20 Minutes France n°3529ES2 11 mai 2020
20 Minutes France n°3529ES2 11 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3529ES2 de 11 mai 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : merci pour tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ACTUALITÉ ##JEV#51-85-https://tinyurl.com/ycnrm65y##JEV# 4 Lundi 11 mai 2020 Leur courage ne connaît pas la crise Témoignages Eux n’ont pu rester confinés pendant deux mois. En continuant à sortir pour aller au travail tous les jours, ils ont permis à tous de se soigner, de se nourrir et d’être en sécurité L’infirmière L’éboueur La policière Le livreurC. Allain/20 Minutes « Ma plus grande peur, c’était de contaminer les autres » Infirmière au service des maladies infectieuses du CHU de Rennes, Audrey a quitté son unité au mois de février pour intégrer un service de dépistage du coronavirus. « Je n’ai pas hésité une seconde, même si je me suis demandé où j’allais, raconte-t-elle. Je faisais mes douze heures, plus quelques supplémentaires. On était peu nombreuses, donc on faisait tout  : les admissions, l’accueil des patients, le nettoyage des chambres. » Dès le début du confinement, Audrey décide de se couper de ses proches et s’isole dans son appartement. « Ma plus grande peur, c’était de contaminer les autres », résume celle qui vient de fêter ses 30 ans. Au contact permanent de malades, la jeune femme assure « ne pas avoir eu peur » d’attraper le virus si contagieux. « Je me suis sentie utile. Je ne me voyais pas rester chez moi. » Chaque soir, Audrey entend les applaudissements retentir autour d’elle  : « C’est très émouvant. C’est un bel hommage que l’on nous rend, mais je suis partagée, concède-t-elle. J’ai l’impression qu’il aura fallu une crise mondiale pour que l’on se rende compte du travail des soignants. » A Rennes, Camille Allain « Demain, nous serons plus visibles qu’aujourd’hui » Accroché à l’arrière du camion, Mickaël, 45 ans, fait les allers-retours pour collecter les ordures ménagères de la population qui s’éveille. Des gestes qu’il a continué à faire durant ces deux mois de confinement, comme la plupart de ses collègues du dépôt de Monlong (Hautes-Pyrénées). Hormis ceux à la santé fragile, tous ont répondu à l’appel, dépassant la peur de pouvoir être en contact avec le Covid-19. « On a redoublé de vigilance, on a pris beaucoup plus de distance de sécurité, par rapport à nous et aux usagers, assure l’agent de Toulouse dans sa tenue si distinctive. Nous faisons très attention à ce que l’on ramasse. La collectivité nous a fourni tout le matériel nécessaire pour travailler dans des conditions de sécurité optimales. » Et ce travail de l’ombre, il le sait, n’est désormais plus regardé de la même manière par la population. « Nous avons eu énormément de messages de soutien. Demain, nous serons plus visibles qu’aujourd’hui. Je pense que les gens ont réalisé à quel point on pouvait être importants dans la vie quotidienne. Cela a changé la relation avec la population. » A Toulouse, Béatrice Colin Police nationale « Je ne suis pas du genre à rester à la maison » Policière depuis treize ans, Lydie a repris le travail début avril après avoir été contaminée par le coronavirus  : « J’étais contente de revenir, car je ne suis pas du genre à rester à la maison. » L’épidémie a durablement modifié les habitudes de travail au sein du commissariat. « Il n’y a pas une délinquance importante à Briançon, cela nous permet d’aménager nos horaires de travail. Les distances de sécurité sont respectées d’autant plus facilement que nous avons presque tous des bureaux individuels. Quand on reçoit des personnes, il faut bien s’assurer qu’elles portent un masque, leur demander de se passer du gel hydroalcoolique sur les mains, puis penser à nettoyer les chaises et les stylos après leur départ. » Spécialisée dans l’investigation, Lydie a été obligée de s’adapter afin de pouvoir poursuivre ses enquêtes tout en limitant ses interactions avec les personnes rencontrées. « Je ne vais sur le terrain que dans le cadre des investigations que l’on mène, pour faire des perquisitions, des interpellations, précise-t-elle. Avec le confinement, il y a eu moins de délinquance et donc moins d’affaires à traiter. Parfois, les auditions se font par téléphone car beaucoup de gens ont peur d’entrer dans les locaux. Les avocats ne se déplacent plus, ils peuvent être présents par visio ou par téléphone. Tout est différent maintenant, on s’adapte. » A Paris, Thibaut Chevillard « Incompréhensible qu’on ait autorisé les livraisons de nourriture » Livreur de repas à domicile, Antoine n’a pas chômé  : « Mon téléphone n’a pas arrêté de sonner depuis le début du confinement. Les commandes s’enchaînent tous les jours. Il y en a un peu plus que d’habitude. C’est étrange, parce qu’on pensait que les gens commanderaient moins, mais ils compensent le manque de restaurants. On a même découvert des établissements pour lesquels il n’y a pas de commandes à emporter en temps normal. » Lui aurait préféré ne pas travailler pendant cette période, mais il n’a pas eu le choix. « Si je ne travaille pas, je n’ai pas d’aide de l’Etat ou de compensation. Il y en a bien une, mais je n’y suis pas éligible. D’ailleurs, c’est incompréhensible qu’on ait autorisé les livraisons de nourriture comme ça. Toutes les boutiques étaient fermées, mais on a quand même pu se faire livrer, s’agace-t-il. Qui dit que je ne suis pas porteur sain ? Que je ne suis pas la source d’une contamination en accéléré ? » Quelque peu désabusé, le Bordelais ne voit pas le déconfinement d’un bon œil. « Depuis deux semaines, c’est déjà la vie normale tous les soirs à Bordeaux. Les gens ne respectent pas les consignes en confinement, alors imaginez ce que ça va être. Et tout ça m’énerve parce qu’on travaille, on fait le maximum pour ne pas contaminer ni être contaminé, mais il y aura une autre vague, c’est sûr. » A Paris, Romarik Le Dourneuf A. A B. Colin/20 Minutes
ACTUALITÉ Des masques en tissu associatif Solidarité A Nantes, des bénévoles cousent des protections pour les personnes précaires Orange, jaune, bleu, vert… Les couleurs sont vives, les motifs variés, les finitions soignées. « Ce n’est pas parce que c’est distribué gratuitement que ça doit être triste et mal fichu, explique Farida. La couleur, c’est l’énergie. Et on en a bien besoin en ce moment. » Depuis miavril, l’association d’insertion nantaise Des femmes en fil est l’épicentre d’un réseau de bénévoles mobilisés pour la fabrication de masques en tissu, lavables et réversibles. Plus de 25 associations locales, réunissant près de 200 couturières, travaillent autour du même objectif  : livrer 15 000 unités en un mois aux personnes précaires. « C’est normal de participer. Face à cette crise, nous sommes tous concernés. » Issa, demandeur d’asile « On voyait bien qu’il y avait un besoin de masques, explique Aïcha Boutaleb, présidente de l’association et elle-même frappée par le Covid-19 fin mars. On a activé nos contacts, la ville de Nantes a décidé de nous soutenir en finançant le tissu, et ça a fait boule de neige audelà de nos espérances. On en a déjà réalisé 10 000. C’est magnifique. » La plupart des bénévoles sont issus des quartiers d’habitat social. « Ce sont des Une séance collective de sport, à Suresnes (Hauts-de-Seine). F. Brenon/20 Minutes I. Ichaoui ##JEV#36-247-https://tinyurl.com/yael6l8g##JEV# personnes qui ont la couture comme hobby. On a même reçu l’aide de réfugiés syriens dont c’est le métier. Ils sont très précieux. » D’autres, comme Issa et Daniel, ne connaissent rien à la couture mais viennent tous les jours donner un coup de main. « On coupe des élastiques, on prépare des paquets, témoigne Issa, demandeur d’asile. C’est normal de participer. Face à cette crise, nous sommes tous concernés. » Les bénéficiaires sont des sans-abri, des migrants, des demandeurs d’emploi, des étudiants en difficulté. « Pour la distribution, on passe par les associations qui les connaissent le mieux, précise Aïcha Boutaleb. Elles aussi ont pour mission d’expliquer comment bien mettre le masque et se comporter avec. Mais, l’autre jour, j’en ai distribué directement plus de 50 à des bénéficiaires du RSA. On reçoit toujours de grands remerciements. De toute évidence, il y a une attente forte. » « L’Etat a fait preuve d’amateurisme dans la gestion des masques, est convaincue Farida Abid, directrice des Femmes en fil. Tous ces policiers et gendarmes que l’on voyait dans les rues sans masque, c’était irresponsable. Heureusement que les associations et les collectivités sont là. Mais on ne cherche pas à diviser. On s’est fixé un objectif de 15 000 masques, on travaille dur pour l’atteindre. » A Nantes, Frédéric Brenon Edito 5 Lundi 11 mai 2020 Les couturières de l’association Des femmes en fil se sont fixé pour objectif de livrer 15 000 unités en un mois. « Une amitié s’est créée entre voisins » Ils ont fait vivre un quartier, des balcons franciliens. Durant le confinement, ils sont devenus un visage, une voix pour leurs voisins. Comme Noam Cartozo, 31 ans, habitant du 11 e arrondissement parisien. Dès le premier soir, pour « créer du lien » avec ses voisins, il décide de mettre la chanson I Will Survive après les applaudissements de 20h. Mais, se rendant vite compte qu’il « danse seul », il se lance dans des quiz avec ses voisins. « Questions pour un balcon » voit le jour. Aujourd’hui, c’est une communauté connectée de 30 à 60 voisins fédérés. Cours ludiques et lien social « Il y a eu dès le début un élan de solidarité énorme, explique Noam Cartozo. Ils se sont proposé des services, de l’aide. Une amitié s’est créée entre voisins. Et ce lien va perdurer. » Dès le début du confinement, Ismaïl Ichaoui, 29 ans, préparateur physique, se retrouve en bas de chez lui, dans le quartier des Chênes à Suresnes (Hautsde-Seine), pour animer des séances de sport à destination des habitants du quartier HLM. Avec le Collectif solidaire des Chênes, il organise trois séances par semaine. L’initiative dépasse la performance sportive. « On fait des cours ludiques qui font travailler l’ensemble du corps pour les enfants, les adolescents, les adultes. Une trentaine de personnes en tout. Surtout, ça crée du lien social. Quand les gens sortent sur leur balcon, ils apprennent à se découvrir, se donnent des nouvelles. » A Paris, Romain Lescurieux Une nouvelle étape commence pour beaucoup d’entre nous ce lundi. Une étape qui va nécessiter elle aussi son lot d’ajustements, de questions ou d’interrogations. Et nous tenions à être présents à vos côtés lors de cette nouvelle période. Pour cette édition spéciale, nous avons voulu rendre hommage aux personnes restées sur le pont pendant le confinement. Vous trouverez des portraits réalisés dans toute la France par nos journalistes, notamment celui de la Toulousaine Gaëlle Hermet, capitaine du XV de France féminin, qui travaille dans un Ehpad. La rédaction de 20 Minutes, c’est 102 journalistes, dans 11 grandes villes de France, et des correspondants à Los Angeles et à Tokyo. Pendant le confinement, la rédaction a continué à travailler, à distance. Vous avez été près de 4 millions à nous lire chaque jour, témoignant ainsi de votre confiance. Cela nous a portés. De même que nos échanges quotidiens  : vos témoignages, vos interrogations, vos hommages aux personnels soignants, dont vous trouverez une sélection dans ces pages. Nous sommes heureux de vous offrir ce journal. Prenez soin de vous. Armelle Le Goff, directrice de la rédaction G. Varela/20 Minutes



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