20 Minutes France n°3610ES9 19 fév 2021
20 Minutes France n°3610ES9 19 fév 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3610ES9 de 19 fév 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : violences sexuelles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
ACTUALITÉ « Une pollution ancienne » Océans Bioacousticien, Michel André explique le problème causé par les nuisances sonores Depuis trente ans, Michel André, directeur du Laboratoire de bioacoustique appliquée de l’université polytechnique de Catalogne, écoute les mers et océans. Le programme Lido (Listen to the Deep Ocean), qu’il coordonne, a permis d’installer 150 capteurs acoustiques sous-marins. A partir de celui-ci, le bioacousticien se penche en particulier sur la façon dont la pollution sonore des activités humaines affecte la biodiversité marine. A commencer par les baleines, dont la journée internationale est célébrée ce vendredi. Les mers et océans ne sont pas aussi silencieux qu’on ne le croit… Le milieu marin n’a jamais été un monde du silence. Depuis que la Terre existe, il est traversé de sons et de bruits. Ils proviennent déjà des processus physiques naturels. Les tremblements de terre, les vagues, la pluie… Puis sont arrivés les organismes marins. Dans les mers et les océans, il n’y a pas de lumière, sauf très près de la surface. Dès lors, le seul moyen pour ces organismes de communiquer passe par les sons et les bruits… Ces codes acoustiques, d’une diversité incroyable, régissent toute la vie des océans. Mais notre oreille n’est pas faite pour entendre sous l’eau, si bien qu’ils nous échappent. Les bruits que génèrent les activités humaines tendent-ils de plus en plus à couvrir ces sons naturels ? Des Texans patientent pour aller chercher du bois, mercredi. J. Forwood LM Otero/AP/Sipa Le bioacousticien Michel André, à l’écoute des pôles, ici en Antarctique. Cette pollution sonore est aussi ancienne que la pollution plastique ou les marées noires. Toutes sont apparues il y a un peu plus d’un siècle, lorsque nous avons commencé à exploiter la mer de façon industrielle. Mais parce qu’invisible et pratiquement inaudible, la pollution sonore est restée longtemps ignorée alors que c’est autant un fléau pour les mers et océans. Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que nous sommes capables de la mesurer. Ces bruits sont déjà ceux des moteurs des bateaux. Mais ce sont aussi les charges acoustiques qu’utilise la prospection gazière et pétrolière, les manœuvres militaires ou encore la construction de parcs éoliens en mer. Cette pollution sonore impactet-elle surtout les baleines ? Nous le pensions au regard de l’importance des signaux acoustiques que les cétacés s’échangent pour communiquer, s’orienter, se reproduire, chercher leurs proies… L’idée était même d’étudier la sensibilité de toutes les espèces de cétacés à cette pollution, pour définir des seuils de tolérance. Mais, plus nous avançons dans nos recherches, plus nous nous rendons compte que d’autres animaux souffrent, sans doute plus encore, de ces nuisances. C’est le cas des invertébrés marins, qui regroupent des milliers d’espèces comme les crustacés, céphalopodes, méduses, coraux. Propos recueillis par Fabrice Pouliquen Les énergies renouvelables, coupables idéales d’élus républicains Etats-Unis Après les chutes de neige, des millions de Texans ont été privés d’électricité ces derniers jours. Les élus républicains, comme le gouverneur de l’Etat, Greg Abbott, ont pointé la seule responsabilité des énergies éolienne et solaire. Mais, en réalité, plusieurs facteurs sont à l’origine de ces problèmes  : une forte demande, qui dépassait le calcul des pics prévus pour cet hiver, couplée à des problèmes d’approvisionnement en gaz naturel, mais aussi de fonctionnement des éoliennes et panneaux solaires. « Il semble qu’une grande partie de la production qui a été mise hors service soit principalement due à des problèmes sur le réseau de gaz naturel », a toutefois précisé, mardi, Dan Woodfin, un haut responsable chez Ercot, le régulateur d’énergie texan. Dans une note publiée mardi, le département d’Etat américain à l’énergie soulignait, lui aussi, que de « fortes demandes » sur le réseau électrique, des « températures basses » qui ont provoqué le « gel » de gaz naturel ainsi que du « givre » sur des éoliennes ont impacté le réseau. Mathilde Cousin 4 Vendredi 19 février 2021 Des aides pour les populations rurales Crise Le Fida, agence de l’ONU spécialiste de l’aide aux petits agriculteurs des pays en développement, s’est engagé jeudi à investir 3,8 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) sur trois ans pour venir en aide aux populations rurales pauvres du monde, notamment affectées par la crise sanitaire. Il s’agit d’un « objectif de financement record », s’est réjouie l’institution internationale dans un communiqué. Cet objectif a été approuvé par 177 pays, lors d’un conseil des gouverneurs qui se tient chaque année. Cette enveloppe, qui s’inscrit dans le cadre d’un programme de prêts et de dons, touchera environ 140 millions de personnes dans les régions les plus fragiles et les plus reculées du monde sur une période de trois ans (2022- 2024). Lors du précédent programme (2019-2021), le financement était de 3,4 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros). Cet argent devrait notamment permettre à ces populations de faire face « aux retombées socio-économiques dévastatrices du Covid-19 et des changements climatiques », explique le communiqué.nnru secondes Européens et Américains appellent l’Iran à respecter l’accord nucléaire. Les chefs de la diplomatie française, britannique, allemande et américaine ont mis en garde l’Iran contre une décision « dangereuse » de limiter les inspections internationales, comme le prévoit Téhéran. Ils l’invitent à respecter les termes de l’accord nucléaire de 2015, selon un communiqué conjoint. Le président algérien dissout le Parlement. Le président algérien, Abdemadjid Tebboune, a dissous l’Assemblée nationale et a appelé à des élections législatives anticipées, jeudi soir, dans un discours à la Nation très attendu. Il a aussi gracié des dizaines de détenus du mouvement de contestation Hirak. La vaste réforme de l’immigration de Biden devant le Congrès. Les démocrates ont présenté, jeudi au Congrès américain, l’ambitieux projet de réforme de l’immigration soutenu par Joe Biden, qui ouvre la voie à la naturalisation de 11 millions d’immigrants en situation irrégulière.
I. Harsin/Sipa pour « 20 Minutes » 20 MINUTES AVEC Edouard Durand, juge des enfants Le 23 janvier, le magistrat Edouard Durand a été nommé coprésident de la commission sur l’inceste et les violences sexuelles. Sur son bureau, d’épais dossiers sont alignés les uns à côté des autres. Depuis le 23 janvier et sa nomination à la tête de la commission « inceste », le juge des enfants au tribunal de Bobigny, Edouard Durand, doit jongler avec sa nouvelle casquette. Pour lever le tabou sur ce phénomène destructeur, le magistrat appelle à « voir » et « entendre » la violence subie par les victimes. A quoi doit servir la commission sur l’inceste que vous coprésidez avec Nathalie Mathieu ? La colonne vertébrale de « Il y a une très forte attente de la part des victimes. » cette commission, c’est d’organiser un espace pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles et d’inceste. Il y a une très forte attente de leur part. Ce qui est nouveau, c’est que cette aspiration a reçu un écho important dans la société. L’autre devoir, pour la commission, c’est que ce recueil de la parole permette de renforcer la culture de la protection des enfants. Notre mandat doit durer deux ans, avec des objectifs à court, moyen et long termes. Chaque jour compte. Quel type d’actions comptez-vous mener ? Cela peut passer par la mise en place de vastes modalités d’écoute, par l’organisation de rencontres entre les victimes qui le souhaitent avec les membres de la commission. Mais révéler ce qu’elles ont subi peut être très éprouvant. Il est donc de notre responsabilité de leur offrir un accompagnement social, juridique ou psychologique. Nous souhaitons aussi organiser des séminaires sur le territoire national, y compris en outre-mer. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour qu’une telle initiative voie le jour ? La protection des enfants s’est construite progressivement. La conscience que la maison pouvait être le lieu du danger, et non le lieu de la protection, a mis du temps à advenir. Pendant longtemps, la protection de l’enfance n’a concerné que les enfants orphelins et vagabonds, c’està-dire ceux en dehors de la maison familiale. Mais, quand on parle d’inceste, on parle encore d’un tabou. Parce qu’il est plus commode de ne pas voir cette violence de l’intime. Il n’y a pas si longtemps que ça, on regardait de haut les victimes d’inceste. Qu’est-ce qui a changé ? Ce qui a changé, c’est la prise de conscience de l’extrême violence de ces faits, et l’impact qu’ils ont sur le bien-être et le développement des enfants. Nous le devons à l’apport des connaissances sur le psychotraumatisme. Aujourd’hui, on ne peut plus s’autoriser à dire  : « Ce n’est pas si grave. » Dans votre ouvrage Violences sexuelles, en finir avec l’impunité (Dunod), vous jugez que les victimes de ces violences restent confrontées à un système qui « assure encore l’impunité des agresseurs » … Il n’y a qu’à comparer l’écart entre les chiffres très importants des violences sexuelles et les condamnations des agresseurs. Nous savons que les violences sexuelles, comme les violences 5 Vendredi 19 février 2021 « Quand on parle d’inceste, on parle encore d’un tabou » « Les dépôts de plainte restent très inférieurs à la réalité. » Justice Chaque vendredi, un témoin commente un phénomène de société Le contexte Conscient de l’attente de la société sur cette question devenue politique depuis la publication de l’ouvrage de Camille Kouchner, La Familia grande (Seuil), Edouard Durand affiche une solide détermination  : « C’est une lecture qui m’a beaucoup impressionné. » conjugales, font l’objet d’une double sous-révélation. Les dépôts de plainte restent très inférieurs à la réalité, massive, du phénomène. A l’inverse, le nombre de classements sans suite de ces plaintes reste très important. Et l’autre sous-révélation, c’est celle du récit des victimes, qui disent toujours moins que l’horreur du réel éprouvé. Il faut absolument parvenir à réduire cet écart pour donner confiance aux victimes et pour rendre justice. Le gouvernement s’est dit favorable à la création d’une « prescription échelonnée » pour les victimes mineures de violences sexuelles. Quelle est votre position à ce sujet ? Ceux qui s’opposent à une évolution du droit de la prescription sont aussi ceux qui disent  : « Les réseaux sociaux ne doivent pas devenir un tribunal médiatique. » C’est un peu paradoxal ! La prescription glissante ou échelonnée pourrait réduire certaines incohérences. Aujourd’hui, des procès se tiennent encore avec des victimes pour qui les faits sont prescrits, et d’autres pour qui ce n’est pas le cas, alors qu’il y a un même agresseur. Il est légitime, à mon sens, de remettre de la cohérence. Propos recueillis par Hélène Sergent

1 2-3 4-5 6-7 8-9 10


Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :