20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
20 Minutes France n°3578 16 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3578 de 16 nov 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : natalité, pas toujours un jeu d'enfant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Les Arènes BD CULTURE Clément Oubrerie et Leïla Slimani mettent en avant le « féminisme pragmatique » de Suzanne Noël. « C’est incroyable que cette femme ne soit pas connue » BD Dans « A mains nues », Leïla Slimani et Clément Oubrerie redonnent vie à la médecin Suzanne Noël Pionnière de la chirurgie esthétique, médecin féministe créatrice du mouvement Soroptimist, réparatrice de « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale et résistante lors de la Seconde… Dans A mains nues (éd. Les Arènes BD), Leïla Slimani et Clément Oubrerie rendent hommage à la grande femme qu’était Suzanne Noël. Un récit émouvant, riche, qui nous fait voyager dans le Paris du début du XX e siècle. Entretien avec l’autrice et le dessinateur, qui mettent en avant le « féminisme pragmatique » de l’héroïne. « Un parallèle entre la naissance de l’art moderne et la chirurgie esthétique. » Clément Oubrerie Comment avez-vous eu l’idée de faire ce livre ? Leïla Slimani  : Cela a commencé par la lecture d’un livre, dans lequel est apparu le nom de Suzanne Noël. J’ai fait des recherches et, en découvrant cette femme, j’ai été surprise et fascinée par elle, par sa réussite professionnelle, par le fait qu’elle ait traversé deux guerres, qu’elle ait participé à l’évolution des techniques de la chirurgie esthétique, qu’elle ait été une grande féministe. J’ai trouvé ça incroyable qu’elle ne soit pas connue. Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire ? Clément Oubrerie  : J’adore cette époque, et l’histoire traverse la Première Guerre mondiale, que je n’avais jamais représentée, et qui est graphiquement très intéressante. On a voulu faire un parallèle entre la naissance de l’art moderne et la chirurgie esthétique pour représenter les blessés de la face à l’aide de la peinture cubiste, plutôt que de les montrer de manière réaliste. Et le personnage est très original. On a fait ce livre en plein confinement, c’était intéressant de raconter l’histoire d’une soignante capable de s’oublier et d’aller vers les autres. Comment avez-vous travaillé pour restituer l’époque ? C.O.  : J’ai fait beaucoup de recherches, et Leïla a aussi apporté beaucoup d’iconographie. J’ai mis sur les murs de Paris des publicités pour des corsets, pour contenir le corps. Au fur et à mesure de l‘histoire, il va y avoir une émancipation. Au deuxième album, on va explorer les Années folles, et ça va être une libération, presque une orgie.L.S.  : Clément a apporté l’univers visuel avec les détails, les scènes de nuit, dans la rue, dans Paris. Moi, je suis partie d’un constat intellectuel  : je me suis dit que c’était un moment important dans la transformation du rapport au corps pour les femmes, à la beauté. « Suzanne Noël a des engagements féministes et politiques très forts. » Leïla Slimani C’est le destin d’une femme indépendante et libre qui a voulu réparer des visages, mais aussi rendre des femmes plus jeunes, dans une société patriarcale où la vieillesse est mieux tolérée pour les hommes que pour les femmes...L.S.  : Cela n’était intéressant que parce qu’il y avait cette contradiction. C’est une femme avec des engagements féministes et politiques très forts. Et, en même temps, elle ne remet pas en cause l’injonction de la beauté qui pèse sur les femmes. Elle comprend très vite que, derrière la chirurgie esthétique, il y a autre chose que de la frivolité. On ne fait pas forcément de la chirurgie esthétique pour être beau. Les gueules cassées le font pour s’intégrer à la société. La beauté ne peut jamais être seulement une perception de l’extérieur. Qui décide de ce qui est beau ? Suzanne Noël répond en disant que, ce qui compte, c’est l’aspect social. Elle a une approche très pragmatique. Propos recueillis par Aude LorriauxL. Urman/Sipa 12 Lundi 16 novembre 2020 Coup de maître pour « Le Jeu de la dame » Série C’est le carton surprise de l’automne sur Netflix. Adaptée du roman éponyme de Walter Tevis, publié en 1983, la série Le Jeu de la dame, en sept épisodes et située dans les années 1950-1960, raconte l’ascension fulgurante – et fictive – d’une orpheline en proie aux addictions, Beth Harmon, dans un univers très masculin. Chez les amateurs d’échecs, conquis, c’est l’effervescence. En témoignent la floraison d’articles et de vidéos consacrées à la série par les publications spécialisées ou les commentaires de joueurs sur les réseaux sociaux. « C’est la meilleure chose que j’ai vue sur les échecs », a ainsi affirmé le Français et grand maître international Anthony Wirig, lors d’une conférence en ligne organisée autour de la série par le site Apprendre-les-échecs-24h.com. Même son de cloche chez le président de la Fédération française des échecs, Bachar Kouatly  : il salue « une formidable série proche de la réalité », qui s’appuie sur une « littérature très dense » et « des parties réelles », tirées de vraies compétitions.nnCu secondes Barack Obama en interview sur France 2. A l’occasion de la sortie en France du premier tome de ses mémoires, Une terre promise (éd. Fayard), Barack Obama accordera une interview exclusive à France 2. L’entretien de l’ancien président américain, mené par François Busnel, sera diffusé mardi soir, après le journal de 20h. Les écrivains pourraient « payer les amendes » des libraires. Autrices et auteurs français sont mobilisés contre la fermeture des librairies, durant ce reconfinement. A tel point qu’ils « ont décidé de payer les amendes que les libraires [restées ouvertes] recevront », a annoncé sur BFMTV l’écrivain Alexandre Jardin, dimanche. « Ce qui se joue en ce moment, avec les fêtes de fin d’année, c’est la survie d’une filière, a-t-il ajouté. Nous ne la laisserons pas tomber. »
CULTURE Toutes les odeurs mènent arôme Reconfinement Se parfumer, même si l’on ne sort plus de chez soi depuis des semaines, permet « d’exister » ou de « s’évader » Comme tous les matins, vous vous levez, vous prenez votre petit-déjeuner, vous filez sous la douche (dans le meilleur des cas), vous vous habillez (c’est mieux), puis vous vous plongez dans un vaporeux nuage de parfum avant de partir au boulot. Jusqu’à ce qu’un doute vous assaille. On est en novembre, le reconfinement bat son plein. Alors, à quoi bon sentir bon ? Tout comme on ne s’habille pas forcément pour les autres, on ne se parfume pas que pour les narines de ses collègues ou de ses proches. « On se parfume aussi pour exister, affirme Brigitte Munier, autrice d’Odeurs et parfums en Occident, Qui fait l’ange fait la bête [ed. du Félin]. Quand le parfum vous va, vous êtes davantage vous-même, ça étend votre identité. » De manière inconsciente, cet effluve dont on s’asperge au quotidien s’inscrit comme une part Tous les jours, je m’assure que le soleil ne brille pas pour rien. e). PARIS 2024 P111%152024 FOURNISSEUR OFFICIEL D'ÉLECTRICITÉ ET 0E GAI de nous-même, une « aura olfactive », comme la qualifie l’experte, dans laquelle on aime se draper. « Beaucoup se mettent du parfum, car c’est une aura protectrice. » Annick Le Guérer, historienne On vous voit venir  : celles et ceux qui ne porteraient pas de parfum se priveraient donc d’une partie d’eux-mêmes ? Evidemment que non. Pour Annick Le Guérer, anthropologue et historienne du parfum et de l’odeur, autrice du Parfum  : Des origines à nos jours (éd. Odile Jacob), « on a tous une odeur différente, et la camoufler avec du parfum, c’est se priver aussi de son identité. On s’en prive pour être socialement Y. Age/AFP (illustration) accepté. » Le confinement peut être l’occasion idéale de renouer avec ses odeurs (dans la mesure du raisonnable), une façon de se retrouver avec soi. Mais, au-delà de cette question d’identité, le parfum renferme un redoutable atout  : le réconfort. « Beaucoup se mettent du parfum, car c’est une aura protectrice, analyse Annick Le Guérer. Dans une épreuve de confinement, lorsqu’on est angoissé, se parfumer conforte, rassure. » Le parfum possède aussi un autre pouvoir, celui de l’escapade. Certaines odeurs peuvent même nous faire voyager dans le monde d’avant, là où tout était encore possible. « L’odorat est le sens qui ‘'se" eDF 41 13 Lundi 16 novembre 2020 Lorsqu’on est angoissé, « se parfumer peut réconforter, rassurer ». permet de retourner aux souvenirs les plus anciens, à des moments heureux que nous avons vécus, analyse Maïa Lernout, parfumeuse chez Takasago et créatrice du parfum Mon petit. Une odeur va faire ressurgir plein d’émotions, plein de moments. » Un pouvoir d’autant plus fort que certaines molécules agiraient comme de véritables stimulus sur le cerveau et provoqueraient des sentiments de bien-être immédiat, comme la vanille. On pourrait ainsi s’évader au bout du monde grâce à des fragrances de mangue ou de coco. Tout en respectant le « un kilomètre max autour de chez soi ». Clio Weickert Dans le groupe EDF, il y a plus de 230 métiers d’énergéticiens qui changent tout, chaque jour. Parmi eux, les ingénieurs et les techniciens de maintenance d’EDF Renouvelables, qui assurent le bon fonctionnement des centrales solaires. Si vous voulez faire du soleil une des énergies de demain, rejoignez-les sur edf.fr/edf-recrute. Devenons l’énergie qui change tout. RCS PARIS 552 081 317 L’énergie est notre avenir, économisons-la !



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