20 Minutes France n°3518ES7 18 fév 2020
20 Minutes France n°3518ES7 18 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3518ES7 de 18 fév 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : le transport de neige par hélicoptère à Superbagnères a déclenché une vive polémique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ACTUALITÉ Champs libres pour un Breton Alimentation A l’occasion du Salon de l’agriculture, « 20 Minutes » a rencontré des agriculteurs qui ont changé de modèle Il ne s’était jamais imaginé paysan. Jamais. Pas même quand il était gamin et que ses parents exploitaient la ferme dans laquelle il a grandi à Retiers, au sud de Rennes. Mais, après avoir passé quinze ans en ville, Régis Després a succombé aux charmes de la campagne. Alors qu’il approchait de la quarantaine, l’ancien éducateur spécialisé a annoncé à ses parents qu’il souhaitait remettre la ferme familiale sur pied pour élever des cochons. « Mon père est tombé de l’armoire, raconte l’agriculteur, sourire en coin. Il ne s’imaginait pas que je puisse reprendre. » « Si je passe en bio, je perds la moitié de mes cultures. » Régis Després, agriculteur breton Ballottés de crise en crise, ses parents avaient fini par abandonner l’exploitation. « Mon père s’occupait des champs le samedi, parce qu’il aimait ça et qu’il avait grandi dedans, raconte Régis Després. Mais la ferme allait mourir, il le savait. C’était douloureux pour lui, il avait fait toute sa vie ici. ». 0L m-ez j O L L L d 01 zL,P 8 L SL IC. Allain/20 Minutes Lorsqu’il a décidé de reprendre l’exploitation, Régis Després n’a pas hésité et s’est tourné vers le circuit court. Depuis 2016, c’est lui qui cultive les céréales qui nourrissent ses cochons. C’est aussi lui qui a choisi l’abattoir, les bouchers et les ateliers de transformation. Et c’est surtout lui qui fixe son prix de vente auprès des professionnels qu’il livre. Quand il s’est lancé, l’agriculteur n’imaginait pas nouer un contrat avec la Cooperl, le mastodonte du porc établi en Bretagne avec qui ses parents ont traité pendant des années  : « Je ne me voyais pas m’endetter pour tout mettre Sl1dd11-83M-Al Jn5 samipl9p eute ! mid aux normes. Je ne pense pas que j’aurais été heureux. Mais je ne veux pas porter de jugement sur les autres modèles. Chacun fait son choix. Il n’y a pas qu’un modèle agricole. » En plus d’élever des porcs sur paille, Régis Després accueille depuis quelques années des poulets qu’il élève en plein air, sur le même modèle que ses cochons. Une charge de travail en plus mais qui lui permet de passer l’hiver plus sereinement, quand sa viande porcine est moins demandée. Avec ses bêtes, l’éleveur parvient à se dégager « un petit salaire », mais 2 Mardi 18 février 2020 Ancien éducateur spécialisé, Régis Després est éleveur de porcs près de Rennes, où il a repris la ferme de ses parents. doit encore compter sur sa mère, qui l’aide, et sur Lucie, sa jeune apprentie. S’il revendique une « agriculture raisonnée », le paysan breton espère un jour ne plus avoir à traiter ses céréales pour passer à un modèle biologique. « Mais du vrai, du local, pas du bio qui vient d’Espagne », relève-t-il. Il n’en est pas là pour l’heure  : « Si je passe en bio, je perds la moitié de mes cultures. Il faudra que j’en achète. J’ai déjà demandé à mes restaurateurs s’ils me suivraient si j’étais 2  € plus cher au kilo, mais que je passais en bio. » Et la réponse était non. A Rennes, Camille Allain La météo en France Polémiques autour du croissant Pur beurre Il y a du rififi autour du croissant. Et cela concerne la A l’Est rien de nouveau, croisade d’un boulanger niçois, qui hormis le retour du soleil veut obtenir une loi permettant la reconnaissance de sa version tradition- L’instabilité reste localisée à l’Ouest, où se développent nelle, face à une « copie » industrielle, averses et giboulées. Sur le surgelée. Lancé en 2017, le combat de Frédéric Roy, qui devrait prochainement trouver un écho au Parlement reste du pays, le soleil revient, notamment sur la façade est. européen, a pris un tournant inattendu Au Sud, il brille encore plus, en milieu de semaine dernière. « Ne mais au prix d’un fort mistral. laissons pas un boulanger abîmer l’image et la réputation de 33 000 autres », a lancé la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF) sur Facebook. Une « attaque » qui visait directement Frédéric Roy. Pour la CNBPF, le problème vient des chiffres avancés  : « Dire que 80% des boulangeries vendent des croissants surgelés est faux. » « Je n’ai jamais dit ça, a immédiatemment répondu Frédéric Roy. Je dis que l’ensemble des viennoiseries vendues en France sont à 80% industrielles. Ça comprend ce qui se vend aussi hors boulangerie. Et je ne fais que répéter le seul chiffre qui existe et qui est donné par la Fédération des entreprises de la boulangerie. » Frédéric Roy veut donc aller au bout de sa démarche. En 2017, sa demande avait été transmise au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, chargé d’en « prescrire l’examen ». Le dossier pourrait en fait se jouer au niveau européen. « J’ai été soutenu par le député azuréen Cédric Roussel, reprend le Niçois. Et les choses sont désormais entre les mains de la députée européenne Sylvie Brunet, qui devrait les porter prochainement devant le parlement. » A Nice, Fabien Binacchi
R. Meigneux/Sipa ACTUALITÉ Polémique Skieurs et commerçants se félicitent, eux, du transport de neige par hélicoptère L’acheminement d’« or blanc » entre le haut du domaine de la station haut-garonnaise, à 2 100m, et le plateau qui accueille l’école de ski, à 1850m, a fait grand bruit, ce week-end. La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a notamment tweeté sa désapprobation, avant de revenir, pour 20 Minutes, sur cette polémique (lire ci-après). Loin du tumulte politico-médiatique, les skieurs de Superbagnères avaient, lundi, bien d’autres soucis en tête. Comme La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. J. M. Haedrich/Sipa éviter leurs congénères qui dévalent les six pistes ouvertes (sur vingt-huit) du domaine, à cause d’un épais brouillard. Et cette histoire d’hélicoptère ? « Il y a l’aspect écologique bien sûr, mais les gens ont besoin de travailler, observe Arnaud, Nantais de 45 ans, qui descend d’un télésiège avec son fils. Et puis, les familles font souvent des sacrifices pour amener les enfants skier. » A quelques mètres de là, on distingue dans le « smog » des gamins en rangs serrés derrière leur monitrice. La neige véhiculée par les airs leur était destinée. Car qui dit enfants en cours de ski dit parents ou grands-parents qui consomment. Chez les commerçants, on peine à comprendre l’ampleur de la polémique, pour quelques allers-retours d’hélico, afin de déplacer 50 m 3 de neige moyennant un coût d’environ « Transporter de la neige par hélicoptère, c’est anti-écologique » La ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne revient en exclusivité pour 20 Minutes sur l’épisode du transport de neige à Superbagnères. Pourquoi réagissez-vous cette fois, alors que cette pratique s’est déjà déroulée à plusieurs reprises ? Par camion notamment, oui. J’avais déjà eu l’occasion de réagir par le passé. Cette fois, les images de cet hélicoptère sont un électrochoc. Ce sont des pratiques anti-écologiques. Les stations, victimes du réchauffement climatique, aggravent la situation en agissant ainsi. Je vais réunir 5 000  € , selon le Conseil départemental de la Haute-Garonne, gestionnaire de Superbagnères. « Cette décision, c’est une bouffée d’oxygène, salue Claire Darnaud. J’ai huit employés à temps complet et cinq à temps partiel, précise la propriétaire du Super-G. En janvier, j’ai plus de masse salariale que de chiffres d’affaires. » C’est alors que Jean-Claude Bordes entre dans le resto-bar. « Tout le monde est ravi, déclare le maire de en fin de semaine, avec Jean-Baptiste Lemoyne, notamment en charge du tourisme, tous les acteurs pour construire un cadre pour ce tourisme. Qu’attendez-vous de cette réunion ? Il faut un plan d’action pour accompagner les stations. Des acteurs territoriaux travaillent notamment sur la neige de culture. Est-ce une solution, selon vous ? Ils veulent jouer contre la nature. Les stations ont beaucoup d’atouts pour développer un tourisme sur les quatre saisons, mettant en valeur la nature. Propos recueillis par David Blanchard 3 Mardi 18 février 2020 Au cœur d’une saison difficile sur le plan économique, la décision de l’acheminement de neige dans la station haut-garonnaise fait des heureux. « Bouffée d’oxygène » à Superbagnères « Ceux qui critiquent cette décision sont une pépinière d’experts en tout genre. » Jean-Claude Bordes, maire de Saint-Aventin Saint-Aventin, commune où se trouve Superbagnères. Les gens qui critiquent cette décision, pour moi, c’est une pépinière d’experts en tout genre, ils sont bons partout ! » L’ironie perce derrière les propos de l’élu, qui redevient sérieux lorsqu’il évoque les emplois préservés  : « Le Grand Hôtel est plein, il y a 400 personnes ! » Au-delà de l’aspect économique, l’édile insiste sur « un bilan carbone largement équilibré », malgré l’usage de l’hélicoptère. « On ne fait pas tourner les canons à eau, donc on n’emploie pas d’eau, pas d’électricité, détaille le maire. Et on n’utilise pas le fioul des dameuses. Il va falloir s’adapter au changement climatique, mais l’activité neige, j’y crois beaucoup. » De notre envoyé spécial à Superbagnères, Nicolas Stival Déjà l’été au Mercantour Privée de flocons depuis un mois, la petite station de ski de Turini- Camp d’Argent a fermé ses pistes, jeudi. Situé dans le massif du Mercantour (Alpes-Maritimes), le lieu propose désormais aux vacanciers de s’essayer à la luge d’été. « La station, qui n’est pas équipée d’enneigeurs, est soumise aux aléas climatiques. Il n’est pas possible de pratiquer le ski en toute sécurité, nous avons décidé de fermer les pistes », a expliqué Christophe Ollivier, responsable du développement du syndicat mixte Vésubie-Valdeblore.

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