20 Minutes France n°3570ES 19 oct 2020
20 Minutes France n°3570ES 19 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3570ES de 19 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : attentat, une foule d'inquiétudes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ACTUALITÉ ##JEV#144-82-https://tinyurl.com/y5x4hw3b##JEV# 4 Lundi 19 octobre 2020 « On a le sentiment que c’est sans fin » Attentat L’hommage au professeur assassiné, Samuel Paty, a réuni plusieurs milliers de personnes à Paris « J’ai l’impression de revivre la même chose qu’il y a cinq ans », souffle Philippe, 40 ans, professeur de mathématiques et de physique-chimie dans un lycée de banlieue parisienne. Comme le 11 janvier 2015, au lendemain d’attaques terroristes, les caricatures signées Cabu ou Charb se dressent un peu partout. Deux jours après la décapitation de Samuel Paty (lire l’encadré), professeur d’histoire dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées dimanche sur la place de la République, à Paris, pour lui rendre un ultime hommage. « Sortir de la politisation » « Emus » et « horrifiés », beaucoup se sont dits « inquiets » après cette attaque qui a visé un enseignant à la sortie de son établissement. Comme Philippe, Laure, Parisienne de 39 ans, confie sa lassitude  : « On a le sentiment que c’est sans fin. » A côté d’elle, sa fille B. Guay/AFP Louise, « bientôt 9 ans », explique avec ses mots  : « On est là parce que le professeur a été tué juste parce qu’il faisait son travail. » Sa mère, émue, dit son sentiment d’impuissance face à cette attaque  : « C’est difficile parfois de lui expliquer pourquoi on en est arrivés là. On n’a pas toujours les réponses. » Des proches de l’assaillant en garde à vue Dimanche, 11 personnes étaient en garde à vue, dont des proches de l’assaillant, un Russe tchétchène de 18 ans, tué vendredi par la police. Selon l’enquête en cours, Samuel Paty avait récemment montré une caricature de Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression. Le père d’une élève avait porté plainte pour diffusion d’image pornographique. Dimanche soir, à l’Elysée, le Conseil de défense étudiait des « réponses concrètes » à donner. Samedi, devant le collège où Samuel Paty enseignait, dans les Yvelines. I. Harsin/Sipa De nombreux manifestants présents dimanche, place de la République, craignent une « fracture » en France. Frédéric, Sandrine et Juliette sont eux aussi venus en famille. A 46 ans, cette fonctionnaire appelle à un sursaut collectif  : « Il faut sortir de la politisation. Je refuse qu’on se retrouve dans une situation à l’américaine, avec une société fracturée. Il faut pouvoir continuer à se parler. » Nageate, parent d’élève en Ile-de- France à la FCPE, se veut optimiste  : « Dire aujourd’hui qu’on assiste à une fracture, c’est un peu fort. Tous les acteurs de la communauté éducative doivent continuer à travailler main dans la main et rester solidaires. C’est le seul moyen pour que les enseignants continuent à faire de nos enfants des citoyens éclairés. » Hélène Sergent Les enseignants face au risque de l’autocensure en cours Comment les enseignants vont-ils concevoir leurs cours après un tel drame ? Selon les derniers chiffres de l’Education nationale, entre les mois de septembre 2019 et mars 2020, 935 cas d’atteinte à la laïcité ont été constatés à l’école. Et les contestations d’enseignement représentaient 15% des cas. « Ce n’est donc pas un phénomène massif, même s’il existe, indique Ismaïl Ferhat, maître de conférences à l’université de Picardie Jules-Verne. D’ailleurs, certains parents d’élèves « se permettent de demander la démission d’un enseignant », observe Christine Guimonnet, professeure d’histoire-géographie au lycée de Pontoise (Val-d’Oise). Dans ce contexte, l’attentat de Conflans pourrait-il conduire les enseignants à s’autocensurer ? « Le risque serait que les enseignants adaptent leurs cours en fonction des pratiques culturelles ou religieuses d’une classe, ce qui conduirait à une ghettoïsation de l’éducation », analyse Ismaïl Ferhat. Pour tenter de rassurer les enseignants dans l’exercice de leur métier, autant que faire se peut, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, s’est exprimé samedi  : « Je serai, et notre pays sera à vos côtés pour vous protéger, vous permettre de faire votre métier qui est le métier le plus essentiel, transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun. » Delphine Bancaud La culture en « guerre contre la barbarie » Comme le reste de la France, le monde de la culture est sous le choc. « En assassinant odieusement Samuel Paty, professeur qui défendait la liberté d’expression, c’est aussi la culture française qui a été attaquée, a déclaré la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sur Twitter. Il enseignait que la caricature fait partie de notre culture. Nous poursuivrons ce combat. » Alors qu’un hommage national doit avoir lieu mercredi, de nombreux artistes et personnalités ont défendu l’idée que la culture et « l’école de la République » sont des remparts contre la « barbarie ». « Dans quel monde vit-on ? » L’académie Goncourt a tenu à exprimer « sa vive émotion, son indignation, sa profonde tristesse et sa colère », solennellement dans un communiqué officiel. Samuel Paty est mort parce qu’il a tenté de combattre l’obscurantisme en suscitant le débat d’idées au sein de ses classes. » « Il ne s’agit pas d’une «guerre des civilisations», a commenté l’ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val, dans les colonnes du JDD. C’est une guerre de la barbarie contre la civilisation. » « Dans quel monde vit-on ? », s’interroge de son côté le chanteur M. Pokora, qui adresse sur Twitter « une pensée pour nos enseignants partout en France. Vous êtes si importants pour nous. Merci. » Anne Demoulin
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