20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3578 de 16 nov 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : natalité, pas toujours un jeu d'enfant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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EN SOCIÉTÉ Un sprinteur lancé dans les disques Musique Depuis un an, Timothée Adolphe rappe son handicap et vise un album « Après les blessures, j’ai compris que la musique était mon équilibre. » Timothée Adolphe « Porter le maillot de l’équipe de France et faire des sons qui ambiancent ». Tels sont les buts de la vie de Timothée Adolphe. Pour ce qui est du premier objectif, il est pour le moins atteint. L’athlète déficient visuel est actuellement champion du monde du 400 met vice-champion du monde du 100m. Il détient également le record du monde du 60 m ainsi que ceux d’Europe du 100 et 200m. Concernant le second objectif, le rêve a mis un peu plus de temps à se réaliser. « J’écris depuis tout petit, je suis passé des poèmes aux slams, raconte Timothée Adolphe. En 2009, j’étais dans un groupe avec lequel on devait sortir un album, mais deux membres sont partis. Alors, j’ai décidé de partir en solo. A ce jour, j’ai déjà enregistré une soixantaine de titres. » Mais si Timothée est productif en studio [il y enregistre des morceaux depuis 2005], il l’est beaucoup moins sur le plan de la communication. Ses créations restent confidentielles. Entre 2016 et 2018, il met de côté la musique pour se concentrer sur le sport. Une période noire pour le Le Calaisien vise les prochains Jeux paralympiques d’hiver. V. Point S. Benabdelhadi Le détenteur du record du monde du 60 m veut, par le rap et l’humour, rompre avec les a priori sur le handicap. « Guépard blanc » qui enchaîne les coups durs et les disqualifications. « Après les blessures, j’ai compris que la musique, c’était mon équilibre. » La machine se met alors en route. De ces déceptions sportives est sorti, l’an passé, son premier titre, Olympe. Timothée rappe sur ce parcours semé d’embûches durant lequel il n’a jamais baissé les bras. Rapidement arrivent les morceaux Kouwi ti blanc et La Banane. Dans ce dernier, il raconte sans détour comment, petit, il a progressivement perdu la vue. « J’ai été stigmatisé, discriminé, mais j’en ai fait un moteur et j’ai transformé mon handicap en une force de caractère ». Et toujours avec la banane. Le sportif a encore deux morceaux à boucler pour sortir son premier EP de huit titres, dans les prochains jours. Un avant-goût de son album, qui devrait sortir après les Jeux olympiques de Tokyo. Et ses projets artistiques ne s’arrêtent pas là. « Par le rap, on peut transmettre certaines choses, mais par l’humour, c’est encore plus efficace, surtout sur un sujet comme le handicap, qui souffre d’a priori. » Timothée travaille donc en parallèle sur un one-man-show de 1 h 15 qu’il espère pouvoir bientôt présenter. Il planche aussi sur un jeu de course sur mobile et PC. Quelle que soit la piste, le Guépard est toujours à fond. Marie de Fournas Une nouvelle prothèse ferait bien les Jeux de Samih Benabdelhadi Objectif  : participer aux prochains Jeux paralympiques d’hiver. Lorsque Samih Benabdelhadi perd sa jambe droite en 2012 dans un accident de BMX, il est loin d’imaginer qu’il participera un jour aux JO. Et pourtant, un an et demi plus tard, le Calaisien monte pour la première fois sur un snowboard. « Ça a été une thérapie, se souvient-il. Rider, pister des rouges, des noires sans limites, je me suis senti revivre. » Aujourd’hui, le n°2 français de la discipline vise les Jeux paralympiques d’hiver en 2022. Un appel aux dons lancé Pour mettre toutes les chances de son côté, il a reporté sa formation d’infirmier, déménagé près de la station de Serre-Chevalier et a investi dans une planche. Mais il y a une ombre au tableau  : il ne possède pas sa propre prothèse de snow. « Mon prothésiste m’en prête une, que je partage avec cinq autres patients, et je n’y ai pas toujours accès », regrette-t-il. La prothèse coûte 10 500 € et n’est pas remboursée. Avec son salaire d’intérimaire aide-soignant, Samih, 23 ans, n’a pas les moyens. Il lance aujourd’hui un appel aux dons et espère récolter l’argent d’ici l’ouverture de la saison, en décembre. Pour l’aider, rendez-vous sur la cagnotte GoFundMe, « Financement de ma prothèse de ski et snowboard ». M. de F. 18 Novembre 2020 « Redwane ! » garde le rythme des podcasts L’aventure avait commencé sans embûche. En novembre 2019, Redwane Telha lance le podcast « Cours, Redwane, cours ! », dans lequel le journaliste raconte sa préparation au prochain marathon de Paris. Un journal intime dans lequel il se confie sur son hémiplégie, une mauvaise communication entre son cerveau et la partie droite de son corps. Nouveau nom, autre concept Mais son élan est stoppé net avec le confinement. Découragement, entraînement solo, prise de poids… Pour couronner le tout, la plateforme Nouvelles Ecoutes cesse de le produire, faute de budget. Pour Redwane Telha, ce podcast est une thérapie, un moyen de s’approprier son handicap, de l’assumer. Par ailleurs, il reçoit beaucoup de soutiens, notamment de parents d’enfants hémiplégiques. Après mûre réflexion, l’animateur radio décide de continuer, seul, avec « Redwane ! » Dans ce nouveau podcast, le journaliste va « aller à la rencontre d’autres personnes avec un handicap  : des athlètes, mais aussi des gens qui ne font pas de sport et n’envisagent pas d’accepter leur handicap par le dépassement de soi. » Depuis le 2 octobre, les premiers épisodes de « Redwane » sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute. Courez-y ! M. de F.
EN SOCIÉTÉ Enfants Sur les réseaux sociaux, Carole Deschamps raconte la vie de son fils atteint de trisomie 21 « Un message à faire passer. » Carole Deschamps est la mère de Marcel, atteint de trisomie 21, et Basile. Sur Facebook et Instagram, elle raconte sa vie de famille et a publié un livretémoignage, L’Extraordinaire Marcel (éd. Flammarion). Dorothée Caratini élève seule ses deux filles, dont l’une est aveugle. D. Caratini Un confinement entre « chouettes moments » et « découragement » Comme pour beaucoup de parents, le premier confinement, décidé en mars, a été pour Dorothée Caratini « une douche froide ». « Mais je cumule quelques difficultés », précise-t-elle. Cette mère, qui élève seule ses deux filles de 5 et 2 ans (et qui est active sur Twitter, @ DoLetsDance), a aussi dû assumer le handicap de l’aînée, Abigaëlle, née aveugle. « Il y a eu des moments de découragement où je me sentais isolée, témoigne Dorothée Caratini. Abigaëlle joue assez peu seule, et elle a beau très bien connaître l’appartement, elle appelle toutes les deux minutes parce qu’elle ne trouve pas ses affaires. Et, contrairement à d’autres parents, je ne pouvais pas recourir à l’option télévision pour souffler un peu ! », rit-elle. Alors, Dorothée fait de son mieux, en respectant le rythme de ses deux enfants et en leur proposant chaque jour de quoi nourrir leur imaginaire. C’est que cette maman a de la ressource  : « Nous sortions dans le jardin de notre résidence et nous nous servions du balcon où elles ont fait de la patouille avec du sable et de l’eau. » Elle évoque également tous ces « chouettes moments », les goûters virtuels avec les copains, les séances de musicothérapie d’Abigaëlle par visioconférence et toutes leurs inventions. « Et j’ai tellement de matériel et de jouets qu’on est prêtes pour la suite ! ». V.T. 19 Novembre 2020 « Nous sommes une famille ordinaire » Avant d’avoir vos enfants, étiez-vous déjà instagrameuse ? Absolument pas ! Au contraire, nous trouvions ridicule le fait de raconter sa vie sur les réseaux. Maintenant que je suis maman, je suis comme tout le monde, j’ai envie de les montrer parce qu’ils sont beaux. Mais nous avons surtout un message à faire passer. Avec ce compte [@myfriendscallmecarlo], l’idée est de montrer comment la vie s’organise avec un enfant trisomique, que nous sommes une famille ordinaire. « Le fait de mettre des visages sur nos histoires est hyper important. » Une famille ordinaire avec un enfant extraordinaire ? Exactement. Nous racontons le quotidien de Marcel (à la première personne, car c’est lui que je fais parler), avec tout ce que cela contient de difficile aussi. Nous sommes desC. Deschamps « L’idée est de montrer comment la vie s’organise avec un enfant trisomique », raconte la mère de Marcel (à g.) et Basile. parents normaux, parfois épuisés, énervés. Tous les moments ne sont pas roses, je ne vais pas mentir. Je me bats d’ailleurs contre les photos parfaites et les filtres. Le besoin de partager vos moments avec lui est-il né instantanément ? Dès la naissance de Marcel, nous nous sommes demandé comment communiquer. Quand j’ai créé la page Facebook, Marcel avait 4 mois. C’était pour le 21 mars, Journée de la trisomie 21, une journée au cours de laquelle on arbore des chaussettes dépareillées pour montrer la différence. L’engouement a été tel qu’on a gardé la page et ouvert le compte Instagram. Il y a cinq ans, nous étions peu nombreux à faire cela, mais, aujourd’hui, il y a des dizaines de comptes comme le nôtre. Est-ce le signe que le sujet est aujourd’hui abordé plus facilement ? Ça évolue petit à petit, mais c’est tout frais. En septembre, la diffusion [sur M6] du téléfilm Apprendre à t’aimer, qui a été visionné des millions de fois, y a aussi contribué. Le fait de mettre des visages sur nos histoires, sur ces enfants, est hyper important. C’est aussi pour cela que j’ai voulu témoigner de notre expérience dans L’Extraordinaire Marcel. Recevez-vous de nombreux messages ? Sur Instagram, c’est énorme. J’ai déjà dû supprimer les messages des storys parce qu’on en recevait près de 500 par jour et que je ne pouvais pas gérer ce flux. Ceux qui nous écrivent nous interrogent sur des choses concrètes relatives à la trisomie. D’autres nous remercient, car ce que l’on raconte les rassure. Certains ont des enfants atteints d’autres handicaps et se demandent comment surmonter cela. Comment va Marcel, aujourd’hui ? Très bien. Il fête ses 5 ans ce moisci et est en grande section de maternelle, avec l’aide d’une AESH [accompagnant d’élèves en situation de handicap] douze heures par semaine. La trisomie 21 est un syndrome bien pris en charge, avec peu d’inconnues. C’est un peu la Rolls-Royce du handicap ! Propos recueillis par Virginie Tauzin De l’information pour tous Développée par la Caisse des dépôts et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, la très attendue plateforme Mon parcours handicap* a été lancée en mai. Celle-ci permet de condenser toutes les informations relatives au parcours de vie de la personne depuis l’annonce de son handicap (études, santé, logement, parentalité, retraite…). L’application personnalisée permet notamment d’accéder à des informations liées aux aides, à l’emploi et à la formation professionnelle. Elle sera étoffée régulièrement jusqu’à son parachèvement, prévu en 2022. * www.monparcourshandicap.gouv.fr



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