20 Minutes France n°3484 22 nov 2019
20 Minutes France n°3484 22 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3484 de 22 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'embarras politique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 MINUTES AVEC Olivier Rousteing, directeur artistique de Balmain Olivier Rousteing n’est pas que celui qui a remis la maison Balmain à flot depuis son arrivée comme directeur artistique en 2011 et qui est suivi aujourd’hui par 5,7 millions de personnes sur Instagram. C’est aussi un jeune homme de 34 ans, abandonné par ses parents à la naissance, puis adopté par une famille bordelaise d’un milieu modeste, et dont la quête des origines fait l’objet d’un émouvant documentaire  : Wonder Boy, Olivier Rousteing, né sousX, qui sort au cinéma mercredi. En tant que célébrité, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter d’être filmé dans cette quête extrêmement intime ? J’ai beaucoup hésité. Avoir un biopic à 30 ans, c’est quand même délicat  : à la fin de ma carrière, voire à ma mort, why not, mais là… En plus, on aurait très bien pu entreprendre cette recherche et ne rien trouver. C’est courageux de la part de la réalisatrice, Anissa Bonnefont, de s’être lancée dans une aventure dont ni elle ni moi ne connaissions la fin. Et je n’étais pas sûr non plus d’être prêt, humainement et émotionnellement, à l’assumer. Avez-vous une idée un peu plus claire de ce qu’il s’est passé avant votre naissance ? Je n’en sais pas plus que ce que vous voyez dans le film. Je n’ai pas abandonné l’idée d’en savoir plus, mais là, je digère ce qu’il s’est passé. On a l’impression qu’avoir des réponses vous aide, mais quand on apprend que votre mère avait 14 ans et votre père 25 au moment de votre conception, cela suscite beaucoup d’autres questions, de doute, comme savoir si leur relation a été consentie ou pas… Il faut déjà que je digère ce truc-là pour avoir plus de force et affronter ce qui m’attend dans le futur. Cette expérience vous a-t-elle transformé ? Quand je suis à la Ddass et que je fonds en larmes, je libère ce côté émotionnel que je peux avoir, que je cache. Donc oui, ça m’a énormément changé. Avoir une caméra autour de soi pendant deux ans et demi, ça vous transforme aussi. C’est une espèce de catharsis où vous vous laissez aller à être vous-même tout en observant le reflet de vousmême comme dans un miroir permanent où il faut apprendre à s’accepter, non pas sous cet angle glamour que l’on connaît de moi, mais sous l’angle tout simplement humain. En quoi l’image que vous renvoyez dans le film est-elle différente de celle que vous donnez de vous sur les réseaux sociaux ? Les réseaux sociaux, c’est une vie imaginaire. Vous contrôlez votre vie sur les réseaux sociaux, vous choisissez ce que vous voulez soumettre au regard des autres. Là, on parle d’un film dont je suis le personnage principal, mais c’est aussi un moment de ma vie qui se joue et que je ne maîtrise pas. Cet amour qu’on éprouve pour quelqu’un comme vous, qui êtes célèbre, cela ne suffit pas ? Non, parce que les gens vous aiment pour ce qu’ils voient, pas pour ce que vous êtes. On m’a demandé si mes followeurs m’aimaient vraiment. Cette reconnaissance que je cherche, elle va au-delà de cette popularité… Car, plus vous êtes suivi, plus vous vous sentez seul, d’une certaine manière, pris dans un raisonnement où vous prétendez vivre ce que vous ne vivez pas forcément. Ceux qui me suivent sauront désormais que je suis designeur de Balmain, mais aussi ce garçon né sous X qui se cherche… 10 Vendredi 22 novembre 2019 « Je suis designeur, mais aussi ce garçon né sous X qui se cherche » Documentaire Chaque vendredi, un témoin commente un phénomène de société R. Meigneux/Sipa pour « 20 Minutes » « Il faut que je digère ce truc pour affronter le futur. » Dans le documentaire, l’enfant prodige de la mode vit un moment de sa vie qu’il ne maîtrise pas. « Les réseaux sociaux, c’est une vie imaginaire. » Le film parle assez peu de mode, mais il y a quand même ce moment où vous justifiez votre choix de physiques variés pour vos défilés… Pour moi, l’important, c’est la diversité. De par d’où je viens et qui je suis, j’ai toujours pensé que tout type de beauté avait sa place sur un podium. La mode, je la vois comme un idéal, et cet idéal consiste aussi à échapper à un microcosme très white. Vous savez pourquoi vous avez autant de succès ? Les gens se reconnaissent en moi comme quelqu’un qui n’a pas de limites. Le fait de voir quelqu’un de connu qui ose affronter ces problèmes-là va peut-être les aider à se dire  : « Putain, moi aussi je devrais le faire. » En tout cas, je l’espère. Propos recueillis par Stéphane Leblanc Le contexte Le documentaire Wonder Boy, Olivier Rousteing, né sous X a été réalisé par Anissa Bonnefont. Il sera présenté le soir de sa sortie à l’Assemblée nationale, où une loi pour faciliter l’accès aux origines des personnes adoptées et pupilles de l’Etat est actuellement en discussion.



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