20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3578 de 16 nov 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : natalité, pas toujours un jeu d'enfant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UN LEVIER D’ÉGALITÉ La tête et les jambes (de l’exosquelette) Innovation Thibault Couturier, tétraplégique, a pu marcher et bouger par la pensée « On a demandé à Thibault d’imaginer marcher comme avant son accident. » Guillaume Charvet, membre de l’équipe Clinatec Un pas après l’autre, et recommencer. Des gestes simples que Thibault Couturier, 31 ans, ne pouvait plus réaliser depuis une grave chute qui l’a rendu tétraplégique, en 2015. Aujourd’hui, il réussit la prouesse de marcher et de bouger ses bras grâce à un exosquelette qu’il dirige par la pensée. Une première mondiale réalisée dès 2019 avec les équipes de Clinatec, un centre de recherche biomédicale du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Grenoble. Après de longs mois passés dans les hôpitaux lyonnais, Thibault découvre le projet d’exosquelette de Clinatec. Une chance qu’il ne laisse pas passer. « J’ai commencé à faire des recherches sur les études et les innovations en rapport à la tétraplégie, se rappelle le jeune homme. C’était hallucinant car, d’habitude, ces projets sont aux Etats-Unis. Celui-ci était à Grenoble, à une heure de chez moi ! » L’aventure pouvait donc commencer. Le mouvement des bras a demandé deux ans de travail. Environ quatre mois de tests furent nécessaires avant une opération indispensable pour la suite, car l’exosquelette ne fonctionne pas tout seul. Guillaume Charvet, en charge de la gestion du projet Brain computer interface (BCI) de Clinatec, explique le dispositif  : « L’idée est de capter l’activité électrique cérébrale via un implant installé à la surface du cortex. » Pas moins de 64 électrodes analysent l’activité cérébrale créée par la volonté du patient de se déplacer, de bouger. « Ces données sont envoyées à un ordinateur, spécialisé dans l’apprentissage automatique, et placé dans le Plus d’autonomie, plus de solidarité et plus d’entraide grâce aux applis Téléphonie Près de neuf personnes déficientes visuelles (aveugle et malvoyante) sur dix utilisent un lecteur d’écran sur leur smartphone, rapporte une étude de 2018 menée par Fédération des aveugles de France (FAF). « Ne pas se sentir brimé » « De plus en plus d’entreprises et de start-up développent des applications qui aident sur tous types de handicap », confirme Adeline Carrié. Pour la fondatrice de l’association Le comptoir des solutions, « il existe deux catégories d’applications  : celles qui augmentent l’autonomie des personnes et celles qui permettent de l’entraide et de la solidarité. » Ainsi, l’application Rogervoice offre un service de traduction en langue J. Treillet/Clinatec Des processeurs sont placés dans le dos du mécanisme. des signes française (LSF) et en langue française parlée complétée (LPC) via des interprètes et des codeurs. « La personne peut taper son message et une voix oralise ce qui est écrit de l’autre côté, ou l’inverse, détaille Adeline Carrié. Cela permet à son utilisateur de ne pas se sentir brimé par son handicap. » D’autres applications comme Lpliz ou BeMyEye « sont de véritables réseaux de solidarité. Elles permettent aux personnes de créer du lien, mais aussi de rester en contact avec leur entourage, de signaler rapidement et facilement lorsqu’il y a un problème. » Des outils qui s’adaptent à tous, mais pour Adeline Carrié, il faut aller encore plus loin, et tendre vers « une conception universelle des outils. » A.C.-D. dos de l’exosquelette. L’intelligence artificielle traduit les activités cérébrales en prédiction de mouvements telles qu’imaginées par le patient afin de commander les mouvements directement à l’exosquelette. » Pour contrôler le mécanisme, « Thibault a dû s’entraîner à réaliser des tâches mentales. On lui a demandé d’imaginer marcher comme avant son accident. Un mois après son implantation, on a pu faire les premiers essais. » Deux ans d’exercices, à raison de trois séances hebdomadaires en simulateur à domicile et de multiples Un chariot adapté met un employé de la SNCF sur une meilleure voie Mobilité Faciliter et sécuriser le travail d’une personne en fauteuil. L’entreprise Electroman, spécialisée dans l’importation de matériel de manutention exclusivement électrique, a reçu une demande pas comme les autres de la SNCF. La société de transport lui a commandé un chariot électrique adapté pour une personne en situation de handicap. « Avant, l’employé en fauteuil utilisait un simple chariot pour déplacer des poids lourds, se souvient Laurent Chambellan, directeur marketing d’Electroman. Il poussait le chariot manuellement, puis avançait avec son fauteuil… C’était dangereux. » Tout en suivant les préconisations de la SNCF, Electroman a apporté des changements. « On a adapté le grip des roues et la puissance du moteur, 4 Novembre 2020 « Je me suis relevé aussi avec ma tête », confie Thibault. tests avec le dispositif, ont ensuite été nécessaires pour maîtriser le mouvement des bras. « Je me suis relevé avec mes jambes, mais aussi avec ma tête », se réjouit Thibault, qui espère désormais que le prototype débouchera sur un modèle définitivement viable. Il y ajouterait bien un bras exosquelette permettant de « commander [son] fauteuil électrique, appuyer sur une tablette, attraper un verre, ouvrir et fermer une porte… » Et continuer à avancer, car il ne s’est jamais vraiment arrêté. Antoine Coste Dombre Un modèle déjà existant a été adapté. mais aussi ajouté une armoire à double entrée, des feux et une caméra, détaille Laurent Chambellan. Depuis son fauteuil, la personne voit désormais ce qu’il se passe devant le chariot. » A.C.-D. Electroman
UN LEVIER D’ÉGALITÉ Une combinaison de handicaps Autonomie Ressentir pour mieux comprendre, c’est le but des démos de l’Adhap auxquelles nous avons participé « Une fois que vous aurez mis la combinaison, on va vous faire monter un escalier, prendre un verre d’eau, manger, ou même vous faire marcher… Pour en parler faut essayer. » Yvan Guiraud, gérant de l’Adhap (aide à domicile, hygiène et assistance aux personnes) de Rosny-sous-Bois (Seine- Saint-Denis) m’accueille ce jour et « Impossible de replier les bras, impossible de me pencher pour lacer mes chaussures. » annonce la couleur. Au programme  : présentation et test d’une combinaison de vieillissement. « Elle a pas loin de 10 ans, mais elle traite 90% du sujet. » Le sujet ? Comprendre, ressentir l’entrave que représente une maladie B. Guigou/20 Minutes Ce dispositif sert à faire ressentir l’entrave d’une maladie handicapante. handicapante ou l’usure d’un corps de 80 voire 90 ans, dans le but de « sensibiliser notre personnel mais surtout les familles de nos clients et leurs proches aux effets du vieillissement ». Une conversation à propos du Covid et des mesures gouvernementales plus tard, j’abandonne ma carcasse (relativement) neuve des années 1990 pour prendre place dans un vieux modèle type années 1930. Et ça commence par la vue. Casque sur les yeux, ma vision devient jaunâtre et surtout très limitée. Fermez un œil, retranchez la moitié du champ de vision qu’il vous reste. Voilà où j’en suis. On me met un casque sur les oreilles, des gants, un harnais, des genouillères et des coudières rigides. « Imaginez que vous souhaitiez aller chercher le pain », lance Yvan Guiraud. Là, je me retrouve dans une vraie situation de handicap. Impossible de replier les bras jusqu’au torse pour boutonner ma chemise, impossible de me pencher pour lacer des NOUS RECRUTONS DES CANDIDATS EN SITUATION DE HANDICAP POUR INTEGR ER CLUB MED Signataires de La Charte de ia Diversité, nous nous engageons polir L'égalité des ohencee au 5 ? irt de re5 équipes en permettant à chacun de vivre une expérience prcfessidnneLle et personneLLe unique. Nos engagements une sélection excLiesivernent basée sur Les compétences ▪ un parcours d'intégration adapté à la situation de chacun ▪ une gestion de carrière reposant sur L'accès à La formation TAC:iefret, Postulez vite sur 144evinov.cLubrnedjobs,corn 0 0 0 0 0 0 a Érl:echanging exffllenee 5 Novembre 2020 chaussures. Je me lance dans les escaliers. Je parviens à les monter, mais doucement. Une expérience saisissante Toujours aussi diminué, je décide de reprendre des forces et d’attaquer le petit-déjeuner  : une madeleine et un verre d’eau. Je pose mes fesses tant bien que mal sur la chaise, attrape à deux mains ma boisson et… quelle galère ! J’avance mon cou façon tortue pour boire et découpe ma madeleine comme je peux. Une fois à table, difficile d’entendre les autres personnes dans la pièce, je dois choisir entre fixer mon assiette, ma gauche ou ma droite. Avant de me rajeunir, Yvan Guiraud me fait essayer un dernier objet, des gants qui simulent les conséquences physiques de la maladie de Parkinson grâce à des impulsions électriques. Mes mains s’engourdissent, tremblent et me font mal. « Voilà ce que peut vivre une personne à qui, par exemple, on a oublié de donner son traitement quotidien. » Une dernière expérience saisissante avant de quitter les lieux, heureux d’avoir retrouvé toute ma santé. Antoine Magallon



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