20 Minutes France n°3561 30 sep 2020
20 Minutes France n°3561 30 sep 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3561 de 30 sep 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : sur le terrain des injures entre PSG et OM.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CINÉMA Les deux font la paire d’as Comédie Jan Kounen revient avec « Mon cousin », porté par le duo Vincent Lindon- François Damiens Les duos à la Francis Veber, de La Chèvre aux Fugitifs, sont incontournables dans l’histoire du cinéma français. Jan Kounen s’est glissé dans la brèche, ouverte notamment par Gérard Depardieu et Pierre Richard, pour faire danser un improbable pas de deux comique à Vincent Lindon et François Damiens dans Mon cousin. La cohabitation entre un homme d’affaires au cœur de pierre et son parent un peu simplet, à qui il veut faire signer un contrat, met face à face deux grands acteurs aux tempéraments et aux carrières qui semblent aussi antinomiques que celles de leurs personnages dans le long-métrage. Ce choc est tout autant celui des comédiens que celui du réalisateur, absent des grands écrans depuis Coco Chanel et Igor Stravinsky, réalisé il y a onze ans. « Une histoire originale sur deux types qui ne se supportent pas. » Jan Kounen, réalisateur Jan Kounen n’est pourtant pas réputé pour ses comédies. Le réalisateur de Blueberry s’y était pourtant essayé, avec succès, avec 99 Francs et la satire télévisée The Show, où il brocardait le système avec un humour ravageur. Pour Mon cousin, il s’est assagi. Le réalisateur d’origine The Boys in the Band sera mis en ligne ce mercredi sur Netflix. Eskwad Pathé films S. E. White/Netflix Vincent Lindon et François Damiens s’opposent et se complètent dans le film. néerlandaise prend un plaisir palpable à revisiter un concept devenu un classique depuis L’Emmerdeur d’Edouard Molinaro, en 1973, avec Jacques Brel et Lino Ventura. « Le film contient les fondements de ce qu’est, pour moi, une comédie « à la française », explique Jan Kounen dans le dossier de presse du film. Une histoire originale, bâtie autour de deux types qui ne se supportent pas mais qui doivent être ensemble, jouée par deux grands acteurs très différents l’un de l’autre. » Moins novateur visuellement que ses précédents films, Mon cousin coche en revanche toutes les cases d’un divertissement bien ficelé. Par ailleurs, il y avait longtemps que Vincent Lindon n’avait pas fait autant rire. Ce registre du buddy movie (un film de potes) lui convient d’autant plus que le réalisateur a ajouté une bonne dose de tendresse aux rapports entre les deux hommes. Face à lui, François Damiens joue avec tellement de facilité qu’il pourrait presque envoyer par la poste sa composition de boulet lunaire. Il fait cela si bien qu’on ne s’en lasse pas. Le comédien belge semble évoluer en apesanteur face à un Vincent Lindontoujours impressionnant en businessman corseté de principes qui se laisse amadouer. « J’essaie toujours d’apporter un petit plus dans mes films, insiste Jan Kounen. En ce qui concerne Mon Cousin, j’espère que ce petit plus sera qu’il donne de la joie et de la gaieté. » Caroline Vié Un regard historique sur les gays Culte Eté 1968. Un groupe d’amis gays est réuni dans un appartement new-yorkais pour l’anniversaire de l’un d’eux. Au cours de la soirée, entre la terrasse et le salon, l’ambiance festive vire à l’aigre, l’explosion de rancœurs succède à la bonne humeur. Voici vite résumée l’intrigue du film The Boys in the Band, mis en ligne ce mercredi sur Netflix. Ce long-métrage de Joe Mantello est l’adaptation de la pièce de théâtre du même titre jouée pour la première fois sur les planches du Off-Broadway il y a cinquante-deux ans. « C’est difficile d’imaginer aujourd’hui l’impact que la pièce a eu. Ce fut la première qui traitait du mode de vie des gays, et elle était à la fois extrêmement drôle et émouvante. Elle est restée gravée à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont vue », écrit dans ses Mémoires William Friedkin, qui a été le premier à transposer l’œuvre de Mart Crowley au cinéma, en 1970. « C’est un long-métrage très important aux Etats-Unis, note auprès de 20 Minutes Didier Roth-Bettoni, auteur de L’Homosexualité au cinéma (éd. La Musardine). On échappe en partie à l’assignation à un certain nombre de stéréotypes très affirmés sur les homosexuels. Cette diversité d’approches était novatrice à l’époque. » F.R. Anne Winters/Instagram 12 Mercredi 30 septembre 2020 Rien que pour Evan Rachel Wood Performance On peut trouver Kajillionaire de Miranda July un brin artificiel, mais il faut concéder à la réalisatrice qu’elle a su choisir des acteurs exceptionnels. Cette comédie présentée au festival de Deauville 2020 doit beaucoup, notamment, à Evan Rachel Wood. La jeune Américaine est la fille d’un couple d’arnaqueurs ringards (Debra Winger et Richard Jenkins) qui l’obligent à participer à leurs coups miteux depuis son enfance. L’arrivée d’une pétillante jeune femme, jouée par Gina Rodriguez, va bouleverser un équilibre que tous croyaient éternel. « Evan m’a dit que son personnage lui faisait penser à Edward aux mains d’argent dont elle se sent très proche, raconte Miranda July. Et il est vrai que l’héroïne qu’elle incarne a un rapport à son corps qui évoque le héros créé par Tim Burton. » L’épanouissement progressif de cette jeune femme qui exsude le malaise touche le spectateur, tant la comédienne parvient à faire partager sa quête d’une vie meilleure et de liberté.C.V.nnc 11u secondes La star de « 13 Reasons Why » veut incarner Madonna. Anne Winters, qui s’est fait connaître dans 13 Reasons Why, sur Netflix, a bien l’intention d’incarner Madonna dans le biopic que prépare la chanteuse. Et pour cela, elle a eu l’idée de diffuser sur Instagram une dizaine de photos et vidéos d’elle sous les traits de l’interprète de Like a Prayer après une séance de maquillage. Aux César, de nouveaux élus. L’expatronne d’Arte Véronique Cayla a été élue en duo, avec le réalisateur Eric Toledano, à la tête des César. Elle a promis « d’inventer un nouveau modèle » pour sortir l’institution d’une crise historique, lors de laquelle sont brocardés son manque de transparence et son soutien à Roman Polanski.
CINÉMA Le fabuleux dessin de Josep Bartoli Biopic animé L’artiste antifranquiste, qui a été notamment l’amant de Frida Kahlo, est le héros du film d’un autre dessinateur, Aurel Une vie fascinante racontée à merveille. Dans le film d’animation Josep, adoubé par le festival de Cannes et soutenu par celui d’Annecy, Aurel raconte l’histoire de l’artiste engagé Josep Bartoli (1910-1995). Le réalisateur, dessinateur de presse et de bande dessinée, signe son premier long-métrage auquel Sergi López, Bruno Solo, Gérard Hernandez ou David Marsais ont prêté leur voix. Des camps français dans lesquels il a été parqué en tant que républicain espagnol en 1939 à sa renaissance à Mexico puis à New York, Josep entraîne le spectateur dans une suite d’aventures douloureuses ou flamboyantes inspirées de la vie de ce dessinateur antifranquiste. « J’ai découvert le travail de Josep Bartoli grâce à un livre de son neveu Georges, explique Aurel à 20 Minutes. J’ai eu envie d’apporter du mouvement et du son à son histoire. » Aurel a donc mêlé son style à celui de Bartoli. « Je me suis basé sur les évolutions graphiques de Bartoli tout au long de sa vie pour donner leur identité à chaque partie du film », précise-t-il. La grisaille sinistre de l’internement contraste avec les couleurs vives de Mexico, où Bartoli a été l’amant de Frida Kahlo. « C’est tellement incroyable qu’on se sentait obligés de le mettre. Cela nous semblait résumer en un seul élément le romanesque de son existence », insiste Aurel. Force de résistance Le film rend un hommage intense à Josep Bartoli, à son talent, mais aussi à sa force de résistance. « Je me suis inspiré de ce qu’il nous avait donné comme informations sur l’époque, puis je l’ai digéré et recréé à ma manière », A distance, mais plein de nuances Virtuel Leur amour ne fait aucun doute. Julie (Judith Chemla) et Yuval (Arieh Worthalter) s’aiment tout autant qu’ils adorent leur fils. Mais leur couple est séparé dans A cœur battant, de Keren Ben Rafael. Elle vit à Paris avec leur enfant. Lui est coincé à Tel- Aviv. Ce qui les oblige à vivre leur tendresse par écrans interposés. La réalisatrice de Vierges (2018) s’est inspirée d’une période de sa vie au cours de laquelle son compagnon était absent pour livrer cette analyse des « Avec la technologie, on a l’impression que l’autre nous appartient. » Elise Benroubi, scénariste rapports d’un couple mis à mal par l’éloignement. Skype devient le personnage essentiel d’une relation qui se délite progressivement. « Avec la technologie moderne, on a l’impression que l’autre nous appartient  : son temps, sa vie, etc. Or, l’amour se préserve aussi grâce au mystère », explique la scénariste Elise Benroubi dans le dossier de presse. Condor Distribution Comment rendre la technologie de Skype cinématographique sans perdre la spécificité de ce moyen de communication ? En déséquilibrant son usage entre Julie et Yuval. La précision de la mise en scène comme les performances impeccables des acteurs font d’A cœur battant une réussite ancrée dans notre temps.C.V. Judith Chemla dans A cœur battant. Les Films d’ici Méditerranée raconte Aurel. La fiction permet de dévoiler un pan d’histoire méconnu en même temps que le travail d’un artiste brillant. Le dessin est une bonne façon de rester en retrait de la violence tout en révélant l’horreur en hors-champ. « Le spectateur est libre d’y projeter ce qu’il souhaite et son imagination est souvent pire que ce que nous aurions pu montrer », déclare le réalisateur. Une séquence d’exécution particulièrement rude témoigne par exemple de la puissance de la rencontre entre le réalisateur et le sujet de son film. Josep a donné à Aurel le goût du cinéma. Il songe déjà à un nouveau projet, encore secret. Caroline Vié MAXIME ROSSI (AVEC LA COOPERATION DE L’HERBIER DU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE) nuitblanche.paris #nuitblanche 13 Mercredi 30 septembre 2020 Le réalisateur du film a mêlé son style graphique à celui de Josep Bartoli. Survivants des camps Deux ans de production, dont une année impliquant une centaine de personnes, ont été nécessaires pour donner naissance au film. Aurel a limité l’animation de certains passages pour mettre en valeur la puissance du trait, notamment dans la partie sur les camps. Sa fierté est d’avoir reçu des réactions de survivants après la projection du film  : « Ils se disent émus de revoir leur expérience sous forme dessinée, car ils peuvent y projeter leur vécu. » nuit blanche SAMEDI 3 OCTOBRE



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