20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
20 Minutes France n°3676 17 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3676 de 17 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Olivier Véran, au sujet de la 5e vague de Covid-19 qui frappe la France actuellement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 NOVEMBRE 202 1 La couverture médiatique des Jeux paralympiques a été exceptionnelle en 2021. Un cap à maintenir en 2024 E Un match de basket aux Jeux paralympiques de Tokyo, le 5 septembre 2021. Y. Chiba/AFP À la télé pour muscler la visibilité Virginie Tauzin n décembre 2019, des dirigeants de médias audiovisuels signaient une charte garantissant plus de visibilité aux personnes handicapées sur leurs antennes. Ces engagements, qui veulent « donner la parole aux personnes handicapées pour parler d’autre chose que du handicap » ou encore « présenter le handicap de façon positive […], pas seulement compassionnelle », étaient une réaction au trop faible taux de représentation des personnes handicapées à l’écran et sur les ondes  : 0,7% (CSA 2018). Et depuis ? « En 2020, seulement 0,6% du total des individus indexés dans « Nos athlètes sont porteurs d’itinéraires de vie singuliers. » Jean Minier, du Comité paralympique l’audiovisuel est perçu comme en situation de handicap », note le nouveau baromètre de la représentation du CSA, qui précise que seuls les handicaps visibles (moteur, mental et psychique, visuel et auditif, nanisme, trisomie) sont comptabilisés. Nul doute que le chiffre à venir sur l’année 2021 devrait exploser les compteurs. À ÉGALITÉ Explication en deux mots  : Jeux paralympiques. La couverture exceptionnelle de ces Jeux (huit heures de direct par jour sur France Télévisions, un magazine quotidien sur L’Équipe TV), qui ont eu lieu du 24 août au 5 septembre 2021, à Tokyo (Japon), n’est pas pour déplaire à Jean Minier, chargé de mission au Comité paralympique français. Pour lui, les J.O. « sont une opportunité fantastique de montrer à quel point nos athlètes sont porteurs d’une parole, d’itinéraires de vie singuliers ». « On a l’impression de grandes avancées » Lui, les 54 médailles obtenues par la délégation française ont, estime-t-il, forcément accentué ce phénomène d’exposition. « Les médias français s’étaient Dans ce collectif, ils sont encore peu, mais comment pourrait-il en être autrement ? « Nous sommes déjà peu représentés dans ce milieu ! », s’époumone Julien Richard-Thomson, qui a fondé en 2019 le Syndicat des professionnels du cinéma en situation de handicap (SPCH). Malgré le syndrome dont il est atteint, Gilles de la Tourette, ou plutôt grâce à lui, il prend la parole dès que l’occasion se complètement ratés en 2012 à Londres. Il y a un effet de rattrapage et, depuis, dans les périodes de Jeux, on a l’impression de grandes avancées. » Une impression seulement, car les acteurs du sport paralympique regrettent que la cérémonie de clôture entraîne inlassablement la plongée dans l’anonymat de centaines d’athlètes handicapés, et du handicap tout court. « C’est le vide sidéral, réagit Jean Minier. Notre défi, maintenant, c’est d’arriver à maintenir cet intérêt des médias jusqu’à Paris 2024. Il faut que l’on continue de communiquer largement sur nos athlètes. » Appuyé par le mouvement international WeThe15, né durant ces Jeux et qui a vocation à faire savoir que le handicap est partagé par 15% de la population mondiale, le Comité paralympique est conscient que le sport à la télé peut faire beaucoup pour le handicap. « Si les Jeux peuvent améliorer la visibilité de tous les handicaps à l’écran, alors il faut le valoriser à fond », lance Jean Minier. Le baromètre du CSA 2022 en donnera une première tendance. présente, « pour dire qu’on existe, qu’agir pour la diversité dans le cinéma, ce n’est pas seulement intégrer les femmes ou les banlieues ». Hormis Jamel Debbouze, hormis Intouchables ou Le Huitième Jour, le cinéma est-il inclusif ? « Non, rétorque Julien Richard-Thomson. Pour qu’il le devienne, il faut sensibiliser ce milieu et obtenir des subventions afin que les tournages soient adaptés aux personnes handicapées, qu’elles soient intégrées dès le début des projets. » V.T. C U E_CONDES 2^ Philippe Croizon, premier parastronaute ? V.T. Il a emmené le handicap dans les eaux froides de la Manche, dans la poussière du Paris-Dakar, sur les plateaux de télé (« Le Magazine de la santé ») et, bientôt (il y travaille), dans l’espace. Philippe Croizon, premier parastronaute ? Alors que la Station spatiale internationale a lancé en mars sa campagne de recrutement ouverte aux personnes handicapées (atteintes de nanisme ou touchées aux membres inférieurs), les milliardaires américains promoteurs du tourisme spatial Elon Musk et Jared Isaacman ont inscrit Philippe Croizon sur leurs tablettes. « Salut Elon Musk, je suis un aventurier français sans bras ni jambes. Envoyez-moi dans l’espace pour montrer encore une fois que tout est possible », avait lancé sur Twitter, avec succès, le quadri-amputé de 52 ans. « Montrer que tout est possible », « transformer le handicap en force », « vaincre l’impossible » … Ces messages forts, que l’ancien ouvrier métallo, électrocuté en 1994, développe dans des livres et des conférences, il les applique en premier lieu à lui-même. Pour montrer la voie. A. Meunier/Sipa Un syndicat pour les pros du cinéma Le conservatoire de Montpellier aime Getty Images l’handi’art. Le nouveau conservatoire de Montpellier, appelé Cité des arts et inauguré le 2 octobre, s’est doté d’une salle handi’arts. Mais ce n’est pas tout  : ce lieu accessible a été baptisé du nom de Frida Kahlo, qui était atteinte de poliomyélite. Pour la présentation d’un programme jeunesse sur sa chaîne CBeebies, la BBC a fait un choix inclusif, donc forcément audacieux  : ce sera George Webster, un jeune acteur et danseur de 20 ans atteint de trisomie 21.
20 « On peut faire de grandes choses ! » Après une médaille d’argent aux Jeux paralympiques de Tokyo, Matéo Bohéas, champion mondial de tennis de table, vise 2024 et sensibilise au handisport Propos recueillis par Wassila Belhacine I l a encore le sourire à l’évocation de Tokyo. Et pour cause, Matéo Bohéas a récolté la prestigieuse médaille d’argent en individuel de tennis de table lors des Jeux paralympiques 2020. Originaire de Ligné (Loire-Atlantique), le joueur de 25 ans est dans le top 4 mondial des pongistes handisport. Né avec une malformation du pied et de la jambe, il milite en faveur d’un accès au sport inclusif. Quel est votre plus beau souvenir à Tokyo ? Je pense que c’est le quart de finale. À ce moment-là, je réalise que j’allais en demi-finale, et donc que je vais gagner une médaille. J’étais très heureux, c’était ma première médaille MISSION HANDICAP Club Medl ! Jobs NOUS RECRUTONS DES CANDIDATS EN SITUATION DE HANDICAP POUR INTÉGRER CLUB MED Ouvert sur le monde, Club Med est curieux des individus et sensible à leurs différences. Signataire de la Charte de la Diversité, Club Med s’engage pour la pluralité de ses équipes et pour l’égalité des chances. Tentez l’expérience ! Én:cchanging experlence 0 0 000 À ÉGALITÉ NOVEMBRE 2021 5 mondiale en simple et, qui plus est, aux Jeux olympiques, la compétition ultime pour un sportif ! Vous avez reçu la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale. Est-ce que vous considérez que le handisport obtient assez de moyens de l’État ? Je suis quelqu’un de positif, je me dis que ça ne fait que progresser au fil des Paralympiades. Il y a vingt ans, tout le monde s’en fichait, on avait très peu de médiatisation et de moyens. Entre 2012 et 2016, on a connu la retransmission des compétitions à la télévision et les moyens financiers que la Fédération nous alloue ont augmenté. Désormais, je peux vivre de mon sport. Il reste du chemin à faire, mais on va dans le bon sens. Avec Paris 2024, le phénomène va s’accentuer. Comment entretenir le soufflé médiatique né pendant les Jeux sur la question du handisport ? Avec mon équipe, on continue à faire de la sensibilisation au handicap auprès de différentes structures. On communique également beaucoup Matéo Bohéas, 25 ans, est dans le top 4 mondial des pongistes handisport. T. Nguyen/CPSF sur les réseaux sociaux. Avec Paris 2024, on monte le projet « équipe de France unifiée ». Les informations autour des compétitions et des sportifs olympiques et paralympiques sont sur les mêmes réseaux sociaux. À Tokyo, les compétitions paralympiques ont beaucoup intéressé. Il faut qu’on continue à surfer sur cet intérêt. Vous avez pour projet de devenir professeur d’EPS. Est-ce que vous avez un message à transmettre aux plus jeunes ? Je dis toujours qu’avec un handicap il y a des choses qu’on ne peut pas faire, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire ! J’ai vu des personnes sans bras ou en fauteuil roulant faire des choses incroyables dans leur discipline. Si un jour j’enseigne, j’aimerais pouvoir intégrer un peu d’handisport, avec des initiations, comme intégrer des fauteuils roulants pour faire du basket ou monter en escalade avec un seul bras. Pour apprendre aux élèves que, malgré un handicap, on peut faire des grandes choses ! Comment préparez-vous la suite ? Avez-vous des projets ? J’avoue que, depuis mon retour de Tokyo, je suis un peu en vacances (rires). Dès la semaine prochaine, je retourne à l’entraînement pour Paris 2024. On va essayer de ramener la médaille d’or, mais le n°1 mondial est un très grand concurrent. Je vais tenter de m’en rapprocher et pourquoi pas gagner !



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