20 Minutes France n°3490 2 déc 2019
20 Minutes France n°3490 2 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3490 de 2 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ActuALité « La France est sur la bonne voie » Exclusif La ministre Elisabeth Borne veut rester optimiste sur les ambitions climatiques de la France Elle s’ouvre finalement ce lundi, à Madrid (lire ci-dessous). La COP25 doit être « un temps fort pour relancer la dynamique qui doit conduire à la relève, par tous les Etats, de nos ambitions climatiques », insiste auprès de 20 Minutes Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire. La COP25 n’est jamais abordée sans évoquer aussitôt la COP26 de Glasgow, fin 2020. La conférence de Madrid compte-t-elle pour du beurre ? L’ensemble des Etats devront avoir revu à la hausse leurs ambitions de réduction des émissions de gaz à effet de serre [les NDCs, lire ci-dessous] d’ici à fin 2020, ce qui rendra la COP26 décisive. Mais l’erreur serait d’attendre d’être à Glasgow pour se rendre compte que la dynamique n’est pas au rendez-vous. C’est maintenant qu’il faut s’engager. « Je ne prendrai des engagements que si on sait les tenir. » Sur les 193 Etats membres de l’ONU, seuls 68 se sont engagés à déposer de nouvelles contributions en 2020. L’UE n’en fait pas partie, pas plus que les autres pays du G20. Est-ce inquiétant ? A un an de la COP26, c’est un peu tôt encore pour avoir ces nouvelles NDCs. Mais l’important, c’est la dynamique. Prenez l’UE. Elle a affirmé à plusieurs La COP25 de Madrid bousculée, mais déterminante Le Brésil n’en a pas voulu. Le Chili, plongé dans une grave crise sociale, a dû y renoncer. Et, avant même de commencer, la COP25 se fait déjà voler la vedette par, entre autres, la conférence de l’ONU sur le changement climatique suivante, en 2020, à Glasgow. « En 2015, au moment de conclure l’accord de Paris sur le climat, les Etats avaient soumis leurs «contributions déterminées» (NDCs en anglais) », rappelle Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Il s’agit des plans d’actions J. Witt/Sipa pour « 20 Minutes » reprises sa volonté de revoir à la hausse ses ambitions climatiques avant fin 2020. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’a redit ces derniers jours. D’ailleurs, sur l’ambition 2050, horizon pour lequel l’UE vise la neutralité carbone, les choses avancent bien. Dans son rapport publié mardi, l’ONU appelait les pays à réduire leurs émissions de 7,6% par an à compter de 2020, et jusqu’à 2030, seule façon pour que la trajectoire des + 1,5 °C ne devienne pas rapidement hors de portée. La France va-t-elle adopter cet objectif ? Selon moi, 7,6% par an paraît très ambitieux. Il faut qu’on regarde très exactement ce que ça signifie. Je ne prendrai des engagements que si on sait les tenir. En France, nous sommes en tout cas sur la bonne voie, même si c’est encore établis par chaque pays pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), secteur par secteur, d’ici à 2030, et ainsi remplir sa part du contrat de l’accord de Paris. Deux négociations majeures Pour la France, c’est d’abord à Bruxelles que ça se joue, les 28 pays de l’UE ayant une NDC commune, que chacun décline ensuite à son échelle. « On savait que ces premières contributions seraient insuffisantes, et les Etats s’étaient engagés à revoir leurs ambitions dans les cinq ans, reprend Lola Vallejo. L’échéance insuffisant. Nos émissions ont baissé de 4,2% l’an dernier, alors qu’elles augmentaient au niveau mondial. Mais cette baisse est davantage expliquée par un phénomène conjoncturel (un hiver doux) que structurel… Effectivement. Mais je persiste  : la France est sur la bonne voie, et le gouvernement multiplie les actions pour poursuivre cette dynamique. Il y a celles à effet immédiat. Comme la prime à la conversion. Il y a aussi les transformations profondes, avec la loi d’orientation des mobilité, qui change complètement la politique des transports tombera justement à Glasgow. » Deux négociations majeures doivent toutefois aboutir à Madrid. La première traite des marchés internationaux du carbone. Ces mécanismes d’échange de quotas d’émissions de CO 2 entre pays existent depuis 2006. Leurs règles doivent être remises à plat  : « Seuls les Etats les plus développés avaient obligation de réduire leurs émissions de GES. Tous doivent le faire aujourd’hui en fonction de leurs capacités respectives », indique Lola Vallejo. La seconde négociation est liée au financement des pertes et préjudices, 14 Lundi 2 décembre 2019 La ministre de la transition écologique et solidaire admet « que le défi est important, mais [que] ce n’est pas fichu ». « C’est très bien que la jeunesse se mobilise. » pour se focaliser sur les mobilités du quotidien. Les étudiants étaient une nouvelle fois en grève en faveur du climat vendredi. L’une de leurs cibles est l’inaction climatique des Etats. Que leur répondez-vous ? C’est très bien que la jeunesse se mobilise. C’est normal  : si nous ne sommes pas à la hauteur aujourd’hui, ils en subiront les conséquences demain. Cette mobilisation me donne la force d’agir. L’Etat prendra sa part, mais il nous faut aussi embarquer les collectivités, les entreprises, les banques et les citoyens. Ce qui me préoccupe, en revanche, est cette angoisse que suscite le changement climatique chez certains. Oui, le défi est important, mais je refuse de laisser croire que ce serait fichu. L’esprit de défaite est le plus grand danger. Propos recueillis par Fabrice Pouliquen soit « les impacts du changement climatique auxquels on ne pourra pas s’adapter, détaille Armelle Lecomte, d’OxfamFrance. L’élévation du niveau des mers et ses conséquences ; la perte de terres cultivables ; la destruction d’habitations ; les déplacements de populations… » Au-delà, à Madrid, « l’enjeu est de remettre l’ambition climatique au cœur des discussions », résume Lola Vallejo. Il ne reste plus qu’un an pour déposer des NDCs plus ambitieuses. Or, à ce jour, des 193 Etats membres de l’ONU, un seul a rendu sa copie  : les îles Marshall. F.P.
EBOLA SE PROPAGE IAN SE MOBILISE LÀ OÙ SÉVISSENT LES CATASTROPHES CLIMATIQUES, L’UE VIENT EN AIDE Ebola a coûté la vie à plus de 2 000 personnes en République démocratique du Congo. Sous l’effet du changement climatique, la propagation du virus est encore plus rapide. Avec l’équivalent de 4 euros par Européen par an, l’Union européenne envoie des hommes comme Ian pour apporter une aide d’urgence à des millions de personnes à travers le monde. Découvrez ce qui fait de nous l’un des premiers donateurs d’aide humanitaire au niveau mondial sur ec.europa.eu/echo



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