20 Minutes France n°3533 10 jun 2020
20 Minutes France n°3533 10 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3533 de 10 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : une lutte au quotidien contre les violences policières.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
D. J. Phillip/AP/Sipa ACTUALITÉ Rassemblement Un hommage à George Floyd s’est tenu à Paris, mardi, jour de ses obsèques « On est là pour se rappeler la mort de quelqu’un. C’est nécessaire, mais je ne pense pas qu’il y aura autant de monde qu’à la manifestation contre les violences policières de la semaine dernière. » A quelques pas de la banderole déployée en hommage à George Floyd, sur la place de la République à Paris, Joan, 29 ans, observe la foule de plus en plus compacte venue saluer, comme lui, la mémoire de cet homme afro-américain décédé le 25 mai à Minneapolis, aux Etats-Unis, peu après son interpellation par la police. 6 Mercredi 10 juin 2020 « Il faudrait qu’on arrange les choses » « Nous sommes ici parce que le racisme tue. » Dominique Sopo, président de SOS Racisme Ce rassemblement, organisé par l’association SOS Racisme et qui a réuni 2 400 manifestants selon la police, est loin d’être le premier, en France ou à l’étranger, consacré à celui qui est devenu un symbole des violences policières après avoir été maintenu au sol, un genou sur la nuque, pendant plus de huit minutes. Mais il coïncide avec les funérailles de George Floyd, commencées au même moment aux Etats- Unis (voir ci-dessous), à 8 000 km de là. T. Camus/AP/Sipa Près de 2 400 manifestants, selon la police, se sont réunis place de la République à Paris. Après une interprétation surprise de We Shall Overcome, hymne du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, par la chanteuse Camélia Jordana, et huit minutes et quarante-six secondes de silence observées par les manifestants – pour certains, un genou à terre –, les prises de parole s’enchaînent à la tribune. Celle de Dominique Sopo, président de SOS Racisme, suscite des applaudissements particulièrement nourris  : « Nous sommes ici parce que le racisme tue, nous l’avons vu aux Etats- Unis et ce n’est pas sans rapport avec ce que nous vivons en France. Nous nous battons pour que plus jamais, nulle part, il n’y ait de George Floyd ou qui que ce soit d’autre tué en raison de sa couleur de peau. » « Une lutte au quotidien » Mais c’est surtout l’appel d’Eleanor, la sœur de Théo, jeune victime médiatisée de violences policières, qui suscite la plus grande réaction du public  : « C’est une lutte au quotidien, il faudrait qu’on vienne moins souvent ici et qu’on arrange les choses à notre petite échelle. Qu’est-ce qu’on a laissé passer ? Qu’est-ce qu’on n’a pas corrigé ? On a notre part de responsabilité, il faut dire stop au racisme qu’on observe au quotidien. » Alexis Orsini Aux Etats-Unis, le temps de la douleur et du recueillement L’image La ville de Houston, au Texas, a enterré mardi George Floyd. Le cercueil de cet Afro-Américain de 46 ans, tué par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, est arrivé dans la matinée à l’église Fountain of Praise, dans la métropole où il a vécu la majeure partie de sa vie. Environ 6 000 personnes ont défilé toute la journée devant son cercueil, pour une prière ou lui dire un dernier mot, le poing levé, sous le regard de son frère Philonise Floyd, très ému. « Cela fait très mal d’être ici, c’est dur et douloureux », leur a-t-il dit. « Le deuil par transfert » des personnes noires A 28 ans, Dimitri n’a jamais mis un pied aux Etats-Unis. A vrai dire, il n’a jamais quitté la France et ne connaissait pas George Floyd. Pourtant, depuis la mort tragique de ce dernier, sa gorge ne cesse de se serrer  : « C’est étrange à dire, mais je le vis comme un deuil personnel, un deuil par transfert, qui m’affecte alors que je ne le connaissais pas. » Comme lui, de nombreuses personnes noires se sont exprimées, notamment sur les réseaux sociaux, pour témoigner leurs émotions. Le phénomène n’étonne pas Sarah Kouaka, rédactrice en chef de Nofi, média consacré à l’actualité afro-caribéenne  : « On partage une histoire commune de la discrimination. Quand les personnes racisées voient George Floyd, on ne peut s’empêcher de se voir nous, ainsi que toutes les autres victimes du racisme avant lui, et de se dire que ça fait trop longtemps que ça dure. Ce qui accroît l’émotion. » La psychologue Guilaine Kinouani s’est penchée sur l’étude des traumatismes raciaux et sur l’impact de ce genre de violences policières sur la santé mentale des personnes noires. Selon elle, le deuil collectif n’en serait que l’une des formes, au côté de la détresse, du désespoir et de « divers signes de traumatismes tels que les cauchemars, la dépression et l’hypervigilance, rela tivement courants ». Jean-Loup Delmas



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :