20 Minutes France n°3607 29 jan 2021
20 Minutes France n°3607 29 jan 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3607 de 29 jan 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Lala &ce prend la place.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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V. Hache/AFP ACTUALITÉ Les factures de chauffage et d’électricité des salariés augmentent avec la démocratisation du télétravail. « Mon employeur refuse de mettre la main à la poche » Entreprise « 20 Minutes » a recueilli les témoignages de lecteurs sur leurs frais liés au télétravail Depuis mars 2020, de gré ou de force, le télétravail est peu à peu devenu la norme dans de nombreuses entreprises, en raison de l’épidémie de Covid-19. Pour beaucoup de salariés obligés de rester à la maison, ce bouleversement a été synonyme de nouvelles dépenses  : table ou fauteuil, cartouches d’encre et papier, chauffage… Et, bien souvent, cette augmentation des frais est à la charge exclusive des salariés, comme le montrent les témoig nages reçus par 20 Minutes. « Mon employeur refuse de mettre la main à la poche, écrit Alice. Pour être Les pharmaciens veulent prendre part à la vaccination Covid-19 Ils sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire. Aujourd’hui, ils veulent participer au grand défi actuel  : la vaccination. Jeudi, la présidente de l’ordre des pharmaciens, Carine Wolf-Thal, présentait ses vœux à la presse. L’occasion d’en remettre une couche  : les pharmaciens sont prêts à vacciner si les autorités donnent leur feu vert. « Nous n’attendons que ça, et la population en télétravail, nous avons même été dans l’obligation de signer un avenant où nous devions renoncer à être remboursés. » « J’ai besoin de travailler avec plusieurs écrans et, évidemment, avec l’hiver, je dois mettre le chauffage, explique Solène, cartographe. Tout ça a fait grimper la facture, mais mon employeur n’a pas aimé qu’on le questionne sur la prise en charge des frais. » Quelques salariés s’en sortent un peu mieux. Souvent, il s’agit de personnes employées dans de grands groupes. Sandrine explique par exemple que Thales « prend en charge le remboursement des frais Internet sur présentation d’une facture jusqu’à un montant de 38  €  ». Flou juridique Ce qui frappe dans ces témoignages, c’est l’extrême diversité des pratiques des entreprises. L’explication est également, a assuré la présidente de l’ordre. Si les centres de vaccination ont montré leur capacité à vacciner rapidement, il y a quand même des trous dans la raquette. Même 1000 centres de vaccination, ce n’est pas comparable avec ce que pourraient faire les 22 000 officines partout en France. » Selon Carine Wolf-Thal, la Haute Autorité de santé devrait publier de nouvelles recommandations dès la simple  : il y a un flou juridique. Avant 2017, l’article 1222-10 du Code du travail précisait que « l’employeur [était] tenu à l’égard du salarié en télétravail (…) de prendre en charge tous les coûts découlant directement de l’exercice du télétravail ». Mais les ordonnances Macron sont passées par là et ont supprimé cette disposition. De nombreux employeurs s’appuient sur cette évolution législative pour refuser d’ouvrir leur porte- monnaie. Mais ils n’ont pas forcément raison, prévient Nicolas Perrault, ancien bâtonnier du barreau de Versailles  : « L’employeur doit fournir les outils de travail au salarié afin que celui-ci puisse accomplir sa tâche. Cela signifie également que l’employeur doit rembourser au salarié les frais qu’il a engagés dans le cadre de son travail. Peu importe que l’on soit ou non dans une période exceptionnelle. » Nicolas Raffin semaine prochaine, qui préciseront si les pharmacies peuvent ou non accueillir les vaccinations. Le gouvernement prévoit que 2,5 millions de personnes seront vaccinées fin février, a annoncé jeudi soir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Un chiffre très inférieur aux « 4 millions fin février » de personnes vaccinées prévus par le ministre de la Santé, Olivier Véran, le 21 janvier. Oihana Gabriel B. Guay/AFP 6 Vendredi 29 janvier 2021 Les finances des étudiants rabotées en 2020 Economie Depuis le début de la crise sanitaire, les étudiants ont plus de difficultés à boucler leurs fins de mois. Un phénomène que mesure clairement l’enquête 2020 de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), parue jeudi. Réalisée auprès de 80 000 étudiants entre le 12 mars et le 25 mai 2020, elle montre que 36% de ceux qui travaillaient alors ont perdu leur activité. Des jobs de vendeur ou de serveur qui n’ont plus été possibles. Un trou énorme dans leurs finances, puisqu’ils ont perdu 274  € en moyenne par mois, sachant que le revenu mensuel moyen d’un étudiant était de 919  € en 2020. Mais tous n’ont pas été pénalisés de la même manière  : « Les étudiants les plus âgés et les étrangers ont été les plus affectés, car 57% des plus de 26 ans ont ainsi déclaré avoir rencontré des difficultés financières lors du premier confinement, constate Monique Ronzeau, présidente de l’OVE. Un chiffre qui monte à 70% pour les étudiants étrangers. » Et beaucoup d’entre eux n’ont pas retrouvé de travail depuis. Delphine Bancaudnnc 11u secondes Débat et vote à venir au Parlement sur des mesures de restriction. Les nouvelles mesures attendues pour freiner l’épidémie du Covid-19 feront l’objet d’un débat et d’un vote à l’Assemblée et au Sénat la semaine prochaine, selon des responsables ayant participé jeudi à des réunions avec le Premier ministre, Jean Castex (photo). Emmanuel Macron pourrait d’abord annoncer ces mesures ce week-end ou lundi. Eiffage mis en examen pour homicides involontaires. Le groupe de BTP Eiffage a été mis en examen pour homicides involontaires, dans le cadre de l’enquête sur l’accident d’un autocar scolaire en 2016 à Rochefort (Charente-Maritime), a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Le flanc de l’autocar avait été cisaillé par la ridelle ouverte d’un camion parti d’un entrepôt Eiffage, tuant six adolescents.
S. Salom-Gomis/Sipa pour « 20 Minutes » 20 MINUTES AVEC Raymond Domenech, entraîneur du FC Nantes Au bout de quelques minutes d’entretien, il a fini par lâcher cette phrase avec un sourire dont il ne s’est jamais départi  : « Peut-être que je fais une erreur à parler de moi comme ça… » Pour 20 Minutes, Raymond Domenech (69 ans), entraîneur du FC Nantes depuis un mois, a accepté pendant près de quarante minutes de jouer le jeu. Celui de ne pas parler du tout de foot, mais de lui. De l’homme qui à la fois divise, agace et fascine. Avez-vous le sentiment d’être un incompris ? Je ne me pose pas ce genre de questions. On ne peut jamais empêcher les gens de penser des choses. Moi, j’ai l’impression d’être à ma place, d’être cohérent. Contrairement à ce que les gens pensent, je ne fais rien pour provoquer, pour justifier quelque chose ou pour prouver quelque chose. Mais je comprends qu’on puisse penser ça… Vous dites souvent que vous êtes populaire. Est-ce vraiment le cas ? Personne ne m’a jamais arrêté pour me dire  : « T’es un gros con ! » A Nanterre, le premier mois où je suis arrivé, il y avait toujours des jeunes qui sonnaient à notre porte et qui partaient en courant. Cela a duré trois ou quatre jours. Et un jour, j’ai attendu derrière la porte. Quand ils ont sonné, j’ai ouvert. Ils ont été surpris. Je leur ai dit que j’avais des enfants très jeunes qui dormaient. On a discuté une bonne demi-heure. Ils ne l’ont plus jamais refait. Je les connais tous maintenant et on se dit bonjour. Je n’ai pas de souci avec les gens. Je fais mes courses, je vais au ciné – enfin, quand on pouvait. Je ne sais pas si c’est être populaire, mais c’est être normal, simplement. Et votre côté provocateur… De l’amusement. Je ne provoque pas les gens. En septembre 2008, avant une rencontre des Bleus, vous entrez dans la salle de presse et vous déclarez que vous sentez l’odeur du sang. C’est de la provocation, non ? C’est vraiment ce que j’ai ressenti quand je suis entré dans la pièce. Mais quelques secondes avant d’entrer, je ne savais pas que j’allais parler de ça. Sincèrement. Je n’étais pas là pour ça. C’était avant France-Serbie, il fallait absolument gagner pour rester dans la course à la qualification. La salle était pleine et j’ai vraiment senti cette odeur… Les gens prennent souvent ce que je dis pour de la provocation. Je dis juste ce que je pense et ce que je sens, mais jamais dans le but de provoquer. Vous aimez vous amuser de certaines situations. Quand vous demandez la main d’Estelle Denis [sa compagne] en 2008, c’est de l’amusement ? Ne confondez pas l’amour et l’amu sement. Avant cette phrase, j’ai fait plus d’un quart d’heure où j’ai fait le bilan du match. Ça, on l’oublie. A la fin, le journaliste me demande  : « Et maintenant, qu’est-ce que vous allez faire ? » Et j’ai dit ce que je ressentais. Ce n’était pas de la provoc. On revient à votre première question sur l’incompris. Si vous saviez le nombre de personnes – et surtout des femmes – qui m’ont dit  : « Qu’est-ce que c’était beau ? » Comme quoi, hein. Le microcosme du foot a trouvé que c’était de la provoc, de la protection… Tous les gens qui n’ont vu que le côté sentiment m’ont dit que c’était beau. 7 Vendredi 29 janvier 2021 L’ancien sélectionneur de l’équipe de France de football, aujourd’hui à la tête du FC Nantes, laisse le ballon de côté et revient sur sa personnalité clivante. « J’ai l’impression d’être à ma place, cohérent. » « Personne ne m’a jamais arrêté pour me dire  : ‘‘ T’es un gros con ! » » « Nous, les entraîneurs, on est habitués à souffrir. » Football Chaque vendredi, un témoin commente un phénomène de société Avez-vous eu besoin de vous reconstruire après ce que vous avez vécu en Afrique du Sud au Mondial 2010 ? Cela avait été violent… Ce n’est pas pour moi que ça a été le plus violent. C’est pour Estelle et les enfants, et plutôt les plus âgés. J’ai deux enfants qui ont plus de 30 ans, 40 ans même pour l’une aujourd’hui, et pour eux, ça a été très dur. Et pour mon entourage aussi. Ma mère, quand elle a lu le titre de L’Equipe [« Va te faire enculer, sale fils de pute »] , oui, ça a été dur. De se dire  : « Je suis responsable de tout ça, de ce qu’ils vivent ! » Après, je ne le suis pas, car ce sont les conséquences de ce qu’il y a autour. Mais c’est par mon intermédiaire qu’il arrive ça sur les gens qu’on aime. Et eux souffrent. Nous, on est habitués à ça, les entraîneurs… C’est cette carapace que vous avez qui vous permet d’être Le contexte Tant d’années après avoir quitté l’équipe de France, et vingtsept ans sans avoir entraîné un club, Raymond Domenech a été nommé coach du FC Nantes depuis fin décembre. S’il aime jouer avec son image dans les médias, il en paie aussi le prix. insensible à ça ? J’aime bien l’histoire de la grenouille qu’on plonge dans l’eau. Vous prenez une grenouille, vous faites bouillir de l’eau, vous la jetez dans l’eau, elle meurt directement. En revanche, vous la mettez dans l’eau froide, vous faites bouillir l’eau tout doucement, elle va s’habituer à la chaleur et vivre beaucoup plus longtemps. C’est comme nous, les entraîneurs. Moi, je vis ça depuis l’âge de 19 ans. Déjà joueur, on a vécu cette pression. Propos recueillis par David Phelippeau, à Nantes



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