20 Minutes France n°3611ES4 5 mar 2021
20 Minutes France n°3611ES4 5 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3611ES4 de 5 mar 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : enfoirés de Covid.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ACTUALITÉ Par ricochet, les enfants des survivants des camps de concentration ont subi les souffrances vécues par leurs parents pendant la Shoah. Danièle Laufer, dont la mère est une rescapée de Bergen-Belsen, le raconte avec subtilité dans Venir après (éd. du Faubourg), paru jeudi. Pour cet ouvrage, elle a aussi recueilli les témoignages d’une vingtaine de femmes et d’hommes nés de survivants des camps. Etre enfant de déporté, c’est d’abord avoir été mis au monde par des parents qui ont voulu « se donner une chance de reconstruire une vie normale », écrivez-vous. Ce poids initial a-t-il été lourd à porter ? Oui, et je crois que tous les enfants dont les parents ont vécu une tragédie éprouvent ce sentiment  : ils sont là pour réparer. Ils ont aussi l’impression qu’ils ne peuvent pas décevoir leurs parents, car ils ne peuvent pas leur infliger une douleur de plus. Dans plusieurs des témoignages que vous avez recueillis, les parents n’ont pas voulu parler de cette tragédie à leurs enfants. Etait-ce pour les protéger ou pour tenter de mettre l’horreur à distance ? Les deux. En n’en parlant pas, ils espéraient sans doute aussi que ces souvenirs finiraient par s’estomper. Nous sommes d’ailleurs nombreux à avoir découvert tard que nous étions juifs, La météo en France 7  : 7 1E1 -e- 9 6 14 7- 15 t4 14 6 TO 6 7 comme si nos parents ne voulaient pas nous « plomber » avec ça. Vous décrivez des parents souvent exigeants et froids car ils ont « gelé leurs émotions ». Quelles carences affectives cela a-t-il engendrées chez leurs enfants ? Un manque de sécurité intérieure, des angoisses et une énorme demande d’amour. Certains parents n’ont pas été capables d’aimer réellement leurs enfants. Parce que, pour survivre dans les camps, ils avaient été obligés de tenir leurs affects à distance. Vous écrivez d’ailleurs que ces parents ne pouvaient pas protéger leurs enfants de leurs angoisses. D’où le recours de beaucoup d’entre eux à la psychanalyse ? La psychanalyse a permis à nombre d’entre nous de mettre des mots sur nos angoisses, de les comprendre afin de les tenir éloignées. Ça nous a sauvé la vie. Comment se construit-on avec un parent qui est continuellement traversé par la souffrance ? La tragédie vécue par nos parents nous a à la fois détruits et construits. Winter is coming back Un vent de nord-est froid souffle sur la moitié nord, tandis que de belles éclaircies se développent dans le nord et l’ouest du pays. Les nombreux nuages, du Centre à l’Est, finissent par laisser passer des éclaircies. Un ciel variable s’établit du Sud-Ouest à la Méditerranée. Prévisions ultra détaillées TV-WEEI-APPLIS LACHAINEMETEO.COM Beaucoup d’entre nous se sont servis de cette fragilité initiale pour en faire une force, pour apprendre à s’affirmer et s’accomplir dans différents domaines. De mon côté, enfant, je me suis souvent réfugiée chez des familles d’adoption pour aller respirer et trouver la chaleur ainsi que l’affection dont j’avais besoin. Sarah, que vous avez interviewée, déclare  : « On est coupables d’exister. » Comment expliquez-vous la transmission de cette culpabilité ? Nous avons la culpabilité chevillée au corps, car nous avons conscience que nous aurions pu ne jamais naître. Ce 2 Vendredi 5 mars 2021 « La culpabilité chevillée au corps » Enfants de déportés Dans un livre, Danièle Laufer, dont la mère a survécu à la Shoah, raconte la transmission de ce trauma collectif « Nous avons conscience que nous aurions pu ne jamais naître. » I. Julien-Laferrière Danièle Laufer a aussi recueilli une vingtaine de témoignages pour Venir après. sentiment d’illégitimité, difficilement explicable, est très partagé par les enfants de déportés. Vous écrivez que la mort des parents a souvent été un déclic pour exercer le devoir de mémoire. Leurs enfants se sentent-ils investis d’une mission ? Oui. Ceux qui ont réussi à se dégager de leur souffrance familiale se sont souvent engagés. Sans doute parce qu’elle les a rendus plus sensibles à l’injustice. Et comme on ne peut pas échapper totalement à cette histoire familiale, autant la porter. Propos recueillis par Delphine Bancaud Edouard Balladur relaxé, François Léotard condamné à du sursis Affaire Karachi Il aura fallu attendre plus d’un quart de siècle. La Cour de justice de la République (CJR) a rendu sa décision jeudi et relaxé Edouard Balladur. En revanche, François Léotard a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 € d’amende. La CJR se prononçait sur des accusations de financement occulte visant l’ancien Premier ministre et son ex-ministre de la Défense, dans un volet de l’affaire Karachi. « Je prends acte avec satisfaction de la décision de la Cour de justice de la République, qui reconnaît enfin mon innocence », a déclaré Edouard Balladur, cité dans un communiqué transmis par ses avocats. « J’ai honte pour la justice française et ses dérives dangereuses, a, de son côté, réagi François Léotard. Je défendrai toujours la liberté de la décision politique. » L’accusation avait requis un an de prison avec sursis et 50 000 € d’amende à l’encontre d’Edouard Balladur, jugé à 91 ans pour complicité et recel d’abus de biens sociaux. Une peine de deux ans de prison avec sursis et 100 000 € d’amende avait été demandée contre François Léotard, 78 ans, poursuivi pour complicité. Malgré la « gravité des faits », le ministère public a demandé à la Cour de prendre en compte le temps écoulé et l’âge des prévenus. Les arrêts de la CJR ne sont pas susceptibles d’appel. François Léotard a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation. Vidéo L’affaire Karachi, c’est quoi ?
ACTUALITÉ De nouvelles restrictions 3 Vendredi 5 mars 2021 L’exercice d’équilibrisme de l’exécutif Covid-19 Les annonces de Jean Castex, jeudi, confirment que la stratégie locale reste la règle Temporiser, encore un peu. Depuis la décision de ne pas reconfiner le pays, fin janvier, l’exécutif maintient ce cap. Ainsi, même si le gouvernement avait placé 20 départements en « surveillance renforcée » la semaine dernière – ils sont désormais 23 –, Emmanuel Macron a choisi de ne pas les confiner le weekend, à l’exception du Pas-de-Calais (lire ci-dessous), comme l’a confirmé le Premier ministre, Jean Castex jeudi soir. « Il faut donner des perspectives, car il y a une vraie fatigue des Français. » Une source élyséenne L’exécutif prête une grande attention à l’acceptabilité des mesures. « Il faut donner des perspectives, car il y a une vraie fatigue des Français », reconnaît une source à l’Elysée. C’est ce qu’a esquissé Emmanuel Macron en répondant à un jeune homme qu’il fallait encore tenir « quatre à six semaines », lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis mardi. « L’exercice n’est pas simple, reconnaît-on à Matignon. Il ne faut pas que l’absence d’annonces concernant certains départements soit perçue comme un « go » pour du relâchement. » Jean Castex a d’ailleurs annoncé jeudi de nouvelles restrictions dans Le département du Pas-de-Calais (ici Arras) va être confiné dès samedi. A. Jocard/AFP/Pool D. Charlet/AFP Le Premier ministre, Jean Castex (à g.), et le ministre de la Santé, Olivier Véran, jeudi lors d’une conférence de presse. les départements sous surveillance (lire ci-contre). L’importance de ne pas relâcher les efforts devrait donc être répétée au cours des prochaines semaines. L’exécutif estime néanmoins que le fait de placer des départements sous surveillance a un impact sur les comportements des habitants. Mais cette stratégie ne convainc pas entièrement l’opposition. Le député du Nord Fabien Roussel, n o 1 du PC, a déploré jeudi sur BFMTV un manque de « lisibilité » nationale de la politique du gouvernement, estimant qu’« on n’y comprend rien ». Au RN, Gilles Pennelle plaide pour une « territorialisation des mesures » dans les deux sens. « Dans les départements où le virus ne circule que très faiblement, pourquoi ne pas aller vers plus de libertés ? Quelle est l’utilité du couvre-feu en Bretagne ? », s’interroge le membre du bureau national, tête de liste RN pour les régionales en Bretagne. A l’Elysée comme à Matignon, on estime en tout cas que ne pas reconfiner le pays fin janvier était « un bon choix ». « Il n’y a pas eu de troisième vague dévastatrice que certains scientifiques annonçaient », souligne une source à l’Elysée. Un choix qui permet de rendre plus simple l’acceptation de reconfinements localisés le week-end, selon l’exécutif. Laure Cometti, avec Thibaut Le Gal Pas de répit pour le Pas-de-Calais Ils sont désormais 23. Les Hautes- Alpes, l’Aisne et l’Aube rejoignent les 20 territoires déjà placés en vigilance renforcée, a annoncé Jean Castex, jeudi. Mais ni l’Ile-de-France, ni les Bouches-du-Rhône ne seront confinés le week-end. Ce sera en revanche le cas du Pas-de-Calais, dès samedi. Pourquoi cette décision ? « Il y a eu une concertation avec les élus des départements concernés, et on a aussi pris en compte le taux d’incidence local et la pression hospitalière », explique Matignon, alors que 3 637 malades se trouvaient en réanimation mercredi, le niveau le plus élevé depuis fin novembre. Certains soignants ne comprennent pas le choix d’éviter un confinement. « On voit aujourd’hui une territorialisation de la réponse qui se heurte à des considérations politiques, regrette Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg. Avec ce « deux poids, deux mesures », on risque un problème d’adhésion de la population. » « Le gouvernement choisit des réponses proportionnées à la réalité de l’épidémie, territorialisées, ce qu’on demandait depuis longtemps », nuance Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France. Il appelle toutefois le gouvernement à se montrer réactif  : « Si les chiffres continuent d’augmenter, on n’aura pas d’autre choix que de prendre des mesures plus restrictives. » Oihana Gabriel Vidéo Confinement le week-end dans le Pas-de-Calais Huit jours après l’annonce de la mise en « surveillance renforcée » de territoires particulièrement touchés par l’épidémie de Covid-19, le gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles mesures de restriction. Dans les 23 départements « à risque », les grands centres commerciaux et grandes surfaces non alimentaires de plus de 10 000 m², et plus seulement ceux de plus de 20 000 m², seront fermés à partir de vendredi soir minuit, a indiqué Jean Castex. Par ailleurs, l’obligation du port du masque sera étendue à toutes les zones urbaines où elle ne s’applique pas encore. Les préfets seront invités à interdire ou réglementer l’accès de certains sites très fréquentés pendant les week-ends. Vaccination en pharmacie Autre volet de mesures annoncées  : le gouvernement souhaite accélérer fortement la campagne de vaccination, notamment dans les 23 départements prioritaires, grâce à une forte augmentation des livraisons de doses. D’autre part, après les généralistes, les pharmaciens vont être autorisés à administrer le vaccin AstraZeneca « à compter de la semaine du 15 mars » pour « les personnes ayant plus de 50 ans et présentant une comorbidité », a annoncé le Premier ministre. Jean Castex a ajouté que les personnes de 50 à 74 ans n’ayant « pas de pathologie particulière » pourront se faire vacciner « à compter de mi-avril ». Claire Planchard

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