sensibilisant les clients à la langue des signes, afin « de créer un pont entre sourds et entendants ». Sur les murs du « Si j’ai une question, je l’écris sur mon téléphone, c’est facile. » Hadrien, un client restaurant, des affiches indiquent quelques signes de base pour pouvoir communiquer avec les employés. Sur le compte Instagram de l’enseigne, de courtes vidéos initient également les internautes à la langue des signes. Le jeune homme a fait de la lutte contre l’isolement des personnes handicapées son cheval de bataille. Et pour cela, il entend bien favoriser la polyvalence de ses employés, à l’image de Walid, qui travaille à Furahaa depuis quatre ans et qui forme les nouveaux arrivants  : « On passe de la cuisine à la caisse, à la réception des colis, on ne s’ennuie pas. » Bien évidemment, certains clients sont surpris en entrant, « mais, rapidement, ils comprennent et tout se passe toujours bien », explique Lydia. « Je suis en train de lancer ce concept sous forme de kiosque dépliable qui pourra s’exporter partout dans le monde, se réjouit le fondateur. Il est déjà en place dans la gare de Strasbourg, et nous voulons le développer ailleurs en France l’an prochain, avant, si tout va bien, de l’envoyer via des conteneurs à l’international. » Un projet qui va faire du bruit.



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