20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3578 de 16 nov 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : natalité, pas toujours un jeu d'enfant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UN LEVIER D’ÉGALITÉ Le télétravail, ils ne valident pas Emploi L’adoption progressive du télétravail par les entreprises n’a pas que des avantages pour les salariés en situation de handicap Des habitudes chamboulées. L’instauration du confinement en mars a bousculé le rythme de vie des Français en banalisant le télétravail. Près d’un quart de la population (24%) l’a pratiqué régulièrement pendant le confinement, selon un baromètre Odoxa paru en avril, et un Français sur sept continuait de le pratiquer en septembre. Chez les personnes en situation de handicap, ce travail à distance a permis de gérer plus facilement un quotidien difficile, mais a aussi créé des inquiétudes pour ce public à la situation professionnelle plus fragile. Pour Catherine Pioud, le télétravail a « Certaines personnes ont pu se sentir vulnérables. » Véronique Bustreel, directrice stratégie de l’Agefiph surtout marqué la fin des trajets en tram, alors qu’elle se rendait au bureau en transports en commun dans son fauteuil roulant. Ce changement d’organisation a été l’occasion de souffler. « J’étais beaucoup moins fatiguée », reconnaît cette adjointe administrative. Quant aux malades chroniques, ce nouveau Le monde d’après sera-t-il plus inclusif qu’aujourd’hui ? Contre toute attente, les personnes en situation de handicap ont été moins touchées par la crise économique causée par le Covid-19 que le « tout public ». Une note datée de juin de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) précise que le nombre de demandeurs d’emploi a même « diminué de 3% au niveau national ». Mais ce chiffre serait un trompe-l’œil, selon Carole Salères, conseillère nationale travail, emploi, formation et ressources pour APF France handicap. « On remarque une ancienneté d’inscription bien supérieure pour ces travailleurs en situation de handicap hsyncoban/Getty Images Travailler en distanciel peut ajouter de l’isolement. rythme leur a aussi facilité la vie. « Ça permet de mieux gérer temps de travail et soins », confirme Véronique Bustreel, directrice stratégie à l’Agefiph, association d’insertion professionnelle des personnes handicapées. Pourtant, le tableau n’est pas complètement rose. Pour Olivier Malecki, malvoyant, le confinement a marqué un coup d’arrêt. Salarié dans une entreprise de communication, il ne disposait pas des logiciels nécessaires pour travailler chez lui et, contrairement à ses collègues valides, il a été mis en congé pendant un mois et demi. « Ça a été dur », reconnaît-il. Aujourd’hui, il peut de nouveau exercer sa profession [59% sont au chômage depuis plus d’un an, contre 48% pour l’ensemble des demandeurs], tempère-t-elle. Pour eux, on peut imaginer que la situation ne va pas s’arranger. » en partie à distance en utilisant un ordinateur portable fourni par l’entreprise. Malgré les réunions en visioconférence, le travail à la maison a provoqué un sentiment d’isolement chez de nombreux salariés. « Certaines personnes handicapées savent qu’elles sont dans une situation professionnelle fragile, ajoute Véronique Bustreel. Elles ont pu se sentir vulnérables. » Aujourd’hui, Olivier se félicite d’avoir retrouvé son entreprise, mais espère garder un jour de télétravail par semaine. « Ça me permet de m’organiser différemment et de m’occuper de ma fille », préciset-il. Le vœu de beaucoup de salariés, en somme. Juliette Desmonceaux Cette vulnérabilité professionnelle pose la question de leur inclusion au sein des entreprises. Pour celles parfois réticentes à embaucher ces travailleurs pour des raisons d’organisation, le télétravail, l’une des tendances des derniers mois, peut-il changer la donne ? « Il y aura des opportunités, mais ça doit être bien fait, prévient Hugues Defoy, directeur du pôle métier de l’Agefiph. Il faut s’intéresser à la question du poste de travail ainsi qu’à la dimension psychologique. » Attention à ne pas en faire « l’alpha et l’oméga », prévient aussi Carole Salères, qui développe  : « Il ne faut pas exclure ou stigmatiser une personne en lui demandant de rester chez elle car cela semble plus simple. » A. M. Tatyana Antusenok/Getty Images 10 Novembre 2020 Le chiffre  : 65% Moins de deux tiers (65%) des personnes en situation de handicap sont favorables au télétravail, contre 85% dans la population générale. C’est ce qu’a dévoilé une étude de l’Ifop, en partenariat avec l’Agefiph, conduite au mois de septembre auprès de 3 028 personnes en situation de handicap. Une différence liée au sentiment d’isolement et à une crainte accrue de perdre son emploi chez les personnes non valides.nnCu secondes Une banque pour les PH. Belle initiative que HandSome, une solution bancaire française pensée pour les personnes en situation de handicap. Son ambition  : proposer une offre plus accessible et plus sûre, capable de protéger par exemple les malvoyants d’erreurs ou d’arnaques lors des paiements par carte bancaire. Lancement en 2021. Andy Cap’tain à la rescousse. Alléger la charge des parents d’enfants en situation de handicap. Avec d’Andycaptain.fr, un couple de Caen s’est fixé pour objectif de les aider à s’organiser, s’informer, se rencontrer, souffler... Une appli mobile est prévue l’an prochain.
UN LEVIER D’ÉGALITÉ Après la caravane, il réinvente la roue Concept Cet ingénieur a créé une roue électrique à fixer sur les fauteuils roulants. Elle soulage les accompagnateurs de personnes à mobilité réduite Etre ensemble, et ce peu importe la distance. Tel est le rêve d’Eric Beau. Un rêve qu’il a concrétisé en 2019, avec son premier prototype de roue électrique. Le principe est simple  : « L’aidant monte sur la roue qui se fixe au fauteuil roulant et le transforme en tricycle motorisé », décrit son inventeur, déjà lauréat du grand prix du concours Lépine en 2017 pour son concept de caravane extensible. « L’appareil peut aussi être utilisé pour des personnes âgées. » Eric Beau, ingénieur Son nouveau dispositif était à l’origine destiné à son fils, handicapé et non autonome. « Il ne peut pas se déplacer seul en fauteuil et, en vacances, les loueurs n’ont pas de vélos adaptés. On devait se promener à pied et le pousser, se souvient Eric Beau. C’était fatigant et les balades étaient courtes. J’ai conçu cette roue pour aller plus loin. » Son invention se fixe à tous types de fauteuils « en moins de dix minutes et elle rentre parfaitement dans le coffre d’une voiture ». L’engin de 20 kg, devenu tricycle, dispose d’une autonomie de 70 km et peut parcourir les chemins de forêt et autres sentiers à une vitesse pouvant atteindre les 10 km/h. Grâce à un guidon fixé au dos du fauteuil, l’accompagnateur freine et accélère à sa guise. Après avoir breveté son invention, Eric Beau entend faire homologuer sa roue électrique « pour demander une prise en charge par la Sécurité sociale ». Aujourd’hui, un tel dispositif coûte 3 900 € , « mais si je le commercialise en quantité, le Decathlon agit depuis 20 ans pourfavoriser l’emploides personnes et étudiants en situation de handicap. Nous avons plus de 700 coéquipiers en situationdehandicap et recrutonschaqueannée de nouveaux coéquipiers. Nous accompagnons tous nos coéquipiers et prenons en considération leur handicap pour qu’ils puissent êtreépanouis et évoluer au travail. Chez Decathlon,le handicap asaplace. Beauer prix de vente baissera », informe-t-il. Et l’ingénieur semble bien parti puisqu’il dispose déjà de la main-d’œuvre et de l’équipement nécessaire à la production  : « J’ai créé en 2012 la société Beauer pour vendre des caravanes extensibles. Je peux donc profiter de mon entreprise, basée à Cholet [Maine-et-Loire], pour fabriquer l’objet. » Au profit du plus grand nombre Eric Beau ajoute  : « Je veux que mon produit reste français. C’est le cas de la structure, seule la roue électrique est importée de Chine, car il n’existe pas de fabricant en Europe. » Après avoir constaté l’enthousiasme de son fils, 11 Novembre 2020 Le dispositif coûte 3 900 € , mais son concepteur veut réduire le prix de vente. l’inventeur a voulu mettre ses compétences au profit du plus grand nombre. Même si son produit est destiné avant tout aux personnes dépendantes à mobilité réduite, il « peut aussi être utilisé pour des personnes âgées ». Eric Beau a également un autre exemple en tête  : « Je me souviens d’une femme dont le mari, non autonome, pesait 100 kg, et elle, seulement 50. Sans la roue, elle ne pouvait pas le pousser. Cet équipement lui a changé la vie. » Prochaine étape  : adapter la roue électrique à la neige grâce à des chaînes. « Les tests commenceront sûrement cet hiver », confie l’inventeur. Lise Garnier POUR CHACUN NOUS SOMMES CONVAINCUS CHEZ DECATHLON, QUE C’EST LA MIXITÉ DE NOS COÉQUIPIERS, LEURS DIFFÉRENCES, LEURS COMPLÉMENTARITÉS QUI SONT NOS ATOUTS ET LES BASES DE NOTRE ADN. recrutement.decathlon.com



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