20 Minutes France n°3497 13 déc 2019
20 Minutes France n°3497 13 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3497 de 13 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : miss France, désirs de féminisme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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O. Juszczak/20 Minutes 20 MINUTES AVEC François Ruffin, député LFI de la Somme, journaliste et militant ##JEV#65-89-https://tinyurl.com/qoex2h3##JEV# « Des liens doivent se tisser entre les verts et les rouges », insiste François Ruffin, qui plaide pour un « front populaire écologique ». « Je suis toujours énervé. » François Ruffin le reconnaît aisément  : quand il parle de « ses trucs à lui », il parle avec ses tripes. Alors, entre la lutte des classes et les questions écologiques, il s’emporte. Le député LFI de la Somme, journaliste et militant, fustige le manque de mesures prises par le gouvernement pour combattre efficacement la crise climatique, et appelle « les verts et les rouges » à s’unir autour d’un « front populaire écologique ». Les actes de désobéissance civile du milieu écologiste rejoignent parfois ceux des « gilets jaunes ». Se rapproche-t-on du « front populaire écologique » auquel vous appelez ? Il nous faut constituer un nouveau bloc historique. Aujourd’hui, il y a un divorce entre la gauche et la classe populaire. Donc, il faut réussir à recoller les morceaux. Mais ça ne va pas de soi. Les classes populaires se sont éloignées de la gauche depuis trente ans parce qu’elles étaient contre la mondialisation, et que la gauche de gouvernement accompagnait cette mondialisation. Mais, avec Nicolas Hulot et d’autres, qui ont remis en cause cette mondialisation, nous avons un terreau commun pour reconstruire autre chose. Le « front populaire écologique » dont je parle est donc une proposition de traduction politique qui dit que des liens doivent se tisser entre les verts et les rouges. Vous affirmez que nous devons repenser notre imaginaire, notamment en privilégiant les liens plutôt que les biens… Indépendamment de la crise climatique, il y a « Il faut garantir un statut aux métiers du lien. » une usure du monde. Quand on dit « croissance », « concurrence », « mondialisation » aux gens, ils n’espèrent plus ça. Il y a un désir d’autre chose. Dans les pays développés, en particulier en France, à partir de 18 000 ou 22 000 euros par personne, la croissance ne produit plus de supplément de bonheur. Si on veut progresser, c’est sur autre chose que ça se joue. Et je pense que ça se joue sur les liens. Sur la qualité des relations qu’on a avec ses cousins, ses voisins, ses collègues… Pour ça, il faut garantir un statut et un revenu aux métiers du lien. Ça, ça serait le marqueur d’un basculement écologique vers une société des liens plutôt qu’une société des biens. Dans votre livre (lire l’encadré), vous citez cette phrase  : « Il est temps de mettre vos différends politiques et sémantiques de côté. » Pourquoi ces mots vous ont-ils autant marqué ? Ces mots ont été prononcés lors de la venue de Greta Thunberg à l’Assemblée [le 23 juillet], le jour du vote du Ceta [accord de libre-échange entre l’UE et le Canada]. Pour moi, à ce moment-là, il n’était pas possible de mettre mes différends de côté ! Car ce n’est pas vrai que, au nom de l’écologie, on va tous se rassembler. Il ne peut pas y avoir de consensus de la classe politique au nom de l’écologie, car l’écologie est une chose politique. Vous dites que « les verts et les rouges doivent s’unir », sans mentionner les autres partis politiques. 12 Vendredi 13 décembre 2019 « On n’arrivera pas à un consensus sur l’environnement » « Je ne parle pas d’écologie punitive, mais de règles. » Mais l’écologie ne devrait-elle pas être apartisane ? Ça ne suffit pas de dire qu’on est pour l’écologie. On est pour quelle écologie ? Moi, je suis pour une rupture. Oui, on recycle un peu les déchets. Mais ce n’est pas ça qui va régler Politique Chaque vendredi, un témoin commente un fait de société Le contexte Tandis que la COP25, qui s’est ouverte le 2 décembre à Madrid, se termine ce vendredi, la question de l’urgence climatique est de plus en plus présente dans le débat public. François Ruffin, lui aussi, a voulu tirer la sonnette d’alarme dans Il est où, le bonheur (éd. Les Liens qui libèrent, sorti le 6 novembre). le problème. Je suis pour consommer moins, et répartir mieux. Et je veux aussi qu’il y ait une décence commune, qu’il y ait une possibilité de se soigner, d’éduquer ses enfants, de se loger et de vieillir dignement. Il y a mille écologies possibles. C’est pourquoi je ne crois pas qu’on arrivera à un consensus autour de l’environnement, et je suis très dubitatif sur une écologie apartisane. Selon vous, il faut légiférer, mais vous êtes contre l’écologie punitive... Je ne parle pas d’écologie punitive, mais de règles. De la même manière qu’on a instauré des règles sur le social, on doit instaurer des règles sur l’écologie. Mais il va falloir aussi qu’il y ait une volonté populaire. Peut-être qu’il y a un certain nombre d’améliorations qu’on peut faire accepter aux plus riches, mais ils ne seront pas pour signer tous les accords. Donc, il nous faut changer de direction et appuyer sur les freins. 99 Propos recueillis par Emilie Petit
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