20 Minutes France n°3529ES3 15 mai 2020
20 Minutes France n°3529ES3 15 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3529ES3 de 15 mai 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : elles lâchent la bride.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ACTUALITÉ L’UE peut-elle se refaire une santé ? Coronavirus Les réponses nationales à la crise sanitaire ont montré que l’unité de l’Europe en la matière est quasi-inexistante L’Europe au temps du coronavirus s’est montrée dispersée, peu solidaire, chaque Etat choisissant sa version d’un confinement plus ou moins strict, d’un déconfinement plus ou moins rapide. « La crise a mis l’accent sur des défaillances des systèmes de santé nationaux et sur le manque de compétence de l’UE pour répondre à ces défaillances », résume Claire Dhéret, responsable d’un programme de recherche sur l’Europe sociale et bienêtre au European Policy Center. Pour certains, cette gestion étatique a montré l’inutilité de l’Union européenne. Pour d’autres, au contraire, une véritable Europe de la santé n’a jamais été aussi urgente. « On a pris conscience que l’UE a des compétences en santé fragiles et que, dans ces circonstances, ça ne suffit pas, insiste Véronique Trillet-Lenoir, eurodéputée de Renew Europe et cancérologue. Nous devons apprendre de cette crise, pour mettre en place des mesures rapides et opérationnelles et se préparer aux prochaines. Car il y aura d’autres crises, qu’elles soient infectieuses, environnementales, chimiques, alimentaires. C’est maintenant qu’il faut réfléchir à mettre en place des dispositifs à activer. » Autre La météo en France J. Thys/POOL/AFP prise de conscience  : l’urgence de relocaliser en Europe la production de médicaments, alors que nous sommes totalement dépendants de la Chine et que les pénuries se multiplient. « C’est à l’agenda de la Commission et du Parlement, reprend Véronique Trillet- Lenoir. Il faudra voir comment on évalue les médicaments, comment on fixe le prix, comment on les fabrique. Les citoyens commenceraient à voir l’intérêt de l’Europe s’ils avaient un accès plus sûr à des médicaments moins chers. » Des moyens très limités L’Union européenne n’a aujourd’hui qu’une compétence d’appui sur les questions de santé, et ne peut donc rien imposer aux Etats. « L’UE n’a pas vocation à harmoniser les systèmes de santé, résume Gaël Coron, sociologue et enseignant à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). C’est une interdiction édictée par les traités qui a été contournée. Certaines politiques de santé sont «européanisées». Par exemple, l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament se décide au niveau européen, parce que le médicament est une marchandise et qu’il y a un marché européen. » Petit à petit, l’UE s’est certes dotée d’acteurs en santé  : une direction générale de la santé de la Commission européenne, équivalent d’un ministère de la Santé, des agences, notamment sur la sécurité et la santé au travail, ou encore sur la 2 Vendredi 15 mai 2020 Relocaliser la production de médicaments est à l’agenda de la Commission et de sa présidente, Ursula von der Leyen. Ça caille dans le Nord, ça gronde dans le Sud Le soleil résiste des Hauts-de- France à la Bretagne. Plus au sud, le temps est instable avec le déclenchement d’orages entre les Pyrénées et les Alpes. Tandis que les températures sont fraîches pour la saison dans le Nord, elles remontent dans la moitié sud. sécurité des aliments. Mais tous ces outils sont dotés de moyens humains et financiers très limités. L’Europe de la santé s’est souvent appuyée sur des crises pour se construire. L’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) a en effet été une réponse à la crise du Sras, l’Agence pour la sécurité des aliments a été décidée après la crise de la vache folle… « On peut imaginer qu’il y aura de nouvelles agences relatives à la santé qui vont voir le jour, avance Claire Dhéret. Même si ce n’est pas forcément le fait de créer de nouvelles entités qui changera les choses, mais plutôt une volonté d’approprier les bonnes compétences à ces agences. » Oihana Gabriel Blâmé par Macron et Philippe, le groupe Sanofi calme le jeu Vaccin Après la polémique autour de son laboratoire, le PDG de Sanofi est en mode communication de crise. Serge Weinberg a promis jeudi soir sur France 2 qu’il n’y aurait « aucune avance particulière d’aucun pays » pour l’accès au vaccin et que celui-ci « doit être accessible à la plus grande partie de la population ». A l’origine de la polémique, des propos de son directeur général pour qui le gouvernement américain « a le droit aux plus grosses précommandes », car les Etats-Unis « ont investi pour essayer de protéger leur population ». Des propos « déformés », a assuré Serge Weinberg. Les Etats-Unis auront la priorité du vaccin produit dans les usines américaines mais « en aucun cas sur nos usines européennes ». La controverse avait notamment suscité la réaction indignée du président français Emmanuel Macron, qui a jugé « nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché ». « L’égal accès de tous au vaccin n’est pas négociable », a abondé jeudi le Premier ministre Édouard Philippe après s’être entretenu avec Serge Weinberg, qui a « donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi ». Par ailleurs, le président de Sanofi a promis que le vaccin serait accessible, sans « aucune barrière financière ». « Si nous trouvons un vaccin », a-t-il ajouté, il peut être espéré pour « la fin de l’année » ou « le début de l’année 2021 ».
ACTUALITÉ Une saison (touristique) en enfer Vacances Les sites de loisirs préparent leur ouverture avec difficulté et appréhension Depuis mardi, une pétition circule pour réclamer « l’ouverture prochaine » du Puy du Fou. Un peu plus tôt, Nicolas de Villiers, président du deuxième parc à thème français le plus fréquenté (2,3 millions de visiteurs en 2019) derrière Disneyland Paris, tablait sur le 2 juin pour lancer la saison. Le site vendéen devait ouvrir le 4 avril. Mais l’épidémie de coronavirus a chamboulé les plans, comme dans les grottes de Lascaux. « On attend la date d’ouverture des sites que le gouvernement proposera fin mai-début juin et, le temps de tout mettre en œuvre, nous devrions pouvoir rouvrir fin juin-début juillet », espère André Barbé, directeur général de l’emblème préhistorique du « La taille des groupes pour les visites devra sans doute être réduite de 30 à 50%. » André Barbé, directeur des grottes de Lascaux Périgord. Plus au sud, à 2 877 m d’altitude, le pic du Midi a coché le 4 juillet comme date de rentrée, au lieu de début juin. « D’habitude, l’été, on passe d’une soixantaine d’employés à 85, explique le directeur, Daniel Soucaze des Soucaze. Cette année, nous n’embaucherons pas les saisonniers habituels. Et nous allons rester aux horaires d’hiver. » Les potentiels vacanciers seront remboursés si la crise se poursuit. E. Dessons/JDD/Sipa B. Edme/AP/Sipa J. Urbach/20 Minutes Le Puy du Fou (enh.), le pic du Midi (en b.) et les grottes de Lascaux (à dr.) ouvriront avec du retard. Masques, gel hydroalcoolique, désinfection… Tous les sites doivent se plier aux gestes barrières. La « distanciation sociale » reste la nouveauté la plus contraignante. Même si Nicolas de Villiers relativise  : « L’Etat a mentionné la surface de 4 m² par personne  : au Puy du Fou, même en période de pointe, nos visiteurs disposent de, en moyenne, entre 40 et 50 m² par personne. Nous allons multiplier le nombre de spectacles pour que nos tribunes ne soient jamais pleines. » Dans les espaces confinés, l’adaptation est plus compliquée. « La taille des groupes pour les visites devra sans doute être réduite de 30 à 50%, juge André Barbé, à Lascaux. Ce qui veut dire que des groupes normalement constitués de 36 à 40 personnes passeront à 15-20 personnes. » Etrangers vraisemblablement absents, incertitudes sanitaires et économiques chez les Français… Les perspectives ne sont pas bonnes. « On va diviser par deux le nombre de visiteurs, calcule André Barbé à Lascaux. Ce qui veut dire une année blanche économiquement. » Au Puy du Fou, Nicolas de Villiers anticipe « une saison très sinistrée ». « On espère qu’il n’y aura pas de rechute de la pandémie, lâche Daniel Soucaze des Soucaze, du pic du Midi. Car ce serait catastrophique. » Nicolas Stival avec Mickaël Bosredon et Julie Urbach « Les Français peuvent réserver leurs vacances pour cet été » « Ce qui est bon pour le tourisme est bon pour la France. » Edouard Philippe a annoncé jeudi une série de mesures pour soutenir le secteur (lire ci-contre). 20 Minutes a interrogé Didier Arino, directeur général associé de Protourisme, pour savoir ce qu’en pensent les professionnels. Que retenez-vous des annonces du Premier ministre ? C’est une mobilisation importante de l’Etat. Ce plan me semble intelligent, puisqu’il raisonne d’abord à court terme avec des aides directes aux entreprises. Ensuite, à moyen terme, le fonds de Bpifrance (1,3 milliard d’euros) permettra de rendre l’offre plus compétitive. Le Premier ministre a indiqué que les Français pourront partir en vacances cet été dans l’Hexagone. Pourront-ils compenser les pertes liées aux touristes étrangers ? Clairement, non. Mais surtout, les annonces précédentes de membres du gouvernement en ont découragé un grand nombre. Les professionnels du secteur ont subi près d’un milliard d’euros d’annulations pour cet été. Beaucoup de gens ont déjà renoncé à partir en vacances. En cela, l’incitation d’Edouard Philippe a le mérite de clarifier les choses  : les gens peuvent réserver, et ils seront remboursés si la crise se poursuit. Propos recueillis par Romarik Le Dourneuf 3 Vendredi 15 mai 2020 L’Etat au secours du secteur « Le tourisme fait probablement face à la pire épreuve de son histoire moderne, alors même que c’est un des fleurons de l’économie française, son sauvetage est donc une priorité nationale », a déclaré jeudi le Premier ministre, Edouard Philippe, au sortir d’un comité interministériel. « L’effort d’investissement » de l’Etat sera porté par la Banque des Territoires et Bpifrance, « qui ont formalisé un plan de relance Tourisme commun de plus de trois milliards d’euros de financements entre aujourd’hui et 2023 », sous forme de prêts et d’investissements en fonds propres, selon les détails du plan. Au total, l’ensemble des mesures gouvernementales représente « un engagement de plus de 18 milliards d’euros pour les finances publiques. Cela englobe les mesures de chômage partiel, les prêts garantis par l’Etat, les exonérations sociales ou encore les reports d’impôts. Le recours à l’activité partielle sera possible jusqu’à fin septembre pour les entreprises du tourisme et de l’événementiel. L’accès au fonds de solidarité pour les cafés, hôtels, restaurants, les entreprises du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture sera prolongé jusqu’à fin décembre. Pour « soutenir la demande » et inciter les Français à retourner dans les restaurants lorsqu’ils pourront rouvrir, le plafond journalier des titres-restaurants sera doublé, à 38  € , et leur utilisation sera autorisée les week-ends et jours fériés, jusqu’à fin 2020. P.Aventurier/Sipa



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