20 Minutes France n°3492 4 déc 2019
20 Minutes France n°3492 4 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3492 de 4 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : grève, on sait quand ça commence...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité L’argent, un gros « crève-grève » 5 décembre Tout le monde n’a pas les moyens de suivre un mouvement de longue durée Le mouvement interprofessionnel de jeudi s’annonce intense (lire l’encadré), mais sera-t-il long ? Lundi, les syndicats de la RATP ont annoncé qu’ils étaient prêts à faire grève durant un mois pour « protéger leurs retraites ». De quoi donner un ordre d’idées du mouvement global ? Pas si sûr. Tout d’abord parce que le gouvernement, qui a multiplié les prises de parole, récemment, pour tenter de limiter l’embrasement, a encore des cartes à jouer (lire ci-dessous). « C’est à lui d’apporter rapidement des éléments de réponse aux questions posées dans les jours et semaines à venir, estime Mylène Jacquot, secrétaire générale adjointe CFDT-UFFA pour la fonction publique. Les salariés ont besoin d’être rassurés et d’entendre un discours net. » A trois semaines des fêtes Pour Guy Groux, sociologue spécialiste du syndicalisme, la grève s’arrêtera quoi qu’il en soit lundi pour la plupart des secteurs, « excepté les transports publics et quelques mouvements sporadiques ici et là ». Yves Veyrier, secrétaire général de FO, estime, lui, auprès de l’AFP, « qu’il faut miser sur un bon gros coup » dès jeudi, car « installer une grève dans la durée, c’est compliqué ». En particulier dans les entreprises, « qui ont besoin de tourner », et, surtout, sur un sujet comme celui des retraites, « pour lequel le patron en face des salariés ne peut rien faire pour eux ». Au-delà de la réponse donnée par le gouvernement, les moyens financiers des grévistes pourraient manquer. « Il ne faut jamais oublier que la grève, c’est un impact lourd avant tout pour le gréviste. Cela lui fait renoncer à des journées de salaire et cela affecte ses droits sociaux », rappelle Mylène Jacquot. C’est notamment le cas de Dorothée, adjointe administrative dans l’Education nationale, qui explique à 20 Minutes ne pas « pouvoir se permettre financièrement de perdre une journée de salaire ». Qui plus est à trois semaines des fêtes de fin d’année. Ce sont « des moments importants pour tout le monde, et cela rend Apaiser, négocier, jouer la montre Après avoir haussé le ton à l’égard des grévistes, jugés « corporatistes », et martelé que « la réforme se fera », l’heure est à l’apaisement. « Edouard Philippe ne veut pas jeter de l’huile sur le feu. On n’est pas là pour avoir le scalp de qui que ce soit, syndicats ou professions. On n’est pas Sarko », dit-on à Matignon. Mardi, à l’Assemblée, le Premier ministre a d’ailleurs nié avoir « critiqué ou dénigré » les bénéficiaires des régimes spéciaux, qui « ne sont pas dans une situation irrégulière ». Le gouvernement souhaite aussi poursuivre les négociations avec les syndicats, alors qu’il n’a pas encore dévoilé son projet. Mécanismes de transition pour les régimes spéciaux, droits des mères, reconnaissance de la pénibilité font partie des points d’arbitrage. « Cette V. Loison/Sipa (archives) une grève de longue durée aura des répercussions financières, mais aussi symboliques, peu avant Noël. convergence des régimes spéciaux pour arriver vers l’universalité peut prendre différents rythmes, peut-être qu’on traitera les cheminots différemment de la fonction publique, et différemment des hôpitaux », insiste Bruno Bonnell, député LREM du Rhône. La majorité écarte tout recul sur cette réforme, convaincue du soutien de l’opinion. « La grève peut s’enliser, mais est-ce que les Français supporteront ? » lance François Patriat, patron des sénateurs LREM. Le mouvement du 5 décembre obtient le soutien ou la sympathie de 46% des sondés, selon un sondage Ifop pour Le JDD. « Compte tenu de la gravité du sujet, c’est normal. Mais 76% des gens soutiennent l’idée qu’il faut réformer les retraites », analyse Bruno Bonnell. Laure Cometti et Thibaut Le Gal le calcul financier de la participation à la grève encore plus complexe », souligne Mylène Jacquot. Guy Groux rappelle aussi que « cette grève se joue dans une bataille de l’opinion publique  : on parle de millions de déplacements pour les vacances de décembre. L’opinion se cristalliserait très vite en cas d’impact sur ses déplacements. » Le sociologue rappelle à ce propos que même la fameuse grève de 1995, érigée en référence, s’était terminée quelques jours avant les vacances scolaires. Une intersyndicale (CGT, FO, la FSU, Solidaires, Unef, Fidl, MNL et UNL) est d’ores et déjà programmée vendredi pour envisager la suite. Jean-Loup Delmas Sur les rails et dans le ciel La Direction générale de l’aviation civile prévoit 20% de vols annulés jeudi, a-t-elle indiqué mardi. Le trafic SNCF sera lui extrêmement perturbé, avec 90% du trafic TGV et 80% des TER annulés, a annoncé la direction mardi. Sur le réseau TGV, ce sont les axes Atlantique et Sud-Est qui seront les plus touchés, avec un train sur dix seulement en circulation. Il y aura un TGV sur six assuré sur les axes Est, Nord et pour les Ouigo. Aucun TGV intersecteurs (province-province) ne roulera. Sur le réseau TER, le trafic promis sera « essentiellement » réalisé par des autocars. A l’international, la moitié des Eurostar et un tiers des Thalys seront supprimés. 8 Mercredi 4 décembre 2019 Les autorités sanitaires en mode urgence Les problèmes de santé étant rarement prévisibles, les agences régionales de santé, les hôpitaux et le ministère ont participé mardi à une réunion de crise pour voir si le système de santé est préparé à faire face aux perturbations liées à la grève. Accès aux établissements de santé, aux Ehpad également, carburant, hausse de l’accueil dans les urgences s’il y a des violences lors des manifestations... Les principaux points qui pourraient poser problème ont été abordés. Sachant qu’il reste encore beaucoup d’interrogations, notamment le nombre de grévistes parmi le personnel soignant. En effet, la CGT, FO, SUD et le Collectif inter-urgences ont appelé à la grève, mais le nombre de grévistes ne sera connu que jeudi, le personnel hospitalier pouvant se déclarer le jour même. Quoi qu’il en soit, les hôpitaux ont mis en place des « plans de continuité » pour assurer les soins. L’AP-HP, dont dépendent 39 établissements franciliens, a pris plusieurs dispositions. Côté transports, par exemple, une dizaine de lignes de bus desservant les hôpitaux depuis les principales villes de résidence des agents qui n’habitent pas Paris ont été mises en place. Pour ceux qui habiteraient trop loin, certains seront hébergés dans des chambres de garde. Ceux qui le peuvent, notamment les administratifs, auront la possibilité de télétravailler. Oihana Gabriel



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