20 Minutes France n°3616ES3 25 mar 2021
20 Minutes France n°3616ES3 25 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3616ES3 de 25 mar 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : covid-19, cash-cash avec le vaccin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ACTUALITÉ « On est la poussière sous le tapis » Covid-19 La déprogrammation des soins est un vrai cauchemar pour les patients concernés En France, 93 000 personnes sont mortes du coronavirus depuis le début de l’épidémie. Mais ce n’est que l’un des aspects mortifères de la situation sanitaire. En raison de la saturation des hôpitaux et de l’occupation massive des lits de réanimation, la pandémie entraîne le report de nombreuses opérations pour d’autres maladies, afin de rabattre les capacités des hôpitaux sur cette seule épidémie. Des déprogrammations déjà entreprises lors de la première et de la seconde vague. « Sous prétexte qu’on ne va pas mourir tout de suite, on se fiche bien de notre sort. » Camille Techniquement, « ce sont les opérations les moins urgentes qui sont déprogrammées les premières », rassure le docteur Jérôme Marty, président du syndicat Union française pour une médecine libre. Mais à force de voir le coronavirus saturer toujours plus les hôpitaux, « on finit fatalement par déprogrammer des opérations de plus en plus importantes ». La météo en France s P.Lopez/AFP I n men ? rurr.n.fOraméldo V’là le doux printemps, on espère pour longtemps Avec l’arrivée d’un front atténué, quelques gouttes s’observent de la Bretagne au Cotentin, tandis que le ciel se voile à l’avant. Le soleil est cependant bien présent sur le reste du pays. Le temps se radoucit partout. L’impression est printanière. Prévisions ultra détaillées I -rv-wER-AppLis mettet LAC H AMRI ETEO. COM 2 Jeudi 25 mars 2021 Près de 80% des soins hors coronavirus vont être déprogrammés en Ile-de-France, afin de récupérer des lits. Pour les personnes concernées, un sentiment d’abandon domine. « On est les grands oubliés de l’épidémie, déplore Camille*, 63 ans et atteint d’un cancer. Aujourd’hui, dans la cinquième puissance mondiale, on ne peut pas soigner tout le monde, et on met des gens de côté. » Elle dit comprendre le calcul  : les malades du coronavirus en réanimation mourront assurément sans prise en charge, tandis que, pour elle, il y a un espoir, même en cas de report de l’opération. Il n’empêche, elle redoute un énième report, après ceux de la première et de la seconde vague  : « Il y a un pari fait sur notre santé pour soigner celle des autres, plus urgentes. Je veux bien essayer de le comprendre, mais ça reste inacceptable et inadmissible. » La peur envahit la séxagénaire de plus en plus  : « La nuit, je cauchemarde sur mes tumeurs qui augmentent et se développent, elles qui auraient dû être traitées dès avril 2020 et ne l’ont été qu’en juin. Résultat, métastases deux mois plus tard. On devient fous à penser à tout ce temps perdu sur la maladie. » En plus des soins, c’est un abandon politique et médiatique que ressentent ces patients. « On est la poussière cachée sous le tapis, souffle Camille. Sous prétexte qu’on ne va pas mourir de suite, on se fiche bien de notre sort. » Elle s’interroge  : pourquoi ne La troisième vague s’accompagne d’un rajeunissement des patients Réanimation Depuis quelques jours, l’épidémie de Covid- 19 accélère et les chiffres ne cessent d’augmenter en services de réanimation. A l’orée de cette troisième vague, qui pèse très lourd sur les hôpitaux français, nombre de médecins notent un rajeunissement des patients en réa. « Dans la situation actuelle, l’épidémie a un visage un peu différent, avec des patients plus jeunes dans les services de réanimation », note le P r Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP). Alors que les 60-75 ans occupaient ces unités lors de la première vague, depuis le 16 juillet, cette moyenne a baissé  : la tranche d’âge des 50-60 ans représente désormais 53% des patients. pas mettre le nombre d’opérations annulées ou reportées dans les bilans de Santé publique France, pourquoi si peu de politiques mentionnent cette problématique, pourquoi une telle inconsidération ? Impossible aujourd’hui de mesurer pleinement la catastrophe sanitaire de ces déprogrammations, tant leur nombre comme leurs conséquences sont difficiles à estimer – a fortiori avec la troisième vague qui va encore les multiplier. Pour Jérôme Marty, « on en mesura la portée que dans plusieurs années, avec un fort ressentiment à ce moment-là ». Jean-Loup Delmas *Le prénom a été changé Et ce « glissement » s’accélère ces dernières semaines. « En octobre, l’âge médian des patients était aux alentours de 65 ans, rappelle-t-il. Il est actuellement de 60 ans. » Et les plus jeunes ne sont pas épargnés  : « Si on prend les cinq derniers jours, la tranche des 20-40 ans représente 10% des patients en réanimation au niveau national. » Pourquoi un tel changement ? Outre l’augmentation du nombre de cas, l’autre explication, selon le P r Annane, se trouve dans l’apparition du variant britannique « qui représente plus de 90% des formes graves en Ile-de-France. Très clairement, il entraîne une forme plus sévère que la forme originelle. Elle va provoquer davantage de formes symptomatiques graves, y compris chez les sujets jeunes. » Lucie Bras
ACTUALITÉ Le vaccin, un juteux business Covid-19 Derrière des stratégies différentes, les laboratoires visent tous un profit Avec son vaccin contre le Covid-19, Pfizer va bénéficier d’une injection de cash. En février, le groupe américain a annoncé que, pour son seul produit, il prévoyait de réaliser en 2021 un chiffre d’affaires de 12,6 milliards d’euros, et un bénéfice avant impôt d’environ 3,4 milliards d’euros. « Le vaccin anti-Covid va rapporter énormément d’argent aux laboratoires pharmaceutiques », souligne Nathalie Coutinet, économiste de la santé et enseignante-chercheuse à l’université Paris-13. Deux tendances se dégagent. D’un côté, le suédo-britannique AstraZeneca et l’américain Johnson & Johnson (qui produit le vaccin Janssen) assurent ne pas faire de profit à court terme avec la pandémie. Les deux groupes ont répété qu’ils produisaient des doses « à prix coûtant ». De l’autre, les américains Pfizer et Moderna assument un profit immédiat. A l’été 2020, le PDG de Pfizer, Albert Bourla, jugeait que l’idée de ne pas faire de bénéfice était « radicale et fanatique ». S’il évoquait un profit « marginal » pour son groupe grâce au vaccin, une note d’un analyste américain estimait, pour sa part, la marge entre 60 et 80%. Ces deux stratégies se reflètent partiellement dans les prix. Dans l’Union européenne, Moderna et Pfizer vendent leurs doses le plus cher. Des bénéfices attendus Pour justifier leurs tarifs, ces deux groupes rappellent que leur vaccin à ARN messager est une innovation. Pfizer et Moderna seraient-ils les méchants, face aux « chevaliers blancs » AstraZeneca et Janssen ? La réalité est plus complexe. « Si les stratégies Faut-il lever les brevets pour produire plus de doses ? Plusieurs ONG plaident pour que le système de brevets protégeant les vaccins soit assoupli, afin d’accélérer la production. D’autant que « certains Etats ont largement financé la recherche des labos sur les vaccins anti-Covid », rappelle la chercheuse Nathalie Coutinet. Baptisée « pas de profits avec la pandémie », une pétition a l’ambition de forcer la Commission européenne à se pencher sur le sujet. En face, les laboratoires avancent l’argument selon lequel la fin des brevets mettrait à mal l’innovation. Le boom du télétravail a bouleversé la vie de nombreux salariés. D. Cole/AP/Sipa (illustration)L. Venance/AFP (illustration) n Tous les labos font fluctuer leurs tarifs en fonction de la demande. des labos peuvent être différentes du point de vue de la technologie utilisée ou de la communication, ils ont en revanche la même stratégie économique », juge Quentin Ravelli, chargé de recherche au CNRS. A savoir  : gagner de l’argent. Ainsi, tous les labos n’hésitent pas à faire fluctuer leurs tarifs en fonction des clients et de leurs demandes (nombre de doses, délais…). « AstraZeneca peut s’ouvrir des marchés avec des remises ou des prix coûtants, poursuit le chercheur. Mais la masse de consommateurs potentiels est telle que cela va permettre une profitabilité très élevée. De plus, il n’y a pas obligation de transparence sur les coûts de production. » En octobre, le Financial Times a publié un document montrant qu’AstraZeneca prévoyait d’augmenter ses prix dès juillet 2021, considérant que la pandémie serait alors « terminée ». Quant à Johnson & Johnson, distribuer un vaccin à prix coûtant est l’occasion d’améliorer une image de marque un peu ternie. Nicolas Raffin Six jeunes salariés sur dix en état de détresse psychologique Selon le baromètre d’Empreinte humaine (cabinet spécialiste en prévention des risques psychosociaux) réalisé par OpinionWay*, 45% des salariés sont en détresse psychologique. Plus grave, « le taux de dépression nécessitant un accompagnement chez les salariés explose ». « Il passe à 36% [+15 pts par rapport à décembre 2020]. La crise sanitaire devient une crise du travail », constate Christophe Nguyen, président d’Empreinte humaine. Les jeunes sont affectés, avec 62% des moins de 29 ans en détresse psychologique (dont 39% en risque de dépression). « Ils aiment travailler en tribu, éprouvent un fort besoin de sociabilisation, qui est contrarié avec le travail à distance, décrit Sandrine Lévy-Amon, psychologue au cabinet Stimulus. Le fait qu’ils vivent en liberté conditionnelle le reste du temps est difficile à supporter. » Autres catégories fragilisées  : les femmes, à 53% en détresse psychologique, et les manageurs (48%). Delphine Bancaud *Enquête en ligne, du 1er au 12 mars, auprès d’un échantillon de 2 004 salariés représentatif et constitué selon la méthode des quotas. 3 Jeudi 25 mars 2021 Angela Merkel demande pardon Covid-19 Le durcissement des règles sanitaires à Pâques était critiqué de toutes parts  : la chancelière allemande, Angela Merkel, a reconnu mercredi une « erreur » personnelle et demandé « pardon » d’avoir tenté d’imposer ces fermetures aux commerces et offices religieux. Après un sommet anti-Covid chaotique lundi soir, puis une journée de réactions politiques assassines, la chancelière s’est livrée à un mea culpa sans ambiguïté  : « Une erreur doit être reconnue comme telle et, surtout, elle doit être corrigée », a déclaré Angela Merkel dans une allocution solennelle convoquée au pied levé mercredi. « Cette erreur est uniquement la mienne », a admis la chancelière.Devant les députés, la dirigeante allemande a réitéré ses excuses, tout en assurant avoir la pleine confiance de son gouvernement. La troisième vague épidémique vire au chemin de croix pour la chancelière, à six mois des élections qui marqueront la fin de ses seize années au pouvoir. Mercredi, un sondage pour NTV a donné le camp conservateur à 26%, contre une dizaine de points en plus en début d’année. La CDU-CSU est talonnée par les Verts, crédités de 22%.nnru secondes De nouvelles restrictions. Les départements de l’Aube, de la Nièvre et du Rhône s’ajoutent aux seize soumis depuis samedi à des mesures de « freinage » contre le Covid-19. Par ailleurs, les rassemblements de plus de six personnes en extérieur ont été interdits sur tout le territoire. Ouverture de la vaccination aux plus de 70 ans. Il faut vacciner « matin, midi et soir ». En visite à Valenciennes (Nord), Emmanuel Macron a demandé d’augmenter la cadence sur les injections, en élargissant la cible à tous les plus de 70 ans à partir de samedi, et en avril aux enseignants. Roselyne Bachelot hospitalisée. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, 74 ans, a été hospitalisée dans un « état stable » qui « n’inspire pas d’inquiétudes », a assuré son entourage. Elle avait annoncé samedi, sur Twitter, avoir été testée positive au Covid-19. Hospitalisée lundi, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a, de son côté, annoncé sa sortie de l’hôpital.



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