20 Minutes France n°3497 13 déc 2019
20 Minutes France n°3497 13 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3497 de 13 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : miss France, désirs de féminisme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L. Vu/Sipa Week-end Le show est une tribune pour certaines femmes désireuses d’afficher autre chose que leur plastique, assurent des femmes activistes. Les Miss divisent les féministes Beauté Le concours est vu comme une source de libération mais aussi de soumission Chaque année, les critiques se suivent et se ressemblent  : le concours Miss France serait « sexiste ». Et cette nouvelle édition, qui se tiendra à Marseille samedi, n’y échappe pas. Pour beaucoup de gens, et notamment des militantes féministes, la chose est moins sûre. « Gagner en confiance en soi » est l’une des motivations des candidates à l’épreuve, assure Camille Couvry, sociologue. Etre plus féminine, on pourrait considérer que cela ne va pas dans le sens d’une émancipation, sauf que pour les femmes qui tentent de réussir, c’est un levier pour mieux assumer le regard des autres. » L’ex-présidente du comité Miss France, Geneviève de Fontenay, est plus abrupte  : « Sans les charmes, il y en a qui n’auraient pas eu le destin qu’elles ont eu. » D’autres prétendantes utilisent même Miss France dans un but politique, comme Meggy Pyaneeandee, étudiante à Sciences po. « C’est pour moi l’occasion de véhiculer les messages qui me tiennent à cœur, confie la candidate au diadème en 2017. Et de montrer qu’on peut venir de la diversité et réussir. » Camille Couvry, elle, estime que Miss « C’est l’occasion de véhiculer les messages qui me tiennent à cœur. » Meggy Pyaneeandee, candidate en 2017 France, au niveau local, offre un espace à une population de femmes pas forcément touchée par les associations féministes, pour qu’elles se « réapproprient le politique ». Dernièrement, certaines Miss dans des concours internationaux ont même relayé des messages… féministes (lire l’encadré). La militante de #NousToutes Anaïs Leleux reconnaît que Miss France peut avoir « participé à la conscience féministe » d’une personnalité comme Sonia Rolland (Miss France 2000), mais « souhaite que le concours soit source d’empowerment », autrement dit du « femwashing » (contraction de « feminist » et « washing », le fait de détourner un concept politique à des fins marketing). Une « tactique efficace » selon Camille Couvry, car le concours Miss France se maintient ainsi à travers les âges. Oui, Miss France est bien une tribune pour certaines femmes désireuses d’afficher autre chose que leur plastique. Mais « faut-il en passer par un concours misogyne pour réussir à être entendue ? » se désole Alix Chazeau-Guibert, porte-parole de l’association Osez le féminisme. « Misogyne », le concours l’est assurément, selon Alix Chazeau-Guibert, à cause des normes qu’il érige (la taille minimale de 1,70 m par exemple), et qui s’ajoutent aux diverses injonctions qui pèsent déjà sur les femmes. « Cela engendre cette idée que les femmes doivent ressembler à ces critères, et c’est un système qui favorise ensuite les multiples attaques contre le physique. » Or, « le fait d’être beau ou belle est quand même une dotation qui nous est donnée presque à la naissance, sur laquelle on a peu de prise… » abonde Marlène Coulomb-Gully, professeure en sciences de l’information à l’université Toulouse-2. D’autant que le concours n’exclut pas seulement les femmes âgées, grosses ou petites, ou qui ont des taches sur le corps, mais aussi les femmes handicapées. « Ce n’est pas une émission qui représente les Françaises dans leur pluralité… », appuie Anaïs Leleux. « Ne pas être ni avoir été mariée ou pacsée, ne pas avoir d’enfant », telles sont aussi les conditions pour être candidate au concours 2020. « Il faut qu’elles affichent une disponibilité sexuelle, pour le fantasme masculin… » décrypte Marlène Coulomb-Gully. « On ne peut pas faire ça et s’occuper de son enfant… Les Miss voyagent ensuite, rétorque Geneviève de Fontenay. « Si des femmes veulent regarder Miss France, qu’elles le regardent. » Anaïs Leleux, militante de #NousToutes 18 Vendredi 13 décembre 2019 Un enfant, ce n’est pas fait pour être sous la garde d’une nurse… », révélant au grand jour le sexisme de cette mesure, qui confine en creux les femmes dans le rôle de mère au foyer. « Les concours de beauté ont toujours véhiculé une certaine image de la femme parfaite, qui se devait d’être jeune et célibataire », explique Camille Couvry. C’était déjà le cas des « couronnements des rosières », ces jeunes filles qu’on récompensait, dès le v e siècle, pour leur « vertu », à savoir la promesse d’être vierge. Pas besoin cependant de taper sur les prétendantes ni même sur les spectatrices pour dénoncer Miss France, clament les militantes que nous avons interrogées. « C’est important que nous ne jugions pas ces femmes, explique Anaïs Leleux. Si elles veulent regarder Miss France, qu’elles le regardent, ce n’est pas à moi de dire qui est féministe. Mais ça n’empêche pas de dire que c’est sexiste, grossophobe, etc. » Aude Lorriaux Des candidates mettent en avant le droit des femmes En 2017, lors de l’élection de Miss Pérou, les candidates ont donné les chiffres des violences faites aux femmes, plutôt que leurs mensurations. Le 8 décembre, l’élection de Miss Univers a consacré Zozibini Tunzi, une Sud-Africaine au discours punchy  : « J’ai grandi dans un monde où une femme comme moi, avec mon type de peau et mon type de cheveux, n’a jamais été considérée comme étant belle. Je pense qu’il est temps que ça change aujourd’hui. »
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