20 Minutes France n°3493 6 déc 2019
20 Minutes France n°3493 6 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3493 de 6 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : la réforme des retraites prend un avertissement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité Des policiers se sont aussi mobilisés Devant le commissariat du 14 e arrondissement de Paris, ils sont une petite centaine de policiers à avoir répondu, jeudi, à l’appel lancé par le syndicat Alliance. Ils s’opposent à la réforme des retraites envisagée par le gouvernement. « Les collègues veulent conserver le statut spécial du policier, explique le secrétaire général du syndicat, Fabien Vanhemelryck. C’est un acquis qu’on ne doit pas perdre. » ##JEV#144-84-https://tinyurl.com/wa32bp3##JEV# Dans un courrier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, distingue les policiers affectés sur la voie publique et ceux qui travaillent dans les bureaux. « Les droits à un départ anticipé resteront ouverts comme aujourd’hui, sans changement » seulement pour les premiers. Une proposition loin de satisfaire le syndicat. « Le gouvernement sous-estime notre pouvoir de nuisance », alerte le secrétaire général d’Alliance. Thibaut Chevillard Entre 806 000 et 1,5 million de manifestants en France. Selon le ministère de l’Intérieur, 806 000 personnes sont descendues dans la rue, jeudi, contre la réforme des retraites. Ils étaient plus de 1,5 million, d’après la CGT. 90% des TGV annulés. Le trafic SNCF sera « encore très perturbé » ce vendredi par la grève, a annoncé 8 Vendredi 6 décembre 2019 La réforme ne passe pas chez les profs Grève Les enseignants craignent pour leurs futures pensions si leurs salaires ne sont pas revalorisés Ils sont inquiets pour leurs vieux jours. Les enseignants étaient nombreux à faire grève jeudi, pour protester contre la réforme des retraites. Dans le premier degré, le taux de grévistes était de 51% et dans le second, de 42%, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Education. Sans surprise, les syndicats du primaire et du secondaire font état d’une mobilisation encore plus forte, de 70% à 75%. Les enseignants pourraient être les grands perdants de la réforme, s’il n’y a pas d’action corrective du gouvernement à leur égard. Les syndicats redoutent qu’ils soient pénalisés par la refonte du système, qui prévoit une retraite calculée sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois d’activité. « Des questions en suspens » Jean-Michel Blanquer a tenté de les rassurer par écrit. En compensation du nouveau mode de calcul, les retraites intégreraient les primes et indemnités. Problème, les enseignants en perçoivent peu. Du côté des syndicats, certains doutent de l’engagement du ministre. Le Snes- FSU a mis en place un simulateur des futures retraites, agitant la menace de pertes pouvant aller de 300 à 900 € par mois sur les pensions. Ce qui a fait bondir le ministre de l’Education  : « Quand je vois les simulateurs qui circulent pour faire croire qu’il y aura une baisse, ce n’est pas sérieux car, en réalité, nous garantissons qu’il n’y en aura pas », a-t-il déclaré mardi. « Nous ne disposons d’aucun élément pour faireC. Delabroy/20 Minutes Dans la cité phocéenne, de nombreux enseignants ont marché contre la réforme des retraites, jeudi. confiance. Trop de questions sont en suspens sur le montant ou le calendrier de la revalorisation salariale. Nous ne voulons pas que le gouvernement agisse uniquement sur les primes, mais aussi sur les niveaux de rémunération », souligne Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa éducation. Autre crainte  : que la réflexion sur le métier, prévue avec la revalorisation salariale, s’accompagne d’une détérioration des conditions de travail. En attendant, les concertations se poursuivent. Le gouvernement fera des annonces mi-décembre. « En janvier, le ministère et les organisations syndicales travailleront à des scénarios de revalorisation salariale », explique-t-on rue de Grenelle. Reste à savoir si les professeurs maintiendront la pression d’ici là. Des assemblées générales étaient prévues jeudi soir pour décider de la suite. Le Snes-FSU a d’ores et déjà appelé à une mobilisation le 10 décembre. Delphine Bancaud « Je perdrais 800 € par mois », dénonce une enseignante à Marseille Jeudi, sur le Vieux-Port à Marseille, de nombreux enseignants expriment leur colère contre un projet de réforme des retraites « dévastateur ». « Aucune profession ne peut accepter de perdre 30% sur sa retraite », dénonce Laurent Tramoni, secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille, à la tête d’un imposant cortège unitaire. Selon la police, 25 200 personnes ont manifesté dans la ville, 150 000 selon la CGT. « J’ai fait le calcul, je perdrais 800 € par mois sur la retraite que je devrais toucher », témoigne Séverine, 46 ans. Professeure de français en collège, elle est entrée à 28 ans dans l’Education nationale. Le taux d’enseignants grévistes dans les écoles, collèges et lycées est de 51,49% dans l’académie selon le rectorat, proche de 75% selon les syndicats. Le mouvement de ce 5 décembre touche aussi les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, si bien que 400 des 444 écoles marseillaises étaient fermées sur le temps périscolaire, assure de son côté FO. 400 écoles sur 444 ont été fermées dans la ville sur le temps périscolaire, selon FO. Florent, 34 ans, professeur en collège à Istres, a le sourire large et l’humour au diapason  : « Je suis à 1783 € par mois après sept ans d’ancienneté. Pour une retraite à taux plein, il faudrait que je travaille jusqu’à 71 ans. J’espère que j’aurai un hologramme comme Mélenchon ! » A Marseille, Caroline Delabroy la direction, en précisant que 90% des TGV seront annulés, ainsi que 70% des liaisons TER. Hommage d’Edouard Philippe. En dépit des incidents, le premier ministre, Edouard Philippe, a « rendu hommage » aux syndicats, notant que dans « un grand nombre de villes », les manifestations « se sont bien passées ».
ActuAlité Le gouvernement joue la sérénité Grève Après les manifestations contre le projet de réforme des retraites, l’exécutif assure que la porte des négociations reste ouverte Le bras de fer est engagé. Entre 800 000 et 1,5 million de personnes ont défilé en France contre le projet de réforme des retraites du gouvernement ce jeudi. Et face à cette mobilisation proche de celles des grands mouvements de 1995 ou de 2010, le gouvernement joue pour l’heure l’apaisement. « A travers ces chiffres, on peut dire que le pari est réussi pour les syndicats », estime Philippe Moreau Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences po et dirigeant de l’agence MSBG Conseil. « Ça s’annonce bien, c’est une très forte mobilisation dans le public comme dans le privé », s’est réjoui Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, depuis le défilé. « On n’a pas vu depuis très, très longtemps une telle adhésion à la mobilisation. Ce qu’on attend maintenant, c’est que le gouvernement prenne la mesure de cette mobilisation, qu’il comprenne que ce système universel est une mauvaise idée », a lancé Yves Veyrier, secrétaire général de FO. « Des marges de négociation » Les syndicats entendent maintenir la pression. Philippe Martinez a indiqué que la grève serait « reconductible pour un certain nombre de secteurs ». En face, le gouvernement a voulu montrer sa sérénité, en se réunissant pour un long Conseil des ministres autour du président. Emmanuel Macron est « calme et déterminé à mener cette réforme », a indiqué l’Élysée. Il « reste des marges de négociation » pour prendre en compte « les situations spécifiques », a aussi assuré la porte-parole du gouvernement, SibethL. Marin/AFP la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, jeudi. Ndiaye. La majorité maintient donc son plan de bataille  : laisser passer la contestation et poursuivre les négociations avec les syndicats. « Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye achèvera les consultations avec les partenaires sociaux en début de semaine, puis le Premier ministre s’exprimera vers le milieu de la semaine prochaine sur l’architecture générale de la réforme », a indiqué l’Elysée. Cette stratégie du gouvernement est pour l’heure classique, reprend Philippe Moreau Chevrolet  : « Il n’est pas dans une logique d’affrontement mais de conciliation, pas sur le fond, mais sur la forme. C’est une posture 9 Vendredi 6 décembre 2019 d’attentisme, un round d’observation, pour voir si le mouvement va mourir de lui-même ou perdurer. » Le mouvement est-il comparable à ceux de 1995 ou de 2010 ? « L’horizon des Français est plus proche du mouvement des « gilets jaunes » d’il y a un an », estime l’universitaire. Qui avertit  : « Il y a la crainte de repartir vers un affrontement long, lourd, qui pourrait vite devenir ingérable. » Reste donc pour le gouvernement, selon lui, « à parler d’une seule voix, avec clarté, pour expliquer les choses et dire qu’on peut rediscuter. Alors, il aura une chance. » Philippe Berry



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