20 Minutes France n°3514HS 31 jan 2020
20 Minutes France n°3514HS 31 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3514HS de 31 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 8

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : bande dessinée, les nouveaux héros.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES NOUVEAUX HÉROS Le numérique à la case départ Révolution Les plateformes comme Izneo visent un lectorat jeune et se développent La bande dessinée n’est pas seulement à Angoulême, elle est partout. Plus précisément, sur tous les écrans  : au cinéma avec les films de super héros, à la télévision avec toujours plus d’œuvres jeunesse adaptées en séries, mais aussi sur ordinateur, tablette et smartphone. Enfin, un peu. Bien qu’il existe plusieurs plateformes et applications de lecture numérique de BD (Izneo, Sequencity, Comixology, Webtoon Factory, Graphite, Kobo…), la pratique reste marginale en France. « Le marché de la BD numérique représente 1,5% du chiffre d’affaires global de la bande dessinée en France, contre plus de 50% au Japon et 9% aux Etats-Unis », détaille Luc Boursier, PDG d’Izneo, n o 1 du secteur en Europe, créé par plusieurs grands éditeurs en « L’Europe et la France sont en retard, mais on sent une évolution. » Luc Boursier, PDG d’Izneo 2010 et détenu à 50% par la Fnac depuis 2016. Le Syndicat national de l’édition évoquait le chiffre de 2% d’achat numérique en 2017. « L’Europe et la France sont en retard, mais on sent une évolution, ajoute Luc Boursier. Sur les quatre dernières années, le Sébastien Ruchet, cofondateur de la plateforme BayDay. 1 Izneo BayDay marché a été multiplié par trois. Izneo a, par exemple, fait + 30% de chiffre d’affaires en 2019. » Attachée à l’objet, au livre, la France a pu se montrer plus hésitante, surtout les éditeurs historiques. « Ils avaient peur d’un effet de cannibalisation, mais il n’existe pas, commente le PDG. Le marché de la BD augmente, la partie numérique explose, donc l’un ne mord pas sur l’autre. C’est l’ensemble qui progresse. » En revanche, les lectorats ne sont pas les mêmes. « Izneo a fait évoluer sa stratégie. Alors que nous étions proches d’une librairie en ligne, nous visons maintenant les utilisateurs et utilisatrices les plus susceptibles de lire de la BD numérique, Le pari du « militantisme proauteur » Lancée fin décembre, Bayday.com, créée par Sébastien Ruchet (la chaîne Nolife) et Thomas Astruc (la série Miraculous), veut combler un vide. « Une plateforme pour les auteurs et autrices, pour leur liberté, leurs droits, avec un aspect social, cela n’existait pas », raconte Sébastien Ruchet. Dans l’édition classique, les dessinateurs et dessinatrices touchent environ 10% de royalties. Sur BayDay, ils ou elles touchent 70% du prix d’achat hors taxe. La plateforme s’occupe des contrats, avec une quinzaine de cas juridiques et fiscaux différents, et les auteurs et autrices conservent leurs droits, « ce qui leur permet de publier sur un blog, de faire des tirages spéciaux ou de signer avec un éditeur papier ». Le et pas nécessairement de la BD papier, c’est-à-dire les 15-30 ans, avec une production identifiée  : la SF et le fantastique, le manga et le « simultrad » ou encore le « webtoon » (lire l’encadré ci-dessous), un nouveau format. Nous sommes au cœur de la guerre de l’attention, en concurrence avec les autres loisirs numériques. » De son côté, la plateforme Sequencity s’est associée à la chaîne de magasins Leclerc. « Nous nous sommes dit que, pour démocratiser la BD numérique, il fallait un acteur puissant, précise son cofondateur Denis Lefebvre. On se partage la marge sur les ventes, et Leclerc nous assure une visibilité dans ses centres culturels. » cofondateur parle de « militantisme proauteur ». « BayDay est ouverte à tous et à toutes, précise Sébastien Ruchet. C’est comme sur YouTube, n’importe qui peut publier, puis les algorithmes, les options de découverte, les recommandations personnelles prennent le relais. » Toutefois, le service n’en est qu’à ses prémices, et la production en ligne est pour l’instant plutôt amateur. « C’est normal, il faut du temps, à l’instar de YouTube encore une fois, rassure l’ancien directeur de Nolife. Les différentes fonctionnalités seront mises en place au fur et à mesure, avec un réseau social pour rapprocher lecteurs et auteurs, ou différents outils de traduction et d’enrichissement  : animations, effets, sons… » V.J. IV Vendredi 31 janvier 2020 Le marché de la BD numérique représente 1,5% du chiffre d’affaires global de la bande dessinée en France. Les classiques des classiques « Astérix » et « Blake et Mortimer » restent les meilleures ventes d’Izneo. « La plateforme travaille avec tous les éditeurs français connus, mais aussi des éditeurs anglais, allemands, néerlandais… dans leur langue d’origine. Et on va continuer, explique Luc Boursier, précisant qu’il leur reverse 50% de son chiffre d’affaires. Et les dessinateurs et dessinatrices autoéditées ? « Il y en a quelques-uns, mais notre premier souci est de développer le marché, répond le PDG d’Izneo. Un auteur ou une autrice ne peut pas se rémunérer uniquement avec le numérique. Le marché est trop petit. » Vincent Julé Nouveaux formats Le numérique permet de créer et de lire la BD autrement. Luc Boursier énumère ainsi ses possibilités sur Izneo  : « la page entière, le case par case pour la BD franco-belge et, enfin, le « webtoon » ». Quèsaco ? « Il s’agit d’un format originaire de Corée, adapté à l’écran de téléphone, avec un scrolling vertical. Chaque épisode se lit en trois-quatre minutes, et chaque série compte 50 à 70 épisodes. En 2019, sur trois millions de lectures, 14% étaient des « webtoons ». The Horizon, une histoire postapo, a bien marché, parce qu’un youtubeur lui a consacré une vidéo et a suscité un intérêt. »
Marvel Studios/Lilo/Sipa LES NOUVEAUX HÉROS Copies certifiées peu conformes V Vendredi 31 janvier 2020 De l’écrit à l’écran Trois auteurs légendaires de comics, Jim Starlin, Roy Thomas et Chris Claremont, donnent leur point de vue sur les adaptations cinématographiques de leurs œuvres Josh Brolin (Thanos) dans Avengers, Endgame. « Marvel Studios a changé les motivations de Thanos » « Je suis impressionné par le travail que Marvel Studios a réalisé, clame Jim Starlin, créateur du personnage de Thanos et auteur de la saga « Infinity War ». Ils n’ont pas repris le comics à l’identique, mais ils en ont gardé l’esprit. Le contexte et l’univers n’étaient aussi pas les mêmes, avec déjà 18 films et des dizaines de millions de dollars dépensés. Si tu penses que l’adaptation cinéma sera une copie carbone de ton personnage, tu te mets le doigt dans l’œil. Ils ont gardé beaucoup de mes idées, même s’ils ont changé les motivations de Thanos et enlevé le personnage de la Mort [dont Thanos est amoureux dans le comics]. Mon seul problème est peut-être la nouvelle arme de Thanos, à double lame, qui est une référence directe à son horrible hélicoptère [ou Thanoscopter, créé à l’origine pour un livre pour enfants] que je pensais oublié de tous. Sinon, c’est du tout bon, c’est même un honneur. Il faut savoir que, à l’époque, personne ne croyait à cette idée du Gant et des Pierres de l’infini et que l’on n’a pas eu le droit d’utiliser tous les superhéros souhaités. Mais après la publication et le succès du premier numéro, ils voulaient que tout le monde soit de la fête, et nous avons dû faire avec des personnages dont j’ignorais même l’existence. » « « La Saga du Phénix noir » a été adaptée deux fois au cinéma, et je ne peux pas dire que j’en suis satisfait, raconte Chris Claremont, auteur référence de « X-Men » et de « La Saga du Phénix noir ». Le premier film, X-Men, l’Affrontement final, de Brett Ratner en 2006, est un désastre total. Tu peux peut-être y prendre un certain plaisir, mais de la même façon que tu manges du popcorn. Le second, Dark Phoenix, de Simon Kinberg en 2019, c’est un crève-cœur. Le film s’est retrouvé au cœur du rachat de Fox par Disney, et comme Dark Phoenix avait le même dernier acte que Captain Marvel, et leurs héroïnes presque les « Jusqu’à « X-Men », cela ne marchait pas, dans tous les sens du terme » « La vraie surprise n’est pas que Marvel adapte enfin ses histoires sur grand écran, mais qu’ils aient réussi à le faire correctement, explique Roy Thomas, successeur de Stan Lee chez Marvel Comics (1972-1974) et cocréateur de Wolverine, Luke Cage et Iron Fist, entre autres superhéros. Disons que jusqu’à « Blade » et « X-Men », cela ne marchait pas, dans tous les sens du terme. Pourquoi ? Parce qu’ils demandaient à d’autres personnes, aux mauvaises personnes, de s’en occuper. Mais, heureusement, Hollywood a changé, évolué. Quand j’ai commencé à travailler dans le cinéma, à écrire des scénarios, j’allais à des réunions avec les responsables des studios et ils ne connaissaient rien aux comics. Ils s’en foutaient. Quand on essayait de vendre l’idée de Conan le Barbare en film, le producteur répondait  : « Quand tu lis un comics, tu lis quoi en premier ? Les bulles ? » Le déclic est venu avec « Star Wars ». La saga a ouvert une brèche, elle a permis de rendre tout ça, tous ces univers, possible. Les portes ont commencé à s’ouvrir aux geeks, une nouvelle génération est arrivée. Steven Spielberg lui-même a essayé d’adapter plusieurs superhéros  : Plastic Man ou Blackhawk [il vient de signer, trente ans plus tard, pour le produire, voire le réaliser]. » « Le film a beau s’appeler « Dark Phoenix », ce n’est pas mon histoire » Twentieth Century Fox/Marvel Sophie Turner (Jean Grey) dans X-Men, Dark Phoenix. mêmes pouvoirs, il a été repoussé et la fin, retournée. Le film a beau s’appeler Dark Phoenix et le personnage, Jean Grey, ce n’est pas mon histoire. La possibilité de lui rendre honneur existe donc toujours, selon moi. J’aimerais y participer, par exemple sous la forme d’une minisérie. L’actrice Sophie Turner n’a pas eu le temps de développer Jean Grey comme son personnage de Sansa Stark dans Game of Thrones.Il aurait fallu une saison complète, 12 épisodes. Le réalisateur Simon Kinberg avait d’ailleurs pitché à l’origine deux films. Tu la rencontres, tu tombes amoureux d’elle Hugh Jackman dans Wolverine, le Combat de l’immortel. dans le premier, puis tu brises le cœur des spectateurs dans la suite. Dark Phoenix est une tragédie, c’est cette histoire qu’il faut raconter. » Propos recueillis par Vincent Julé Supplément au quotidien 20 Minutes 3 e marque de presse française 22w,8 millions d’utilisateurs par mois 1er quotidien avec 3,8 millions de lecteurs (ACPM ONE Global 2019 V1, ONE 2017), 24-26, rue du Cotentin, CS 23110, 75732 Paris Cedex 15. Tél.  : 01 53 26 65 65. Edité par 20 Minutes France, SAS au capital de 5 776 544 € , RCS Paris 438 049 843 Actionnaires  : Société d’investissements et de participations (Sipa), Rossel France Investissement Président, directeur de la publication  : Frédéric Daruty 20 Minutes France, 2020. Dépôt légal  : à parution. N os ISSN  : 2109-134X, 1777-8301, 2269-1618, 2269-1677, 2269-1758, 2269-1790, 2269-1812, 2269-1820, 2269-3211, 2269-3238, 2269-3343 B. Rothstein/Twentieth Century Fox o

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