20 Minutes France n°3492 4 déc 2019
20 Minutes France n°3492 4 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3492 de 4 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : grève, on sait quand ça commence...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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VIS ! ONS 2019 Sarah Schlumberger Discipline Studio Infox Le sociologue Gérald Bronner redoute l’émergence d’une « démocratie des crédules » Il a fait des sectes, des processus de radicalisation mais aussi des fake news ses domaines d’expertise. Gérald Bronner est un sociologue inquiet. Pour ce professeur à l’université Paris-Diderot, la dérégulation du marché de l’information pourrait porter un coup fatal à nos organisations. Face aux fake news, comment développer notre esprit critique ? Nous croulons sous une masse d’informations qui n’a jamais eu d’équivalent dans l’histoire, et de très loin. Cela crée des perturbations car une part, même infime, de ces informations est mensongère. Aujourd’hui, chacun est devenu un opérateur sur un marché dérégulé. Nous pouvons tous délivrer et partager un message, mais, avant cela, nous avons besoin de maîtriser certains outils. Ne pas céder trop facilement aux biais de confirmation, ne pas partager sans lire, faire attention aux raisonnements qui paraissent vrais mais qui sont faux du point de vue de la norme scientifique. C’est ça, développer son esprit critique. Pourquoi croit-on aux fake news ? Prenons l’exemple des vaccins. Les antivaccins sont les plus motivés et donc les seuls à donner leur point de vue. Comme une bonne équipe de VRP de la crédulité, ils font du marketing cognitif. C’est-à-dire qu’ils accumulent les arguments douteux, mais dont la masse donne le sentiment que tout ne peut pas être faux. En réalité, vous 20 Mercredi 4 décembre 2019 « Mon but est que ma musique réunifie les gens » Esprit La rappeuse Chilla, qui se produira en clôture de VIS ! ONS, décrit son équipe idéale  : « C’est une photo prise sur le tournage du clip de Jungle. Elle représente ma vision de la notion d’équipe et une jeunesse actuelle, métissée, unie autour d’un esprit de gang malgré nos différences. Peu importe ce qu’on attend de nous, on se bat pour ce qu’on est et ce qu’on aspire à devenir… J’écris seule mes textes mais, sans les gens qui travaillent sur mes projets, ma musique resterait un truc égocentrique autour de moi et mes névroses. Mon but est que ma musique réunifie les gens. C’est ce qui lui donne du sens. » Ce soir à 20h, à la Maison des océans (inscription  : visions.20minutes.fr). « Que ferons-nous de notre attention ? » illustration par Audrey Hess Gérald Bronner Gérald Bronner est l’un des sociologues français les plus en vue. Professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, il est membre de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie des technologies et de l’Institut universitaire de France. Il est auteur de Déchéance de rationalité (éd. Grasset), dans lequel il raconte l’expérience qu’il a vécue dans un centre de déradicalisation. croulerez sous un ensemble de faits pseudo-scientifiques. C’est ainsi que la crédulité se répand. « Je ne crois pas que l’histoire soit écrite, mais il y a de quoi être inquiet. » Si bien que vous vous inquiétez de l’avènement d’une « démocratie des crédules ». Qu’est-ce que c’est ? La démocratie, c’est une arborescence des possibles et il en existe toutes sortes. Dont une démocratie au gardeà-vous devant une opinion publique dévoyée, qui se trompe, mais qui impose son point de vue majoritaire. C’est ça, la démocratie des crédules, c’est une dystopie. Je ne dis pas que nous y vivons déjà, même si elle a peut-être déjà pris le pouvoir dans certains pays. Est-ce la fin des démocraties éclairées comme en rêvaient les auteurs des Lumières ? Non, je ne crois pas que l’histoire soit écrite mais il y a de quoi être inquiet. Que ce soit grâce à la baisse du temps de travail ou la hausse de l’espérance de vie, nous avons plus de temps de cerveau disponible aujourd’hui. Mais qu’allons-nous en faire ? L’utiliser pour regarder des vidéos de chats ? Peutêtre allons-nous passer un temps de plus en plus important à contempler des fictions. Que va-t-il arriver avec la réalité virtuelle ? Aurons-nous encore envie de vivre dans la vie qui est la nôtre et qui sera peut-être beaucoup plus morne que la vie virtuelle ? Savoir ce que nous allons faire de ce temps d’attention libéré, c’est l’enjeu des enjeux. Propos recueillis par Antoine Magallon
VIS ! ONS 2019 Juan Arbelaez met le futur de la planète au menu Recette Le chef a préparé une « to-do list » que chacun ferait bien de fixer avec un magnet sur son frigo On pense aux saisons pour les fraises ou les champignons, jamais pour les poissons. Et pourtant. Juan Arbelaez avait fait grand bruit en déclarant dans nos colonnes qu’il arrêtait de cuisiner le poulpe le temps de laisser passer sa période de reproduction, au printemps et en été. C’est le premier de ses cinq commandements. « Offrez-vous une viande de temps en temps, mais que ce soit une putain de viande ! » 1. Penser aux saisons, sur terre comme dans la mer « C’était un challenge énorme pour moi qui en passait 1,3 t par mois dans mes restaurants, raconte le chef. Mais je ne pouvais plus supporter de voir le poulpe fragilisé dans sa période de reproduction, faire l’objet de pêches intensives en été. J’ai tout arrêté pendant Léa Elui est l’influenceuse française la plus suivie sur Instagram, avec 10,2 millions de followeurs.L. Benhamou/Sipa neuf mois et attendu la mi-novembre pour le remettre à la carte. » 2. Cuisiner avec sa tête avant de penser aux papilles Le chef n’est pas un spécialiste du climat, sa démarche fait simplement appel au bon sens  : « J’ai vu mon pays la Colombie, j’ai vu la Grèce aussi, se vider de leurs richesses agroalimentaires pour satisfaire des pays plus riches. » Pour lui, il est urgent de faire machine arrière. « En Grèce, on ne pêche plus rien aujourd’hui. » 3. Entre légumes et viande, inverser les proportions Vous trouvez dix viandes à la carte pour un seul plat végétarien ? « Il faudrait convaincre les restaurateurs d’inverser cette proportion », suggère Juan Arbelaez. Et à la maison ? « Supprimez la protéine animale d’un de vos trois repas quotidiens et vous vous sentirez mieux. » Avec le froid qui arrive, le chef recommande les soupes à congeler et à sortir le soir venu. 4. Manger moins, mais manger mieux Juan Arbelaez propose de retrouver le goût des bonnes choses, en cuisinant un peu moins, mais beaucoup mieux. « Offrez-vous une viande de temps en temps, mais que ce soit une putain de viande ! Achetez de moins grosses quantités, ça vous coûtera moins cher et vous éviterez le gâchis ! Bien manger n’est pas un luxe ! » 5. Garder confiance dans l’avenir Que mangera-t-on demain ? Juan Arbelaez est serein. « Il y a une telle prise de conscience aujourd’hui qu’on ne peut qu’avoir confiance dans les générations futures. Quand je vois des gamins de 5 ans ramasser des déchets sur les plages, je ne peux m’empêcher de regretter d’avoir fait partie de ceux qui en jetaient à leur âge. » Stéphane Leblanc Léa Elui, l’influenceuse optimiste Génération Et si pour mieux comprendre Léa Elui, l’influenceuse la plus suivie de France, il suffisait d’organiser sa venue à VIS ! ONS ? De multiplier les échanges avec Delphine, sa maman. « Le succès a tout changé mais j’ai la chance de l’avoir, nous avoue la jeune fille de 18 ans. Elle gère la partie business, ça m’évite d’avoir à stresser avec ça. » Et s’il suffisait de trouver un créneau dans son agenda surchargé pour une conversation téléphonique ? « Pourtant, c’est plus simple depuis que je prépare le bac à distance. J’étudie mes cours très tôt le matin pour pouvoir commencer à filmer et poster vers 14 h… » De s’assurer qu’il reste une place dans l’un des rares trains reliant sa petite ville des Alpes à Paris pour la faire venir sur notre scène ? « Je suis restée en Savoie, Benedettachiala c’est mon point d’attache. » De confronter l’avis général sur les réseaux sociaux et leurs haters à sa propre expérience  : « Bien sûr, il peut y avoir des comportements négatifs, mais j’ai été confrontée à du harcèlement scolaire, en vrai on va dire, alors les commentaires désagréables en ligne ne me touchent pas vraiment. » De lui demander ce qu’elle pense de sa génération. « Il y a énormément de défis qui l’attendent mais je vois les lignes bouger, par exemple sur l’égalité hommes-femmes. Cette génération est intelligente, alors oui, j’ai de l’espoir. » Et de lui soutirer discrètement son secret pour réunir 10 millions de personnes sur Instagram en à peine deux ans  : «Un mélange de spontanéité totale, de clichés plus travaillés et… » La suite est à entendre sur notre scène. Laurent Bainier 21 Mercredi 4 décembre 2019 Le chef Juan Arbelaez vient de publier chez Marabout Cuisinez, partagez, un livre aux 130 recettes « pétillantes et pleines d’amour ». Thanh Nghiem veut hacker l’avenir Pas de côté Tout quitter pour changer le monde avec ses crapauds. Voici comment résumer, au plus court, le parcours de Thanh Nghiem. Cette ingénieure des Mines grimpe d’abord les échelons d’un prestigieux cabinet de conseil, avant de tout plaquer à 36 ans. Dès lors, elle s’engage pour monter ses propres projets et aider les autres à faire de même. En 2016, elle rédige, avec le mathématicien Cédric Villani entre autres, le manifeste du crapaud fou (devenu un livre chez Massot, puis un mouvement). « Les crapauds fous, ce sont ces individus qui hackent l’avenir. Guidés par leur seul instinct, ils partent dans des directions absurdes et reviennent ouvrir aux autres les tunnels qu’ils ont trouvés. » Face à ce qu’elle nomme les trois tsunamis (dérèglement climatique, fake news, menaces liées à l’intelligence artificielle), elle propose de s’appuyer sur ceux qui font un pas de côté pour bousculer le monde. « Notre rôle, c’est de contribuer à ce que ce pas de côté ne soit pas un coup d’épée dans l’eau, mais une proposition d’options sérieuses à un système qui va dans le mur », nous explique-t-elle. Les crapauds fous, ce sont aussi des projets concrets comme Right to Repair, qui offre la possibilité à des individus éloignés de l’emploi de fabriquer et réparer des objets durables. Antoine Magallon



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