20 Minutes France n°3505HS 13 jan 2020
20 Minutes France n°3505HS 13 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3505HS de 13 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 6

  • Taille du fichier PDF : 1 Mo

  • Dans ce numéro : les folles années 2020.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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. 81-1 P77,7 - LES NOUVELLES ANNÉES FOLLES La Silicon Valley n’a jamais caché son optimisme, ou plutôt son aveuglement, face aux problèmes futurs. A en croire ces néoprométhéens biberonnés à la science-fiction, les nouvelles technologies auront réponse à tout. L’intelligence artificielle (IA) pour nous aider à vaincre la mort, un déménagement sur Mars pour éviter la catastrophe climatique, des puces électroniques pour augmenter les capacités de notre cerveau. Les technoprophètes qui règnent sur la Silicon Valley « n’hésitent pas à dire que le changement climatique a déjà été résolu, dans le sens où, au rythme où progresse la technologie, une solution est inévitable – entre autres, grâce à l’apparition d’une technologie bien particulière, l’intelligence artificielle », écrit David Wallace-Wells dans La Terre inhabitable (éd. Robert Laffont). Mais selon Raja Chatila, professeur en robotique et éthique des intelligences artificielles à la Sorbonne et directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (Isir), « ceux qui disent que l’IA va résoudre tous les problèmes sont soit naïfs, soit ils ont un intérêt parce qu’ils travaillent dans le domaine. » Et si les géants de la tech étaient dans le déni ? « Non seulement l’intelligence artificielle ne peut pas tout résoudre, mais elle peut devenir ellemême le problème », pense Jean- Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS et spécialiste d’intelligence artificielle. Le problème, c’est la fuite en avant solutionniste de la Silicon Valley. « Prenons l’exemple d’Elon Musk, poursuit le chercheur. Il pense que l’IA est dangereuse et qu’elle va prendre le pouvoir. Sa solution, c’est de développer un dispositif qu’il veut mettre dans le cerveau pour augmenter l’intelligence humaine. C’est absurde, parce que l’IA n’a d’intelligence que celle que nous lui prêtons, elle n’a pas de conscience. » D’un autre côté, dans le domaine de l’écologie, l’intelligence artificielle semble sous-exploitée. Limiter nos émissions de CO 2, mieux gérer nos ressources d’eau et de nourriture, fluidifier le trafic routier, réduire notre consommation énergétique… « L’IA peut être d’un grand secours pour faire des économies, moins dépenser d’énergie, pointe Jean-Gabriel Ganascia. Par des capteurs, elle peut aider à réguler le chauffage dans les immeubles, à surveiller les forêts et la circulation routière. » Hélas, elle ne peut pas prédire réellement les effets du réchauffement climatique. « Le problème du changement climatique, c’est qu’on n’a pas de données, explique Raja Chatila. Vu la complexité du climat, on a du mal à. - faire des prédictions simples. » :...:....  : - r".. I X-..  : , —. -1. s‹. J.. — IV Lundi 13 janvier 2020 L’IA ne fait pas la pluie et le beau temps « L’IA n’a d’intelligence que celle que nous lui prêtons, elle n’a pas de conscience. » Jean-Gabriel Ganascia, chercheur On n’arrive déjà pas à prévoir s’il pleuvra dans dix jours, alors anticiper les effets du réchauffement climatique… Les actions des Gafa « La Silicon Valley ne s’intéresse pas à l’environnement, parce que ça ne va pas dans le sens de son modèle économique, explique Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’InternetActu. Facebook et Google font des efforts pour réduire leur empreinte carbone, ils mettent en place des solutions techniques pour faire des économies d’énergie. » En dehors de ça, pas grand-chose. On n’arrive déjà pas à prévoir s’il pleuvra dans dix jours, alors anticiper les effets du réchauffement climatique… « Quand on dit  : «Le niveau de la mer va augmenter», on prévoit que le réchauffement climatique va faire fondre la glace, détaille Raja Chatila. Et peutêtre que cette fonte de la glace aura aussi une conséquence sur les courants océaniques, qui sont très difficiles à modéliser. Ils provoqueront peut-être de nouveaux changements du climat imprévisibles. » Sur ce terrain, le futur semble bien trop complexe. Laure Beaudonnet  : - iStock/Getty Images Plus
LES NOUVELLES ANNÉES FOLLES Etes-vous un malade du climat ? Entre un thermomètre détraqué, la fonte des glaciers, l’acidification des océans et la pollution qui prend d’assaut les capitales du monde entier, difficile de rester optimiste. Résultat, de nouveaux maux sont apparus. Souffrez-vous de l’un d’entre eux ? 1. Votre première pensée quand vous vous levez le matin, c’est  : Ouaaa, comment j’ai faim ! Pas besoin d’allumer, il fait jour. J’espère que tout va bien se passer aujourd’hui. Et encore un jour de plus… Mais pour quoi faire, franchement ?.7'1300 2. Dans un bar, vous commandez un cocktail. Le serveur vous l’amène orné d’une… paille en plastique. Votre première réaction est  : De hurler sur le serveur qui pollue la planète. De vous en servir. Ce petit côté régressif vous plaît bien. De l’enlever. De boire votre cocktail cul sec. Cette paille vous déprime. 3. Vous allez faire vos courses, mais au moment de passer en caisse, vous vous apercevez que vous avez oublié de prendre votre sac en tissu pour les transporter. Que faites-vous ? Vous n’allez pas au supermarché. Vous êtes « circuit-court ». Vous laissez tout en plan et allez récupérer votre sac. Vous demandez deux sacs en plastique à la caissière. Ça ne peut pas arriver  : aller au supermarché vous fatigue. Vous avez une majorité de « soleils »  : vous souffrez de « pas-si-gravisme ». L’environnement ? Même pas peur. L’écologie ? Un truc de bobos. Vous ne vous sentez clairement pas concerné par le réchauffement climatique. Ailleurs, peut-être, mais ici, vous ne voyez pas la différence entre avant et maintenant. Si vous faites le tri, c’est plutôt par habitude. Et puis, votre mairie vous y oblige, alors… Certes, vous voulez bien concéder le fait que les pesticides, ce n’est sans doute pas très bon pour la santé. Alors, vous achetez bio. Parce qu’on ne sait jamais. Un conseil  : parce que justement, vous ne savez pas, peut-être devriez-vous diminuer l’usage des pailles et des sacs en plastique. Dans le doute… Solarseven/Getty Images De nouveaux maux sont apparus avec le réchauffement climatique. 4. L’Australie brûle, et ses animaux et sa végétation avec. C’est une catastrophe, car  : Vous aviez réservé un voyage et comptez vous faire rembourser. Vos enfants ne verront jamais des koalas. Mais pourquoi faire des enfants ? Vous pensez que ça se passera bientôt en bas de chez vous. L’Australie vit ce que la France a subi  : le Sud a brûlé tout l’été. 5. Au menu  : joue de bœuf et purée de panais OU saumon gravlax et sa salade d’épeautre persillée OU salade auvergnate aux lardons et son croustillant au cantal AOP. Vous avez une majorité d’« usines »  : vous êtes écoanxieux. Vous souffrez d’un stress prétraumatique. Votre environnement n’a pas vraiment changé, mais vous l’avez lu, et vous le sentez au plus profond de vos tripes  : le monde tel qu’il est aujourd’hui ne sera bientôt plus. C’était déjà le cas ailleurs. Vous vous demandez donc quand votre tour viendra. Alors, envisager l’avenir vous angoisse. Vous êtes persuadé que ce que vous connaissez est voué à subir d’importants changements irrémédiables, voire à disparaître. Tout autour de vous, vous sentez votre monde se déliter peu à peu. La solution ? Mettez-vous en action. Recyclez. Militez ! Vous (re)deviendrez « juste » écoresponsable. Et ça sera très bien comme ça. D’habitude, vous évitez tout ce qui est animal. Mais un saumon gravlax vous fait envie. Hummmm, de la viande rouge ! Pas question de manger de l’animal mort, c’est scandaleux. Franchement, vous n’avez pas très faim. 6. Depuis que vous êtes en couple, on n’arrête pas de vous demander  : « Les enfants, c’est pour quand ? » Ça vous rend  : Triste. Vu le monde dans lequel vous vivez… Euphorique. Et pourquoi pas trois ou quatre, même ? Nerveux (se). Quel avenir allez- Vous avez une majorité d’« orages », vous êtes solastalgique. Vous êtes visiblement plus sensible que la moyenne. Vous souffrez du syndrome des lanceurs d’alerte  : vous avez la sensation d’être comme ce colibri qui tente d’éteindre l’incendie par la seule force de son bec et de l’eau qu’il peut contenir. Vous avez l’impression de tirer la sonnette d’alarme que, malheureusement, personne d’autre que vous n’entend, alors que votre monde a déjà changé. Votre environnement n’est plus ce qu’il était. Il s’est dégradé. Et ça vous met en colère. Ça vous rend triste, aussi. Un conseil  : faites le deuil de ce monde qui n’existe plus. Ne laissez pas la dépression vous gagner, et surtout… ne perdez pas espoir ! ;) ooe oaeo Ecoparalysie ou solastalgie, à chacun sa pathologie V Lundi 13 janvier 2020 D’inspiration thérapeutique Pour nous aider à élaborer ce test basé sur la réalité de ces ressentis qui ne sont, pour l’heure, pas considérés comme pathologiques, la psychothérapeute Charline Schmerber a accepté de nous détailler les différents profils observés quotidiennement au sein de son cabinet. Elle est l’autrice d’une étude publiée sur son blog en novembre 2019, consacré à l’écoanxiété. vous offrir à votre progéniture ? En colère. N’y a-t-il pas plus important ? 7. Le maire a décidé d’ouvrir les berges de la ville aux cars de touristes. Vous trouvez ça  : Très bien ! C’est une bonne chose pour le commerce. Moche. C’était le seul coin un peu préservé. Déprimant. Mais, de toute façon, tout a une fin. Scandaleux ! Aucun respect pour la nature. 8. Assis, seul, face à l’océan, vous pensez  : Comment a-t-on fait pour gâcher tout ça ? C’est beau, mais ça sent mauvais. Un mec vient de jeter un sac en plastique. Il va m’entendre ! Et si je plongeais et je ne remontais jamais ? Réalisé par Emilie Petit Vous avez une majorité de « têtes de mort », vous souffrez d’écoparalysie. Vous êtes écoanxieux, et ça se voit vraiment ! Le désespoir qui vous habite vous pousse à l’autodestruction. Vous n’avez plus le goût à vous lever. La fin du monde est proche, vous le savez. En un mot, vous êtes dé-pri-mé. Vous buvez plus que de raison et la nicotine est votre plus petite addiction. Tout le monde va mourir, et vous aussi. Et ce que vous pourrez faire n’y changera strictement rien. Alors, comment s’en sortir ? Parlez ! Mettez des mots sur ce que vous ressentez. Allez à la rencontre des autres. Remettez-vous en mouvement. Et si des idées noires vous traversent l’esprit, n’attendez pas avant de demander de l’aide. E.P.

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