20 Minutes France n°3514 31 jan 2020
20 Minutes France n°3514 31 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3514 de 31 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Pénélope Bagieu, dessinatrice.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 MINUTES AVEC ##JEV#64-100-https://tinyurl.com/qqs5owy##JEV# Apparue avec le genre éphémère des blogs BD, Pénélope Bagieu revient sur son parcours atypique pour la sortie de son album adapté du roman pour enfants Sacrées sorcières, de Roald Dahl (Gallimard BD). Avec le webcomics que vous avez lancé en 2007 (« Ma vie est tout à fait fascinante ») , on vous a considérée comme la cheffe de file des « blogs de fille ». Cela vous a-t-il contrariée ? Jamais ! Le fait de m’exprimer dans un blog ne m’a, à l’époque, enfermée dans rien du tout. Alors oui, on m’a mise dans une case, mais beaucoup de gens ont pu découvrir mon boulot. Cette période a été un accélérateur incroyable. Rétrospectivement, ce format était-il un carcan ? Pas exactement, même si certains pensaient  : « Alors, ton univers, c’est de raconter ta vie, chaque matin, en une ou deux illustrations réalisées en cinq minutes ? » C’est une analyse limitée. Dès qu’on nous donne l’opportunité de faire autre chose, on le fait avec plaisir, et ça surprend. Comment cela s’est-il passé pour vous ? J’ai eu la chance d’avoir des éditeurs qui m’ont poussée et j’ai pu réaliser mes premiers « vrais » albums. Personne ne m’a suggéré de rester dans cet opportunisme éditorial. Justement, cet « opportunisme éditorial » n’est-il que l’apanage des femmes ? A l’époque, les reproches formulés par rapport aux blogs BD tenaient surtout de la misogynie. J’ai vite compris que ce n’était pas le fait que je m’exprime sur un blog qui dérangeait, mais l’idée que je raconte des histoires de femmes. On se souvient de votre prise de position en 2016 face à l’absence de femmes à Angoulême. Les choses ont-elles évolué, depuis, dans le milieu de la BD ? Oui, pour une raison mécanique, d’abord  : en s’engageant à respecter la parité dans ses institutions, le festival a introduit la parité artistique. C’est grâce à ça, j’en suis sûre, que le fauve du meilleur album de la dernière édition est revenu à une autrice, Emil Ferris, pour Moi, ce que j’aime, c’est les monstres. Et que Ted, Drôle de coco, d’Emilie Gleason, a été déclaré meilleur premier album. Votre activité sur les réseaux sociaux vous fait-elle ressentir une responsabilité ? Non, je ne me sens pas de responsabilité. Mais j’ai le sentiment d’avoir le devoir, lorsque quelque chose me tient à cœur, de le partager. Quel que soit le domaine. Si j’ai lu une BD que j’ai adorée, je profite de la chance que j’ai de pouvoir le dire à 300 000 personnes d’un coup [rires]. Mais je suis très vigilante au sujet de mes accointances institutionnelles et politiques. J’affiche mes convictions, mais sans prosélytisme. Quelle est votre opinion sur les conflits sociaux qui agitent le pays ? Je suis plutôt très défaitiste et j’ai du mal à envisager que les choses s’améliorent quand je constate combien les fossés se creusent davantage chaque jour entre le peuple et ses dirigeants. Les gens expriment leur désespoir et on veut leur faire croire que s’ils 6 Vendredi 31 janvier 2020 66 Pénélope Bagieu, autrice de bande dessinée « Ce qui dérangeait, c’est que je raconte des histoires de femmes » O. Juszczak/20 Minutes La créatrice du blog « Ma vie est tout à fait fascinante » et de la série « Culottées » est très active – et suivie – sur les réseaux sociaux. Culture Chaque vendredi, un témoin commente un phénomène de société « J’ai eu la chance d’avoir des éditeurs qui m’ont poussée. » « Le festival d’Angoulême a introduit la parité artistique. » sont désespérés, c’est parce qu’ils ne comprennent rien. Ce désespoir, ça vaut aussi pour les auteurs et autrices ? Bien sûr ! Jamais les auteurs et autrices n’ont connu une telle précarité. Le secteur de l’édition s’enorgueillit du fait que la BD soit un média porteur, alors que les gens qui créent cette richesse crèvent la gueule ouverte. A ce rythme-là, des auteurs, il n’y en aura bientôt plus. Vous sentezvous, malgré tout, privilégiée ? Oui, parce que mes livres se vendent bien. Plus le temps passe, plus je réalise des livres qui me plaisent. Vous projetezvous parfois, dans trente ou quarante ans ? Je crois que, en dépit de tous les sujets qui me préoccupent, je serai une vieille dame très heureuse qui, tant que ses yeux et ses mains le lui permettront, continuera à faire de la bande dessinée… ou de la peinture, de la sculpture… qui sait ? [rires]. Propos recueillis Le contexte Alors que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême a commencé jeudi, Pénélope Bagieu revendique ses convictions, notamment féministes. Cette « culottée » (du nom d’un de ses blogs) des temps modernes est devenue une icône des réseaux sociaux. 99 par Olivier Mimran
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